15 ans, employé de cirque


15 ans, employé de cirque
Texte paru le 2016-05-04 par Dixon   Drapeau-fr.svg
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À 15 ans, ado exalté et littéralement fou de cirque, je rêvais d'en faire mon métier et pourquoi pas, une vraie carrière. J'excellais à la gymnastique, mon corps gracieux, svelte, élancé, exécutait sans coup férir les figures les plus difficiles, m'obéissait merveilleusement. Devenir jongleur, acrobate, voire trapéziste de haut vol, me paraissait à ma portée, et mes prises de bec familiales pendant lesquelles mes parents, effarés par cette "lubie" (c'était le mot qu'ils employaient), au contraire de me dissuader, ne faisaient que me renforcer dans ma volonté opiniâtre. À seule fin de m'en dégoûter, sinon de me mettre à l'épreuve, et changeant son fusil d'épaule, mon père obtint d'un certain cirque, au nom célèbre par ailleurs, que je fisse un stage de vacances en tant qu'employé toutes mains. J'aurais à servir de manœuvre au montage du chapiteau, à changer la litière des bêtes, faire le ménage des gradins, bref toutes tâches subalternes qui, si elles n'avaient rien de glorieux, m'offriraient toujours l'avantage de côtoyer le monde du cirque et tester ma résolution.

C'est ainsi qu'un premier juillet, nanti d'un tout petit bagage, j'arrivai, faraud et ravi, dans une roulotte jaune et rouge où une couchette m'attendait. S'y trouvaient trois autres garçons dont je partagerais la vie, le travail et l'intimité, jusqu'au 31 août, date limite de ce stage qu'on me proposait. Ils s'appelaient Louis, Pierre-François et Alexander, me firent un accueil sympathique et m'expliquèrent en peu de mots en quoi consistait notre ouvrage, car tout comme moi leur travail était de pure logistique et ne touchait pas au spectacle. Louis seul étant en CDI, je compris vite que les deux autres n'avaient ce boulot d'intérim qu'en attendant meilleure fortune.

Avec Louis je pourrais parler de ma motivation secrète, obtenir de lui des tuyaux concernant la démarche à suivre pour faire un jour partie du show. Trop âgé pour l'Ecole du Cirque, j'avais deux mois pour m'imposer, montrer mon art et mon envie, et m'introduire, à la faveur de ce stage en périphérie, dans l'univers des performers qui nourrissait tous mes fantasmes. Mais il n'était pas encore temps de dévoiler mes batteries, j'allais me familiariser, observer, m'imprégner, apprendre. Je le fis dès le premier soir.

Dissimulé dans les coulisses, le coeur battant et plein d'émoi, mais spectateur privilégié, je vis les numéros s'enchaîner, les paillettes, le côté ronflant, plein d'exploits et parfois d'esbroufe que les histrions présentaient à un public conquis d'avance. Les costumes toujours rutilants, la musique proportionnée à la comédie, au pathos, le bagout de monsieur Loyal, me rendaient à ma prime enfance. Mais au bout de quatre ou cinq soirs de la même représentation, je perçus l'envers du décor. Une fois ôtés les affutiaux, la tenue de scène, le maquillage, de vrais visages m'apparaissaient, les visages de monsieur tout-le-monde, et la magie s'évanouissait.

Ma déception ne dura point. Il m'avait fallu ce passage pour découvrir la vie de cirque dépouillée de ses apparences. Et si je voulais faire carrière, seule la réalité comptait, faite de travail, d'abnégation et avant tout de modestie. La facilité apparente des écuyères, des acrobates, était le fruit d'un dur travail, d'entraînements et d'exercices qui les tenaient, des heures durant, en répétition sur la piste. Chaque matin je pris le pli d'assister à ces exercices, m'intéressant plus spécialement à ceux que ma formation de gymnaste me rendaient les plus accessibles dans la perspective du projet qui avait motivé mon stage. Les numéros de main à main, de trapèze et d'équilibrisme éveillaient en moi des envies de mettre à l'épreuve mes dons servis par ma jolie plastique.

