Aux alentours de treize heures (2)


Aux alentours de treize heures (2)
Texte paru le 2014-02-21 par Kitty   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : Aux alentours de treize heures

Nathanaël se déshabilla à son tour en dévorant des yeux son Quentin nu et magnifique dans ce bain de soleil blanc. Il déplièrent le clic-clac en hâte après en avoir défait la bâche, et s'y enlacèrent.

Il avait tôt remarqué que, plus que n'importe quelle autre émotion, l'envie de se faire prendre embellissait Quentin au-delà du possible. Sa beauté métissée, alors, déjà incandescente au naturel, irradiait littéralement. Son visage, son corps sportif idéalement callipyge, le moindre de ses muscles, la moindre courbe de sa plastique déliée était une invitation à la sensualité la plus débridée. La hâte de le posséder pour le combler, hâte encore attisée par le flot de lumière solaire et le sentiment de bonheur, le brûlait. Pourtant, il résista. Dès que Quentin se mit sur le ventre, il lui saisit les fesses et abouta sa bouche à son attente palpitante. Quentin, définitivement envoûté, s'offrit. Le front contre l'étoffe rouge, soupirant son extase, il souleva le bassin pour le confort de son bienfaiteur qui dispensa ses attouchements linguales avec cette habileté que seul l'amour le plus sincère inspire. Il le masturba en même temps pour sentir son érection renaître et s'affermir sous l'effet de l'excitation anale. Quand, en plus de la langue il fit intervenir ses doigts, les soupirs de Quentin se muèrent en sourdes exclamations. Il était détendu, ouvert, idéalement prêt à le recevoir.

— Allez, Doudou, viens. S'il te plaît. J'en peux plus là, dit-il en se redressant à quatre pattes.

Nathanaël le couvrit, lui baisa la nuque, l'oreille, la joue, appuya son gland contre son anus, tâtonnant sans vraiment chercher à le pénétrer. Quentin agita les reins en grognant d'impatience, exigea ses lèvres, et c'est pendant qu'ils s'embrassaient que Nathanaël vint en lui. La facilité avec laquelle il se glissa dans son corps en disait long sur la force de leur désir mutuel. Il eut l'impression que Quentin l'aspirait. Le souffle ému, celui-ci recula pour parfaire l'emboîtement. Rien au monde n'était meilleur que cela : prendre en lui complètement le volume du sexe de son amoureux.

Nathanaël entama ses roulements de bassin, le regard fixé sur sa nuque, sur le grain de sa peau caressés par le soleil et déjà scintillante de millions de micro gouttes de sueur. Bercé par la langueur chaloupée de son tendre assaillant, Quentin râlait doucement sa satisfaction. Il murmura son prénom, quelques mots de tendresse et de volupté… Nathanaël aimait entendre ses prières, ses ronronnements, cela le guidait pour moduler au mieux son limage amoureux. Il allait et venait, les mains sur ses reins, ses fesses, son dos ou ses cheveux, regardait son sexe entrer et sortir de ce beau grand corps mate et lisse avide de le sentir.

Les rayons solaires magnifiaient tout. De sa vie entière, jamais Nathanaël n'avait éprouvé une telle faim de vivre ni une telle joie. Et Quentin avait l'art de s'offrir. Il était si magnifique dans ce don de lui-même. Pendant l'amour il offrait toujours le plus divin spectacle. Sa manière limpide d'exprimer son désir emportait chaque fois Nathanaël dans un tourbillon d'empathie. Aussi, se consacrait-il davantage à son plaisir à lui plutôt qu'au sien propre, attention qui lui était rendue au centuple.


Il le ceintura et, sans se retirer, le ramena contre lui à la verticale en s'agenouillant. Dans cette posture assise, Quentin le sentait en lui encore plus présent. Il en reversa la tête.

— Tu me rends dingue, soupira-t-il en entamant une danse du ventre plus pressée.

Sans désaccorder l'onde nouvelle de leur corps unis il pivota pour avoir sa bouche. Tout en l'embrassant, Nathanaël l'étreignit, puis il lui caressa le visage, le cou. Il passa ses mains partout sur son torse, sur sa poitrine bombée, sur son ventre mouvant, sur son sexe érigé, lisse et dur à souhait, et le laissa coulisser sur lui à son rythme. Quand il se mit à bouger plus vite, quand il se mit à gémir plus fort, Nathanaël sut qu'il ne parviendrait plus à brider longtemps la montée du plaisir. Il fit ce qu'il put pour tenir, serra les dent, ferma les yeux, essaya de penser à autre chose, se mordit les lèvres, mais rien n'y fit. Même se boucher les oreilles pour ne plus entendre les plaintes si suaves de Quentin n'aurait rien changé.

