Cargaison à larguer

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Numéro 9

Texte d'archive:


Archivé de: Réponses Gay – Numéro 9
Date de parution originale: 1988

Date de publication/archivage: 2014-08-24

Auteur: Serge
Titre: Cargaison à larguer
Rubrique: Les rois de la gonflette

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Ce texte a été lu 6673 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


Je m'appelle Serge et j'ai vingt ans. Je vis à Marseille et je suis très porté sur les marins. Ce n'est pas vraiment le fait qu'ils soient marins, quoique j'aime bien les travailleurs manuels, l'odeur de la sueur, les mains rugueuses et tout ça. Non, c'est surtout l'idée de tous ces types qui passent des semaines en mer sans occasion de décharger et qui débarquent dans le port, les couilles pleines à ras bord, la bave aux lèvres. Cette idée-là me fait un effet dingue.

Dans ces conditions-là, les plus anti-pédés sont prêts à tirer leur coup avec un mec pourvu qu'il se trouve là au bon moment. Et bien sûr, je fais en sorte d'être là. Je lis le Provençal tous les jours uniquement pour me tenir au courant des arrivages. Régulièrement, des bateaux américains viennent mouiller dans le Port Automne pour quelques jours, en général pour des réparations. Ce sont ceux qui patrouillent en Méditerrannée. Ces jours-là, toutes les putes de la Côte arrivent à Marseille pour les éponger. Il y en a même qui viennent de Paris. Il faut dire qu'il y a un paquet de dollars à ramasser.

Mais j'arrive quand même à faire mon beurre là-dedans. D’abord parce que dans le tas, il y a quand même quelques pédés, mais aussi parce que les hétéros sont parfois tellement à cran qu’ils ne sont plus trop regardants. Un trou est un trou et mon cul fait souvent l'affaire, même s'ils vont ensuite tirer un deuxième coup avec les putes du quartier Belsunce. C'est d'ailleurs ceux-là que je préfère, parce qu'ensuite ils se retrouvent tout penauds.

La dernière fois que ça m'est arrivé, c'était l'automne dernier. Le journal avait annoncé l'arrivée du bateau et invitait les Marseillais à aller le visiter. Il donnait le numéro du quai. Les gens y allaient en famille comme on va au spectacle. J'y suis allé aussi, mais sans famille, habillé d'un pantalon blanc (qui me moulait bien les fesses et le paquet), d'un débardeur noir, d'une veste de coton juste posée sur les épaules.

Aussitôt à bord, je suis descendu dans les coursives qui sentaient l'huile chaude et la peinture neuve. Les couloirs étaient étroits, je me suis vite retrouvé nez à nez avec un Marine au crâne presque tondu et aux yeux bleus. Il m'a dit quelque chose en anglais, sans doute que je n'avais rien à faire là étant donné que les groupes de visiteurs étaient accompagnés par les gens du bateau. J'ai fait une petite grimace expressive pour montrer que je ne comprenais pas ce qu'il disait et l'air de rien, je me suis passé la main sur le paquet. Ça devait être un langage international parce qu'il a tout de suite cessé de parler pour suivre mon geste des yeux. Je me suis massé la bite en rond, passant les doigts sur le gland à travers le coton mince. L’épaule appuyée contre la paroi, un peu déhanché, il mâchait un chewing-gum, la bouche ouverte. Ses mâchoires saillaient à chaque coup de dents. Ma queue raidie était appliquée en diagonale contre mon ventre. 

Sans un mot, il m'a tourné le dos et il est entré dans une cabine un peu plus loin. Je l'ai suivi. À peine dedans, il m'a coincé. J’étais debout, les mains accrochées à la couchette supérieure. Lui était derrière moi, soufflant sur ma nuque pendant que ses mains défaisaient mon ceinturon et baissaient mon pantalon. D'une voix oppressée, il a dit dans mon dos :

— I fuck you, O.K. ?

Son haleine sentait la chlorophylle. Cette fois, j'ai compris : il tenait à préciser les rôles. C'était lui qui m'enculait. J'étais tout à fait d'accord. J'ai passé la main en arrière pour lui toucher la queue. Il s'est laissé faire quelques secondes, juste le temps de me laisser apprécier la longueur de son bâton. Puis il a pris ma main et l'a replacée sur le montant de la couchette du haut. Du pied, il a abaissé mon pantalon et mon slip jusqu’à mes chevilles, puis il a posé le talon dessus pour que j'en extirpe mes jambes. J'ai ôté mes mocassins en les frottant l'un contre l'autre, puis le bas du corps nu, je me suis agenouillé sur la couchette inférieure, le cul en l'air. Il m’a écarté les fesses avec les deux pouces, et je l'ai entendu me cracher dans le trou. Sa salive devait avoir le goût de son chewing-gum.

