Chroniques Levantines (01)


Chroniques Levantines (01)
Texte paru le 2022-08-11 par Jay 93   
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JULIEN

Il était une fois quelque part dans un pays merveilleux, l’île magique du Levant, un jeune manant du nom de Julien. Ce jeune novice (désormais j'ai des doutes...), étriqué dans sa petite vie d'étudiant, était à la recherche de sensations nouvelles, de l'épice capable de relever une existence bien fade, de la potion magique qui lui permettrait de s'adonner sans crainte et sans scrupule à ses pulsions les plus secrètes...

Par une magnifique soirée étoilée comme on en voit seulement sur le Levant, à une heure avancée où les bougainvilliers et les plumbagos déchargent dans un air tempéré par les alizées leurs parfums gorgés du soleil de la journée, chargeant l'atmosphère d'autant de particules aphrodisiaques, véritable réveil des sens et des pensées les plus lubriques, Julien l'innocent, se rendit à un dîner organisé par un de ses amis.

Plusieurs personnes d'ailleurs furent conviées, ou associées à leur corps défendant à ce dîner tardif, organisé ou désorganisé selon la coutume levantine à la dernière minute, suivant les concepts très Levantins de la convivialité, du partage et de la spontanéité, juste histoire de se narrer devant quelques bons mets et bons vins une journée riche en rencontres en tout genre, en petites et grandes aventures...

Bien évidemment, aucun des membres présents ce soir-là, je dis bien aucun, n'aurait pu imaginer la tournure folle qu'allait prendre ce dîner, pourtant bien innocent, aussi innocent que la libido de ce pauvre Julien, et qui ferait les gorges chaudes de toute l’île dès le lendemain matin...

Moi-même, j’étais arrivé quelques jours auparavant. Également novice du Levant, je goûtais aux joies de la vie naturiste, et progressivement les charmes de l’île s’emparaient de mon esprit et de mon corps sans que je n’oppose aucune résistance. Je me laissais enivrer par l’exubérance de sa végétation, la transparence de ses eaux turquoises, la profondeur de ses ciels étoilés, envoûter par son esprit de liberté et libertin. La douceur de vivre envahissait mon âme tandis que les corps nus des hommes croisés au hasard d’un chemin ou alanguis sur un rocher éveillaient en moi les désirs les plus intimes, mais également la frustration grandissante de jour en jour, de ne rester que simple spectateur, dévorant mon esprit et développant dans mon âme tourmentée les fantasmes les plus torrides… Bref, invité à la dernière minute par notre hôte croisé au détour d’une corniche, c’est l’esprit à l’affût d’une quelconque aventure pouvant se présenter à tout moment, et les sens décuplés par tant de stimuli que je me rendis à ce « dîner », par une magnifique nuit d’août.

Nous étions six sur la terrasse d’une maison abandonnée, surplombant le maquis devenu véritable jungle et descendant jusqu’à la mer, et la douceur de la température du soir ainsi que la quiétude de ce moment nous incita à nous dévêtir. Il y avait donc Jaques, notre hôte, le nouveau propriétaire de cette maison, ou plus exactement une ruine, quatre murs blottis au cœur de la végétation, et pour laquelle il avait eu un véritable coup de cœur empreint de nostalgie. Francis, un ami à moi de longue date qui lui aussi découvrait en profondeur tous les charmes de l’île. Marcel, un parisien plus âgé, qui n’en finissait plus de retarder son départ de jour en jour et de lit en lit. Luc, un jeune saisonnier, charmeur et séducteur, dont la réputation avait déjà fait le tour du Levant. Et enfin notre jeune Julien…

Le repas fut vite expédié. En revanche la soirée s’éternisait davantage. Dans cette chaude nuit d’été, sous une myriade d’étoiles illuminant le ciel, la lumière tremblotante des bougies posées sur la table au milieu des reliefs du dîner, et des bouteilles de rosé à moitié vide, éclairaient à peine nos corps nus exaltés et débridés par le parfum de citronnelle et les vapeurs d’alcool. Nous échangions, sur tout et rien, des discussions entre adultes libérés évoquant sans tabou nos aventures sexuelles et nos désirs, le vin refoulant au plus profond de nous-même nos inhibitions ou une certaine timidité. Aussi les langues se déliaient et Julien exprima son fantasme de gouter au raffinement de la bougie.

Joignant, la parole à l’acte, il nous tendit dans un éclat de rire un paréo afin que l’on lui bande les yeux, pensant certainement que nous en ririons également et que la plaisanterie s’arrêterait là. Mais mon ami, Francis, qui ne plaisante jamais avec les affaires de sexe, se saisit du paréo et le noua bien solidement autour de la tête de Julien qui n’opposa aucune résistance. D’un seul coup, le silence se fit sur cette terrasse abandonnée, et même le bruissement des animaux dans le maquis sembla s’arrêter en un claquement de doigt. Francis se saisit d’une bougie et la passa devant les yeux de Julien pour s’assurer qu’il était bien aveuglé. Il scanna à la lumière de la flamme le corps glabre, les ombres dessinant les prometteuses petites rondeurs de cette anatomie encore juvénile.

