Calendrier de l'Avent (18)


Calendrier de l'Avent (18)
Texte paru le 2018-12-28 par Jules1291   Drapeau-ch.svg
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17 décembre 2018 : Famille

— Pourquoi elle t’intéresse ma teub ? me demande encore Luc.

— Simple curiosité.

— Tu serais pas un peu pédé, toi ? C’est pas moi qui ai trouvé, c’est ta tante.

— Je ne savais pas que ta mère s’intéressait à mon orientation sexuelle.

— Les sœurs, ça bavarde. Il paraît que tu serais un peu efféminé.

— Et alors, je suis comme je suis, elles n’en ont rien à branler.

— Ma mère veut me protéger, je suppose, elle doit avoir peur de ta mauvaise influence sur moi.

— Pourquoi elle m’a invité, alors ?

— Parce que c’est l’habitude, tu as toujours passé tes vacances avec nous, la famille c’est sacré. Tu n’as toujours pas répondu à ma question.

— Oui, je suis homosexuel, on dit pas pédé. Et c’est pour cela que je veux voir ta bite. Je t’ai dit la vérité, tu es content ?

— T’énerves pas, je pensais que c’était parce que j’ai été circoncis le mois passé.

— Tu as eu une circoncision ? Je ne le savais pas.

— Je n’ai pas mis de photo sur Instagram.

— Tu peux de nouveau te branler ?

— Assez bavardé, nous devenons aussi chiants que le Scrabble.

Luc se lève, décroche sa ceinture, ouvre sa braguette, baisse son jean et son boxer. Il bande.



18 décembre 2018 : Toux

Je n’aimais pas aller chez le vieux sorcier guérisseur. Ses remèdes étaient issus de sang de licorne et de tous les fluides corporels humains, des plus nobles aux plus douteux. Ils étaient cependant très efficaces. On disait même qu’ils pouvaient réveiller les membres virils fatigués, cela ne me concernait pas car j’étais jeune et vaillant, je n’avais pas encore connu d’autre jouvenceau.

J’avais seulement une toux tenace. Le vieux sorcier me laissa patienter avant de me recevoir dans son antre. Je dus me déshabiller entièrement, je me demandai si c’était bien nécessaire.

— Quel fluide m’offriras-tu aujourd’hui en échange du sirop antitussif ? me demanda le sorcier en tripotant mon entrejambe avec ses mains osseuses.

C’était ce que je redoutais. Le vieux sorcier n’acceptait point les espèces sonnantes et trébuchantes, il ne voulait que des fluides en échange de ses potions, et, n’ayant pas de licorne domestique, j’allais devoir donner de ma personne.

— La demande en inhibiteurs de la phosphodiestérase est soutenue, et je ne peux les transmuter qu’avec de la semence juvénile.

— Je crains de ne pas pouvoir accéder à cette demande, sauf votre respect. Mon vit ne s’est point redressé.

— Mon apprenti s’en chargera. Harry ! Un puceau à branler !



19 décembre 2018 : Bourbon

Ma mère, la Comtesse d’Harcourt, m’avait fait mander (non, pas bander, désolé) dans son boudoir.

— Mes hommages, Madame, dis-je en faisant une révérence.

— Philippe, mes efforts ont porté leurs fruits, regardez ce pli qu’on vient de m’apporter.

Je le pris et examinai le sceau rompu, c’était celui des Bourbon.

— Sa Majesté ?

— Ne soyez pas si prétentieux, c’est son frère, Philippe de France, le duc d’Anjou, un bon début pour un jouvenceau.

Je lus la missive.

— Monsieur me reçoit en audience privée, savez-vous pourquoi, mère ?

— Probablement pour vous offrir un poste de cadet dans un régiment prestigieux.

— Je préférerais le corps de ballet de Monsieur Lully.

Je mis mes plus beaux atours et je me présentai à Versailles au jour dit. Un laquais me conduisit jusqu’aux appartements du duc où le valet de celui-ci m’accueillit.

— Monsieur n’étant pas roi, il n’a pas la politesse d’être exact.

— Pourriez-vous… Un besoin naturel...

Le valet me conduisit derrière un paravent et me tendit un pot de chambre.

— C’est bien ce qu’on avait dit, il est fort beau. Ne vous étonnez pas, Monsieur met souvent des robes.

— De femmes ?

— Oui, rassurez-vous, cela n’empêchera pas son vit de ramoner votre fondement.



20 décembre 2018 : Gui

— Kilian, que fais-tu dimanche prochain ? m’avait demandé mon ami Ewen.

— Rien, je vais glander comme d’habitude.

— Nous avons la fête du solstice d’été. Tu viens aussi ?

— C’est quoi ?

— Notre famille perpétue les traditions celtes et nous cherchons des nouveaux adeptes. Tu pourras seulement regarder comme cela se déroule.

Le dimanche, j’étais avec Ewan vers un dolmen, à la lisière d’une forêt. Il me présenta le druide.

— J’ai aussi une potion magique à base de gui. Tu pourras en boire, si tu veux bien te faire initier.

— Et que devrais-je faire ?

— Simplement la même chose qu’Ewen.

Mon ami me conduisit dans le bois. Il y avait une petite cabane d’où Ewen sortit deux robes blanches.

— Déshabille-toi, me dit-il.

J’enlevai mon tee-shirt et mon jean.

— Tout. Tu dois être en communion avec la nature.

Je fus gêné de me mettre nu devant lui. Je passai rapidement la robe. Il me conduisit dans le premier cercle. Après des incantations incompréhensibles, le druide nous tendit une gourde de potion. L’effet fut instantané, j’eus une érection, Ewan aussi, cela me rassura.