Il a pesé sur mes reins pour que je baisse un peu le bassin. Quand je me suis retrouvé à la bonne hauteur, il a mis son gland en place et il m'a enfilé. Ça s'est passé sans difficulté. J'ai le trou très souple depuis le temps que je me fais mettre. Mais la suite a été plus dure : il se tenait à la couchette du dessus ce qui lui permettait de prendre son élan pour me tamponner le cul de toutes ses forces. Je devais bander les muscles pour ne pas piquer du nez contre la paroi.

La porte de la cabine s'est ouverte tout d'un coup et mon trou de balle s'est contracté de peur. Mais le type a parlé et au ton de sa voix, j'ai compris qu'il n'y avait pas de danger. Il s'était arrêté quelques secondes à peine. Il s'y est remis et sans attendre, il a giclé. Ses doigts se sont enfoncés dans mes hanches et il m'a lâché toute sa cargaison de foutre dans les boyaux. Il ne devait pas avoir déchargé depuis des siècles j'ai cru qu'il n'en finirait pas de se vider. À chaque saccade, sa queue bondissait comme un serpent qui crache. Je tremblais, tellement j’avais fait d'efforts pour résister à ses coups de reins. Je n'avais pas joui, mais je savais déjà que j'étais en train de vivre une situation que je n'oublierais pas, une de ces situations dont on se souvient des années après et qu'on évoque en se branlant, alors que sur le moment même on n'en avait pas vraiment tiré de plaisir.

Bon, je n'avais pas éjaculé, mais je bandais quand même comme un âne. Je me suis retourné. Il y avait là deux autres Marines dont un Portoricain. Celui qui venait de m’enculer avait la pine à l'air, débandée, mais encore lourde et épaisse. Il riait et donnait ses impressions aux deux autres qui sortaient déjà leurs outils. Je regrettais vraiment de ne pas comprendre. J'étais en sueur, le cul douloureux maintenant que j'étais moins échauffé. Il y avait très peu de place dans la cabine. Celui qui m'avait tiré s'est allongé sur la couchette. Accoudé et mâchant son chewing-gum à la chlorophylle, il a maté la suite tout en se branlant la queue doucement, presque distraitement.

Un des deux types s'est couché par terre sur le dos, en se tenant la pine bien droite. Il m'a fait signe de me mettre sur lui. Je me suis installé à califourchon sur lui et je me suis empalé en m'écartant les fesses des deux mains. C'est entré comme dans du beurre, la place était encore chaude de celui d'avant, et bien graissée par le foutre. Pendant ce temps, le Portoricain s’est mis debout devant moi. Sa bite énorme se balançait devant mes yeux comme un pendule. Tout en marmonnant des mots que je ne comprenais pas, il a heurté le bout de sa queue contre mes

joues, mes paupières, mes narines comme s'il voulait me l'enfoncer dans les trous du visage, sauf la bouche car chaque fois que je l'ouvrais, il reculait pour m'empêcher de la happer. Finalement, il n'a plus tenu, son gland laissait filer un liquide. Il m'a laissé l'engloutir. Il a appuyé des deux mains sur ma nuque, a buté contre mon palais et s’est arrêté de bouger pour ne pas gicler. Les poils de son pubis avaient une odeur musquée très excitante. Tout d'un coup, il m'a agrippé les oreilles et il s'est soulagé dans ma gorge. Il n'avait pas tenu le coup plus de quelques secondes. Il faut dire que ma langue n'était pas restée inactive. Son foutre avait un goût délicieux.

Le type sur lequel je me trouvais me tenait la queue et les couilles entre les mains pour les empêcher de ballotter à chaque coup de boutoir qu'il me donnait Sa pine me défonçait le trou et je n'ai pas pu me retenir. Quand j'ai senti que ça venait, j'ai regardé ma queue gicler contre mon ventre. Le méat a lâché des jets contre mon torse. C'est retombé en filets sur ma peau. Le Portoricain y a mis les doigts et se les est léchés avidement. Je me suis écroulé sur le marin et lui aussi s’est vidé dans moi.

Je suis resté une bonne demi-heure avec eux. Ils ont tiré un autre coup et j'ai joui dans la bouche du Portoricain qui avait l’air d'être un grand goûteur de foutre. Quand je suis sorti du bateau, mon pantalon était fripé et j'avais le cul en marmelade, mais j'étais bien. Je suis allé m'asseoir au soleil sur le Vieux Port.

Serge (Marseille)