Chasseur (5): Sylvain


Chasseur (5): Sylvain
Texte paru le 2009-09-06 par DomFun   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : Chasseur

Après mon singulier passage d’un jour entre les bras de Sofiane (NDLA: lire Chasseur 4), je cherchais bien vite à oublier ma déception de cet après-midi dont j’avais tant rêvé. Quelques semaines plus tard, je devais rencontrer celui avec lequel je devais vivre mon premier grand amour. Il s’appelait Sylvain, il avait mon âge et depuis le début de l’année scolaire, il était élève de la même classe que moi. Un évènement douloureux devait me rapprocher de ce garçon de quinze ans comme moi, un peu plus petit que moi, mais un torse que j’avais déjà pu voir bien dessiné.

J’étais en seconde et j’étais donc cette année-là en première année de lycée. Comme dans tous les lycées du monde, il y avait chez nous un garçon qui jouant de ses gros bras réussissait à ordonner sa loi aux petits nouveaux que nous étions. Il était comme nous, nouveau dans l’établissement, mais son mètre quatre-vingt-deux, et la carrure qui allait avec, nous imposait un respect que nul n’aurait tenté de braver. Luc, c’était son prénom, s’attaquait principalement aux plus jeunes et aux plus chétifs d’entre nous, ce qui déjà nous révoltait tous. Un jour cependant, il alla trop loin et déclencha autour de lui une hostilité dont il ne se douta même pas. Ce jour-là, Gaby, l’un des plus petits du lycée fut retrouvé nu dans les toilettes des salles de sport. N’osant rien dire, il fut tout au long de la journée la cible de rire et de remarques toutes plus désagréables les unes que les autres. Il trouva cependant quelques soutiens, dont le mien, ainsi que Sylvain, ce garçon de ma classe que je connaissais mais avec qui je n’avais pas encore eu l’occasion d’avoir de vraies discussions. Après l’avoir rassuré, nous réussissions à connaître l’histoire de Gaby et la mésaventure qu’il vivait. En pleurant presque, il nous avoua avoir été surpris dans les toilettes avec un copain par Luc. Son compagnon avait réussi à s’échapper mais pour Gaby, Luc en le maltraitant, l’avait obligé à se déshabiller totalement avant de l’enfermer dans une cabine de toilette et d’emporter ses vêtements qui avaient été retrouvés éparpillés dans les couloirs. Rouge de honte devant l’aveu qu’il venait de nous faire, Gaby ne put retenir quelques larmes qui nous touchèrent tous profondément. Sylvain posa ses deux mains sur les épaules du garçon humilié, et me regarda bien en face:

— Je ne sais pas ce que tu en penses, mais moi j’ai pas envie de laisser passer ça, parce que demain ce sera peut-être toi ou moi.

J’étais bien sûr d’accord avec lui, comme l’ensemble des garçons présent autour de Gaby et l’après-midi même, nous avions une idée pour venger le petit qui ne pouvait rien tout seul. Je ne suis pas un adepte de l’autojustice, mais comme Gaby avait peur des représailles et qu’il se refusait à parler à un adulte, nous décidions quelques garçons, Sylvain et moi à donner à Luc une leçon dont il devrait se souvenir longtemps.

Il nous fallut attendre deux jours pour mettre notre plan à exécution, ce jour-là nous le savions, la classe de Luc avait cours de sport au mêmes heures que la nôtre, en outre bien des garçons de notre entreprise étaient dans la même classe que notre victime programmée et cherchaient depuis le début de l’année scolaire à se défendre du tourmenteur. Le jour dit, je comprenais très vite que tout le monde savait que quelque chose devait se passer. Tout le monde, sauf Luc lui-même. Il avait tellement réussi à faire le vide autour de lui qu’il ne se trouva pas une seule personne pour le mettre en garde. Nous eûmes la surprise Sylvain et moi de comprendre que même les professeurs de sport qui ne nous dirent rien, avaient compris l’équipée punitive qui s’annonçait. Quand à la fin du cours tout le monde rejoignit les vestiaires, Luc fut rappelé dans la salle pour y aider au rangement des agrès. Comme d'habitude, il tenta de faire reposer la tâche sur les épaules d’un autre jeune mais Sylvain prit la défense du garçon.