Si mon corps manquait de puissance (je n'étais encore qu'un ado), tout en lui était athlétique et dessiné dans l'harmonie : des épaules larges, un torse en V, une taille mince, des membres musclés, faisaient écho à ma frimousse dont je savais déjà l'attrait. J'affriandais bien des regards, et me regardant dans la glace, j'éprouvais le goût de Narcisse pour l'image qu'elle me renvoyait. Epris de moi, je me branlais, les yeux troubles, la bouche ouverte. J'éprouvais, au seuil de l'anus, des fourmillements délicieux que mes doigts, mouillés de salive, venaient explorer plus à fond, et alors là, je défaillais. Je rêvais d'y fourrer ma bite, de m'enculer tout seul, moi-même. J'en fis trois fois la tentative, mais ma queue raide se refusa à cette contorsion en arrière et mon gland ne fit qu'effleurer ma rondelle pourtant grande ouverte, A ce contact je déflaquai et mon fion se couvrit de sperme, sans que le jus y pénétrât. De mes doigts j'achevai l'ouvrage, poussant le fluide gluant le long de mon tunnel intime, me délectant de le sentir graisser mes muqueuses avides. Curieusement, je n'éprouvai pas le désir du chibre d'un autre et la sodomie partagée était bien loin de mes pensées, Mon plaisir, à ce moment là, n'exigeait personne que moi-même.

Un matin qu'au bord de la piste, j'observais les entraînements, Agenor s'assit près de moi. J'aimais bien Agenor le clown. J'aimais son visage long, ses yeux tristes, qui se transformaient par miracle, juste le temps de sa prestation, aidés par un savant grimage, en une face rubiconde, des yeux pétillants de malice, quand son duo avec le nain causait des explosions de rire.

— Toi, tu as une idée en tête, me dit-il de son air sérieux. Tu veux faire carrière dans le cirque.

— Et comment tu l'as deviné ?

— Ton regard, ta fascination. Tes saltos à la dérobée, et quand après ton numéro fait à l'insu de tout le monde, tu salues un public absent, des gradins entièrement vides. Je t'ai vu procéder ainsi, à la faveur d'une insomnie. Il était une heure du matin. Moi je t'envie d'avoir envie, j'étais comme toi au début, mais maintenant j'en ai ma claque. J'ai trente ans, ça ne m'amuse plus, j'aimerais bien faire autre chose.

— Quoi, par exemple ?

— Vendre des fleurs. Je voudrais ouvrir une boutique. C'est notre rêve à tous les deux, moi et Sergio mon partenaire.

L'image de Sergio s'imposa dès que son nom fut prononcé. Son beau visage, à peine marqué par des rides de quadragénaire, son corps de nain, membres tronqués, pieds menus et petites jambes, corps grotesque du clown Auguste qui suscitait l'hilarité, composaient une étrange personne à la séduction monstrueuse et dont le public, fasciné, subissait l'attraction malsaine. Je hasardai maladroitement :

— Sergio aussi... il en a marre ?

Agenor aboya soudain, des larmes perlant aux paupières.

— Etre un nain, ce n'est pas si drôle, et faire rire les autres encore moins. C'est ajouter à un malheur celui d'en demander encore, de solliciter la risée des échassiers qui le méprisent. Crois-moi, il en a plus qu'assez. Dans un an, tous deux, on se barre. D'ici là, on aura l'argent. Pardon d'avoir été violent, mais si tu savais ce qu'on en bave. En tout cas, garde ça pour toi, ok Julien ? Je sens que tu es un bon type.

Agenor partit sur ces mots et je demeurai à ma place, ému, presque bouleversé. Un intérêt particulier pour ces deux êtres de souffrance se fit jour en moi tout soudain. Il me fallait mieux les connaître, leur apporter de l'empathie. Aurais-je le loisir de le faire ? Un incident particulier me les rendit bientôt plus proches.

À la suite d'un court-circuit, un commencement d'incendie se produisit dans ma roulotte et la rendit inhabitable. Mes trois colocataires et moi fûmes dispatchés vers d'autres lieux et le hasard fit que la caravane des deux clowns fut désignée pour m'accueillir. Un grand lit occupant le fond, on me roula un matelas que l'on déroulerait pour la nuit, l'espace étant fort exigu. Les deux clowns, bien que très courtois, me parurent un peu tendus quand vint le moment du coucher.

— Si tu entends du bruit la nuit, ne t'inquiète pas, dit Sergio. Agenor fait des cauchemars et de plus il est insomniaque. Veux-tu des boules Quiès ? J'en ai.

