Black mic-mac

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Numéro 30

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 30
Date de parution originale: Avril 1989

Date de publication/archivage: 2018-01-22

Auteur: Tom
Titre: Black mic-mac
Rubrique: Black is beautiful

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Ce texte a été lu 4468 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


De New-York, où j’ai séjourné deux semaines, j’aurais dû garder un souvenir d’immensité bétonnée et d’avenues bruyantes. Mais non. Pour tout dire, je n’ai presque jamais vu la Grosse Pomme de jour. J’ai, en fait, passé toutes mes nuits dans un bar gay, le Keller’s, sur West Street. C’était tellement différent des bars français, plus chaleureux, plus vivant, plus souriant. C’était un endroit enfumé, plein de cris et de musiques, et je me sentais gagné par les rythmes syncopés du rap, même si je me trouvais bien tarte, en dansant à côté de beaux gars littéralement possédés par la musique.

C’est ce qui m’a séduit, tout d’abord, chez ce jeune Black. Il me semblait que son corps se désarticulait, ondulait, comme téléguidé par les basses de la beat box. Il était vêtu d’un pantalon de survêtement bleu, d’un tee-shirt large assorti, échancré aux bras, qui laissait voir la naissance de ses pectoraux. Sa peau sombre luisait sous les flashes du stroboscope. Ses yeux brillaient, se plissaient de temps à autre, accompagnés d’un sourire irrésistible. C’est ce qui le différenciait, lui et les autres du Keller’s, des habitués des bars français. Tous ces beaux mecs semblaient heureux d’être là. Essayez de trouver la même ambiance à Paris... Impossible !

Je l’ai regardé durant plus de deux heures. Un mec qui faisait tant de merveilles avec son corps devait faire l’amour comme un dieu, j’en étais sûr. Quand il est venu s’asseoir au bar, je lui ai proposé de lui offrir un verre. Il m’a regardé avec un sourire désarmant.

Il m'a demandé si je voulais une exhibition

— French ! You’re french ! I love french guys !

On s’est mis à discuter. Il trouvait mon accent délicieux, « fresh ». Quelques heures après, il m’invitait chez lui.

Moi qui croyais que les lofts n’étaient qu’une lubie de réalisateurs américains, ou un luxe réservé à une élite friquée, j’ai été étonné. Il habitait un immense garage réaménagé, meublé sobrement, toutefois sur Amsterdam Avenue et pas à Soho. À peine étions-nous arrivés qu’un rap a empli la pièce. J’ai avisé les énormes baffles, de quoi occasionner un tremblement de terre.

Il m’a embrassé longuement. Il m’a demandé si je voulais une exhibition. Je pensais qu’il allait se remettre à danser, et je n’ai pas voulu lui refuser ce plaisir. Mais c’est un « hip-hop-strip » qu’il a exécuté. Son teeshirt a atterri sur mes genoux. Son torse était finement musclé. Il s’est mis à marcher sur place, en faisant glisser ses baskets sur le sol et en baissant lentement son pantalon de jogging le long de ses cuisses. Je regardais le spectacle, complètement fasciné. Il s’est retrouvé près de moi, avec juste ses baskets, sa casquette vissée sur la tête, et un jock-strap d’un blanc lumineux sur sa peau noire. Je l’ai caressé. Il n’arrêtait pas de danser, tout en me souriant. Il a pivoté sur lui-même, et je me suis retrouvé face à ses fesses, deux ballons bruns bombés que j’ai embrassés longuement. Le jock-strap s’est retrouvé sur ses chevilles. D’un mouvement rapide, il l’a envoyé à l’autre bout de la pièce. Lorsqu’il s’est retourné, je me suis retrouvé a quelques millimètres de sa belle queue dressée qui s’agitait d’un mouvement rythmé.

