C'est le pied!

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Numéro 27

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 27
Date de parution originale: Janvier 1989

Date de publication/archivage: 2015-01-16

Auteur: Didier
Titre: C'est le pied!
Rubrique: L'amour crade

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Si j’ai décidé de vous écrire, c’est pour vous faire comprendre et (peut-être) partager mon obsession : les pieds. Je voue une véritable vénération aux pieds d’hommes. J'ai même des critères de sélection. Si j'aime le pied en général, mes préférences vont vers les longs orteils, aux ongles bien dessinés, un peu longs. J’aime aussi l’odeur un peu salée d'un pied emprisonné dans des chaussures toute une journée.

Ce goût particulier a ses origines. Lorsque j’étais adolescent, mon père, qui était maçon, me demandait chaque soir de lui retirer ses chaussures.

II s'asseyait dans son fauteuil et me tendait une jambe. L’admiration que le lui portais était sans limites. C’était un grand gaillard tout en muscles dont j’enviais la virilité. Aussi, lorsque son godillot effleurait le haut de ma cuisse, quand l’une de mes mains se posait sous le contrefort de cuir, et que l’autre empoignait le bout renforcé de sa chaussure, un trouble irrépressible s’emparait de moi. Mon émoi grandissait au fur et à mesure que je le déchaussais. Papa appréciait ces instants où il commençait à se détendre. Je recommençais avec l’autre pied. Le godillot glissait, dévoilait une chaussette épaisse, et finissait calé entre mes cuisses, le bout contre mes couilles. Mon slip comprimait mon érection naissante. Papa me redonnait son pied gauche, et je faisais glisser sa chaussette, fasciné. J’admirais la cheville velue, le talon cagneux, la cambrure nerveuse de son coup-de-pied, et ses orteils, ses grands doigts de pieds aux ongles carrés, toujours un peu trop longs. Je renouvelais l’opération avec son pied droit que je dénudais, ravi de pouvoir caresser un peu la peau douce du dessus, et celle, durcie, de son talon. Et puis, il y avait cette légère odeur de transpiration, un mélange de cuir et de sueur virile. Elle imprégnait mes narines et je la humais discrètement.

Papa dépliait son journal et me demandait alors de lui masser les pieds. «Occupe-toi de mes arpions» disait-il. Dès que je m’asseyais sur le petit pouf, en face de lui, que l’un de ses pieds, enfin nus, se posait contre mon ventre, mon érection s’intensifiait. Je n’ai jamais su si mon père s’était rendu compte que son talon touchait mon sexe, il semblait toujours perdu dans sa lecture. Ému, j’entreprenais de lui masser la cheville, puis je frottais tendrement son talon, effleurant légèrement la plante et les côtés pour m’attarder sur le dessus osseux. Les poils noirs abondaient sur sa cheville et se dispersaient jusqu’à ses doigts de pieds qu’ils recouvraient légèrement. C’est cet instant que je préférais, ce moment où je massais délicatement chaque orteil, l’emprisonnant entre deux doigts, caressant chaque ongle, chaque os, chaque poil. Papa disait que j’étais un expert en massages. Parfois, il soupirait sous mes caresses, et je désirais soudain porter son pied à ma bouche, envelopper chacun de ses orteils de mes lèvres. Je devais vite chasser mes envies pour ne pas y céder. Je ne connaissais que trop les terribles colères de mon père.

Quand il me congédiait, je me retirais docilement, emportant avec moi ses godillots et ses chaussettes. Je m’enfermais alors dans la salle de bains, et je commençais un autre rituel. Je me déshabillais et j’enfilais ses chaussures que je laçais avec soin. Puis, nu et dressé, je portais ses chaussettes à ma bouche. Elles étaient imprégnées de l’odeur de ses pieds, cette senteur amère dont je m’emplissais les narines, avec ferveur. Je les léchais, les suçais à m’en étouffer. Elles ne quittaient ma langue que pour étriller mon corps, et, lorsque je les lâchais, c’était pour humer mes doigts. Chacune de mes phalanges avait la senteur et la saveur des pieds de Papa. J’enfonçais mes doigts dans ma bouche, après les avoir longuement reniflés. Je m’imaginais, agenouillé devant Papa, aussi nu que moi. De ma langue, je nettoyais chacun de ses orteils, léchant la peau fine entre chaque orteil, caressant de mes lèvres la corne dure de son talon. Ces quelques images me bouleversaient à un tel point que la jouissance me possédait. Je jetais alors dans le bac à linge sale, ses chaussettes, humides de mon foutre.

