Amour, grâce et beauté


Amour, grâce et beauté
Texte paru le 2004-07-22 par Pascal3   Drapeau-fr.svg
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La beauté et la grâce m’ont ébloui et aveuglé quand j’ai croisé pour la première fois ce jeune homme au sweat Fruit of the Loom jaune pâle, jeans s’évasant légèrement sur une paire d’Osiris un peu trop large. Corps élancé d’un basketteur, yeux sombres derrière des lunettes à fines montures, cheveux noir d’encre à tendance crépue, le garçon dégageait un raffinement dans le maintien et le déplacement. Il possédait ce quelque chose de délicat propre aux orientaux. J’apprendrai plus tard qu’il était le fruit d’une alliance franco-maghrébine.

Une besace portée en bandoulière, il se rend à son travail en mordant allégrement dans un petit pain au chocolat qu’il vient d’acheter à la boulangerie du quartier.

La vue du garçon me devenait obsessionnelle. Sa beauté à l’état brut était offensive. La peau grêlée de son visage témoignant d’une acné juvénile exubérante n’entachait en rien son charme. Je ne savais rien de lui, ni quels étaient ses goûts et sa vie intime mais il était à moi dans les songes. Les jours où je le croisais, la journée me souriait, quand je ne le voyais pas, elle était entachée par un vide. Il était évident que j’en étais tombé amoureux, platoniquement, me persuadai-je. Au fur et à mesure, son image s’incrustait en moi, image du bonheur désiré.

Ce jour-là, nous sommes tombés nez à nez devant la boulangerie, lui en sortant, moi y entrant. Quelle que soit la force inconsciente qui s’empara de moi, je m’entendis lui adresser la parole tout de go :

— On t’a déjà dit que tu es craquant ?

— Non.

— Même pas les filles ?

— Non.

— Ni ta copine ?

— J’ai pas de copine.

— Mais ça ne te dérange pas qu’un mec te le dise ?

— Non.

Son attitude consistant à éviter mon regard et la brièveté de ses réponses commençaient à m’exaspérer :

— Dis donc, tu es toujours aussi avare de paroles ?

— On ne se connaît pas.

— Justement... Je pense que certains mecs m’auraient déjà envoyé leur poing dans la figure en se faisant aborder de la sorte.

— Pourquoi, ton jugement est plutôt à assimiler comme un compliment.

— C’est comme ça que tu le perçois ?

— Oui.

— Et si c’était plus qu’un compliment ?

— Quoi donc ?

— Un sentiment de désir...

— C’est agréable de se sentir désiré.

— Tu le prends aussi simplement que ça ?

— Ça me choque pas.

— Tu as déjà été désiré par un mec ?

— Non.

— Je te crois pas !

— J’suis peut-être trop introverti.

— Mais sacrebleu, ça se voit pas que je suis amoureux dingue de toi, commençai-je à élever la voix avant que je me rende compte qu’on était en pleine rue.

— Je veux bien être aimé de toi, répondit-il sans façon.

— C’est pas trop tôt. Dis-moi, tu es toujours aussi indifférent aux gens ?

— C’est pas de l’indifférence, c’est de la prudence.

— Depuis le temps que je t’observe quand je te croise...

— J’avais remarqué... mais j’ai toujours été trop timide pour oser déclarer ma flamme à quiconque...

Contraint à l’initiative, je me hasardai donc à poser la question qui me taraudait :

— Est-ce que tu aimerais que l’on fasse l’amour ?

— Oui.

— Génial... J’ai mon cœur qui pulse... Constate par toi-même... pose la main...

Il posa sa main sur ma poitrine, à l’endroit de mon cœur. D’une main, je bloquai la sienne tout contre mon torse palpitant et je pus déchiffrer son prénom sur une gourmette argentée : Louis-Philippe.

— Tu sens à quel point je suis fou de toi. J’aurais envie de t’embrasser, là, en public.

— Chiche...

Et de me plonger entre ses lèvres sensuelles pour montrer à tous l’amour qui vient de nous lier. Un ange vient de nous transpercer de sa flèche...