— Enlevez vos robes pour le bain rituel dans l’étang sacré, nous dit le druide, je vous oindrai le kalc’h.



21 décembre 2018 : Lanterne

C’était la quatrième fois qu’il faisait le tour. Je l’avais reconnu, c’était le seul jeune, les autres touristes étaient plutôt âgés. Il était très beau, grand, maigre, longs cheveux blonds, une chemise blanche au col largement ouvert. Et il semblait fasciné par ma prestation, étais-je si bon comédien ? Il m’avait donné chaque fois deux euros à la fin, avec un grand sourire.

J’avais été engagé par l’office du tourisme pour animer le tour vespéral. J’étais en costume moyenâgeux, une lanterne à la main, et j’accompagnais les touristes par les venelles et ruelles, leur contant tous les faits divers sordides des deux derniers millénaires, largement embellis par l’historien local : ici, c’était une maison close, là a été assassiné un notable qui s’y rendait, cette bâtisse est hantée, des victimes de la grande peste ont été enterrées là, l’archevêque retrouvait sa maîtresse ici, il lui a fait 15 enfants, etc.

J’inventai quelque chose à la fin :

— Ici est né un grand amour, deux jeunes hommes se sont embrassés pour la première fois et sont restés ensemble toute leur vie.

— Vous ne l’avez pas raconté la dernière fois, me dit le jeune homme.

— Il ne tient qu’à vous que ce soit vrai.



22 décembre 2018 : Mousse

— Est-ce que Yanis pourrait fêter le réveillon avec nous ? Ses parents sont invités et il est seul.

— Ouais, on dit ça, je pense plutôt que tu es amoureux de lui.

— Euh, tu as deviné ?

— Il y avait beaucoup de mouchoirs avec du sperme séché dans ta poubelle à Noël. Bon, c’est d’accord.

— Merci, maman. Il fera un dessert : une mousse au chocolat avec quelques zestes d'orange.

— Parfait, il est très bon pâtissier.

J’aide Yanis à préparer la mousse, il en met un peu de côté dans une tasse.

La fête est très réussie. Tout le monde apprécie la mousse, et, en plus, Yanis offre des petits fours. Ma mère n’est pas gênée, elle a un cadeau pour lui.

— Merci, Madame.

— De rien, ne l’ouvre pas tout de suite.

Vers une heure, ma mère dit à Yanis :

— Je ne te raccompagne pas chez toi, tu sais où dormir.

Yanis passe à la cuisine chercher le reste de mousse et nous nous retirons dans ma chambre.

— Qu’est-ce qu’elle t’a donné ma mère ? demandé-je.

Yanis ouvre le paquet, ce sont des préservatifs et du lubrifiant. Nous rions.

— J’ai bien mérité de déguster une spécialité, dit-il, la bite au chocolat.



23 décembre 2018 : Concert

J’avais été invité à la classe de maître d’un grand chanteur dont je tairais le nom, jeune et déjà célèbre. Il donnait un concert, un opéra dont j’avais aussi étudié la partition.

J’avais entendu dire qu’il aimait bien les hommes, mais personne ne parlait de viol, il séduisait ses conquêtes d’un soir par son charme et son charisme.

Je fus subjugué par son cours, comme les trois autres participants. Il me demanda de rester seul avec lui à la fin, j’étais sur mes gardes.

— Tu viens dans ma loge ?

— Pourquoi ?

— J’aimerais que tu me suces avant le concert, ça me détend.

Au moins il était direct et ne s’embarrassait pas de périphrases. J’hésitai quelques instants, puis je craquai, je le suivis, et ce fut l’accident, son frein se rompit. Il saignait et nous paniquions. Il entoura son pénis d’un mouchoir pour arrêter l’hémorragie, se rhabilla et quitta sa loge pour aller à l’hôpital.

Le directeur de l’opéra paniqua aussi. Il fit une annonce : le grand chanteur était indisposé, on avait cependant trouvé un remplaçant à la dernière minute, c’était moi.

Et c’est comme cela que ma carrière internationale fut lancée. Le grand chanteur ne m’en voulut pas, nous nous mariâmes.



24 décembre 2018 : Aromates

— Est-ce que Yanis pourrait fêter l’Épiphanie avec nous ? Il…

 — Ce n’est plus nécessaire de me demander chaque fois. Du moment qu’il nous prépare quelque chose à manger.

 — Il aimerait faire une tarte provençale aux aromates.

J’aide Yanis à préparer la tarte. Il pétrit la pâte feuilletée lui-même, coupe les légumes et ajoute les aromates.

La fête est très réussie. Tout le monde apprécie la tarte, et, en plus, Yanis a apporté une galette des rois. Ma mère a renoncé à lui donner un cadeau chaque fois qu’il vient.

Après le repas, je sens des fourmillements à un endroit que la décence m’interdit de nommer. Il me semble que les autres membres de ma famille sont aussi mal à l’aise.

— Qu’as-tu mis dans ta tarte ? demande ma mère à Yanis.

— Juste quelques aromates : des clous de girofle, de la coriandre, du gingembre, de la noix de muscade, du safran, du thym de Provence, du piment de Cayenne, de la cannelle et de la sarriette.

— Je pense que je vais me retirer dans ma chambre avec Yanis, dis-je, sinon je crains le priapisme.

— Puis-je venir avec vous ? demande mon frère. J’ai bien peur que ce soit contagieux.



Fin