Haletant, le front pressé contre son crâne, sa volonté dut céder à la sève qui montait. Un orgasme doux comme son bonheur se déploya sans précipitation et l'immergea exactement comme la lumière qui les baignait. Il le retint par les hanches pour éjaculer. Quentin, pas étonné, s'immobilisa docilement. Il le sentait sur le point de jouir depuis déjà un moment. Capter l'énergie de son orgasme le fit sourire et chavirer. Ses mains s'accrochaient à lui avec tant de passion, dans son dos l'extrême tension de son corps l'excitait tant, et son érection au paroxysme de sa tension l'atteignait si profondément… Il réceptionna ses jets comme toujours avec délectation.

Secoué par la vague, Nathanaël resta étourdi contre lui, fiché en lui, les mains toujours farouchement bloquées sur ses hanches, l'érection d'une vigueur inchangée.

— Oh, oui, baise-moi. Baise-moi, répétait celui-ci, le regard noyé de volupté.

— Je crois que tu n'as pas tout donné, dit Quentin.

— Je crois aussi…

Ils se firent face pour retrouver le regard de l'autre. Quentin était solaire, enluminé de rayons. Les reflets dorés dans ses boucles serrées, l'éclat de ses yeux clairs, ses lèvres humides, la sueur scintillant à son front, toute sa personne irradiait. Nathanaël en resta un instant subjugué puis, d'une poussée, le fit basculer sur le dos, s'allongea sur lui, et l'embrassa comme un sauvage. Pour ne pas trop vite céder au désir de le reprendre, il partit entre ses cuisses lumineuses nettoyer le sperme qui s'écoulait de lui. Quelques gouttes avaient même atterrit sur le tissu rouge. Le clic-clac était baptisé… Quentin, les mains agrippées à ses genoux pliés, se contorsionna d'excitation sous l'insistance de sa langue.

Nathanaël n'avait jamais rien vécu de plus fort. Jamais il ne se lasserait d'apprendre le langage complexe et sensible de son corps. C'était un enchantement de tous les instants. Le voir répondre à la moindre de ses initiatives, le sentir frissonner, s'ouvrir, s'humecter, se tendre, s'abandonner, se creuser, s'essouffler, résister… De tout ceci, le jeune homme ne pouvait plus se passer.

Quand il fut temps, il repartit s'enfoncer dans la gaine soyeuse de sa chair. Débarrassé de la peur de jouir prématurément, il amorça des élans plus amples et plus secs pour le plus grand plaisir de Quentin.

— Oh, oui, baise-moi. Baise-moi, répétait celui-ci, le regard noyé de volupté.

À chaque fois qu'ils couchaient ensemble, Nathanaël se contrôlait mieux que la fois précédente pour en profiter plus longtemps. À cause de cela, il n'était jamais pressé d'atteindre un but égoïste. Cette fois-ci — était-ce cet appartement, cette magie solaire ? — il se retint amplement haut-delà de ce dont il s'était montré capable jusqu'ici. Sa volonté, devenue don, et son empressement, mué en ferveur, menèrent Quentin à plusieurs reprises aux frontières de l'orgasme. Celui-ci, dix fois s'y maintint en équilibre prêt à basculer, dix fois crut mourir tant c'était bon… Mais, à chaque fois Nathanaël ralentissait in extremis, comme inspiré par la grâce. Il sut conserver un contrôle royal jusqu'au bout. Alors que Quentin, exultant, gémissait après la délivrance en lui ouvrant son corps comme jamais, lui s'émouvait de repousser encore les limites de leur plaisir. Il se sentait capable de poursuivre indéfiniment ses tendres assauts. Pourtant, Quentin s'accrocha bientôt à lui en tremblant.

— Oh, je viens, Doudou. Je viens ! Vas-y plus fort, baise-moi, haleta-t-il.

À force de s'être retenu, Nathanaël ne put le suivre. Il le regarda jouir sans cesser ses va-et-vient nerveux. Quentin, qui comme d'habitude ne s'était pas touché le sexe une seule fois, tout au plaisir d'être possédé, chuta dans une extase d'une brutalité sans précédent. L'inhabituelle quantité de sperme qu'il lâcha, ses incroyables convulsions et la durée prolongée de son extase, tout impressionna Nathanaël. Quand ses spasmes autour de son sexe se calmèrent, qu'il le vit revenir à lui, il voulut le libérer, mais Quentin le retint.

— Continue. Moi non plus, je n'ai pas tout donné…

— Ah bon ?

Nathanaël se rallongea sur lui sans interrompre ses va-et-vient. Il embrassa son visage en sueur, puis sa bouche, comme il l'avait fait tout à l'heure lorsqu'ils étaient assis sur le coffre, voluptueux et passionné.

— Tu es sûr ?

— Oui. J'ai encore envie de jouir. Ta queue me rend dingue.

Alors, le visage blotti au creux de son cou, comme il aimait toujours se blottir pour jouir dans cette position, il l'assaillit comme jamais encore il ne s'en était senti capable. Quentin se mit à l'implorer, et même à jurer. Dès qu'il sentit son corps se raidir dans un nouvel orgasme, Nathanaël explosa à son tour.




