365 nuits d'adieux (51): La foire


365 nuits d'adieux (51): La foire
Texte paru le 2018-02-16 par Needles   Drapeau-fr.svg
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Quand j'étais petit, j'allais tous les ans avec ma mère à la Foire de Paris, et pendant qu'elle se faisait payer des coups au pavillon des vins, j'explorais, à l'étage supérieur, les toilettes les plus fréquentées du coin. C'était plus loin de chez moi que les grands magasins, mais au moins je ne tombais pas toujours sur les mêmes...

C'est en m'y rendant un matin par le métro que je vis mon premier exhibitionniste. Le mec, mince, grand et chauve, portait un imper vert. La rame ancienne, aux émaux rouges et blancs, le secouait, et chaque secousse écartait les pans de son pardessus. J'étais assis face à lui, tout juste à la bonne hauteur. À la première vision fugitive d'une longue bite flasque pendant hors du pantalon, je crus être victime d'une hallucination issue de mon imagination libidineuse. J'y regardai une deuxième fois, et distinguai nettement dans l'ouverture sa queue décalottée au repos, au gland plat et allongé, presque en pointe, la "bite de chien" caractéristique des homosexuels selon le précis de médecine légale qui traînait dans la bibliothèque paternelle. Dès lors je ne pus plus regarder ailleurs, hormis un coup d’œil à son visage qui ne trahissait aucune émotion particulière.

Deux stations plus loin sa bite se mit à remuer un peu, amorçant un raidissement, et je devins écarlate. Je devais avoir le regard vraiment insistant, car, au cinquième arrêt, la bonne femme d'en face chercha ce que je fixais et poussa un cri. Le mec descendit d'un bond ; je changeai de wagon.

À la foire, j'allais compulser fiévreusement les illustrations des dictionnaires médicaux: à l'article puberté où l'on trouvait des photos avant-après d'ados à poil, à l'article éléphantiasis ou l'on voyait une négresse aux seins comme des montgolfières, et un mec portant dans une brouette des couilles grosses comme une paire de courges, à l'article malformations et maladies vénériennes où s'étalaient des clichés de bites dans tous les états de dégénérescence ou d'infection.

Les toilettes, c'était pour les travaux pratiques. Je me souviens encore d'un barbu, dont le méat s'ouvrait sur le dessus du gland, de la couleur cireuse d'une énorme queue de vieillard, de verges tordues en virgule dans toutes les directions, mais surtout de la moustache et des yeux rieurs d'Hugues. Je l'avais suivi jusqu'à porte de la Chapelle (à l'époque j'aurais suivi jusqu'au bout du monde n'importe quel blond moustachu de moins de trente ans), tout juste à l'autre bout de la ligne, et dans le métro je n'en pouvais plus d'avoir envie de lui.

Sa chambre était au rez-de-chaussée d'un grand immeuble et, de l'autre côté des volets de fer dont les interstices laissaient filtrer la lumière du jour, jouaient des groupes de gamins. C'était peut-être dans le but non avoué de les attirer par le spectacle qu'il m'avait fait venir, et sans doute il souhaitait qu'on nous voie puisqu'il refusait de clore plus hermétiquement les persiennes. La première réticence passée, je me la donnais quand même. Sa bite ne devait pas dépasser les dix-sept centimètres en érection, mais je la trouvais vachement jolie toute décalottée, avec sa prune violette que j'aspirais comme on tire sur les premières cigarettes, en toussant et en m'étouffant. Il en coulait des gouttes transparentes et salées, je n'avais jamais vu ça. Je lui demandai si c'était normal et il m'avait répondu que ça lui arrivait uniquement lorsqu'il était très excité. Flatté, j'avais recommencé à le sucer pour qu'il en coule encore.

À son tour il m'avait avalé le zizi goulûment; je n'avais pas l'habitude, mais ivre de plaisir, à cheval sur son torse, je donnais de toutes mes forces des coups de bassin pour m'enfoncer dans sa bouche, me heurtant aux dents qui m'éraflaient, sans prendre garde au mal, si bien qu'un peu de sang finit par perler d'une minuscule entaille sur mon gland. Il m'avait rassuré du mieux qu'il pouvait. La queue un peu rouge et douloureuse j'étais parti sans jouir, je m'étais retapé toute la ligne de métro en sens inverse pour retrouver ma mère vers les cinq heures au point de rendez-vous, assez embêté de n'avoir rien vu de ce dont elle me parlait avec enthousiasme.

Quelques temps après j'avais retrouvé par hasard le bel Hugues au Troca, alors que j'ignorais absolument ce qui s'y passait dès la tombée de la nuit. On avait sauté la chaîne, traversé la pelouse, et on s'était enfoncé dans une petite grotte artificielle pour se tailler une branlette. Au moment tant attendu où il allait enfin se mettre à genoux pour me sucer, deux flics passèrent sans nous voir, mais, flippé, il refusa de continuer en plein air. Je le suivis chez lui sans même songer au mensonge qu'il allait falloir concocter pour justifier tant de retard.

Cette fois-là, on s'est déshabillé complètement. J'étais comme fou, je rampais comme un serpent sur son corps, mordant ses seins, léchant l'entrejambe et les couilles. Mes préjugés moraux m'avaient arrêté lorsqu'il s'était proposé de me sucer le cul, parce que je trouvais ça sale, mais, quand il m'avait présenté le sien pour que j'y rentre, ma petite bite était devenue dure comme du béton. Je me faisais mal au gland en poussant comme un forcené sur l'anneau étroit. Faute d'autre lubrifiant, il s'était emparé d'une bouteille de shampoing. En pénétrant son cul, en sentant pour la première fois les parois s'écarter au passage de la tête de mon nœud, je faillis tomber dans les pommes. Il voulait que je l'encule devant la glace pour voir ma bite s'agiter dans son cul défoncé. Il répétait avec des grognements que le shampoing lui piquait le cul et je ne fus pas long à jouir.

En rentrant ce soir-là, je me suis fait engueuler et on m'a privé de sortie. Je ne l'ai plus revu. Je m'en branlais, c'est le cas de le dire, je l'avais eu jusqu'au trognon.