Christophe, Rémy et Guillaume (05)


Christophe, Rémy et Guillaume (05)
Texte paru le 2018-01-08 par Hélain   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : Christophe, Rémy et Guillaume


'''5- Confidences'''



Contrairement à Rémy et Guillaume, Josyan était tout à fait disposé à parler de sexe après avoir joui.

— C’était cool hein ? demanda-t-il en essuyant le bas-ventre de sa semence.

— Oui c’était sympa, répondis-je en nettoyant mon nombril submergé de sperme.

— Tu fais ça bien, tu dois avoir de l’entraînement.

— Bof, non, c’était la première fois que je faisais ça à quelqu’un d’autre aujourd’hui.

— Tu me racontes ?

Je lui racontais, en ne parlant que de branlette et en évitant soigneusement d’évoquer la fellation, mais sans lui cacher l'espèce de malaise qui s'était installé entre nous trois après. Je lui expliquais même l’histoire des photocopies de scènes de sexe du roman Azteca. Josyan s’intéressa beaucoup à cette histoire. Par chance, les photocopies étaient dans mon sac, cachées parmi mes affaires scolaires. Je les sortis, chaque passage étant fait de deux ou trois feuilles A4 agrafées et lui proposais d’en choisir une au hasard, que je lui lirais. Il tomba sur celle où le héros, parti sans femme dans une expédition lointaine, accepte la proposition de son jeune ami eunuque de mettre son pénis entre ses cuisses comme si c’était le sexe d’une femme.

Nous étions restés nus et ma lecture eut vite fait de réveiller nos érections.

— Putain ça me redonne envie ton truc, dit Josyan.

— À moi aussi. Tu veux qu’on recommence.

— Ben en fait… J’aurais bien essayé ce truc là tu vois.

— Le « coïtus inter femora » ?

— Ben j’arrive pas à convaincre ma copine de faire des trucs. Elle trouve qu’elle est trop jeune. Elle ne veut même pas me sucer. J’ai juste eu le droit de la doigter une fois et encore pas longtemps. Et franchement, au bout d’un moment, les roulages de pelle et le pelotage de seins, ça suffit pas. J’ai de gros besoins, pas toi ?

— J’ai souvent envie de sexe, ça oui.

— Alors vois ça comme un service qu’on se rend entre potes, pas comme tes copains Guillaume et Rémy entre eux.

— Hein ?

— Je suis sûr que tes deux copains, c’est un couple, et ce que tu me racontes qu’ils n’ont pas voulu en parler après, je crois que c’est ça. C’est pas qu’ils avaient honte, c’était pas leur première fois, c’était de t’avoir mêlé à leur histoire qui les perturbe. Tu crois pas ?

Comment avais-je pu détester autant ce garçon ? Josyan était assez perspicace au fond. Ça se tenait son histoire. J’eus comme un coup au cœur qui me fit débander un peu. Parce que si Rémy et Guillaume étaient ensemble, alors Rémy n’était pas pour moi. Et je me rendis compte seulement à ce moment là que Rémy me plaisait beaucoup, plus que Guillaume, et que j’aurais bien aimé avoir fait ce que nous avions fait avec lui seulement. La main de Josyan sur ma queue me fit sursauter.

— Ça te perturbe ce que je raconte on dirait.

— Un peu. Je n’y avais pas pensé.

— C’est pas trop le moment de penser. Tu es d’accord alors ?

— Avec ta théorie ?

— Mais non banane, avec ma proposition.

— Ah ça. On peut essayer mais qui commence ?

— On tire à pile ou face, répondit-il.

Josyan se leva et alla chercher dans son jean une pièce de menue monnaie. Il gagna le droit de commencer. Je me mis sur le ventre à peu près au centre du lit en écartant les jambes. Mon cœur battit très fort quand je sentis le corps de Josyan passer au dessus du mien. Son sexe raide vint se caler juste sous mes fesses, que je serrai un peu par réflexe comme si j’avais craint qu’il n’aille plus loin que convenu. Je pensais avec un peu de frayeur qu’il aurait pu. Avec tout le poids de son corps à présent sur le mien, j’étais à sa merci. Cela m’excita et mon érection frotta contre le drap un peu rêche qui protégeait les banquettes de la caravane. Je resserrai consciencieusement mes cuisses autour de son sexe si raide et à la peau si douce, qui commença alors des aller-retour sur un rythme lent. Mais ça n’avait pas l’air de lui plaire autant que prévu. Tant que son gland restait à l’abri de son prépuce, c’était très agréable, mais lorsque le gland sortait en frottant directement sa surface sensible contre la peau de mes cuisses, il trouve que c’était moins bien.

— Bouge pas, me dit Josyan, je vais chercher un truc.

— Quoi donc ? demandais-je.

— Mon correspondant américain, Mike, était chez moi il y a un mois. Il est circoncis, comme toi. Et tu le crois si tu veux mais dans sa famille on ne parle jamais de sexe, les garçons ne sont rien censés faire avant le mariage comme les filles, et pourtant leurs mères leur achètent du lubrifiant sans poser de question. Il m’a offert son tube entamé. Je pense que ça pourrait rendre l’expérience plus agréable pour nous deux.

— Tu as fait des trucs avec lui ?

— On s’est branlé chacun de notre côté en matant un porno français. Ça l’excitait les dialogues de cul in french, dit Josyan en recouvrant généreusement sa queue de gel. Mais j'ai pas senti de lui proposer plus.

