Changement de cap (5)


Changement de cap (5)
Texte paru le 2005-11-15 par Joao   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : Changement de cap

Nouvelle vie

Marc a emménagé depuis six mois, nous revoyons souvent Luc et Mathieu qui vivent heureux ensemble. Nous faisons des soirées coquines parfois, il y règne toujours une franche bonne humeur.

Mes collègues sont heureux de me voir comme avant. Je ne peux plus leur mentir. Aujourd’hui vendredi, j’ai décidé de leur dire la vérité. J’ai acheté deux bouteilles de Champagne et leur ai dit que j’avais quelque chose à leur dire et que je le ferais à midi. Ils ont passé la matinée à me poser des questions, mais j’ai tenu ferme. À midi, j’ai sorti les bouteilles, ils étaient impatients.

— Mes amis, je voulais vous remercier de votre amitié. Vous m’avez soutenu quand je traversais une période difficile, vous m’avez ouvert les yeux, grâce à vous j’ai retrouvé le goût de vivre. La révélation que je vais vous faire va vous surprendre. Je vous demande de ne pas m’en vouloir et je souhaite de tout mon cœur que vous me garderez votre amitié, je peux compter sur vous?

Christophe a pris la parole:

— Jean tu nous fais lambiner depuis ce matin, on voit bien que tu es heureux. Tu t’es bien rendu compte qu’on est tes amis et que rien ne nous fera changer d’avis alors pour l’amour du ciel, accouche!

J’ai pris une profonde inspiration et je me suis lancé:

— Voilà mes amis, j’ai largué Claire. Elle était devenue impossible à vivre, puis j’ai rencontré dans la salle de gym un mec qui est devenu un ami; nous avons dialogué longtemps. Puis j’ai rencontré un ami de collège que je n’avais pas vu depuis des années, nous nous sommes retrouvés et je me suis découvert pédé. Voilà le mot est lâché. Il s’appelle Marc et je vis avec lui depuis six mois. Je vous demande de ne pas m’en vouloir, je suis heureux comme ça. Voilà, je ne peux plus garder ça pour moi et je voulais que vous le sachiez.

Je tremblais comme une feuille morte un silence de mort s’était abattu sur le bureau, je baisais les yeux. Mes larmes coulaient sur mes joues quand Christophe a pris la parole:

— Jean, on t’a déjà dit qu’on t’aimait et qu’on était tes amis alors arrête de pleurer et viens nous embrasser, idiot!

J’ai relevé la tête, ils me regardaient tous les trois avec un grand sourire. Christophe a ouvert ses bras je me suis précipité vers lui il m’a donné un baiser sur la joue et me donnant une tape sur les épaules. Je suis passé ensuite dans les bras des deux autres. Je me sentais mieux. Christophe encore une fois a repris la parole:

— Bon alors on le boit ce champ pendant qu’il y a encore des bulles?

J’ai rempli les verres, on a trinqué. Joël a levé son verre:

— À notre ami pédé à qui on garde notre amitié. Au fait c’est pas contagieux?

— Quoi?

— Le fait de devenir pédé.

Ils ont éclaté de rire. Philippe a repris un autre toast:

— À Jean qui a intérêt à nous présenter son Jules, sinon ça va barder. OK?

— Mes amis merci! Votre réaction me fait chaud au cœur et je vous promet une petite fête chez moi pour vous présenter Marc. Il sera heureux de voir que mes collègues sont de vrais amis.

Nous avons filé au restaurant où nous avons passé presque tout l’après-midi à manger rire et boire. Nous sommes rentrés pour prendre nos affaires et partir en week-end.


Marc et moi avons décidé de faire des analyses il y a deux semaines. Aujourd’hui, on a décidé d’aller chercher les résultats. Même si on a confiance, la peur nous tenaille. On en parle pas mais la peur est là. J’ai caché au frigo une bouteille de MUMM, je sais que Marc aime ce champagne. Nous voilà dans le laboratoire, je demande mon analyse: la secrétaire ouvre un casier fouille et me tend une enveloppe, je la remercie. Au tour de Marc qui prend son enveloppe. Nous sortons. J’ai mis mon enveloppe dans ma poche, Marc aussi. Nous ne parlons pas en rentrant à l’appartement. Arrivés chez nous, on s’installe face à face. Je tire mon enveloppe de ma poche et la tend à Marc. Marc me regarde, fouille dans sa poche et me tend la sienne.

— À trois on ouvre, OK?

— OK.

— Un, deux, trois.

J’ai ouvert l’enveloppe de Marc, ouf le test négatif.

Je regarde Marc avec un grand sourire:

— Tout est bon Marc.

Marc ouvre mon enveloppe, puis baisse la tête. Mon sang se glace immédiatement dans mes veines.

— Marc qu’est ce qu’il y a?

Il relève le visage avec un grand sourire:

— Tout est bon! me dit-il.

Je fais un bond.

— Petit salaud! Tu m’as flanqué la trouille de ma vie.

Je le bascule sur mes genoux et lui colle un bonne fessées, Marc crie et pleure de joie à la fois.

— Bon petit salaud, pour te faire pardonner file à la cuisine. Tu trouveras un bouteille pour fêter nos analyses et reviens au trot.

Marc a filé et est revenu avec des coupes et la bouteille. Il les dépose sur la table basse verse le vin dans le coupes m’en tend une en me disant:

— Pardon pour ce que je viens de te faire. Je t’aime de tout mon cœur. Maintenant nous allons pouvoir nous aimer sans risque et sans capote. Je vais pouvoir sentir ta liqueur se répandre en moi et y goûter. Je t’aime, Jean.

— Moi aussi je t’aime petit salaud. Nous allons pouvoir nous aimer sans crainte, je suis heureux.

Nous avons échangé un long baiser plein de tendresse et sommes restés un long moment en silence à nous regarder. L’amour transpirait dans nos regards. Cette nuit là nous avons fait l’amour fort tard, au petit matin, nous étions tout simplement heureux.

Mathieu et Luc eux aussi on fait des tests, négatifs aussi. Depuis nous avons reçu mes collègues qui ont adopté Marc et réciproquement.

La vie est belle, n’est-ce pas?