Étreintes incendiées

Drapeau-fr.svg Histoire de mec

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Numéro 3

Texte d'archive:


Archivé de: Histoire de mec – Numéro 3
Date de parution originale: Juillet 1988

Date de publication/archivage: 2014-08-17

Auteur: Alain
Titre: Étreintes incendiées
Rubrique: Ça drague

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Beaucoup d’endroits dit spécialisés, ont vu mon passage et m’ont procuré force plaisirs et aimables rencontres, mais l’un de mes meilleurs souvenirs vient de rencontres fortuites qui n’étaient peu ou pas recherchées, mais qui ont été accueillies néanmoins avec beaucoup de plaisir.

L’une de ces rencontres remonte au 13 juillet 84 ou 85 ; j’étais revenu passer la fête nationale ave ma famille dans mon pays natal. Les deux ou trois manèges et attractions étaient installés dans des allées de tilleuls qui étaient proches de la maison de mes parents, et où j’allais faire la promenade digestive du déjeuner. La journée était très chaude, je recherchais la fraîcheur des ombrages. Les allées étaient vides et désertes, jusqu’à ce que je visse quelqu’un sortir d’une caravane de forain avec une laisse, conduisant un molosse, et prendre la même direction vers la campagne et la forêt, où ces allées conduisaient après deux ou trois bornes. Comme le gars avait l’air bien fichu, je me suis laissé rattraper puis dépasser.

Arrivé à l’endroit où une route coupe l’allée, il fit demi-tour et parvint à ma hauteur. Il était vraiment taillé, pas très grand, mais un short rouge très ajusté dévoilait des jambes musclées et des rondeurs agréables.

— Bonjour, dis-je.

— Beau temps, répondit-il.

— Oui, il fait chaud mais l’endroit n’est pas très gai ! rétorquai-je.

Il ne souffla mot sur l’allusion mais les quelques banalités échangées établirent un doute agréable à mes oreilles. Sa voix avait des intonations douces et chantantes assez caractéristiques. Il tourna puis il refit demi-tour pour s’enfoncer à nouveau dans la campagne. Il marchait devant moi à cinq, dix mètres, sa croupe ondulant devant moi. J’avais chaud, la tête me tournait de fixer cette étoffe que j’essayais de transpercer du regard ; mon jean me gênait à l’entre-cuisses.

Arrivé aux dernières maisons, il prit le chemin parallèle qui nous dissimulait aux regards, enleva son tee-shirt et le lia à sa taille. Il n’allait pas se mettre nu ici ? Non, son short s’évasa un peu en haut et il continua sa marche. Sauf sur des magazines, je n’avais jamais vu des muscles aussi bien dessinés, qui saillaient et ondulaient à chaque pas. Je le rejoignis, il me sourit, nous échangeâmes encore quelques banalités. Le sang me battait aux tempes, tant pis si je me prends une baffe, je pose ma main sur son épaule. Pas de réaction. Alors je m’enhardis, les doigts voyagent sur le dos, descendent, s’accrochent à la ceinture du short jusqu’à le faire descendre un peu ; la peau est douce, bronzée, le rare duvet des bras semble des fils d’or allumés par le soleil.

Soudain il s’arrête, rattrape au vol le short qui descendait et le referme brusquement ; mon cœur bat la chamade, c’est fichu ! Non ! Une magnifique barre oblique traverse le devant du short, monsieur est encore pudique ! Je me promets de changer ça. Nous nous remettons à marcher comme si de rien n’était, il m’a pris par l’épaule, j’ai enserré naturellement sa taille, puis la main est descendue apprécier la rondeur de la fesse. J’ai inséré un doigt sous le pli du short, je suis remonté jouer avec le pli de la fesse, je me suis approché du centre : il n’a pas de slip, le cochon ! De plus, il s’est penché vers son chien pour que je puisse mieux le peloter. Quand il se retourne, son short s’est dégrafé, le bout de son sexe apparaît, énorme dans la fente, il s’étire, ce qui dévoile un peu plus l’appât. Je crois qu’il a dû le regretter, car j’ai dû arracher plus qu’enlever le short et un bouton a giclé dans la bagarre.