Il revint sur moi et mit le reste de gel dans la zone de contact entre mes deux cuisses. La sensation était plutôt agréable. Mais ce qui fut vraiment bon, ce fut quand il remit son sexe bien lubrifié entre mes cuisses et qu’il commença à donner des coups de reins. Il posa son menton, un peu râpeux de ses premiers poils de barbe, sur mon épaule gauche et je pus sentir son haleine douce et son souffle à quelques centimètres de mon oreille. Son sexe était toujours aussi dur, aussi chaud. Lui donner du plaisir suscitait le mien. Je mouillais tellement que j’avais peur d’éjaculer à nouveau sans avoir pu tester la réciproque. Je m’efforçais de penser à mon interro de verbes irréguliers anglais pour le lundi et cela me permit de tenir, même quand je sentis Josyan au bord de la jouissance et qu’il vint me mordiller le lobe de l’oreille droite pendant qu’il inondait mon entre-cuisses et le drap de dessous. Le temps de reprendre son souffle, il me glissa un « merci » en chuchotant à mon oreille et me planta un petit bisou dans le cou qui me fit frissonner.

J’avais chaud, on transpirait un peu dans la nuit douce de la fin mai et mon corps débarrassé du poids du sien et de sa source de chaleur hésitait entre le soulagement et le sentiment de privation. Josyan s’était allongé sur le ventre à ma droite et me tendait le tube de gel en disant :

— À ton tour mon pote, tu vas voir, c’est trop cool.

En imitant ses gestes, j’enduisis mon sexe déjà humide puis son entre-cuisses transpirante. Je pensais que c’était dommage de masquer son odeur garçonnière assez envoûtante sous la neutralité du produit industriel. Je me trouvais un peu dégoûtant d’aimer ainsi les odeurs corporelles. Je me mis à mon tour sur lui, le sexe bien calé dans son entre-cuisses accueillant et chaud. Il ajoutait ses mouvements aux miens comme pour rendre la chose encore plus excitante. Malgré les jouissances précédentes, ce fut bref tant la sensation était intense et j’éjaculais quelques gouttes seulement entre ses cuisses. Mais la sensation était comme inversement proportionnelle à la quantité de sperme émise. Josyan se mit sur le côté pour se débarrasser de mon poids et je retirais mon gland écarlate de son entre-cuisses. Alors que j'aurais voulu rester quelques minutes à savourer la légèreté de mon corps et sa profonde satisfaction, il remit son caleçon blanc et me tendit mon slip en disant :

— Il faudra qu’on défasse le lit nous-mêmes, on a dû laisser plein de traces. Je sais pas toi mais moi je crois que je vais bien dormir après tout ça. Merci mec, dit-il en se posant sur son duvet ouvert.

Je ne pensais pas trouver si facilement le sommeil, perdu dans des pensées un peu confuses sur le sexe en général, surtout entre garçons, et au sujet de Rémy, Guillaume et Josyan en particulier.

Le dimanche ressembla à beaucoup d’autres chez mon père, à part que Josyan était là et que l’ancienne hostilité taquine qui existait entre nous s’était dissipée. Nous parlâmes encore de sexe pendant la promenade de l’après-midi dans la campagne, avec une décontraction qui m’étonna. La journée passa vite et le retour chez ma mère me sembla bizarrement prématuré.

Je me réveillai le lendemain avec une angoisse bizarre. J’avais peur de retrouver Rémy et Guillaume dans le prolongement du malaise de la fin du samedi. La journée du lundi confirma mes craintes : non seulement je foirai l’interro de verbes irréguliers mais Rémy et Guillaume semblèrent toute la journée sur une autre planète. Je m’endormis le soir avec la résolution d’aborder frontalement le sujet le lendemain.

Le mardi, je guettai Rémy et Guillaume à la sortie de la cantine et j’eus de la chance, ils en sortirent ensemble et seuls.

— Salut les gars, apparemment il y a un problème pour vous avec ce qui s’est passé samedi. Vous êtes très bizarres avec moi depuis.

Rémy et Guillaume se regardèrent, le visage plutôt fermé mais visiblement gênés. Je repris :

— Écoutez, on peut pas rester comme ça, les autres vont trouver ça bizarre qu’on ne se parle plus. Régis m’a regardé d’un drôle d’air à la récré de ce matin.

Une sorte de gêne craintive s’inscrivit sur le visage de Rémy mais il ne se décidait toujours pas à parler. Ce fut Guillaume qui prit l’initiative :

— On veut pas que tu croies que ça vient de toi ou quoi. Ça n’a rien à voir avec toi, c’est entre nous deux que ça pose problème.

— Je veux que vous sachiez que ce qui s’est passé entre nous reste entre nous. Vous êtes proches tous les deux depuis longtemps, moi je suis nouveau dans le paysage et je ne veux pas que ça fasse des histoires. Mais il n’y a aucune raison pour qu’on ne reste pas bons copains non ?

Rémy et Guillaume échangèrent à nouveau un regard, mais la tension entre nous trois avait visiblement baissé d’un cran.

À compter de ce moment, les choses se passèrent entre nous au collège comme avant. Mais je ne fus plus invité chez Rémy et il ne fut plus question de sexe entre nous. Un mois plus tard, nous nous vîmes une dernière fois pour les résultats du brevet des collèges et puis nos destins se séparèrent. Mais jusqu’à ce jour, dans mon imaginaire érotique, Longue-tige et Pleureuse et leurs heureux propriétaires ont gardé le goût inimitable des premières fois.