Bons baisers d'Alabama (7)


Bons baisers d'Alabama (7)
Texte paru le 2012-02-06 par Branlebas   Drapeau-qc.svg
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Template-Books.pngSérie : Bons baisers d'Alabama

La route vers Biloxi n’est pas particulièrement intéressante. C’est plutôt ennuyeux et plat. Biloxi est connue par le film Biloxi Blues, film un peu équivoque je crois, qui traite de la vie ambiguë d’un Marine. La ville en effet est envahie par une cohorte continue et toujours renouvelée de soldats en permission. C’est une ville étrange. Elle s’étire indéfiniment au bord de l’Océan (Golfe du Mexique) en suivant un vieux chemin amérindien devenu un grand boulevard. Mais Biloxi recèle quelque chose de particulier. Elle n’a qu’un grand boulevard et très peu d’avenues. La largeur de la ville ne doit pas dépasser un ou deux kilomètres, et encore! Alors que sur la longueur, elle doit bien faire dans les vingt-cinq kilomètres. Le boulevard est un bord de mer, une sorte de Collins Ave pour ceux qui connaissent Miami Beach. Toutefois, contrairement à Miami, tout le littoral est ponctué de casinos. Biloxi c’est un petit Las Vegas où les bons soldats viennent gaspiller leur solde. C’est aussi le rendez-vous des putains, le samedi soir surtout, quand « elles vont aux fusils » comme elles disent.

Tout le long de cet interminable boulevard, il y a des commerces de tous genres et de tous genres au sens propre comme au figuré. Il y a aussi de somptueuses demeures sudistes juchées au fond d’une longue cour bordée de blés de mer cachant souvent un joli potager. Quelques unes de ces résidences, autrefois privées, sont maintenant des écoles privées, des églises congrégationalistes, des bureaux. Certaines sont demeurées privées et familiales quand d’autres se sont transformées en Bed-and-Breakfast.

C’est dans l’une d’elles, située vers le milieu de la ville, c’est–à-dire dans un endroit anonyme comme le sont tous les endroits dans cette ville, que j’ai trouvé un gîte. Je ne l’ai pas choisi; il est venu à moi. J’étais fatigué de conduire. La nuit était tombée et j’en avais assez de traverser cette interminable ville où, chaque coin de rue est presque identique à l’autre. Mises à part les belles demeures coloniales, c’est sûrement une des villes les plus laides que j’aie visitées. Mais, si elle est affreuse à parcourir, elle peut être merveilleuse à scruter. Je veux dire par là que la laideur de la ville n’a de comparable que la beauté des mecs qui l’habitent. Il y a peu de femmes à Biloxi sauf les putes qui sont nombreuses. Les hommes sont plutôt invités à brûler leur solde dans les casinos, dans les débits de boisson (fort nombreux) et dans les bordels non identifiés mais que tous connaissent. Il s’y trouve aussi des maisons qui accueillent les messieurs en couple. Elles ne se font pas de chichi avec la « morale » du Sud.

Ces maisons sont plus difficiles à connaître parce que le monde de l’armée peut être impitoyable pour celui qui montre des désirs homosexuels même si, dans cette même armée, plusieurs ont des contacts ou cherchent à en avoir avec un ou des mecs de leur peloton, ou d’un autre. Ils espèrent en rencontrer un, une nuit, tardivement, saoul, sortant du casino, en mal de se vider les couilles et qui acceptera de les suivre dans l’une de ces demeures que tout le monde connaît mais que tous affirmeraient en ignorer même l’existence si on les questionnait sur ce sujet. Ils appliqueraient le fameux «Don’t ask, don’t talk» si caractéristique de l’armée américaine.

Le lendemain de mon arrivée à Biloxi, j’ai repris ma voiture pour parcourir un peu la ville afin d’en repérer les principales artères et les principaux quartiers. Nécessairement, je me suis fait arrêter dans la grande rue qui menait au camp d’entraînement des Marines. Sortant d’une jeep de l’armée, deux soldats s’approchèrent pour vérifier mes papiers. Ils parurent intrigués quand ils virent que je n’étais pas Américain. Je dus alors répondre à toute une série de questions sur les raisons de mon séjour à Biloxi et de ma promenade matinale, si près de la base militaire. Pour trouver une réponse acceptable aux premières questions, il n’y avait qu’un seul mensonge possible : mon amour du jeu. Et pour la deuxième série, j’ai dis ignorer où j’étais, que je cherchais simplement à comprendre la ville, ce qui était la vérité cette fois.