— Non, tu restes là toi, dit-il au garçon déjà prêt à courir sous l’ordre de Luc. C’est à toi qu’on a parlé Luc et personne n’ira à ta place.

Au fond du couloir, les professeurs avaient refermé la porte de leur local privé et dans le vestiaire personne n’osait lever les yeux vers Luc qui regarda longuement Sylvain avant de se diriger vers la salle de sport. Une poignée de secondes plus tard, Sylvain faisait son entrée dans la même salle, suivi de quelques garçons dont j’étais. Devant notre arrivée déterminée, Luc comprit très vite que nous n’étions pas là pour l’aider dans sa tâche. Il avait dans les mains un tapis d’exercice et le laissa tomber en voyant Sylvain s’approcher de lui. Quand mon compagnon de classe aborda l’humiliation de Gaby, je ne pus m’empêcher de sourire quand le rose des joues de Luc s’empourpra, mais plus encore, ce fut le discours que lui tint Sylvain qui m’interpela.

— Il y a des choses à pas faire Luc, et toi tu te crois tout permis, alors on est venu te dire que tu vas devoir changer tes habitudes. Le petit Gaby tu es allé trop loin…

— Une petite tapette, le coupa Luc, tu sais ce qu’il faisait ce mec…

— Oui je sais, il me l’a dit, le coupa à nouveau Sylvain en haussant le ton. C’est pas à toi de juger de ce qu’il faisait, et si ça peut te faire réfléchir, sache que moi aussi je suis gay, mais moi t’auras pas le cran de venir me dessaper.

Je regardais Sylvain les yeux ronds. Je n’avais pas un seul instant imaginé que ce garçon puisse être gay comme moi. Tous les autres avaient entendu eux aussi, et l’espace d’une seconde je sentis un flottement dans notre équipée. Ce moment, Luc le comprit aussi très vite, il fit mine de vouloir sortir de la pièce et sans ménagement bouscula Sylvain qui vif comme l’éclair l’attrapa par l’épaule obligeant Luc à se retourner. La tension monta d’un cran et Luc se saisit des pans de la veste de survêtement que Sylvain portait ouverte. Devant la force du géant, Sylvain ne put tenir longtemps et très vite se retrouva cloué au sol sous le poids de l’autre. Ce fut moi qui réveillais les autres garçons qui assistaient à la scène.

— Hé les gars, vous n’allez pas le laisser faire encore une fois? Tous dessus et à poil!

Comme une envolée de moineaux, les quelques dix garçons qui nous accompagnaient se jetèrent sur celui qui comprit très vite qu’il ne résisterait pas au nombre. Après avoir vainement tenté de se débattre, Luc se retrouva plaqué au sol. J’aidais Sylvain à se relever. Il me gratifia d’un sourire que je lui rendis et d’un merci que je repoussais d’un geste. Sylvain s’agenouilla auprès de Luc et le regardant droit dans les yeux lui dit:

— Tu vas comprendre ce que c’est que de se retrouver à poil au milieu d’une salle devant des mecs qui se marrent.