Je déclinai poliment l'offre, ne fus pas long à m'assoupir. Peu après,je me réveillai, tiré du fond de mon sommeil par une modulation sonore semblable à un gémissement. Curieux, je tendis l'oreille, perçus comme une exhortation, des mots chuchotés, des suppliques, se répondant dans un dialogue ponctué de gémissements. Les bribes que j'en pus saisir mirent peu de temps à m'édifier.

— Chut ! Agenor, il va t'entendre.

— Et après ? Bourre-moi Sergio.

Immédiatement je compris tout. Une immense terreur m'envahit, je voulus fuir, je me levai, bousculai une chaise qui tomba avec un bruit épouvantable, me précipitai vers la porte. Mais une main m'avait saisi, une lampe s'était allumée, et ce que je vis m'horrifia. Les deux hommes du cirque étaient nus. Les fesses relevées, Agenor, conservant encore la posture qu'il avait une minute plus tôt, me regardait les yeux hagards, frustré de baise interrompue. Sergio me tenait par le bras. Son pénis, en pleine débandade, cascadait jusqu'à ses genoux, tel un boa entre ses cuisses. Les veines y saillaient, bleuâtres. Son gland lui battait les rotules. J'ouvris la bouche pour hurler, mais son visage suppliant fit taire le cri entre mes lèvres.

— Tu as le droit d'être effrayé, on te doit des explications, dit-il avec calme et douceur.

Sa belle gueule se fendit alors d'un sourire, comme une excuse.Il me fit asseoir sur le lit.

— Voilà, Julien. Mon Agenor n'est pas seulement mon partenaire, il se trouve que nous sommes amants. Tu sais ce que cela signifie. Mais ce que tu ignores sûrement, c'est que nous deux c'est pour la vie. Nous nous aimons, vois-tu, Julien, et nous sommes tout l'un pour l'autre. Un mot de toi peut tout briser, et si tu nous accuses du pire, ce n'est pas nous que l'on croira. Mais si tu choisis de te taire, nous te devrons notre bonheur.

Mon effroi était retombé mais un malaise naissait en moi. Je n'avais, pendant ce discours, quitté des yeux l'énorme chibre, apanage fréquent chez les nains. Je le fixais, comme fasciné, et une terreur toute différente s'empara peu à peu de moi et mit mon esprit en déroute. Voilà que je bandais comme un âne à m'en faire péter le calbute. J'y portai la main, paniqué, comme pour stopper ma bandaison mais cela ne fit que l'accroître. Sergio me retira la main, libéra ma queue turgescente, et lentement il l'engloutit, formant un fourreau de ses lèvres. Je n'eus aucune ressource en moi pour me défendre de sa bouche, car jamais aucune sensation ne m'avait paru plus sublime. Une extase, voilà, c'était ça qui s'éveillait sous son étreinte, douce et vigoureuse à la fois, et qui fut rapidement si haute que je déchargeai à longs jets, hurlant ma jouissance à tel point que Sergio bâillonna ma bouche. Le temps semblait s'être arrêté.

Je restai sur le dos, inerte. La découverte du plaisir que j'avais obtenu d'un homme m'exaltait et me dévastait. Quelle serait ma destinée maintenant que j'avais goûté à l'homosexualité consentie ? Car inutile de se leurrer, j'avais bel et bien accepté cette fellation magnifique, Sergio ne m'avait pas violé, et quand il s'empara de ma bouche pour un baiser tendre et mouillé, je sus montrer, avec ma langue, que je validais son action. Le monde homo serait le mien, une évidence que j'avais niée, reléguée dans mon inconscient avec la fermeté tranquille de celui pour qui une telle chose était bonnement inconcevable. Mais me revenaient, maintenant, mes désirs d'auto-sodomie, mes doigts me fouissant l'anus pour y faire entrer la semence de ma propre fécondation, les plaisirs que je me donnais devant le miroir de ma chambre face à cet autre moi virtuel, mon partenaire narcissique. J'avais été, je serais gay, telle était la réalité. Pas besoin de tergiverser et de couper les cheveux en quatre.