Très lentement, délicatement, il pencha la bougie et une goutte de cire liquide et chaude vint s’écraser sur l’épaule du jeune homme. Ce tout premier contact entre la cire brulante et la peau fraiche fit l’effet d’une décharge électrique et le corps tout entier de Julien fut parcouru par un tressaillement ondulant et remontant le long de son échine et de sa colonne vertébrale avant de s’échapper par sa bouche dans un souffle d’extase.

Francis fit à nouveau tomber quelques gouttes sur le torse qui frémit encore une fois. Nous étions fascinés. Tout à sa tâche, la concentration de Francis était à son comble et on eut cru que l’île entière retenait sa respiration.

A mon tour je me saisis d’une bougie et commençai à déverser les gouttelettes de cire sur le corps tendu et vibrant de Julien. Les micro brûlures et les sensations de la cire qui fige sur sa peau blanche et fine provoquaient chez lui frissonnements, gémissements de plaisirs et son sexe fut saisi d’une belle érection. Tels des aiguillons, chaque goutte secouait son corps de jeune adulte de nombreuses contractions musculaires mettant en valeur les différentes parties de son corps offert et dénudé.

Soucieux du plaisir donné à notre nouvel ami, nous nous donnâmes à notre mission avec le plus grand sérieux, arrosant tour à tour de cire, ses épaules, son torse, ses seins, ses bras, ses cuisses et enfin son sexe protubérant.

Une fois la dernière bougie éteinte, un silence d’extase retentit sur la terrasse et dans l’île, et dans un soupir de soulagement, Julien, repus et heureux, enleva son bandeau, le corps et le sexe raidis et recouverts d’éclaboussures de cire figée …

Mais la soirée était encore loin de se terminer… Il fallait enlever cette cire refroidie et collée sur la peau, dans les plis et dans les poils de Julien. Luc s’empara d’une carte de visite, et avec une attention extrême, se mit à racler, méthodiquement, scrupuleusement, et religieusement, cm² par cm² le corps alangui de Julien.

L’opération fut longue, et le spectacle ensorcelant, la patience et la soumission de l’un répondant à la concentration et l’application de l’autre, deux corps et deux esprits à l’unisson dans l’accomplissement d’une même mission. Mais la soirée était encore loin de se terminer…

Julien, dont l’appétit avait été aiguisé par cette séance initiatique, en réclamait déjà davantage. Il ralluma les bougies et me tendit le bandeau dans un acte de soumission… De nouveau je m’appliquai à lui faire couler des gouttelettes de cire brûlante sur ses épaules, ses seins, son torse, son ventre ses cuisses et son sexe tendu.

Pendant ce temps, au bout de la table, une autre partie commençait à se jouer. Luc, le corps languissant, mais l’appétit aiguisé par tant d’efforts, s’était nonchalamment abandonné sur une vieille chaise en bois. Marcel se mit à ses pieds et parcourut de sa langue de la cheville au sexe, remontant le long du tibia, puis l’intérieur de la cuisse, la base du scrotum, les testicules rasées, puis le long de la verge, avant d’avaler le gland gonflé de Luc, dans une fellation gourmande et bruyante.

Francis et Jacques se joignirent au duo et très rapidement les quatre corps s’entremêlèrent dans une joute mouvementée, entre râles et soupirs.

De notre côté, les choses allaient bon train également. Tandis qu’à mon tour, je m’appliquais solennellement à racler avec la carte de visite la cire figée sur le corps encore adolescent de Julien, celui-ci me saisissait ma verge tendue, et commença à me caresser délicatement. D’une main ferme sur son épaule, je l’incitai à se mettre à genoux devant moi, et sans aucune hésitation, il engloutit mon sexe bien raide entre ses lèvres entrouvertes. Immédiatement, la sensation de sa langue râpeuse tournoyant autour de mon gland délicat, déclencha dans mon corps plusieurs vagues de décharges électriques. Je lui saisis fermement la nuque à deux mains, enfonçant un plus profond mon sexe dans le fond de sa gorge. C’est qu’elle avait l’air d’aimer ça cette petite trainée. Il me suçait goulûment, me lançant à l’occasion une œillade complice, et je l’incitai à ralentir, en proférant un « doucement » autoritaire, accompagné d’une petite tape sur ses cheveux blonds. Je ne saurais dire s’il me suça longtemps, le temps semblant suspendu sur cette terrasse, au milieu de nulle part. Dans cette maison en ruine, au milieu de nulle part. Sur cette île, au milieu de nulle part…

