Christophe, Rémy et Guillaume (04)


Christophe, Rémy et Guillaume (04)
Texte paru le 2018-01-06 par Hélain   Drapeau-fr.svg
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'''4- Josyan'''



Le sexe de Rémy sentait bon. Le gland était humide de mouille mais aussi de traces de jouissance qu’il avait dû imparfaitement essuyer. Cela ne me rebutait pas, au contraire. Je voulus commencer par lécher les bourses imberbes et j’essayais de sentir l’odeur de sa sueur. Si celle de Guillaume m’avait plu, celle de Rémy me sembla le plus envoûtant des parfums. Je mis mon nez sur le gland luisant, de peur que cette odeur magique disparaisse au premier coup de langue et je respirais longuement, sans plus me demander de quoi tout cela avait l’air. Et puis l’impatience l’emporta, je voulais savoir quel goût avait l’intimité de Rémy. C’était un peu salé, et doux, presque décevant après son odeur. Mais plus que le goût, ce qui me rendait dingue, c’était la texture soyeuse de son gland, la raideur un peu brutale de sa queue avec laquelle il ne pouvait s’empêcher de donner des petits coups de rein. Je faisais de mon mieux mais je sentais bien que ma technique était perfectible. Je me masturbais en même temps de la main gauche comme pour mieux profiter de ce moment. Je jetais de temps en temps un coup d’œil vers son beau visage, des yeux fermés et ses lèvres qu’il mordait comme pour résister aux sensations. Guillaume caressait le corps de Rémy avec douceur, sans se répéter. J’essayais de prendre dans ma bouche la plus grande longueur possible de sa tige, son gland venait cogner contre ma gorge et j’avais les larmes aux yeux lorsque son plaisir jaillit. Je sentis sur ma langue quatre jets différents d’un liquide visqueux dont la texture évoquait le blanc d’œuf avec un goût un peu salé et légèrement amer. Tant pis, c’était le goût de Rémy et j’avalais tout ce qu’il avait donné, léchant même son gland de ses dernières gouttes, ce qui le fit trembler. Cela m’excita si fort que j’éjaculai soudainement, sans avoir senti monter mon orgasme. Guillaume qui se masturbait aussi se leva et éjacula une petite quantité de sperme sur le ventre de Rémy qui fit la grimace.

Je me rassis sur le canapé, comme épuisé et au bord de dormir. D’un mouvement brusque, Rémy se leva et quelques instants après j’entendis sa douche couler. Nous nous douchâmes à tour de rôle et puis une fois rhabillés, nous commençâmes une partie de Risk comme si rien ne s’était passé. J’avais envie d’en parler, sans oser le faire frontalement. Mais ni Rémy ni Guillaume ne rebondirent sur mes allusions qui pourtant ne devaient pas être discrètes. Vers quatre heures, nous descendîmes. Rémy et Guillaume s’affairèrent pour sortir du Coca, les restes d’un gâteau aux pommes et des mini barres chocolatées : des Mars, des Bounty et des Twix, qui avaient remplacé les Raiders quelques mois plus tôt. La mère de Rémy passa pour s’assurer que nous avions tout ce qu’il fallait et retourna à ses dossiers.

Le reste de l’après-midi passa très vite. Il ne fut plus question de sexe. Vers dix-neuf heures, la mère de Guillaume passa le chercher. Je pensais que j’allais au moins pouvoir reparler de ce qui s’était passé avec Rémy, mais il me fit venir avec lui dans le salon pour regarder la télé avec son père et la conversation roula sur des sujets sportifs qui ne me permettaient pas d’y participer vraiment. Je fus soulagé d’entendre le bruit de la Golf GTI paternelle peu après vingt heures. Mon père avait une brutalité de jeune homme dès qu’il était au volant. Mes parents m’avaient eu très tôt et mon père n’avait alors que trente-sept ans, sans les paraître. Divorcés et opposés dans beaucoup de domaines, ils se retrouvaient d’accord pour me casser les pieds sur les mêmes sujets. Sitôt entré dans la voiture, j’en eu un nouvel échantillon :

— Salut Chris. Monte vite fait, on a un invité surprise à aller chercher. Je suis content que tu deviennes enfin un peu sociable. À ce rythme là tu finiras par avoir une copine avant d’être majeur.