Quand le miel de l'assouvissement se fût répandu dans leurs artères, que le calme fut revenu, même celui de leur respiration, ils surent, l'un comme l'autre, que quelque chose de grand venait de se produire entre eux. L'intensité de leur partage les avait laissés abasourdis. Ils se reposèrent, enlacés. Nathanaël laissa divaguer sa pensée. Tout était allé si vite finalement. Qui aurait parié que le timide étudiant de 28 ans, ce brun insignifiant qu'il croyait être, se métamorphoserait en amant magnifique ? Dire qu'il s'était préparé à l'idée de vivre une existence chaste et studieuse. Mais Quentin était venu à lui, Quentin et ses 22 ans, Quentin et sa générosité… Et sa sensualité débordante… Quentin qui aimait se faire baiser comme jamais Nathanaël n'aurait imaginé que l'on puisse aimer cela. Apprendre à mieux connaître ce garçon vivant et affectueux, à l'aimer, à le combler, avait illuminé sa vie terne jusqu'ici sacrifiée à sa mère.


— Je ne sais pas où tu m'as envoyé en orbite, mais, j'ai du mal à redescendre, dit Quentin.

— Pareil pour moi…

— Je t'aime, Nathanaël Escobar.

— Moi aussi, je t'aime.

Ils se sourirent et s'embrassèrent très tendrement.

— J'ai super la dalle…

— Moi aussi.

— Tu m'étonnes. Je suis sûr qu'il est deux heure passées.

— Tu crois ?

— Oui. Je parie que ça fait plus d'une heure qu'on s'envoie en l'air.

— Je ne comprends pas ce qui m'a pris.

— Hé, hé, moi, je sais bien ce qui t'a pris!

— Quand même.

— C'est meilleur à chaque foi, avec toi. Là, c'était… Pfff… Un truc de ouf.

— Je ne t'ai même pas demandé ton avis.

— Mon avis ? Tu veux rire ? Tu devrais savoir à qui tu as affaire, depuis le temps ! Tu n'as pas à me demander mon avis pour le sexe. J'ai toujours envie. Tou-jours.

Nathanaël rit à cette réflexion. Ce n'était pas faux. D'ailleurs, lui-même, depuis qu'ils se fréquentaient, ressentait de plus en plus fréquemment l'appel du plaisir.

— Quand je pense que je m'étais plus ou moins destiné à rester vieux garçon…

— Hé ! Entre temps, je suis passé par là. Je t'ai corrompu.

— Corrompu… Je n'irais pas jusque là. J'avais des pensées salaces avant de sortir avec toi. Enfin, ça m'arrivait… Et bon, c'est vrai, ça n'avait rien à voir…

— Et dans tes pensées salaces, il y avait des filles ou des garçons ?

— En toute honnêteté, plutôt des femmes. Je sentais comme un danger à m'imaginer avec un garçon.

— Ça t'aurait fait grimper aux rideaux bien trop vite, tiens !

— Certainement… On a tous des blocages. Celui-là, au moins, je ne l'ai plus.

— Je te confirme.

— En tout cas, ce qui est certain, c'est que tu me fais un effet terrible. Près de toi, parfois, je me sens comme un animal.

— Et je viens d'en avoir la lumineuse démonstration, dit Quentin avec une mine gourmande.

— Te voir sur ton escabeau, je ne sais pas, ça m'a fait perdre la tête…

— Attends, ne bouge pas, fit Quentin en se levant tout à coup.

Il revint aussitôt, muni une fois encore de son téléphone, et se rallongea dans l'exacte position où il se trouvait deux secondes auparavant, le crâne et l'épaule collés à ceux de Nathanaël. Le bras levé, il braqua l'objectif de l'appareil numérique au-dessus de leurs visages.

— Ce n'est pas vrai. Tu as la "photographite" aiguë, ma parole !

— Arrête de râler. Allez, regarde. Le petit oiseau va sortir… Vooiiiilà…

La photo était réussie, cadrée en diagonale, bien composée par le hasard, vivante. Elle rendait fidèlement leur épanouissement, leur teint rose, leurs yeux brillants, le rouge de leurs lèvres.

— C'est moi ça ?

L'étonnement de Nathanaël n'était pas feint. Il ne se reconnut tout simplement pas.

— Oui. C'est exactement toi, tel que je te vois là, en ce moment même.

Le jeune homme s'attarda sur l'image, incrédule, tel un narcisse en devenir.

— Je ressemble à un bandit corse.

Quentin éclata de rire.

— Un bandit corse hyper bandant, alors !

— Il faut que je me rase, fit Nathanaël, songeur, en se passant la main sur la mâchoire.


Ils se levèrent et se rhabillèrent, fourbus et heureux. Nathanaël était encore sous le choc de la découverte de ce visage inconnu qui pourtant était le sien. C'était donc à cela qu'il ressemblait dans les bras de Quentin ?

— Tu va en faire quoi de cette photo ?

— Je vais la montrer à la terre entière, la poster sur FB pour que tout le monde jalouse notre bonheur. Ne fais pas cette tête ! Je plaisante, évidemment. Je vais me la garder bien au chaud, rien que pour moi, et quand tu me manqueras, ou que je voudrai me rappeler ce qu'on vient de vivre, je la ressortirai.