Le cri de Luc fut terrible, il essaya de s’arracher aux mains qui le tenaient au sol, mais ne parvint pas à faire lâcher prise un seul de ses assaillants. Quand Sylvain fit un simple signe à nos compagnons, trois de ceux qui ne tenaient pas Luc s’attaquèrent à ses vêtements et à ses chaussures. Luc hurlait des mots des plus orduriers qui lui venaient à l’esprit, mais qui n’avaient aucun poids sur ceux qui enfin tenaient leur vengeance. Ces cris amusaient ceux qui le tenaient toujours au sol et avaient alerté tous ceux qui dans le vestiaire tout proche l’entendaient vociférer et qui se rendaient compte que l’empêcheur de tourner en rond recevait une bonne leçon. Un cercle se forma bientôt autour de nous et les langues si souvent retenues se mirent à parler. Nous apprîmes ainsi les brimades, les rackets, et les humiliations qu’avait infligés Luc à bon nombre des élèves qui nous entouraient. À terre, Luc était torse nu, ses chaussures avaient volé au travers du gymnase et son pantalon avait été baissé au bas de ses jambes. Sylvain me regardait, j’étais mal à l’aise, guère habitué à ce genre de spectacle. Mon compagnon tenta de s’interposer et d’empêcher une humiliation de plus, mais avant qu’il ne pût se faire entendre, le caleçon de celui qui avait été le tortionnaire de ce début d’année vola à son tour au travers de la pièce. Quelques secondes de silence s’abattirent dans la salle. Des mains retenaient toujours Luc exposé nu à tous les regards, et Sylvain intervint enfin.

— C’est bon là, c’est fini.

Il rendit à Luc le survêtement qu’on était allé récupérer, et l’autre s’en couvrit pudiquement. La pièce se vida aussi vite qu’elle s’était remplie, mais dans un silence que chacun comprenait. Luc pleurait en baissant la tête, nous récupérions toutes ses affaires et les lui rendions. Acceptant la main de Sylvain, il se releva, se rhabilla et quitta la pièce sans qu’aucun mot ne fût prononcé. Le regard que mon compagnon de classe lui lança quand il se retourna en passant la porte valait bien tous les discours.

De ce jour, une certaine complicité nous unit Sylvain et moi, nous discutions bien plus souvent ensemble, et je trouvais chez mon compagnon bien des points semblables avec ma propre vie. Comme moi il aimait le sport, et pratiquait un peu de musculation pour un entretien et un développement harmonieux de son corps. Les sujets ne manquaient pas dans nos discussions et je m’étais enfin trouvé le copain de classe qui me manquait pour cette année scolaire. Très vite pourtant, le copain d’école devint le copain, puis l’ami de tous les jours. Nous échangions des idées, nous organisions ensemble des moments de détentes, et de sorties. Je le présentais à mes parents, il fit de même, et un jour où il était à la maison, son père vint le reprendre en fin de soirée, ce qui fit que nos deux familles finirent par mieux se connaître.

J’étais heureux, et je pense que Sylvain l’était comme moi. Je le savais homo puisqu’il l’avait lancé à la figure de Luc, mais jamais au début de notre relation le sujet de la sexualité ne fut abordé entre nous. Je ne voyais pas Sylvain comme un amant potentiel. Il était mon ami, celui à qui je commençais à confier quelques secrets. Inévitablement un jour, je lui parlerai de ma vie, mais Sylvain ne se montra pas curieux et de longues semaines durant, nous ne cherchions pas à savoir autre chose l’un de l’autre.

Cette année-là, un voyage scolaire était organisé avant les vacances d’hiver. Nous devions partir trois jours durant, ce qui impliquait deux nuitées d’hôtel. Les préparatifs allèrent bon train, notre départ en car était fixé un mercredi à sept heures du matin dans la cour de notre lycée. Pour des raisons de travail, les parents de Luc ne pouvaient l’accompagner le jour du départ et très vite il fut arrangé que Luc dorme à la maison le mardi soir, afin que nous partions tous les deux ensemble accompagné par mon père. Ce mardi-là à la maison, la soirée autour de la table fut heureuse et mes parents ne purent qu’apprécier la bonne éducation de mon copain de classe. Le réveil devait sonner très tôt le matin suivant, aussi suivi de Sylvain je rejoignis ma chambre ou un lit pliant mais confortable avait déjà été dressé. Nous discutions longuement de choses et d’autres assis sur le rebord de mon lit. Je m’étais déshabillé pour aller à la douche, déambulant en caleçon devant mon compagnon, je surpris à plusieurs reprises son regard se porter sur mon corps aux trois quarts nu et je m’amusais déjà de voir sa tête quand il apprendrait que nous avions le même goût pour les garçons, aussi je tombai de très haut quand Sylvain m’attaqua de front.