Une fois ce principe établi, le temps exista à nouveau et ma pensée reprit son cours, allégée de ce faux dilemme où des pensées contradictoires avaient occupé cette minute de temps suspendu. J'en profitai pour observer les deux garçons qui m'avaient ouvert à leur monde, lequel était désormais le mien. Nus à côté de moi sur le lit, ils incarnaient la différence, tous les écarts rendus possibles par deux physiques aux antipodes. Agénor, grand, dégingandé, à la peau laiteuse, aux mains longues, avait pour parfait contrepoint un Sergio au torse puissant, aux jambes torses et tronquées, au teint basané, aux doigts courts. Plus prodigieuse était encore la disparité de leurs sexes. Celui d'Agénor, tout petit, semblait une étrange virgule à l'intersection de ses cuisses. Je doutais qu'il pût pénétrer, dépasser le sphincter anal ou vaginal d'un partenaire. La nature, cruelle pour lui, interdisant l'intromission, l'obligeait à ouvrir son cul. Il bâillait encore, convulsif, dans une attente pathétique. Le sexe de Sergio, monstrueux, le vouait à trouver sa place là où l'on voudrait bien de lui. Par chance ils s'étaient rencontré, avaient trouvé une vie sexuelle et construit une vie affective. Il fallait s'en féliciter.

Mes 16 cm bandés me situaient dans un moyen terme. Pouvais-je affirmer, pour autant, que ma sexualité d'adulte atteindrait à leur plénitude ? Cette question, je me la posai quand les deux clowns reprirent leur baise, après avoir sollicité délicatement ma permission, soucieux de ne pas me choquer, bien que confiants en ma réponse. Je la leur donnai volontiers. A ma répulsion initiale, une excitation m'avait pris, une curiosité de voyeur mêlée à un désir d'apprendre les secrets d'une pénétration. Je n'avais pas alors en tête celui d'intégrer leurs ébats.

Sergio, enserrant des deux mains sa pine grosse comme un cep de vigne (elle en avait la taille, la forme et les nodosités), l'approcha du cul grand ouvert et frémissant de son attente. Lentement il l'introduisit, attentif à ne pas brusquer la rondelle de son partenaire. Je la voyais se dilater, accueillant à chaque seconde, une section toujours plus grosse, car comme le cep dont j'ai parlé, la pine était large à sa base et étroite au niveau du gland. Lorsque Sergio fut enfourné jusqu'à la racine de son chibre, je perçus véritablement la réalité du calibre. Distendu à l'extrême limite, le fion d'Agénor s'étranglait autour d'un gros pieu violacé plus épais qu'une canette de bière . Il lui fallait cette masse de chair cônique, enfoncée jusqu'aux couilles, pour qu'il prît pleinement son pied. Agénor se mit à gémir, poussant son cul, levant la tête. Son tout petit pénis, bandé, avait pris la faible amplitude une quéquette d'enfant de 8 ans d'où ne jaillirait aucun sperme. En revanche, il savait, du fion, tirer de profondes extases, et quand Sergio jaillit en lui, son être entier vibra, s'arqua, et il s'affaissa dans un râle, le visage fou de plaisir.

Le sommeil déroba la suite à mon esprit surexcité et je m'endormis comme une masse . Je me réveillai vers 5 h, la queue raide, le cul dévoré d'une pulsion irrépressible. Sergio sommeillait derrière moi. J'amorçai une lente reculade, jusqu'à ce que mon cul brûlant vint s'aboucher au cep noueux du nain lové sur mes arrières. Ma main tâtonna derrière moi, saisit le chibre encore flaccide dont je tirai le gland à moi. La pine réagit aussitôt. Je sentis le cep se bander, durcir, heurter mon pertuis convulsé. Sergio grogna dans son sommeil, fit un mouvement en avant, et sa prune me pénétra. Les cuisses du nain m'enserrèrent.

— Est-ce bien raisonnable, me dit-il tout en me mordillant l'oreille.

— Avance doucement, répondis-je.

Cette nuit là, je ne pris que le gland, mais il suffit à mon bonheur, car au bout de quelques secousses, je déchargeai abondamment sur les fesses glabres d'Agénor. Son sommeil était si profond qu'il ne sentit pas ma jouissance.

— J'ai presque deux mois devant moi, dis-je à Sergio, me retournant pour lui rouler une pelle baveuse.

Dans la semi obscurité, je distinguais son beau visage. Il me fixait intensément.

— Dans huit jours tu l'auras à fond.

Je me lovai entre ses bras. Je ne serais pas acrobate, mais j'aurai sa grosse bite en moi. Existait-il meilleure carrière pour un jeune ado de 15 ans ?

NB : depuis deux mois, le comptage des lecteurs ne fonctionne plus. Merci à tous ceux qui me suivent et s'intéressent à mes histoires.