Il est devant moi, nu, offert, magnifique, et il le sait ; il marche, tourne devant moi, fait jouer ses muscles, agite son sexe magnifique, dressé autour de la seule touffe de poils qu’il possède ; et bronzé intégral avec ça, seule une légère marque montre que de temps en temps, il doit mettre un string. Je quitte mes vêtements et nous roulons dans l’herbe haute, nos corps s’enchevêtrent, se frottent, glissent, tournent, nos sexes distendus se cognent, se heurtent, se caressant, presque jumeaux par leur taille et leur forme. Ils glissent de lèvres en bouches puis ressortent luisants, prêt d’éclater, caressant les pectoraux, le ventre, forcent les cuisses à s’ouvrir, glissent sur des fesses rebondies, insistent là où il le faut, s’appuient doucement puis repartent.

Je ne sais combien a duré ce combat. Nous ne nous rassasions pas de bains à la fontaine de nos corps... Nous devons nous arrêter pour souffler un peu. Je m’agenouille pour l’admirer ; il gît, cuisses ouvertes, se caressant le sexe doucement, remontant jusqu’au nombril, un bras derrière la tête à la pointe du plaisir, de mon plaisir. Les lèvres humides entrouvertes attendent mon sexe que je lui redonne bien vite. Il suce bien à fond, m’aspirant longuement. Mes lèvres glissent de son flanc à son aine, ses couilles remontent sur sa hanche. Il m’a lâché en se retournant, il me présente son cul légèrement relevé, je mords ses jambes à pleines dents, mon doigt glisse, s’insinue ; il gémit, je l’enfonce à fond et son corps ondule sous mon va-et-vient ; il n’en peut plus, il râle :

— Ah, enfile-moi, ta queue, fourre-là, bourre-moi, encule-moi !

Je le relève, tant pour le faire taire que pour taire mon désir. Il me représente aussitôt son postérieur, jambes écartées, à demi-baissé. Je m’appuie contre lui, savoure un instant la parfaite symétrie de son dos puissant qui se rétrécit à la taille, puis s’évase dans les belles courbes de ses fesses bronzées où s’aligne dans la partie sombre, la barre droite de son sexe. Tout semble être fait dans notre nature d’homme pour s’imbriquer.

Comme dans un rêve, je pousse, cela résiste un peu puis je plonge dans un gouffre de délices, je le sens empalé sur mon épieu brûlant. Je l’agrippe sous les épaules pour l’enfiler au maximum, il râle de douleur, de plaisir, je ne sais, je sens son cœur battre à fond contre mon bras. De toute la puissance de mes hanches, je l’enfonce par va-et-vient ; il doit s’appuyer à un arbrisseau pour ne pas chuter. Les coups de boutoir font tomber les dernières gouttes glacées de l’orage de la matinée, du feuillage qui nous fouette le dos, excitant notre plaisir. Tout mon être est en lui, avec lui, à l’extrême de moi-même. Je renverse la tête, je le sens qui me rejoint au creux de son ventre et j’explore mille soleils, mille orages éclatent depuis ma verge jusqu’à ma tête. Je le soulève dans mes derniers spasmes, puis les jambes ne manquent, je m’affale sur lui en lui mordillant l’épaule. Ma main n’a qu’à branler deux fois son sexe pour faire jaillir sa semence. Mes derniers coups de reins, mes dernières gouttes se prolongent par son jet puissant, ses râles sont rauques, épuisés. Nous restons deux trois minutes à récupérer. J’ai du mal à soulever mon ventre de son dos, collés par la sueur. Nous rentrons promptement dans l’allée, un tracteur approche, il n’a pas pu voir les détails, mais en a vu suffisamment pour égayer son esprit et ses fantasmes.

L’après-midi du 14 juillet, ma femme me dit que le conducteur d’un manège avait une allure «spéciale», et me regardait beaucoup. J’ai eu quelque difficulté à rendre la réponse évasive, et j’ai regretté de ne pouvoir bénéficier du flair de mon épouse lors de mes chasses à l’homme.

Le soir, il démontait son manège en string de bain, au milieu d’une foule de gamins aux regards faussement ingénus. De loin, je les voyais lorgner la fente de ses fesses qui dépassait de son maillot. Je me suis, depuis, souvent qualifié d’idiot, de n’être pas allé le rejoindre à la tombée de la nuit, de peur que les aboiements de son chien n’alertent le voisinage.

Alain, 33 ans