Auto-stop (Michel0)

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Numéro 1

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 1
Date de parution originale: Juin 1985

Date de publication/archivage: 2015-01-25

Auteur: Michel
Titre: Auto-stop (Michel0)
Rubrique: Rencontres

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Ce texte a été lu 10075 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)



Voilà deux bonnes heures que je faisais du stop à la sortie de Montpellier lorsqu’une 4L conduite par un homme s’arrêta pour me prendre. J’étais parti le matin de Marseille. Très vite j’avais quitté la capitale phocéenne grâce à la générosité d’un camionneur. Mais alors là, à Montpellier, je me demandais si je n’allais pas poursuivre mon voyage en train vers la côte atlantique.

Je courus à la voiture, mon petit sac de voyage à la main, ouvris la portière et me renseignai sur la direction vers laquelle il se dirigeait. Narbonne, cela me convenait parfaitement. L’homme était âgé d’une trentaine d’années, les cheveux bruns, bouclés, une paire de moustaches ornait sa lèvre supérieure. Je remarquai qu’il avait des traits très fins. Je m’assis à ses côtés, il reprit la route en engageant immédiatement la conversation. Il me raconta très vite sa vie. Infirmier dans un hôpital, il était célibataire, il aimait la musique classique et plus particulièrement Mozart, les femmes le laissaient quelque peu indifférent, il ne me cacha pas l’attrait qu’avaient pour lui les hommes.

Moi, de mon côté j'écoutais. J’avais à l’époque dix-neuf ans, je ne collectionnais pas encore les expériences sexuelles et les seules que j’avais jusqu’à présent se limitaient à quelques copines. Je dois bien l’avouer, jamais je n’avais pris réellement un grand plaisir à faire l’amour avec une fille. J’étais pris à chaque fois, lorsque que l’acte était accompli, par une espèce de dégoût dont je n’arrivais pas à trouver l’explication logique.

René, c’est son nom, conduisait en faisant de grands gestes et chaque fois il reposait sa main sur le pommeau rond du changement de vitesses. La discussion s’engagea assez rapidement sur le sexe. Il me demanda si mon gland, quand je bandais avait la grosseur de cette boule. Je lui souris (la question m’amusait) et lui répondis modestement que sa taille devait faire la moitié de l’objet.

— Cela te gênerait-il si je m’en rendais compte par moi-même ?

Et sans attendre ma réponse il porta sa main à mon sexe. Il se mit à me caresser tout en tenant le volant de son autre main. Curieusement je n’éprouvai aucune gêne. Au contraire, ce geste me détendit et je me calai sur le siège en écartant un peu les jambes. Je constatai qu’immédiatement je m’étais mis à bander, chose qui m’était rarement arrivée aussi vite avec une fille. Mon sexe se durcit et me fit même mal tant il était comprimé dans mon slip.

— Tu ne voudrais pas le sortir, me demanda t-il d’une voix surexcitéé ?

Je détachai mon pantalon, baissai le slip et mon membre apparut bien dressé. René ne cessait pas de regarder et cela m’inquiéta un peu car j’avais peur que l’on se plante sur la route. Ses doigts s’approchèrent de mon gland qu’il décalotta. Il avait salivé dans sa main et j’appréciai son contact.

— Ça te dirait si on s’arrêtait ?

Moi, à cet instant j’avais une boule qui s’était formée dans ma gorge et mon estomac était tout bizarre. Je déglutis et je lui répondis que ça ne me dérangeait pas.

Il a vite trouvé une petite route secondaire où nous avons bifurqué. II a ensuite engagé la voiture sur un chemin de terre et a stoppé le moteur. Il a resalivé dans ses doigts, et délicatement a bien lubrifié toute ma hampe. J’ai fermé les yeux, profitant de cet instant de plaisir et de détente. J’ai senti alors un contact très doux sur mon gland, sa langue passait tout autour, puis il enfourna mon sexe dans sa bouche et entama un long va-et-vient. Sa main gauche avait pris ma queue et en même temps qu’il me suçait, elle me caressait délicatement toute ma verge. J’étais très excité et je sentis que je n’allais pas tarder à jouir. Mes jambes s’ouvraient et se refermaient régulièrement, mon corps s’arc-bouta, se tendit à l’extrême. Une crampe s’empara de tout mon être, partant de mes couilles, remontant le long du dos et s’éclata dans ma tête. Je lui déchargeai dans la bouche. René était très excité par cela. Je l’entendis gémir quand mon sperme lui envahit la gorge et il accéléra beaucoup plus ses mouvements de tête.

Il est resté un long moment sans bouger, simplement comme cela, mon sexe dans sa bouche. De temps en temps il aspirait voulant sans doute boire jusqu’à la dernière goutte. Il n’a relevé la tête que lorsque ma queue est retombée, molle, sur mon slip.

Il l’a baisée une dernière fois, amoureusement, l’a remise dans mon slip. «Merci», me dit-il alors. J’étais très étonné car en fait je pensais que c’était à moi à le remercier. Nous avons repris la route, René m’a tendu son paquet de cigarettes, peu de kilomètres après il s’est arrêté et m’a invité à manger dans un restaurant.

En fin d’après-midi il m’a laissé à la sortie de Narbonne. Nous nous sommes serrés la main pour nous dire adieu.

Tard le soir j’arrivai sur la côte atlantique.

Michel, 26 ans