Je me suis retrouvé nu contre lui, et mon corps a suivi les mouvements du sien. Je me suis laissé emporter par la musique, et j’ai compris d’un seul

coup comme la danse pouvait être érotique. Nos deux bites étaient soudées, comme nos lèvres. Les basses me transperçaient le corps, sa sueur perlait, se mêlait à la mienne. Il a rampé contre mon corps, a plié des genoux, ses lèvres ont cheminé sur mon torse, sur mon ventre, pour se planter autour de ma queue. Je regardais les muscles bandés de ses cuisses, son visage qui penchait à droite, à gauche, ses lèvres épaisses retroussées autour de ma tige. Il m’a fait basculer sur le sol, comme au ralenti. Son corps a pivoté au-dessus de moi, son gland s’est retrouvé contre mes lèvres. J’ai taquiné son méat en continuant à m’agiter, complètement en accord avec la musique. J’étais en train d’apprendre quelque chose : à être heureux en faisant l’amour, à mettre du « fun » dans la moindre pipe, dans la plus anodine langue fourrée. J’ai continué à le pomper pendant qu’il décapsulait deux boîtes de root-beer. Et j’ai bu une gorgée pétillante, entre deux ou trois allers-retours de mes lèvres sur sa queue. J'ai découvert aussi le plaisir de se faire lécher la pine par une bouche remplie de soda pétillant. Terrible, la pipe à la root-beer !

Quand notre désir est arrivé au point culminant, il est venu vers moi pour habiller mon gland d’un préservatif. Il a plaqué son corps contre le mien, a frotté l’intérieur de ses cuisses contre mes hanches. Sa raie profonde a titillé ma queue, puis, d'un mouvement précis, il s’est empalé sur moi, vissant son trou autour de ma tige. C’était fou. Alors que j’étais censé jouer le rôle de l'actif, je me laissais guider par les mouvements de ses hanches. Ma queue restait immobile, et ses fesses musclées l'étreignaient langoureusement. Sa bite glissait contre mon ventre, son gland cognait contre mon nombril. Mon corps entier devenait érogène. J’ai léché ses épaules et sa nuque. La saveur de sa peau mouillée était aphrodisiaque.

Nos baisers sont devenus gourmands comme des morsures

Nos baisers sont devenus de plus en plus gourmands, à la limite de la morsure. Il a serré ses fesses, a emprisonné ma queue dans l’étroit tunnel de son cul. J’ai senti sa bite vibrer contre mon ventre. Nous nous sommes étreints si fort qu’il m’a semblé que je pénétrais aussi ses muscles durs. J’ai joui violemment, avec l’impression de cracher des salves brûlantes de foutre. Il a mouillé mon ventre, et ses giclées ont même atteint mon visage et mes cheveux. Lorsqu’il s’est déboîté de ma bite, j’ai regardé mon gland encapoté. Le réservoir du préservatif semblait prêt à éclater.

Nous nous sommes dirigés vers la douche. L’eau a éclaboussé nos corps, apaisant nos muscles en feu, diluant les coulées de son sperme. Même après l'amour, je n’avais pas envie de le lâcher. Ce garçon était la sensualité à l’état brut.

Je ne l’ai pas quitté durant tout mon séjour à New-York. Nous sommes presque toujours restés chez lui, à écouter du rap ou du techno-funk, en mangeant, en faisant l’amour, ou en nous câlinant, tout simplement. La séparation a été difficile. J’ai ramené dans mes bagages une dizaine de cassettes de Boogie Down Productions, Public Eneniy. Run DMC et d’autres rappers encore.

Je ne peux que penser à lui. Quand je me mets à danser en boîte, les gens sont surpris de me voir prendre un tel pied. Cela contraste avec la frime des kikis qui croient avoir tout compris avec la house-music. Raté, les mecs, vous avez tout faux. Pas une once de sensualité n’habite vos déhanchements de pétasses. Vous n'avez pas l'esprit, même pas le fun. Merci, John, de m’avoir appris à fondre mon corps avec la musique, merci de m’avoir fait rire en faisant l’amour.

LOVE TO U !

« Groovy » Tom, 25 ans.