— Allons chez moi, c’est à deux pas...

Je lui prends la main, il ne la rejette pas... C’est ainsi, main dans la main, en amoureux, que l’on se dirige vers mon appartement. Nos esprits sont proches, indifférents à l’agitation alentour, nous sommes dans une bulle imperméable aux «qu’en-dira-t-on».

— Nous aurons une excuse commune pour nos employeurs par rapport à notre absence d’aujourd’hui !

— Laquelle ?

— Nous étions tous deux fiévreux de désir...

— On pourra dire ça comme cela.

— D’ailleurs, si on nous mettait des thermomètres dans le cul, ils exploseraient sous l’effet du feu qui nous brûle à cet endroit-là.

— J’ai envie que tu éteignes le mien avec ta lance, me murmure Louis-Philippe.

— J’aurai besoin du même service, dis-je malicieusement.

On fut pris d’un éclat de rire. On était décidément faits pour s’entendre.

Louis-Philippe se débarrassa de ses baskets dès la porte fermée derrière lui. Son jeans est rapidement sur ses chevilles puis à terre, le sweat-shirt suit le même parcours. Même ses chaussettes blanches valdinguèrent. Il était magnifique dans sa nudité originelle.

Quand il vit ma queue pointer à l’horizontale, il n’eut aucune hésitation : il se positionna à quatre pattes, cambra les fesses et dit :

— J’ai confiance en toi, dépucelle-moi l’arrière-train... Je suis prêt à souffrir pour éprouver ce bonheur...

Je n’en revenais pas qu’il me confie cet honneur de lui faire connaître le plaisir du coït anal.

Je me devais de ne pas le décevoir. Il allait vivre ce moment comme une épreuve, à moi de la lui rendre la plus tendre et la plus jouissive possible.

Je me suis mis à caresser ses fesses avant de les lécher. Pendant que je le préparais à me recevoir, je lui parlais, disant que ses fesses étaient belles, que sa peau était velouteuse. Ces paroles le faisaient frémir comme à l’instant où l’extrémité de ma langue commença à humidifier sa rosette. Le contrecoup de ma manœuvre ne fut pas long à produire ses effets : son anneau plissé s’ouvrit en corolle. Louis-Philippe haletait comme si ma queue raide avait déjà amorcé son travail de sape. Je tempérai ses ardeurs :

— Calme-toi, ce n’est que ton cul qui s’ouvre sans toi... Touche-le pour t’en rendre compte, lui proposai-je.

Louis-Philippe amena sa main à la hauteur de sa fente, fit descendre un de ses doigts jusqu’à son trou où il vint rejoindre ma langue. Je lui ai alors conseillé de laisser glisser son doigt aux côtés de ma langue fouineuse. L’effet conjoint de son membre et de mon organe dilata ses sphincters et c’est ainsi que son cul fut défloré pour la première fois. Conscient d’être bien ouvert, Louis-Philippe m’encouragea :

— Je suis prêt, encule-moi maintenant...

J’ai profité de son cul élargi pour y enfoncer ma queue. Doucement. Progressivement. Avec amour. Louis-Philippe râlait de jouissance, me demandant de rester en lui indéfiniment. En même temps, je faisais coulisser ma bite dans son étui intestinal. Il jouissait du cul, ce qui facilitait la pénétration de mon membre friand de trous bien serrés.

Je me retirai alors, je m’apprêtais à lâcher ma charge de jute. Je me suis placé face à lui et après quelques va-et-vient, j’éclatais sur son visage. J’aperçus alors que ma semence était venue se mélanger à des traces lacrymales. Je me suis inquiété de lui avoir fait mal mais il me rassura :

— Ne t’inquiète pas, ce n’est que du bonheur qui coule de mes yeux.

Sa remarque me toucha profondément. Je le pris dans mes bras et nous nous sommes unis dans un baiser humide.

Nous avons vécu une journée «d’amour et d’eau fraîche», la bouteille d’eau minérale étant destinée à hydrater nos corps en sueur. Notre relation avait été si forte qu’elle lia nos vies.