- Et tes petits copains, me demanda-t-il soudainement, c’est comme moi? Ils ont le droit à ta chambre? 

Je le regardai d’abord surpris, puis lui souriant, je lui répondis:

— Qu'est-ce qui te laisse penser que comme toi, je préfère les petits copains?

— Tout bêtement parce que tu es mon pote, parce que je commence à te connaître, que je ne te l’ai jamais dit, mais que je pense avoir compris que tu étais gay toi aussi. Que je trouve que tu es un mec sympa et sensible. Que si j’avais trouvé la force de te parler avant, eh bien je pense que j’aurais bien aimé te serrer dans mes bras. Je crois que je t’aime Alex mais je préfère oublier cela si ça devait casser notre amitié. 

Je le regardais sans répondre. Jamais un garçon ne m’avait parlé comme il venait de le faire. Mon coeur frappait à grands coups dans ma cage thoracique, j’étais incapable de trouver mes mots tellement sa sincérité m’avait pris de court. Mon silence le trompa, il baissa soudainement les yeux et reprit:

— Pardon si je suis trop franc, tu sais que je suis homo, moi j’ai cru que tu aimais les mecs aussi alors… j’attendais un moment rien qu’à nous pour te parler…

— Ben, on va dire qu’on a perdu du temps alors, parce que là, maintenant, qu’est-ce que j’aimerais te serrer dans mes bras pour que tu voies comment moi aussi j’ai envie de toi... 

Il releva le visage sur lequel une larme venait de couler. J’ouvris les bras et il vint se blottir contre mon torse nu. Je relevai son visage, je lui donnai un baiser sur la trace qu’avait laissée la larme sur sa joue. Je me retrouvais soudain avec un nouveau Sylvain. J’avais entre les bras un être doux et délicat. Je me rendais compte combien mon compagnon était fragile, maintenant que je savais pouvoir oser, je glissai mes lèvres sur les siennes une main dans son cou, l’autre sur sa poitrine. Quand mes lèvres s’entrouvrirent pour trouver sa langue, c’est timidement que Sylvain répondit à mon appel. Il ne me fallut pas trois secondes pour comprendre que mon compagnon ne savait pas embrasser… Je le regardais, je lui souris et timidement il crut devoir dire:

— C’est la première fois Alex… 

— Je croyais que…

— Que j’étais gay? Je le suis! Enfin, je le pense. J’aime les garçons, j’en rêve, je ne me vois pas draguer une fille ou la toucher, alors qu’un garçon, c’est ce que je veux. Les filles ne me font pas d’effet, les garçons c’est trop fort, et toi…

— Moi?

— Arrête Alex, tu ne vas pas me dire que tu n’avais pas compris?

Devant mes yeux ronds, il ne put s’empêcher un sourire timide.

— Du jour où je t’ai vu pour la première fois en classe, j’ai eu envie de te connaître. Depuis que j’ai compris le garçon que tu étais quand on a cherché à venger le petit Gaby, je ne voulais qu’une chose, devenir ton pote.

— Ben, je crois que tu as réussi au moins ça? Et moi, je crois que depuis longtemps, j’ai rarement eu un pote aussi franc que toi, moi aussi Sylvain, moi aussi je crois que je t’aime!

Nous nous regardons deux secondes, et mes lèvres retrouvent les siennes, sans rien tenter, il se laisse guider dans la caresse de ma langue. Il prend très vite goût à me suivre et son corps se colle contre le mien. Nos bouches sont encore liées quand je prends le bas de son tee-shirt dans mes mains, je tire le vêtement vers le haut le faisant passer au dessus de sa tête. Mes mains peuvent enfin caresser son torse un peu plus fin que le mien. Sa peau est douce comme du satin et je ne peux retenir une envie de l’embrasser dans le cou, ce qui lui fait fermer les yeux tandis que ses bras m’entourent les reins. Sans nous en rendre compte, nous avons glissé sur mon lit, nous sommes couchés face à face sur le flanc et nos regards ne se quittent plus. Sans un mot nous mesurons notre plaisir d’être libres l’un face à l’autre. Depuis un bon moment déjà, mon boxer n’a plus rien de présentable, j’ai tout bonnement envie de le violer, là, tout offert qu’il est au moindre de mes désirs.