Puis, j’ai rencontré Maurice, dans un jardin. C’était un grand homme de la quarantaine, un peu rustaud. S’il ne ressemblait que de loin à mon père, l’attrait qu’il a immédiatement exercé sur moi était le même. Je suis tombé amoureux de sa grande carrure de paysan, de l’odeur forte de son corps. Et, de plus, il portait ce même genre de godillots mal entretenus. Il me plaisait tellement que je lui ai tout de suite parlé de mon amour pour les pieds d'hommes et leurs odeurs. Il a esquissé un sourire et m’a dit de le suivre chez lui. La simple idée de m'occuper de ses pieds m’excitait d'avance. Chez lui, il m’a fait asseoir sur le divan, puis a disparu dans la salle de bains. Sa voix m’interrogeait sur mes goûts. Je lui ai brièvement raconté mon histoire, comment j'aimais déchausser Papa, ma fascination pour ses pieds, sa sueur, son parfum d’homme. Lorsque Maurice est revenu, une joie excitée s’est emparée de moi. Il était nu, à l’exception de ses godillots et de ses chaussettes de laine qu’il avait gardés. Il s'est installé dans un fauteuil, en martelant le sol de ses chaussures.

— Sois un bon fils, et retire mes grolles.

Je me suis rué sur les lacets que j’ai défaits en tremblant. Les paumes collées au cuir boueux, j’ai ôté chacune de ses chaussures. J’ai caressé la laine épaisse de ses chaussettes avant de les retirer. C’était trop beau ! Ses pieds Larges et nerveux, aux longs orteils me rappelaient ceux de mon père. Je me suis déshabillé en tremblant. Assis à même le sol, je me suis occupé de chacun de ses pieds, en les massant longuement. Il les a ramenés sur le haut de mon torse, et ses deux pouces épais ont caressé le dessous de mon menton. J’ai respiré profondément pour m’emplir les narines de l'odeur de ses orteils. Ce parfum un peu acide me ramenait des années en arrière. Avec une lenteur calculée, pour ne rien gâcher de mon plaisir, j'ai posé mes mains sous ses talons, et j’ai relevé ses arpions jusqu’à ce qu'ils touchent mon nez. J’ai senti chaque orteil, avec la même passion qu'un toxicomane en manque. J’ai léché en même temps la peau calleuse de ses plantes. Entre mes cuisses, une érection avait doublé le volume de ma verge. Lorsque j’ai levé la tête vers lui, j’ai vu son expression satisfaite, son sourire paternel. Entre ses larges cuisses, sa bite s’érigeait. Il la flattait doucement. Je ne l'ai pas quittée des yeux en aspirant chacun de ses orteils entre mes lèvres. Sa main libre s’est posée sur mes cheveux pour m’inciter à continuer. Avec empressement, j’ai sucé longuement les gros pouces odorants, collés l’un à l’autre. J'ai aspiré chaque doigt de pied en tournant ma langue autour. Parfois, je les écartais pour lécher tendrement le creux de peau salée entre chacun d’eux. J’ai pressé l’épiderme rugueux de ses talons entre mes lèvres. Je me suis régalé de la plante de ses pieds, puis du dessus, parcouru de veines et de poils bruns. J’ai joint ses deux pieds, dessous contre dessous. La bouche grande ouverte, j’ai avalé ses dix orteils, poussant mes lèvres aussi loin que possible. J’aurais voulu les dévorer. Leur délicieuse odeur ne quittait plus mes narines, ma bouche entière dégustait leur saveur.

Bien après que nous ayons joui, et que j’aie léché son foutre répandu sur ses mollets, j’ai gardé sur ma langue et mes doigts, le souvenir odorant des pieds de Maurice. Nous vivons désormais ensemble, en plein accord. À ma demande, il ne se lave plus les pieds. C’est moi, qui, matin et soir, leur fait la toilette, à grands coups de langue et de salive.

Didier, 25 ans.