J’ai remarqué que l’un des soldats-contrôleurs ne me regardait pas de la même manière que l’autre. On eut dit qu’il enviait ma liberté et surtout peut-être celle que j’avais, sans doute, de pouvoir soulager mes bourses quand mes couilles devenaient trop lourdes. Ceci est curieusement dit, mais si vous aviez vu l’air qu’il faisait. Il ne cessait pas de chercher à s’approcher de moi, à me toucher même, faisant semblant que c’était par inadvertance. Je le surpris même à renifler un peu fort pour quelqu’un qui ne semblait pas avoir le rhume. Et moi, en m’approchant de lui, j’avais l’impression qu’il avait le sexe à fleur de peau, si je puis dire.

Ils me laissèrent repartir sans difficulté aucune, mais celui qui était « spécial » a tenu à enregistrer mon nom et mon adresse à Biloxi, de même que le numéro de plaque de ma voiture. Il fit cela au grand étonnement de l’autre que mes explications semblaient avoir pleinement rassuré. Ce soir-là, après un repas rapide, je me suis rendu au casino le plus proche de mon hôtel pour jouer quelques parties et voir du monde. J’étais assis à une machine à sous depuis un bon quart d’heure quand je vis, appuyé sur un pilier couvert de miroirs, le soldat « inquisiteur » du matin dans la jeep, celui qui m’avait demandé le plus d’explications, qui respirait fort et qui sentait le sexe à plein nez.

Il devait sûrement m’avoir repéré depuis un certain temps car il regardait directement dans ma direction. Ce n’était pas difficile non plus de me retrouver. Il avait l’adresse de mon hôtel et devait bien savoir, qu’à moins d’une situation imprévue, je me retrouverais le soir même dans le casino le plus près de mon hôtel. Car, que pouvait-on faire d’autre le soir à Biloxi que de fréquenter les casinos? Je l’ai regardé et lui ai adressé un salut de la main, les doigts sur la tempe, à la manière militaire. Il sourit et s’approcha.

— Je ne vous ai pas reconnu tout de suite, dis-je, vous n’avez pas la même casquette que ce matin.

Il portait un uniforme mais un uniforme de ville, quelque chose de moins « tout terrain » que le matin.

— Oui!, je suis en permission pour deux jours.

— Et que comptes-tu faire de ces deux jours? Tu dois bien avoir envie de faire la fête et de te taper une gonzesse ?

Il rougit et étouffa un sourire.

— Ou un beau soldat? Ajoutai-je d’un air malin avec un clin d’œil.

Il rougit davantage et son regard se perdit à l’horizon comme pour fuir quelque chose. Mais, il ne répondit pas à aucune de mes questions. J’ai repris mes questions sous une autre forme :

— Qu’est-ce que tu fais dans ce casino ? On dirait que le jeu ne t’intéresse pas beaucoup. Je me trompe ou pas ?

— En fait, je viens ici parce que j’aime rencontrer des gens, surtout des étrangers. Cela me permet de mieux connaître d’autres pays et d’autres mentalités ; je n’ai pas eu la chance de voyager.

J’ai compris, sans qu’il lui ait été nécessaire de me faire un dessin, que les étrangers devaient lui permettre aussi de vivre des fantaisies sexuelles dans l’anonymat. Il n’avait pas à craindre de les revoir dans le camp militaire le lendemain. Ses désirs devaient donc bien se tourner vers les hommes, car autrement, il aurait fait comme tous les autres soldats. Il serait allé aux putes afin d’avoir des histoires à raconter aux potes après la permission. Il avait certainement vu le matin même, par mon passeport, que j’étais Canadien. Je ne représentais donc pas de danger pour sa « réputation » et j’étais plutôt beau garçon. Je lui offris d’aller prendre une bière au bar étant donné que la chance venait de le favoriser et qu’il venait justement de rencontrer son étranger de la soirée. Il rougit encore plus, mais il sourit de bon cœur cette fois, comme soulagé et ravi de ma proposition; il n’avait pas eu à faire les premiers pas.

Au bar, je lui ai demandé s’il avait une place pour la nuit. Il n’avait encore rien loué et attendait de voir où la nuit le conduirait. Je lui ai offert de partager mon grand lit dans ma chambre. Il accepta avec enthousiasme. On en vint à parler de choses plus personnelles. J’appris qu’il venait de Phoenix en Arizona et qu’il n’avait personne dans sa vie.