Sylvain me sourit, nous n’avons pas envie de briser le cocon de bonheur qui nous enveloppe, mais l’heure tourne et les douches restent à prendre. À regret je me retire de ses bras et le premier, je file sous l’eau chaude. Le quart d’heure passé sous la douche n’a pas réussi à calmer mes ardeurs et en sortant de la cabine, ma verge était tout aussi bandée que l’instant d’avant, quand je quittai les bras de celui que mon coeur avait choisi d’aimer.

J’appelai Sylvain, lui disant que la douche était à lui mais je n’obtenais pas de réponse. Passant un peignoir et revenant vers la chambre, je souriais en découvrant mon compagnon endormi, les deux mains entourant mon oreiller qu’il serrait contre sa poitrine. Doucement, je m’approchai de lui. Je ne résistai pas à déposer un baiser sur ses lèvres closes.

Sylvain ne devait pas dormir profondément car sitôt le contact de mes lèvres sur sa peau, il m’entoura le cou de ses deux bras, tentant de me faire rouler à son côté. En riant, je lui résistai et lui donnai une petite tape sur les fesses en lui montrant la salle d’eau. Mon compagnon prit alors un air mutin, il s’allongea sur le dos, jambes allongées, bras relevés et en me regardant avec un petit sourire me dit:

— OK pour la douche, mais pas le courage de me déshabiller.

Quand on me cherche, on me trouve, pensais-je. Je m’approchai du lit et regardai mon compagnon. Ses yeux soutenaient mon regard et sans un mot, je m’attaquai à la ceinture de son jeans. Je détachai un à un les boutons de sa braguette et tirant sur ses jambes je le débarrassai de son pantalon. Sylvain qui pensait certainement que je me défilerais comprenait que je ne reculerais plus et qu’il allait finir entre mes bras aussi nu qu’au jour de sa naissance. Un zeste de pudeur le fit se rouler sur lui même en rigolant. Je ne m’arrêtai pas et à nouveau nous étions allongés sur le lit. Pour ma part j’étais en peignoir, et sans rien dessous. Très vite les pans du vêtement s’écartaient. Inutile de vous dire que mon état n’était pas des plus sage. Sylvain eut pleine vue sur ma tige tendue vers lui et ses rires redoublèrent. Sans tenter de me rajuster, je m’allongeai alors tête-bêche sur son corps, bloquant ses bras de mes deux jambes, et tirai vers le bas le boxer de mon ami. J’eus devant les yeux un jouet dont j’avais bien envie d’user sur le champ, mais je ne voulais pas brusquer celui qui apprenait entre mes bras et je me redressai aussi nu que lui. Sylvain ne se gênait pas pour me détailler, je lui tendis une main, et sans gêne aucune, il se leva à son tour pour revenir se lover entre mes bras. Nos deux corps nus s’appelaient, se désiraient. Sa verge tendue n’était que désir, ses yeux verts n’en pouvaient plus d’exprimer leur bonheur. Je dus presque le pousser sous la douche pour éviter de me jeter sur ce corps affamé de caresses.

Quand il sortit de la salle d’eau, Sylvain s’était habillé d’un peignoir que je lui avais prêté. Comme moi, il n’en avait pas noué la ceinture de coton, et comme moi l’eau chaude n’avait en rien atténué la démonstration de son désir. Il ne souriait pas cependant. Je le regardais s’approcher de mon lit où il posa un genou sans chercher à protéger sa nudité. Comprenant qu’il cherchait à me parler, je passai un bras autour de ses reins et doucement je l’amenai à se coucher contre mon propre corps.

