365 nuits d'adieux (50): Le parking sous le square


365 nuits d'adieux (50): Le parking sous le square
Texte paru le 2018-02-09 par Needles   Drapeau-fr.svg
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Les chiottes du hall des départs de la gare Saint-Lazare sont en travaux. Les dragueurs se sont rabattus sur ceux du rez-de-chaussée, mieux surveillés, mieux séparés, moins pratiques. Je suis trop petit pour voir au-dessus des séparations. Après un quart d'heure infructueux je me dirige vers le square Saint-Augustin. Un moustachu me suit dans la rue Racine, je ralentis le pas, il m'aborde, propose de le suivre chez lui. Je prétends que je n'ai pas le temps, il ne me plaît pas, je le trouve vieux, ridé, usé. Il me demande alors de l'accompagner dans les escaliers du parking sous le square. En chemin, l’œil allumé il demande :

— Tu te fais prendre ?

Je ne comprends pas la question : prendre quoi. Prendre en main ? Soupçonnant quelque chose qui ne va pas me plaire, je réponds non à tout hasard. Derrière la porte du deuxième sous-sol, il ouvre ma braguette. Sans sortir sa queue, il se baisse et me lape la bite à petits coups de langue ; ça me chatouille, ça ne m'intéresse pas, tout ce que je veux c'est voir sa trique, ou qu'il avale la mienne sans ménagement comme si j'étais un adulte. La porte s'ouvre à l'étage d'en-dessous, il s'échappe dans le parking pendant que je me reculotte. Le passant s'éloigne, il rouvre la porte, et fait signe de le suivre vers le premier sous-sol où se trouvent des toilettes avec une cabine qui ferme.

Dès qu'on est dedans, il baisse son pantalon sur ses genoux, ça devient tout de suite plus intéressant. Il ne bande pas encore, mais un gros champignon rose coiffe sa bite à nu, une bite sans peau comme je n'en ai jamais vue. J'ai aussitôt envie d'y passer la langue comme il vient de faire, je m'accroupis, cette fois c'est moi qui n'ait pas ouvert mon pantalon. Il dit, avec un drôle d'accent :

— T'es plus doué que je pensais.

Son gland grossit quand il se pousse dans ma bouche. Il dit : « Pas les dents ! » Je remarque que son slip descendu entre les genoux est tapissé d'une tache marron, ça me dégoûte un peu. Du bruit à l'extérieur, on reste coincé sans bouger quand ça tape à la porte. Comment on va sortir de là à deux ? Il se retourne, s'écarte les fesses et me colle le nez dans sa raie. Je sens la merde mal essuyée autour de son trou. Je vomis aussi sec, alors qu'il dirige ma tête vers la cuvette en se rhabillant de l'autre main. Je tousse, je crache. Il me prend par le bras, ouvre la porte. C'est le gardien du square qui frappait à la porte. Avant qu'il ait eu le temps de dire quoi que ce soit, il avance :

— Le petit était malade. J'espère qu'il a pas gerbé à côté.

Il se retourne pour tirer la chasse. Le gardien, l'air suspicieux nous regarde nous enfuir. Dans la rue, alors qu'on a pressé le pas, il me dit, essoufflé :

— Au moins, ce qu'il y a de bien, c'est que toi t'es pas raciste !

Je traverse en vitesse, direction l'appartement familial. Il continue à me suivre, arrêté à chaque carrefour. Par moment j'hésite, je me retourne, je ne sais plus trop si j'ai envie d'en savoir plus ou d'en trouver un autre qui m'excitera vraiment. Devant les grands magasins, une dame m'arrête et me dit :

— Fais attention, il y a un homme qui te suit, et comme elle le montre du doigt, il tourne les talons Tu veux que je t'accompagne ?

Je remercie la vieille de se mêler de ce qui ne la regarde pas. Je la rassure en lui disant que je suis bientôt chez moi. Trop content d'avoir léché ma première queue malgré les gêneurs, je me demanderai encore quelques mois quelle est cette autre dimension des relations humaines où « on se fait prendre », enlever, ravir, peut-être ; et si même les noirs et les arabes attendent de moi que je sois révulsé à l'idée de me laisser toucher par eux.