Mais la soirée était encore loin de se terminer… De l’autre côté de la terrasse, le quatuor avait fini par se scinder en deux couples. Jacques et Francis semblait reprendre une histoire passionnelle amorcée auparavant, et c’est sans doute la raison pour laquelle j’avais si peu vu mon ami depuis mon arrivée sur l’île. Marcel, lui, avait fini par s’empaler littéralement sur la verge de Luc, toujours alangui sur sa chaise branlante, et leur mouvement de va et vient me faisait craindre un fin brutale et sûrement douloureuse de leurs ébats. Mais je me gardai bien de dire quoique que soit, la vue de leurs corps bougeant à l’unisson dans une sorte de mouvement régulier et perpétuel, sur une chaise vacillante et prête à l’abandon, provoquait chez moi une folle envie. Je retirai mon sexe bien raide de la bouche de Julien. Sans échanger le moindre mot, il comprit immédiatement ce que j’attendais de lui, et se retourna prestement pour m’offrir petit cul bien rebondi. J’appuyai délicatement mon gland sur son anus qui le goba d’un seul coup dans un gémissement. Je fus surpris de la facilité avec laquelle on pouvait pénétrer ce jeune novice, qui finalement ne semblait pas à son coup d’essai. Cela décupla encore plus mon envie de le sodomiser sauvagement. Sans une once d’hésitation Je saisis à deux mains sa taille, m’agrippant solidement à ses poignées d’amour naissantes le long de ses hanches, et je m’enfonçai en un seul coup de rein au plus profond de ses entrailles. Julien poussa un petit cri, et sur le moment je n’aurais su dire s’il exprimait de la joie ou de la douleur. Mais je m’en foutais royalement, j’étais en lui, il était sous ma coupe et je le possédais intégralement son jeune corps d’éphèbe. Le sentiment de surpuissance me submergeait, tandis ma queue imperturbable, allait et venait dans le cul de Julien. Je l’enculai longuement tantôt accélérant, tantôt ralentissant, provoquant ainsi plaisir ou désir chez mon partenaire. Ses sphincters se resserraient parfois sur ma verge me contraignant à forcer le passage, et lui rappeler qui était le Maitre dans la quête de notre jouissance partagée.

D’une main, je lui empoignai solidement les mains dans le dos pour l’empêcher de se branler. La salope, elle voulait se faire jouir sans mon consentement ? En guise de réprimande, je lui assenai une violente claque sur sa fesse droite. Comme un coup de feu, le bruit sec sembla se répercuter sur toute l’île, qui sembla l’exciter encore plus. Je ne pus m’empêcher de lui siffler : « tu aimes ça, tu en veux encore salope? » sa réponse affirmative me parvint dans un halètement.

De l’autre côté de la terrasse, les râles s’étaient calmés. La partie à quatre, ou à deux, semblait s’être mise en pause, et mes compères d’un soir me regardaient à l’œuvre, Marcel toujours sur les genoux de Luc, lui caressant le torse, et Francis et Jacques se masturbant mutuellement. Soudainement, comme piqué par une mouche, Marcel se leva et se mit à quatre pattes, en face de Julien, et commença lui rouler une pelle. Comme un signal de départ, les trois autres se remirent en mouvement, instinctivement, sans un mot, comme mus par un ordre imperceptible. Francis se mit en position pour enculer une nouvelle fois Marcel, tandis que Luc s’agenouilla devant Jacques pour lui faire une fellation jusqu’à la jouissance. Cela ne tarda pas, tant la langue de Luc semblait experte dans ce domaine. On lui savait la langue bien pendue, mais elle avait visiblement d’autres atouts qui confirmait sa réputation. J’entendais le souffle rauque de Jaques s’accélérer, jusqu’à exploser dans une série de gémissements, tandis les lèvres tendues de Luc ne relâchaient en rien leur étreinte. Moi-même sur le point de décharger dans le cul de Julien, je relâchai ses mains, et il s’empressa de frotter son sexe dur. A la dernière seconde, je me retirai de Julien, et me répandit sur ses fesses en jets successifs, tandis que lui aussi inondait le veux carrelage de la terrasse de sa semence. Le deuxième binôme ne tarda pas à faire de même, dans un concert de gémissements, et le silence de la nuit reprit peu à peu ses droits, sur cette terrasse au milieu de nulle part. Cette maison au milieu de nulle part. Cette île au milieu de nulle part.

Nous, ne disions plus rien, vidés, et épuisés. Je glissai un baiser sur les lèvres de Julien, et lui essuyai son front transpirant, à d’aide du paréo aveuglant. Toutes les bougies étaient désormais éteintes, et nos corps alanguis seulement éclairés à la lueur de la lune. Je regardai le ciel constellé d'étoiles. Si grand. Si pur. Si profond. Mon corps était comme anesthésié par l’extase et j’aurai voulu que ce bref instant dure une éternité.

C’est Luc qui brisa le silence : « vous connaissez le dicton ? Tout ce qui se passe sur l’île du Levant, reste sur l’île du Levant. » Et nous rîmes de bon cœur.

Les années ont passé et je n'ai jamais revu Julien ni sur l'île ni ailleurs, mais j’ai toujours tenu cette promesse. Je n’ai jamais parlé de cette histoire à quiconque, en dehors du Levant, bien sûr…

Et maintenant me direz-vous ? Et là je vous répondrai : « Etes-vous sûr que cette histoire est bien vraie ? Action, ou fiction ? ». La vérité ? Vous ne le saurez jamais, et c’est tant mieux, car d’autres chroniques levantines, j’en ai encore plein à vous raconter...