— Je voudrais que ce soir ne se termine jamais Alex.

— Ben moi pas, répondis je dans un sourire, parce que demain je pars en voyage avec mon mec et j’ai bien l’intention d’en profiter.

Il ne put s’empêcher de rire devant ma réponse, pourtant il me regardait toujours avec le même regard, attendant que moi aussi je lui dise ce que j’avais si longtemps eu envie de lui dire.

— Moi aussi Sylvain je t’aime. J’ai eu envie de toi très vite en tant que copain, et après ce soir, je n’ai envie que d’une chose. T’avoir en tant que petit copain!

Pour me répondre, il se redressa, se défit du peignoir qu’il portait et se coucha nu de tout son long sur mon propre corps. Nos lèvres se joignirent à nouveau, je sentais contre mon bassin sa tige dure qui se frottait à la mienne. Ses mains me caressaient le cou, le torse, comme s’il voulait connaître du toucher chaque centimètre carré de ma personne. Pour ma part, je posai l’une de mes mains dans son dos, l’attirant à moi tandis que mon autre main se glissait entre nos deux torses. Mes yeux dans les siens, j’empoignais nos deux verges ensemble et commençais une savante caresse à laquelle il ne fut pas long à répondre. Nos deux corps répondirent ensemble à la masturbation que j’orchestrais. Sans que j’eu besoin de le guider, Sylvain me suivit dans le mouvement de mes reins, nos bouches ne se quittaient pas, ma main s’activant toujours plus sur nos deux membres unis pour la première fois. Après de longues minutes de ce traitement que nous aurions pu vivre des heures durant, je fus le premier à ressentir un bouillonnement au creux de mes reins. Avant que je ne puisse réagir, incapable de me retenir je lâchais entre nos deux corps de longs jets crémeux qui me foudroyèrent. Sylvain me suivit de quelques secondes, il s’était redressé et la hampe droite comme un I, tel un geyser, il explosa littéralement d’une fontaine de sève qui m’éclaboussa jusqu’au front. Après de longues secondes à nous être repris et après nous être nettoyés au mieux, le nécessaire repos pour être en forme le lendemain matin nous obligea enfin à nous coucher chacun dans notre propre lit. Nous rapprochions tout de même nos couches l’une de l’autre, et c’est main dans la main cette nuit-là que le sommeil nous cueillit.

Le lendemain matin, je me souviens du bonheur que nous avons ressenti tous les deux de nous réveiller les yeux dans le regard de l’autre. Je ne sais plus qui a dit: «Le jour où quelqu’un vous aime, il fait très beau…», mais ce matin-là, le bonheur était au rendez-vous. Comme convenu, mon père nous accompagna au départ du car qui devait nous emmener visiter un parc animalier à l’autre bout du pays. Notre classe était au grand complet, nous nous entendions tous très bien, et deux de nos professeurs que nous apprécions particulièrement étaient du voyage. Sylvain et moi avions décidé de ne pas nous dévoiler aux yeux des autres, nous assumions tout les deux notre préférence pour les garçons, mais sans savoir comment serait comprise notre passion au sein de notre classe, nous avions choisi de ne pas en faire état… Voeu pieu, car dès la demi-journée de car, nous étions démasqués. Sylvain et moi avions bien évidemment choisi des places contigües au fond du car. Les discussions fusaient parmi nos camarades, les blagues et les jeux aussi, tandis que nous, nous restions sagement à notre place à discuter de choses et d’autres, trop heureux d’être avec l’autre.

