21 décembre 2012 (02)


21 décembre 2012 (02)
Texte paru le 2012-08-02 par Gordon   Drapeau-fr.svg
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16 décembre 2013

Je me réveille soudain. Il me manque quelque chose sur le corps. je suis nu, au-dessus de mes couvertures ; c'est étrange je n'ai pas l'habitude de dormir ainsi. Pourtant ce n'est pas la sensation du drap et de la couverture sur mon torse qui semble me manquer. C'est autre chose qui fait défaut. Quelque chose de plus imposant. J'essaie de mettre un mot dessus, de me concentrer et là toutes les images me reviennent.

L'astéroïde fonçant sur la Terre, l'Ethiopie pratiquement détruite. J'ai un haut-le-coeur. Les pleurs de Patrick. Son corps contre le mien, et ces images... Les images de notre désir, notre baiser, nos corps l'un contre l'autre. Je sens la nausée atteindre le bord de mes lèvres. Je me lève et fonce au réduit qui nous sert de toilettes. je m'agenouille au sol, la tête au-dessus du cabinet et vomis. il n'y a pratiquement rien à rendre. je n'ai pas mangé dans la soirée, les événements m'ont pris de cours. Ce n'est que de la bile. Je sens mes yeux pourtant qui piquent. Je veux croire que c'est le fait de régurgiter qui me met dans cet état mais c'est davantage la tension de la veille qui fait exploser le barrage que j'avais su mettre en place. Ce sont des flots de larmes qui coulent maintenant sur mon visage. Je pleure comme un enfant. je pense à ma famille que je viens de perdre ou qui vont disparaître dans les quelques jours. Il n'y a aucun moyen de les revoir ou de rentrer en contact avec eux. Les communications sont réservées aux échanges entre cités souterraines.

Dans mon dos, j'entends le ronflement sonore de Patrick. Je ne veux pas le réveiller. J'ai peur de sa réaction et de la mienne. Va-t-il prendre conscience de ce qu'on a fait ensemble ? C'était un moment particulier de stress mais quand même... Je ne veux pas subir ses sarcasmes. Je me retourne discrètement à la recherche de mes vêtements. Il est allongé sur son lit. Je comprends enfin le poids qu'il me manquait. Nous nous étions endormis, lui le bras passé au dessus de mon torse. Il a dû se réveiller et regagner son lit. Je ramasse mon pantalon et mon haut trainant sur le sol, là où nous les avons jetés. Puis, comme un automate, je me dirige vers la porte du logement pour en sortir.

À cette heure-ci, les lumières sont éteintes. Il faut dire que nous cherchons à faire des économies. Si bien que durant les heures de nuit, les couloirs ne sot pas éclairés. Lorsque je referme la porte, je me retrouve dans le noir complet. Je pose ma main sur la paroi et la longe vers ce que je pense être la place publique. Parfois, sur mon trajet, j'entrevois un peu de lumière sous une porte, cela m'aide à me diriger. je ne dois pas être le seul à avoir du mal à m'endormir. Il me faut un bon quart d'heure, dans ces ténèbres pour rejoindre la place. Je ne vois rien, pourtant j'avance doucement en lâchant le mur pour atteindre l'un des bancs. J'ai les mains devant moi, essayant d'éviter les obstacles. Comment font les aveugles pour pouvoir avancer comme ça ?

Je trouve enfin un endroit pour m'assoir. Je m'y installe et réfléchis à ce que je vais pouvoir faire. Comment vais-je pouvoir affronter Patrick ? Est-ce que tout le monde va savoir ce que nous avons fait ? C'est sur ses pensées que je m'endors.