Bomec, bocul, bopecs, TTBM

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Numéro 104

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 104
Date de parution originale: Janvier 2000

Date de publication/archivage: 2012-02-22

Auteur: Luc
Titre: Bomec, bocul, bopecs, TTBM
Rubrique: Les infos du minitel

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On dit que les réseaux, c’est quatre-vingt pour cent de mythomanes vieux, moches, bêtes et méchants. Faudrait voir à pas trop exagérer, vu le nombre de mecs qui les utilise. Surtout dans les grandes villes, paradoxalement, où on a beaucoup plus de chances de trouver une pointure potable dans un bar pédé ou un sauna sans trop se casser ni courir de kilomètres. Moi aussi, j’ai vu la vidéo “Oranges et pamplemousses” de Martial Fougeron. Et ça m’a bien fait rire, parce que j’y ai retrouvé des situations cocasses que j’avais déjà vécues, comme le type de soixante berges, 1m60 pour 90 kg qui se décrit “Bomec trente ans, parait moins, bocul, bopecs, TTBM”. Seulement, moi, je ne les ai jamais jetés comme dans le film. Par contre, même mignon comme je le suis, même à vingt-huit berges, je me suis parfois fait jeter par des vieux cons. Incroyable mais vrai. Les réseaux, pour conclure, c’est comme les boîtes: on y voit de tout, et même si on peut voir à l’avance le mec qu’on veut draguer, d’abord, c’est pas sûr que vous le bottiez, ensuite, on peut tomber sur des bornées cons comme des manches ou baisant mieux que mon pied. Et c’est pas peu dire...

Moi, j’utilise le réseau pour draguer. Et je vis à Paris. Tous les réseaux, tous les numéros. Le plan d’attendre son futur “maître” allongé sur le lit, les yeux bandés, comme dans ce film, c’est courant. Il suffit de pratiquer un tout petit trou juste en face d’un œil et de disposer un petit miroir en face de vous: vous saurez tout de suite à qui vous aurez affaire! C’est ce que j’ai fait pour l’un de mes meilleurs coups. D’ailleurs, on se revoit régulièrement depuis. Moi, j’aimerais bien aller plus loin avec lui; ça a pas l’air de le brancher trop... Bref, j'attendais un “maître” culto, actif, hyperbomec, bocul, bopecs, TTBM pour me défoncer mon petit cul de salope. J’avais préparé le tube de gel familial, les capotes noires spéciales fétichistes, mon bandana discrètement troué et mon miroir sur la table de nuit. Pas de lumières, que deux bougies, et, bien sûr, le verrou de la porte non poussé. Et puis aussi, ma bombe lacrymo au cas où je tombe sur un louf méchant! Quand j’ai entendu l’ascenseur monter, je me suis foutu sur le lit, croupe bien offerte, rondelle lubrifiée, chatte élargie préalablement au plug. La porte s’est ouverte, s’est refermée. Il y a eu un grand silence, puis un sac est tombé: sûrement son matos, pinces, godes, etc. Une voix très grave, mâle au possible s’est élevée: “Bien, salope!

“T’as un bocul d’salope! J’vais te le viander un peu avant d’te l’éclater, sous-larve!” Puis il est passé dans le champ de mon miroir-espion: “Putain de bordel de braquemart en lamé!! Labêêête!!” Mégabien foutu, pecs super-dessinés sous le marcel, poilu comme un orang-outan, crâne rasé, gueule de brute. De “belle” brute! D’instinct, j’ai écarté mes miches des deux mains en signe de soumission. Il n’en fallut pas plus. Une partie d’enfer!

J'ai d’abord reçu une fessée mémorable qui m’a chauffé le cul comme jamais (vu que jamais j’avais été fessé de ma vie). Chaque claque plus forte que la précédente, entrecoupée de temps morts, de caresses furtives, même de bisous: un vrai pro! Le tout, accompagné du rituel chapelet d’obscénités diverses. Après, je me suis fait goder comme une reine par un engin plus gros que mes petits amuse-fions après qu’il m’ait vidé au moins la moitié du tube de gel dans le boyau. Pour m’assouplir l’anneau, il n’a pas oublié de me poser des pinces à seins, pas trop serrées, un régal, et une nouvelle bordée de “salope, pute, trou à bites...” a conclu mon râle de plaisir quand les pinces se sont refermées sur mes tétounets d’amour (ça me fait décoller!). J’ai cru m’ouvrir comme un tunnel avalant un TGV qui n’en finirait de faire l’aller-retour. Quel putain de pied. Il savait y faire le bougre, alternant les gâteries sur les pinces, les claques sur les miches, les caresses, les bisous-morsures, les “méchanteries” pas trop méchantes. C’était un SM tendre: mes préférés!

Après le gode, après l'avoir pompé, sucé, lui avoir léché les roustons, mordillé les seins, décrassé les panards et astiqué la pastille, tout ça aux lèvres et à la langue, c’est-à-dire au bout d’une bonne heure de prépa, j’ai enfin eu droit à mon coup de pine dans le cul, en chair et sans os. Il m’a pris en levrette, inventant de nouvelles insultes (“débouche-chiottes”, ça, on m’avait jamais traité), pétrissant mon corps fin et doux d’éphèbe comme de la pâte feuilletée. J’étais un jouet entre ses grosses paluches de travailleur. L’odeur de sa sueur me rendait fou, ses poils se frottant contre moi, encore plus. J’étais soumis et heureux de l’être. Il a déculé soudain, a arraché mon bandeau, m’a retourné comme une crêpe et m’a installé sur la table à manger, comme ça, d’une poigne. Il m’a réenculé d’un coup en me regardant droit dans les yeux, m’a glavioté sur la gueule et m’a joui dans le ventre en gueulant comme un ogre.

Depuis, il s’appelle Jean-Michel, et je l’aime... beaucoup.


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