J'ignorais le sarcasme.

— Bonsoir Papa. C’est quoi cette histoire d’invité surprise ?

— C’est Josyan, le fils de ma copine Annie, celui qui a quelques mois de moins que toi. Annie et son mari sont à un mariage vers Aix-en-Provence, Josyan ne voulait pas y aller et même s’il a ton âge, sa mère ne voulait pas non plus le laisser seul à la maison donc il passe le weekend avec nous.

Je ne supportais pas Josyan, depuis toujours. Il dépensait une énergie folle à me faire tourner en bourrique. Espiègle, taquin, obstiné, emmerdant, insupportable, encombrant, pas drôle et irrémédiablement sportif, Josyan était ma bête noire. Mon père était assez psychologue pour le savoir mais pas assez pour ne pas s’en foutre, ou s’en foutant assez pour s’imaginer qu’il finirait par faire de nous les meilleurs potes du monde. Bref, le weekend s’annonçait mal.

— Et on dort où ? demandais-je.

Le fait que je n’avais pas de chambre dans la maison occupée par mon père, sa nouvelle femme et demi-sœur de quatre ans était un éternel sujet de râleries de ma part et de projets fumeux de la part de mon père pour y remédier un jour. Mais je me voyais mal partager le canapé avec cette espèce de Marsupilami de Josyan.

— Tout est arrangé, j’ai acheté une caravane d’occasion pour les prochaines vacances. Vous allez l’inaugurer, comme ça vous serez un peu indépendants. Et pour une fois, tu pourras faire la grasse matinée sans être réveillé à sept heures par ta sœur.

Je ne fis aucun commentaire et d’ailleurs je n’en aurais pas eu le temps. Avec un rugissement de moteur la Golf GTI venait de s’arrêter devant le pavillon des années 1930 où habitait Josyan. Il nous attendait devant la porte, un sac de sport à ses pieds. Il le saisit en souplesse et rejoint la voiture en deux pas qui incarnaient la décontraction la plus assumée. Josyan eut l’obligeance de lancer la conversation sur le bolide paternel, ce qui avec les banalités d’usage nous permit de tenir sans blanc jusqu’au lotissement où se trouvait la maison de Papa.

C’est pendant le repas que je fus frappé par le changement survenu en Josyan. Je ne l’avais pas vu depuis un an et demi et il y avait quelque chose en lui de différent. Il avait pris une forme d’assurance qui le mûrissait, mais ça n’avait rien d’artificiel ou de prétentieux. J’enviais l’aisance de ses gestes, le naturel de sa façon de s’exprimer. Josyan ne parlait pas de façon recherchée mais chaque mot sonnait juste. Je me surpris à regarder d’un nouvel œil ses cheveux blond filasse coupés au bol, sa peau claire avec les petites tâches de rousseur sur et autour du nez et les grands yeux ronds qui de temps en temps se posaient sur moi d’une façon elle aussi nouvelle. Il n’y avait plus dans son regard le fond de moquerie que j’y avais toujours vu, et qui semblait toujours préluder à quelque pique verbale ou à une provocation physique agaçante. Je me surpris à avoir envie que la partie de la soirée où nous étions tous ensemble passe rapidement.

Ma demi-sœur était couchée avant notre dîner, ma belle-mère avait envie de lire dans sa chambre et mon père nous proposa de regarder les cinq cent milles d’Indianapolis sur une chaîne captée par satellite. Au bout de quelques tours d’anneaux, les exploits vrombissants d’Al Hunser et de Rick Mears me lassèrent et après un vigoureux brossage de dents, j’exprimais l’envie d’aller tester le confort de la caravane, en proposant à Josyan de rester un peu regarder tourner la course s’il le voulait. Il me répondit en baillant qu’il était fatigué aussi.