Depuis le départ du car, Sylvain m’avait dit dans un sourire que le plus difficile du voyage serait de résister à l’envie de nous embrasser. Il ne croyait pas si bien dire car un peu avant la pause déjeuner, c’est précisément ce qui finit par nous trahir aux yeux des autres. Une partie de poker menteur faisait rage sur la banquette du fond, et quasiment toute notre classe entourait les joueurs. Loin de tous, nous n’avions d’yeux et d’oreilles que l’un pour l’autre. Quand n’y tenant plus je jetais un coup d’oeil dans l’allée centrale et que n’y voyant personne je me retournais pour poser mes lèvres sur la bouche de mon amant. Sylvain ne se fit pas prier pour répondre à ma demande et nous laissions nos langues vivre leur vie quand un toussotement au-dessus de nos têtes nous fit sursauter et lever les yeux. Johan, un garçon qui était notre ami commun à tous les deux, était accoudé au-dessus de nos deux sièges, un grand sourire sur les lèvres. Je regardais Sylvain un peu anxieusement, mais Johan nous passa la main dans les cheveux à tous les deux et dit le plus simplement du monde:

— Je n’étais pas au courant, mais chapeau tous les deux. Ça fait plaisir de voir deux mecs qui s’assument. 

Ensemble Sylvain et moi lui sourions, le compliment faisait plaisir à entendre. Comme nous savions que dans un groupe comme le nôtre les secrets d’alcôve ne duraient jamais très longtemps, Sylvain et moi nous regardions dans un grand sourire et tels deux aimants, nos lèvres à nouveau se soudèrent. Comme nous le supposions, la nouvelle fit le tour du groupe en un temps record. Sylvain était aimé de toute notre classe, et je ne pense pas que quiconque pouvait me reprocher quoi que ce soit, aussi tout le groupe s’amusa à nous taquiner gentiment jusqu’à notre arrivée à destination.

Nous étions logés dans un petit hôtel qui n’avait quasiment que notre classe comme client pour les deux prochaines nuits. Les chambres furent très vite distribuées. Des chambres à deux lits pour les garçons tandis que les filles devaient occuper un grand lit pour deux. Sans problème aucun, chacun se trouva un partenaire pour les deux nuits.

Bons derniers à avoir sorti nos bagages de la soute du car, Sylvain et moi arrivions à la réception pour deviner un mouvement de panique dans les yeux du réceptionniste. Il devait y avoir eu confusion, car il ne restait plus qu’une seule chambre disponible, une chambre avec un grand lit. Immédiatement des éclats de rire fusèrent chez nos copains et nos professeurs qui ne comprenaient pas le fou rire général eurent bien du mal à ramener le calme. Pourtant de solution, il n’y en avait pas. Nos profs ne purent à leur tour que sourire de l’incident, tandis que remerciant secrètement le ciel d’avoir bien fait les choses, Sylvain et moi partions à la découverte de ce qui allait être notre nid d’amour. Une belle et grande chambre nous attendait, en fait nous devions apprendre qu’elle était la chambre la plus prisée de l’hôtel. Sylvain me plaqua au mur dès la porte refermée, et sans s’embarrasser de la tournure à donner à ses mots me dit:

— Deux nuits, tu as deux nuits pour tout m’apprendre. Je te veux dans moi, je veux connaître ton goût, tes odeurs, je veux connaître tes cris. Je veux que tu m’aimes!

Le prenant au mot, avec un grand sourire je l’attrapai, le pris dans mes bras et le portai sur le grand lit qui trônait au milieu de la pièce. Nos corps semblaient déjà connaitre les plaisirs de l’autre, Sylvain fermait les yeux dès que je le touchais s’abandonnant à mes envies, et des envies j’en avais pour ce garçon pour qui je ressentais quelque chose que je n’avais jamais connu pour aucun autre de mes amants. Bien sûr j’avais déjà aimé, j’avais eu aussi bien des peines de coeur quand l’un ou l’autre était parti chercher d’autres amours, mais jamais je n’avais connu au fond de moi cette envie de combler un garçon, tout en faisant attention à la fragilité de l’être. Je l’aimais, je ne doutais pas non plus une seule seconde de son amour. Sa façon de se donner, de me faire toute confiance en m’abandonnant son corps entre mes mains. Sa façon qu’il avait eu, à m’apprendre sa virginité comme un premier cadeau, un don de lui que je comprenais comme le ciment de notre relation. Sylvain à mes yeux était un être à part, il ne ressemblait à personne, il était "Mon Mec".

