Avec sa gueule de taulard

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Numéro 97

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 97
Date de parution originale: Janvier 1999

Date de publication/archivage: 2012-12-29

Auteur: Alain
Titre: Avec sa gueule de taulard
Rubrique: Les infos du minitel

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Ça faisait déjà plus d’une semaine que j'étais consigné chez moi, le bas du dos emprisonné d’un corset médical, à me gaver d’anti-inflammatoires et d’analgésiques : hernie discale, heureusement pas suffisamment grave pour nécessiter une intervention, mais trois semaines d’immobilisation tout de même, avec pied droit ankylosé, jambe boîteuse et douleurs diverses. Je commençais à flipper sur mon lit, à avoir des envies aussi. Mais en étant aussi handicapé, pas question d’y penser.

Un soir, après un whisky bien tassé, j’ai tiré mon Minitel jusque sur mon lit. Si je ne pouvais pas me draguer une queue, je pouvais toujours fantasmer en me branlant! J’ai accroché, comme ça, avec un mec de mon âge, quarante-cinq ans, sympa, moins direct cul que les autres, qui s’était décrit: cheveux rasés, crâne dégarni, yeux verts, 1m80 pour 80kg, musclé et... tendre. On a discuté de nos goûts et couleurs. Et puis il a voulu que je l’appelle. Pourquoi pas? J’ai aimé sa voix tout de suite: grave, mais voilée, presque cassée, comme une voix de quelqu’un qui a souffert. Il voulait qu’on se voie tout de suite. J’ai fini par lui avouer la vérité: j’étais invalide pour plusieurs semaine. Il m’a répondu: “Et alors, tu as le droit de jouir, toi aussi!” Cette réponse, eh bien, ça m’a remué, figurez-vous. J’ai accepté qu’il vienne. Peut-être qu’il était moche et gros. Dans ce cas, on discuterait, on boirait un verre, et puis c’est tout.

L’interphone a sonné. Je me suis traîné jusqu’à la porte. J’ai ouvert. On s’est regardés. Il m’a souri et m’a dit: “Tu attendais quelqu’un d’autre?” J’ai bredouillé deux, trois mots et je l’ai fait entrer. C’était un mec très carré, balèze, râblé, avec – je ne peux pas dire autre chose – une gueule de taulard: mal rasé, mâchoires saillantes, nez busqué, presque chauve, et au milieu, un extraordinaire regard de félin, marron-vert. Il se dégageait de lui une impression à la fois sauvage et sereine, solide. Ce n’était pas dans mes goûts habituels, mais j’étais fortement impressionné. C’était vraiment une présence qui remplissait une pièce! Je nous ai servi du whisky et je l’ai entraîné dans ma chambre: j’étais mieux allongé pour parler. On a discuté de mon hernie, de la douleur, tout ça, et puis il s’est levé en me regardant.

Il a retiré son trench-coat, son pull marine. J’étais estomaqué. Plus encore quand, sans dire un mot, il s’est entièrement dépoilé. Massif, le gars, rien d’un éphèbe, planté sur des cuisses fortes et poilues, un corps de paysan comme on n’en voit guère, mais sans graisse ni ventre, que du muscle épais. "Je vais te faire du bien, mon petit, t’en as besoin. Laisse-moi te déshabiller..." Lentement, avec d’infinies précautions, il a retiré mon sweat-shirt et mon jogging. Je bandais comme un cerf. Il sentait assez fort, une odeur de mâle qui m’a tourné la tête, mélangée avec un reste d’eau de toilette. Je pouvais à peine bouger. Il s’est penché, et, en me regardant droit dans les yeux, il a gobé ma bite dure, tout doucement il a commencé à me sucer en pétrissant mes couilles de ses gros doigts poilus. Je ne pouvais que caresser son crâne dégarni, le premier de ma carrière! Ça a été un pur délice. Il m’a sucé longuement, avec des tas d’attentions, de coups de langue, de succions. Je voulais moi aussi le pomper. Il s’est installé sur le lit, à genoux, les mains contre le mur, et il m’a présenté sa grosse bite joufflue, large et appétissante. Je l’ai engloutie comme un affamé, essayant de lui rendre toutes les subtilités qu’il m’avait prodigués. J’ai sucé cette grosse matraque de chair avec dévotion, me régalant du gland épais et odorant, de la chair dure, de la peau douce, sans oublier ses couilles très poilues. Il m’a caressé doucement, tendrement, on s’est embrassés avec une grande tendresse. Il prenait toujours garde à ne pas me heurter. J’ai aimé sa bouche, chaude, humide, volontaire, ses lèvres pleines qui mordaient un peu, surtout mes seins très sensibles. J’ai voulu lui lécher le cul, et il m’a présenté son derrière, large, musculeux, très poilu. Sa rosette disparaissait sous le duvet noir. J’ai adoré lui faire une bonne feuille de rose. Au bout d’une heure de ce traitement très doux, je n’en pouvais plus. Il l’a senti. Il s’est allongé en 69 tout contre moi et a commencé à me sucer plus fort et plus vite. “Fais gaffe, lui ai-je dit, je suis séropo!” "Moi aussi, m’a-t-il répondu!” Le plaisir est monté très vite, trop vite. Il s’est retiré et j’ai juté comme un fou sur son visage en criant. II s’est posté juste au-dessus de moi, son visage tout contre ma bite, mais le cul relevé, sa bite au-dessus de mon torse. Je me suis mis à l’astiquer violemment, et il a joui en se vidant sur moi. J’étais crevé. Il est parti comme une ombre, me glissant: "Tu sais où me trouver! Tu me plais, tu sais..." Toi aussi, tu me plais, Michel, et je sais qu’on va se revoir, et dans pas très longtemps...


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