Papa avait garé la caravane d'occasion entre la maison et le mur du voisin, sur une pelouse et l'avait reliée à une prise du garage. Il avait acheté cette Eriba à un couple de vieux qui arrêtait les vacances en camping et en avait pris un grand soin. Les banquettes étaient placées en position nuit, mon duvet et un oreiller pour chacun étaient déjà en place, Josyan déplia le sien et Papa retourna à la contemplation des bolides américains. Alors que je cherchais comment amener subtilement la conversation sur le terrain du sexe, Josyan dit :

— Zut, j’ai oublié de prendre des kleenex. Tu en as ?

J’en avais, je sortis un paquet en lui demandant s’il était enrhumé. Il éclata d’un rire clair et répondit :

— Non, c’est pas pour ça. Tu feras comme tu veux mais moi j’ai pas l’intention de dormir sur la béquille, faut absolument que je me branle. Sinon tu prends le risque que je me jette sur toi cette nuit en te prenant pour ma copine.

Il s’assit sur le bord du lit en me regardant et je me surpris à répondre :

— Je ne sais pas si je vais pouvoir, je me suis déjà pas mal branlé aujourd’hui, je risque d’être plus long que toi.

— Hein ? Mais t’as pas passé ta journée avec des potes ?

— Si.

— Vous avez fait une branlette partie ?

— Ah, on appelle ça comme ça ?

— Putain j’y crois pas, Monsieur Coinçator se branle avec ses potes !

Je n’eus même pas le temps de me vexer du surnom, Josyan me demandait déjà :

— Mais genre chacun pour soi ou vous avez échangé ?

J’hésitais assez longtemps pour qu’il déduise lui-même la réponse.

— Ben mon vieux, t’es moins coincé que ce que je croyais.

— Ça te choque pas ?

— Vraiment pas non, je l’ai déjà fait aussi.

— Non mais je veux dire, tu trouves pas que ça fait…

— Pédé ?

— Ouais…

— Peut-être un peu, mais tu sais mon oncle est homo donc même si c’était le cas, je m’en balancerais un peu tu vois, on est en 1991 quand même. Mon truc à moi c’est les filles, mais si je peux me marrer un peu avec mes potes tu vois, c’est cool. Je veux dire, on fera pas ça toute notre vie non ?

— Sans doute.

— Bon, on fait qu’en parler ou on passe à l’action ?

Et disant cela il s’allongea à droite du lit en croisant ses bras sous sa nuque. Je ne sais pas qui aurait pu résister à son sourire enjôleur. En tout cas moi je n’y résistais pas. Je me déshabillai avant de le rejoindre. Lui se mettait en caleçon sans se relever, avec une souplesse que j’enviais. Je vins m’allonger à côté de lui, en slip, le même que j’avais remis après ma douche chez Rémy.

— Mais non, pas comme ça dans l’autre sens.

Je ne comprenais pas.

— Tête bêche, comme ça on ne se gênera pas.

Je n’y aurais pas pensé. Du moins maladroitement que je pus, je changeais de sens en emportant l’oreiller. Ma tête était maintenant au niveau de ses pieds, plutôt jolis mais un peu odorants à mon goût en fin de journée. Quelques secondes se passèrent dans un silence qui menaçait de devenir gênant. Le devant de son caleçon blanc était déformé par une érection qui menaçait de franchir sa braguette sans préavis. Mon slip était tendu à craquer.

— Bon, on y va, dit Josyan.

On y alla, en ôtant notre dernier vêtement avec une sorte d'urgence. Le sexe de Josyan était très pâle, comme le reste de son corps un peu maigre. Rien d’extraordinaire dans les mensurations mais un joli prépuce bien long et bien souple que je me régalais tout de suite de manipuler. De son côté il commença à me branler de façon rapide et régulière, d’une manière que je trouvais un peu mécanique et pour tout dire, perfectible. Alors que le matin même je n’avais jamais rien fait avec aucun garçon, je me retrouvais avec dans ma main un troisième pénis inédit. Et qu’est-ce que j’aimais ça! Le plaisir que je lui donnais et qu’il manifestait avec un naturel dépourvu de toute pudeur ajoutait au mien, si bien que malgré sa technique un peu frustre et les épanchements de l’après-midi, c’est ensemble que nous inondâmes nos bas-ventres d’une semence également chaude, visqueuse et odorante. L’odeur du sperme frais envahit l’espace réduit de la caravane.



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