L’ambiance dans le groupe était excellente. Après le repas du soir, voyant que tout le monde profitait pleinement de cette première journée de voyage, nos professeurs heureux de pouvoir relâcher quelque peu leur surveillance nous donnèrent quartier libre, avec pour seule consigne une heure limite où chacun devait avoir regagné sa chambre. Nous n’étions plus traités comme des enfants, et conscients de la confiance que l’on nous octroyait, nous prenions engagement de respecter une demande bien légitime. Quel plaisir ce soir-là de nous promener Sylvain et moi, en compagnie de nos amis, sans avoir à nous cacher de nos sourires, de nos gestes tendres et parfois aussi de baisers furtifs qui faisaient sourire bien des visages de notre groupe. Je crois que nos amis étaient tout aussi contents que nous de voir notre bonheur.

Quand vint l’heure du retour à l’hôtel, chacun alla de sa petite blague sur la nuit que l’on nous promettait et quand devant notre porte Johan nous saluât, il alla jusqu’à nous faire la bise à tous les deux et avec un clin d’oeil nous dit:

— Bonne lune de miel les mecs.

Nous éclations de rire en refermant la porte derrière nous. Lune de miel. Nous n’y avions pas pensé, pourtant ce voyage avait tout du voyage du bonheur. À peine la porte refermée, nos vêtements volèrent au travers de la pièce et nos bouches se retrouvèrent pour de longues minutes de communion. Le monde aurait pu s’écrouler que nous ne nous en serions certainement pas rendu compte. Avant que nous ayons eu le temps d’atteindre le lit, je me jetai sur mon amant et c’est sur la moquette de la chambre que je recouvris son corps du mien. Ses jambes se nouèrent aussitôt autour de mes reins tandis que je me délectais en l’embrassant, de la saveur de sa peau. Mon compagnon, ses deux mains enserrant ma tête me caressaient les cheveux suivant ainsi mon exploration de tous les reliefs de son anatomie. Je sentais son coeur battre la chamade, attentif à chacun de mes gestes. Nos deux corps nus n’en pouvaient plus de s’attendre, de se chercher, aussi quand mes lèvres déposèrent le premier baiser de sa vie sur son membre d’amour, Sylvain se cambra dans un sursaut qui nous fit rire tous les deux. Il ferma les yeux éperdus d’aisance, ma langue venait de passer sur son gland sensible comme la peau d’un fruit trop mûr. Ses mains toujours dans mes cheveux me guidaient maintenant à suivre le rythme de son bonheur. J’avalais sa hampe le suçant comme une bonne glace, je titillais le frein de son prépuce, et enserrant de mes lèvres son bout cramoisi, je le taquinais de ma langue. Je savais pertinemment qu’à ce rythme-là, Sylvain ne tiendrait pas longtemps la cadence, mais je savais aussi qu’il ne serait pas long à se montrer vaillant pour un deuxième assaut, aussi je mettais tout mon savoir dans cette caresse linguale. Comme pour me donner raison, mon compagnon s’agita soudain, ses reins se creusèrent, il releva la tête pour mieux voir ce qui lui arrivait, et quand le feu de ses entrailles sous pression fut sur le point de jaillir, il me prévint d’une voix sourde.

— Alex, Alex, je… Je viens…

Longtemps, son premier cri fut une boutade entre nous, malgré ces mots, je ne me reculai point. Au contraire. J’enserrais sa hampe de mes lèvres et aspirais au plus fort la semence annoncée. Un grognement étouffé se fit entendre, et simultanément, ma bouche fut martelée de cinq jets qui déversèrent au fond de ma gorge le plaisir attendu.

Mon compagnon haletant se reprit quelques secondes, et vint à nouveau se lover contre mon corps. Son cep royal avait à peine perdu de sa vigueur, il me regardait en souriant, une de ses mains vint me caresser la joue et essuya une perle à la commissure de mes lèvres.

— Quoi?

— Tu baves, me dit-il en éclatant de rire.

À suivre...



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