À l'approche de la quarantaine

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Numéro 30

Texte d'archive:


Archivé de: H pour H – Numéro 30
Date de parution originale: c. 1993

Date de publication/archivage: 2018-02-13

Auteur: Alain
Titre: À l'approche de la quarantaine
Rubrique: Jeux d'amour et de hasard

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Résumé / Intro :

Voici une annonce qui vous concerne si vous aimez vous faire pomper par un expert sans avoir d’efforts à faire. Alain est là, toujours dispo. N’hésitez pas à faire appel à ses services. S.O.S., Pipe. Un bon tuyau...


Je suis un peu lassé des rencontres sans lendemain, des nombreuses heures perdues sur les lieux de drague, alors qu’il y a tant de choses plus enrichissantes à faire. J’ai donc décidé de me construire, au fil des semaines, par le biais d’annonces principalement, un réseau de mecs appréciant mes talents et désireux d’y recourir de temps à autre, poussés par un impérieux besoin de se soulager. Le plus souvent, un coup de téléphone suffit pour me faire accourir afin d’administrer les premiers secours. À moins qu’ils ne préfèrent une consultation à mon cabinet, sur rendez-vous uniquement. Pas de plaque sur ma porte, ni d’inscription dans les pages jaunes, et pour cause, le service est entièrement gratuit. De toute façon, le bouche à oreille fonctionne très bien.

Ni actif, ni passif, je n’ai pas besoin de me déshabiller à chaque fois qu’un impatient fait appel à mes compétences, puisque c’est ma bouche, et elle seule, qui l’intéresse. Vous l’aurez compris, je pratique l’art de la fellation avec tout le raffinement que des années d’expérience m’ont permis d’enrichir, sans parler du réel plaisir que j’éprouve moi-même à déclencher de cette manière et très progressivement, la jouissance de celui qui me fait l’honneur de me confier son membre. La manifestation de son plaisir, que je m’efforce de rendre le plus intense possible, tout en le prolongeant au maximum, est pour moi la meilleure des récompenses, et son envie de revenir ou de me revoir, le meilleur des compliments.

Ce traitement de faveur n’est pas dispensé à tous, encore faut-il répondre à certains critères. Beaucoup d’appelés (ma modestie dût-elle en souffrir), mais peu d’élus, dont voici quelques spécimens, triés sur le volet.

Je commencerai par Marc, un chauffeur de taxi rencontré un soir sur un parking, après son service. Lorsque j’entends sa voix au bout du fil, je connais le scénario, inutile de perdre du temps au téléphone. À l’heure convenue, il m’attend dans la rue, en bas de chez moi. Je monte dans sa voiture et nous prenons la direction du périphérique. Là, je sors sa queue, pas très longue mais épaisse, et je la suce longuement, alors que nous roulons sur le boulevard quasiment désert à cette heure tardive, où il termine son service. Ma pipe ne s’interrompt pas à la première éjaculation, car je sais qu’il n’est pleinement heureux qu’après avoir joui pour la seconde fois. J’avoue éprouver une tendresse particulière pour Marc, tellement il est caressant et attentionné.

Il y a aussi Gilles, un dur, un flic genre Starsky et Hutch, mais qui fond de plaisir, et se montre d’une douceur surprenante lorsque sa queue s’enfonce dans ma bouche. Il tient à diriger les opérations, virilité oblige, mais sans brusquerie, avec des intonations et des gestes mesurés, presque tendres. En retour, j’obéis docilement et de bonne grâce à ses moindres injonctions, tout en ajoutant quelques subtils raffinements qui augmentent encore son plaisir et son désir de revenir.

Je reçois son foutre avec la fierté du devoir accompli, mais j’en sors épuisé...

Le suivant serait plutôt du genre taciturne. Quelques mots au téléphone, toujours les mêmes, qui affolent mes sens : “Alain, tu es libre ? Je t’attends !” Si je ne suis pas libre, il conclut laconiquement par : “Tant pis. Salut !” et il raccroche, sans m’en tenir rigueur pour autant. Avec lui, pas de paroles inutiles. Arrivé devant sa porte, je frappe d’une manière convenue entre nous, je tourne la poignée et je me dirige aussitôt vers le canapé où il est allongé, la bite et les couilles sortant de son treillis. Il bande déjà généreusement, excité par le film porno qu’il est en train de mater. Une simple poignée de main ponctuée d’un bref : “Salut !” et je m’agenouille aussitôt pour honorer ses superbes attributs, qu’il me faudra lécher, gober et sucer activement sans relâche, en variant constamment les plaisirs. Alex est militaire de carrière, et la vue d’un mec baraqué comme lui, en treillis, me met dans tous mes états. Il reste pourtant d’une impassibilité totale durant toute la séance, se payant même le luxe de fumer une cigarette ou deux tout en continuant à regarder des mecs se tailler des pipes sur l’écran. Pas un seul encouragement, ni de la voix, ni du geste, tout au plus me tend-il son flacon de poppers quand il sent que ma forme faiblit. Je sais que la partie est gagnée au moment où ses mains se posent sur ma nuque, signe que la récompense de mes efforts est proche. Je déploie alors tout mon savoir-faire, et il finit par jouir abondamment, sans un mot, le souffle court, ses mains immobilisant ma tête. Je reçois son foutre avec la fierté du devoir accompli, mais j’en sors épuisé. Alex, qui n’est pas un ingrat, ne me laisse jamais partir sans m’offrir un verre d’alcool, pour m’aider à récupérer.

Je pourrais citer d’autres exemples, comme celui de ce routier italien que je retrouve sur un parking en banlieue les soirs où son travail l’amène en Île-de-France, ou ces joueurs de poker, qui me font passer la soirée sous la table de jeu, à sucer le gagnant de chaque tour de cartes. Mais ils feront l’objet d’une nouvelle lettre, sans compter ceux, parmi les lecteurs de cette revue, qui voudront vérifier par eux-mêmes si votre serviteur est aussi doué qu’il veut bien le prétendre.

Alors à vos plumes !

Alain. (93).