Au bal

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Numéro 4

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 4
Date de parution originale: Septembre 1985

Date de publication/archivage: 2014-01-27

Auteur: Pierre
Titre: Au bal
Rubrique: Premiers émois

Note: Le magazine Lettres Gay ayant disparu, nous archivons sur Gai-Éros des textes y ayant été publiés au fil des ans, à titre d'archive, notre but premier étant que la littérature homo-érotique se préserve au fil du temps. Si vous êtes l'auteur de ce texte ou si vous détenez des droits légaux sur ce texte, veuillez communiquer avec nous sans délais.

Ce texte a été lu 17576 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


Ma première expérience pourrait s'appeler «Femme pendant 15 jours». J'ai découvert l'homosexualité l'année de mes dix-sept ans, lors de mes premières vacances passées seul.

C'était pendant l'été soixante-huit et j'avais planté ma canadienne dans un camp de bord de mer, durée prévue du séjour : trois semaines. Le samedi soir à la fin de la première semaine, alors que dans le night-club où je prenais un verre le soir de temps en temps, la soirée s'annoncait aussi triste que les autres jours. «Les filles», sur lesquelles mon intérêt se portait alors, paraissaient aussi crispées que pendant la semaine quand mon regard croisa celui d’un jeune homme d'environ vingt ans, lui aussi seul à sa table.

Au bout de quelques minutes, il me fit un sourire, et me demanda s’il pouvait joindre sa solitude à la mienne. De mon côté trop content de pouvoir échanger quelques paroles avec quelqu’un, c’est avec plaisir que j’acceptai son offre.

Après quelques paroles générales sur le temps et les événements du mois de mai précédant j’eus la surprise de sentir sa main qui, profitant du quart d’heure de slow, s’était délicatement posée sur mon genou, entraînant chez moi un trouble que mon élocution dut traduire car, se rapprochant de moi, il m’avoua sa préférence pour les garçons. Cette révélation eut pour effet, d’accentuer mon trouble. J’avais l’impression que tout le monde nous regardait, et j’en fis part en bafouillant à mon voisin. Sentant mon trouble, Michel (c’était son prénom), me proposa de sortir et de venir chez lui prendre un verre.

Le temps est venu de vous expliquer quelques faits que je découvrirais un peu plus tard. Michel qui avait vingt-trois ans, vivait pendant les vacances dans l’une de ces nombreuses villas qui fleurissent dans les villes du bord de l'Atlantique et qui appartenait à ses parents qui l’avaient occupée le mois précédent (juillet) avec leur autre enfant, une fille de dix-huit ans prénommée Chantal. Michel était un garçon d’environ un mètre soixante-quinze, châtain, cheveux courts, avec une belle carrure de sportif. Quant à moi, j’étais à ce moment-là un jeune homme blond, bouclé, les cheveux mi-longs, d’un mètre soixante-deux pour cinquante-deux kilos.

Ces descriptions étant faites, en cheminant, nous sommes arrivés devant une charmante petite villa de quatre pièces où nous sommes entrés. Là, Michel me fit asseoir sur le divan du salon, et me servit un whisky. Au bout de quelques minutes il se leva pour mettre un disque doux et me demanda de danser avec lui. Après quelques pas, il s’arrêta et me demanda si j’aimerais me travestir et, devant mon inexpérience, prit les événements en main, m’entraînant doucement vers la chambre de sa sœur. Devant moi, il sortit une grande robe estivale qui à peu de choses près correspondait à ma taille, et entreprit de me dévêtir. J’étais nu et je bandais comme je ne l’avais jamais fait avec une fille. Ravi, Michel commença tout doucement à me vêtir avec un bustier en dentelle, un petit slip assorti, un chemisier blanc, en nylon, et une mini-jupe plissée marine qui, agrémentée des socquettes blanches, contribua à me donner un air de collégienne bien sage ; air que Michel rendit plus mâtin par l’application très experte d’un léger maquillage.

Ainsi travesti, il me ramena dans le salon où il entreprit de me draguer sur la musique de «A whiter shade of pale». J’étais une fille, et ma foi tout à fait sortable, seul mon sexe en érection serré dans le slip en dentelle me rappelait ma véritable identité.

Petit à petit en dansant ainsi, les mains expertes de Michel me caressaient le dos, puis les fesses, glissant sous la ceinture de la jupe, puis dans le slip, me caressant l'anus. De mon côté prenant un peu de hardiesse, je me laissais aller. Michel me prit les lèvres, et dans un baiser enflammé, se fit plus insistant. À ce moment-là mes mains qui jusque-là étaient appliquées sur sa poitrine furent prises de fourmis, et l’une d’entre elles, descendant le long de son ventre, vint caresser son sexe, baissant la fermeture-éclair pour glisser dans le slip et sortir une queue qui, bien que pas gigantesque, était très désirable.

Michel me demanda de le sucer. Me mettant à genoux ma bouche commença maladroitement à aspirer son gland, puis toute la tige. Michel gémissait, je sentis sa queue vibrer, il l’a retira brusquement et se mettant derrière moi, il entreprit de me lécher l’anus puis, me caressant avec un doigt, il se mit à rentrer un doigt puis deux. Comme je commençais à planer, je sentis cette queue que j’avais sucée me pénétrer tout doucement. L’aidant en prenant appui sur le divan devant moi, je sentis ce sexe chaud entrer puis sortir ; il me limait avec douceur, j’étais aux anges, un homme me faisait l’amour, et j’étais en transe.

Tout à coup, ses coups de reins s’accélérèrent et je sentis sa semence chaude m’emplir les entrailles, au moment où je jouissais moi-même. Nous sommes restés ainsi quelques minutes puis, nous asseyant sur le divan, il me proposa de venir finir mes vacances chez lui. J’acceptais volontiers et, le lendemain, je débarquais avec armes et bagages. La seule exigence de Michel fut que je sois travesti vingt-quatre heures sur vingt-quatre, à cause des voisins et du qu'en-dira-t-on. Ainsi pendant quinze jours, j’accompagnais Michel en ville, en boîte et dans son lit comme une femme fidèle, puisqu’il m’appelait Catherine.

Depuis, je suis marié et père de deux enfants, et pourtant devant des vêtements féminins, je repense à cette aventure qui fut un instant de bonheur intense.

Pierre, 34 ans