— Ce doit être difficile de vivre dans le camp de Biloxi sans personne pour se « soulager », lui dis-je avec un sourire en coin.

Il acquiesça. Je lui ai dit qu’il ne restait qu’une seule solution et j’ai fait le geste sans équivoque de la masturbation. Il rougit encore davantage et me dit que cela aussi était rare car il n’y avait presque aucune intimité pour les Marines sur la base militaire. Il m’avoua que le matin même, après sa sortie pour la permission, il s’était précipité dans la toilette d’une station service pour se soulager tant il n’en pouvait plus. Ses couilles lui faisaient mal. Il ajouta qu’il était surpris de ne pas avoir joui abondamment, étant donné qu’il n’avait rien fait depuis au moins deux semaines.

— C’est coincé, lui dis-je, tu aurais besoin d’un bon massage de la prostate !

Il rougit encore mais ne sembla pas comprendre vraiment ce que je voulais dire. Il était trop gêné pour me demander une explication.

J’avais remarqué qu’il y avait une télé et une vidéo dans la chambre. Je lui ai proposé d’aller se faire une provision de croustilles, de noisettes, d’arachides, de bières et de whisky, de louer quelques bonnes vidéos et d’aller passer la nuit dans ma chambre. Il était ravi. Au club vidéo, il choisit deux films bisexuels. Je comprenais que sa timidité l’empêchât de louer des films carrément gays. J’ai pris un film de gars en solo, à son insu. À la chambre, on s’est servi un whisky. Il manifesta assez rapidement le désir d’aller prendre une douche. Quand il sortit de la douche, il ne portait plus que sa serviette entourée à la taille. Histoire de le mettre à l’aise, j’ai mis l’un de ses films qu’il avait choisi dans le lecteur et je suis sortit, à mon tour, pour prendre une douche.

À mon retour, j’ai remarqué qu’il terminait un geste rapide comme remettre sa serviette sur ses hanches. Une tente importante se dressait toutefois sous la serviette qui ne permettait pas de douter de l’effet produit par le film. J’ai pris une poignée d’arachides au passage, je me suis servi un autre whisky et, les hanches entourées aussi de ma serviette, je suis allé m’étendre sur le lit à côté de lui. Sur l’écran de la vidéo, une fille se passait le doigt dans le vagin en regardant deux mecs se sucer à pleine gueule. La tente sous la serviette de mon invité m’impressionnait plus que le film et je bandais vivement sans chercher à dissimuler mon érection. Je savais qu’il voyait et qu’il savait ce que je voyais.

— On n’a pas loué ces films pour faire une prière, dis-je. Ils ne doivent servir qu’à une seule chose, donner du tonus à nos branlettes.

Ce disant, j’ai jeté brusquement ma serviette sur le plancher et j’ai empoigné mon pénis solidement pour initier une bonne branle. Il était plus rouge que jamais. J’ai cru qu’il ferait une attaque d’apoplexie. Il me regardait me branler fixement, sans bouger, la bouche entre ouverte. Finalement, après deux ou trois minutes de silence et d’immobilité, il retira aussi sa serviette et attrapa sa queue pour se branler avec moi à ses côtés.

Il avait un très beau machin : taille normale, circoncis, beau gland rose, des couilles très tendues et serrées, bourrées jusqu’au bord de sperme compacté, tenant difficilement dans une poche tendue et relevée, très foncée, presque bleue par rapport à son sexe. Le tout était coiffé par une touffe de poils opaques et denses qui encadraient bien le beau morceau que sa main tenait enfin calmement sans la crainte d’être surprise ni dérangée. On semblait tous les deux avoir plus de plaisir à se regarder se masturber qu’à suivre le film. J’écartais les jambes, je caressais ma poche, je mettais de la salive sur mes doigts et j’allais délicatement mouiller mon frein que je chatouillais avec le bout de mon index. Il me regardait faire avec envie comme s’il avait voulu faire la même chose mais n’arrivait pas à se laisser aller. La gêne le bloquait.

