Amour d'été (André0)

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Numéro 1

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 1
Date de parution originale: Juin 1985

Date de publication/archivage: 2015-01-23

Auteur: André
Titre: Amour d'été (André0)
Rubrique: Souvenirs

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Ce texte a été lu 7459 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)



Homosexuel, je n’ai jamais eu de relations avec une femme. Tout jeune, j’étais déjà attiré par les garçons. Aujourd’hui, ce sont encore eux et les hommes jeunes qui font naître mon désir.

Ma plus belle histoire d’amour date de l’été dernier, en juillet. L’entreprise où je travaille avait embauché des intérimaires pour la durée des vacances. Il y avait parmi eux, un étudiant, jeune, mince, blond. Il possédait un regard doux d’un bleu profond. J’en suis immédiatement tombé amoureux. Au début, il ne semblait pas s’apercevoir de l’intérêt que je lui portais. Toute la journée, je me régalais les yeux, de sa peau fine et de la sveltesse de son corps. La nuit, je l’imaginais nu, près de moi. Je le caressais, je le faisais jouir. Mon désir s’exacerbait. Je me réveillais de plus en plus frustré.

Un matin, il est arrivé au bureau avec une revue de modélisme à la main. C’était l’occasion rêvée. Je suis moi-même un passionné de modèles réduits. Chez moi, je leur ai abandonné toute une pièce. Là, je retrouve ma candeur d’enfant, le monde merveilleux des histoires qui finissent bien. Soudain, parce que nous avions une passion commune, tous les espoirs me semblaient permis. Il a accepté mon invitation sans l’ombre d’une hésitation. J’étais terriblement ému quand il a sonné. Il sentait bon. J’avais envie de l’embrasser. J’en tremblais. Sans manifester d’étonnement, il a longuement examiné le décor de ma salle de séjour : des maquettes d’avions anciens et des photos d’hommes jeunes presque nus, grandeur nature. Il n’a rien dit, il m’a juste regardé avec un sourire. Ça me suffisait.

J’ai osé le prendre par le bras pour l’entraîner vers ma salle aux trésors. Il a suivi docilement. Il était étonné, comme un gosse, devant le circuit compliqué du train électrique qui contourne un mini-plan d’eau pour mes bateaux. On a tout mis en marche. Ses yeux pétillaient d’émerveillement. Les manœuvres m’ont servi de prétexte pour le frôler, m’appuyer sur lui. Il ne me fuyait pas. Il laissait mes mains s’attarder sur ses bras, son dos, mon ventre presser son bassin. Il ne s’est pas écarté quand mon sexe durci s’est appuyé contre ses fesses. II a posé la boîte de commande et s’est retourné. Sa poitrine se soulevait et s’abaissait bien plus vite que lorsqu’il était arrivé. J’ai déboutonné sa chemise. J’ai caressé son torse magnifique, les muscles de son ventre plat. Mes mains ne se lassaient pas de la fermeté de sa chair. Il se laissait adorer comme je l’avais rêvé. Mes lèvres buvaient la douceur de sa peau avec une dévotion que je n’avais jamais éprouvée. Et le train électrique continuait à tourner : un vieux modèle qui grésillait et jetait un «hou ! hou !» en traversant les gares. Certains soirs de cafard, je le pose sur les rails et alors, toutes les émotions de ce soir là reviennent.

Je le voulais entièrement nu. J’ai défait la ceinture, descendu la fermeture de sa braguette. J’ai libéré son sexe qui tendait le tissu du mini-slip : un sexe très long, mince. J’osais à peine le toucher. Il me semblait fragile. Je l’effleurai du bout des doigts. La peau qui le recouvrait était satinée. Sa chair dure palpitait à chacune de mes caresses. Je l’ai adoré des deux mains : une pour ses couilles si rondes, une pour le membre qu’il me tendait, que je flattais en tirant doucement sur la peau jusqu’à ce que je découvre son gland rose. Nous haletions. Hormis les poils de son pubis, roux blond, tout son corps était glabre, uniformément lisse. Un bonbon !

Sans précipitation, sans brusquerie, je l’ai conduit au plaisir. Une petite goutte translucide a perlé au bout de son gland. Je l’ai bue. Il a gémi. Plus tard, je goûterai le moelleux de son sexe sur ma langue. Ma salive avait rendu mes attouchements plus onctueux. Je voulais voir sa sève jaillir. Je l’ai branlé du bout des doigts. Mon «petit Vésuve» s’est gonflé, trois fois et, trois fois, sa lave a coulé. Les caillots de son sperme tiède me graissaient les doigts. Son odeur m’énivrait.

Il avait l’air groggy. Il s’est laissé aller sur la moquette en se débarrassant péniblement des vêtements tire-bouchonnés qui l’entravaient. Il reprenait son souffle lové contre moi, en chien de fusil. Je me suis dévêtu aussi. Mon sexe me faisait mal de désir. Peau contre peau, on s’est caressé. Ses reins, ses fesses avaient conservé la tendresse de la jeunesse. Mes doigts allaient et venaient dans sa raie. J’avais un puissant désir de m’y enfoncer. J’ai baisé sa bouche, nos salives se sont mêlées. Son sexe a refait le fier quand mon doigt a forcé son anus. J’étais dans un état second d’amour, un état d’adoration totale. Dans ma bouche, son membre a repris vigueur. Il gonflait sur ma langue, se frottait à mon palais. Il se cambrait comme pour entrer tout entier. J’ai léché ses couilles, léché ses fesses. J’y glissais comme sur du marbre. Le bouton de son anus s’est offert aux frétillements de ma langue. Du bout durci, je forçais, pénétrais. Il ondulait comme en transes. Mon sexe endolori est venu glisser entre ses fesses. Son «oui» implorant à failli me faire jouir. J’ai poussé. Sa chair s’est écartée, docile, tendre. Même à l’intérieur, il était glissant. Je tenais son sexe à pleine main, je le branlais, pendant que mon membre entrait et sortait de son cul adorable. À quatre pattes, l’un sur l’autre, nous nous offrions une saillie bestiale. Il n’y a que lorsque j’ai senti son sexe frémir et éjaculer une seconde fois que j’ai laissé le plaisir me submerger. Ses fesses calées contre mon ventre, je me suis enfin vidé au fond de ses reins.

Ça a duré quinze jours. Quinze jours d’amour plein, partagé. Un plaisir pur, vécu au jour le jour, lui l’idole, moi le prêtre. Il se donnait. Je le prenais. Tout entier. Il avait une autre vie, ailleurs, loin. À la fin du mois de juillet, nous nous sommes séparés pour ne plus nous revoir. Sans cris, sans promesses. Nous savions depuis le début que c’était une passion éphémère. Je ne regrette rien : j’en garde un souvenir tellement sublime.

André, 38 ans.