À le regarder ainsi s’abstenir de s’abandonner au plaisir, j’ai voulu l’aider. Je me suis placé entre ses jambes et j’ai pris sa queue dans ma main après avoir délicatement repoussé la sienne. Je l’ai masturbé quelques bons coups puis j’ai commencé à la lécher du bout de la langue en insistant sur le gland, tout autour du gland et sur le frein. J’ouvrais aussi son méat avec le bout de ma langue et j’y enfonçais un peu de salive avec la pointe de ma langue. Il gémissait de plaisir.

Je l’ai ensuite sucé quelques minutes. Puis, j’ai écarté ses jambes et j’ai engouffré sa poche dans ma bouche après avoir lentement léché chacun de ses testicules les rendant luisants de salive. J’ai léché ensuite ses cuisses, la surface au-dessus de ses genoux qui est souvent très sensible chez les hommes. J’ai glissé le long de son fémur et j’ai léché ses pieds de partout avec lenteur, douceur, chaleur et amour. Je passais ma langue entre ses orteils. Il gémissait de plus en plus et disait que c’était très bon, que personne ne lui avait jamais fait ça, que c’était merveilleux, qu’il ressentait un calme nouveau.

J’ai offert le même service à l’autre pied, puis j’ai remonté sur l’autre jambe jusqu’à atteindre de nouveau son sexe. Je lui ai demandé de se retourner sur le ventre. J’ai léché son dos, du cou jusqu’à la craque de son cul. Puis, j’ai placé ma bouche sous le pli de ses fesses sur le haut de ses cuisses et j’ai commencé à mordre légèrement cette chair charnue. Plus j’avançais vers son anus, plus je remontais dans la craque de son cul, plus mes mordillements se faisaient rapides, minces et forts. Il soufflait comme une locomotive en réchauffement. Quand ma langue est parvenue à son trou de cul, j’ai commencé par des petits coups légers et rapides, puis de grands coups longs et lents qui ramassaient tout et enfin, le sentant plus dilaté, j’ai entré ma langue le plus loin possible dan son trou. Il râlait. Il criait :

— Je vais jouir, j’en peux plus, c’est trop bon !

Je me suis arrêté, lui ai demandé de revenir sur le dos. Presque à regrets pour nous deux, il m’obéit. J’avais ma petite idée de la manière dont je voulais qu’il jouisse. Je lui ai remonté les genoux vers la poitrine et je lui ai demandé de tenir ses genoux près de lui avec ses mains. Son cul était alors tout à fait dégagé, ouvert et accessible à ma bouche et à mes doigts. Je suis allé chercher un peu de gel dans mon sac et, le majeur bien enduit, j’ai commencé à le pénétrer en assouplissant d’abord les parois de son cul pour pouvoir aller le plus loin possible avec mon doigt. Quand j’ai touché la prostate, il a sursauté. J’ai senti qu’elle était tendue et la vésicule séminale pleine à craquer. J’ai dû lui faire presque mal. J’ai massé lentement et doucement sa prostate. Il ne râlait plus, il criait de plaisir. J’ai dû lui rappeler que nous étions à l’hôtel et qu’il ne faudrait pas que la logeuse eût besoin de venir nous avertir. Je l’ai supplié de faire l’effort de se mordre les lèvres. Il y parvint mais sa figure était rouge et gonflée d’afflux sanguins.

Après quelques minutes de ce traitement, j’ai pris sa queue dans ma bouche tout en poursuivant mon massage de prostate. Mais il ne fallut pas plusieurs succions pour qu’il explose avec une telle violence que j’ai dû encaisser de bons coups de jambes sur les épaules. Ma bouche s’emplit abondamment de sa semence au point que je ne me souviens pas d’en avoir jamais tant bouffée. La quantité était telle que je ne pouvais pas tout avaler. C’était un repas complet. Il s’effondra littéralement sur le lit, comme évanoui. J’ai craché une partie du liquide dans une serviette et j’ai avalé le reste. Il goûtait très bon malgré la « date de péremption ». C’était du vieux ‘stock’! rangé là depuis des semaines, mais il contenait tous les fantasmes refoulés de ce beau garçon de 22 ans, timide et doux, gêné et fébrile à l’idée de devoir se révéler sexuellement avec un partenaire.

Mais, il était vidé cette fois, tant au sens propre qu’au sens figuré. Après quelques moments de répit, je lui dis :

— Voilà ce qu’on appelle un massage de la prostate ! Maintenant tu le sais par expérience.

Il me sourit et me remercia. Je voyais qu’il avait les yeux mouillés; mais c’était de joie et non pas de chagrin.

À suivre


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