Chroniques vietnamiennes (1): Prisonnier au Vietnam


Chroniques vietnamiennes (1): Prisonnier au Vietnam
Texte paru le 2006-09-18 par DominiqueRB   Drapeau-fr.svg
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DMZ, saison des pluies, août 1972

Ndla: la DMZ (demilitarised zone) correspond à la zone frontière entre le Nord-Vietnam communiste et le Sud-Vietnam, «défendu» par les troupes américaines, de part de d’autre du 17ème parallèle.

La ronde des hélicoptères était assourdissante au-dessus de la base américaine de Khe San, perdue au milieu de la jungle vietnamienne et environnée de sommets aux mains des soldats nord-vietnamiens soutenant les rebelles vietcongs du sud. Une patrouille de la troisième division de cavalerie rentre à la base avec deux hélicos manquants, abattus par les communistes de mieux en mieux armés par la Chine et l’URSS. Des jours durant, les chasseurs bombardiers F111 avaient pourtant bombardé la piste Ho Chi Minh sans pouvoir faire cesser les infiltrations d’hommes et de matériels du nord. Quand le capitaine descend de son hélicoptère de combat Bell, Jason se précipite pour rejoindre la mission de secours; il s’agit de récupérer les Marines perdus dans la jungle mais repérables grâce à leurs balises ultra performantes. Jason vient de fêter ses 17 ans, ce grand garçon blond, mince, fils d’un éminent médecin de l’armée, s’est engagé volontaire dans les services de santé. Il a juste débuté ses études de médecine et, élevé dans une atmosphère patriotique, veut servir son pays. Le général Westmorland en personne, a signé la dérogation permettant à l’adolescent de s’engager si jeune!

Jason, torse nu, en sueur tellement la mousson de cet été est chaude et saturée d’humidité, apprend que son pire ennemi au camp, Brett Wilson, fait partie des manquants mais il n’hésite pas une seconde et réunit ses camarades médecins et infirmiers; bientôt trois hélicos à croix rouges décollent de la base.

Six mois plus tôt, les hostilités avaient débuté quand Brett avait traité Jason de PD parce qu’il avait la peau trop douce et parce qu’il n’avait pas voulu se joindre aux autres pour la séance bordel dans la petite ville voisine. Brett, fils d’un fermier du Middle West, avait un physique de brute et ne supportait pas le côté étudiant brillant de Jason, son physique d’ado aux muscles encore peu dessinés, son corps encore imberbe si l’on excepte ses longues jambes couvertes d’un fin duvet blond, ses grands yeux rieurs, ses cheveux bouclés qu’il avait conservés alors que Brett, le para, avait la boule à zéro. Ce lâche de Brett avait une nuit réquisitionné quatre de ses potes pour donner une bonne une leçon à Jason; les cinq avaient pénétré dans la chambre du garçon et tandis que quatre des brutes maintenaient l’adolescent sur le ventre en le bâillonnant, Brett lui avait déchiré son caleçon, écarté ses petites fesses bien dures, craché à plusieurs reprises sur son anus puis avait violé le garçon encore vierge. Quand Brett avait retiré sa grosse verge, la semence dégoulinait sur les jambes de l’adolescent. Jason avait pleuré cette nuit, après le départ des brutes, son innocence perdue. Et là, c’était ce monstre qu’il fallait tirer des griffes du vietcong! Jason avait déjà sauvé plusieurs Marines au cours d’autres missions et la popularité du plus jeune soldat du camp était immense, tout le monde adorait ce garçon paraissant si fragile mais faisant preuve de tant de courage au front.

Les hélicos à croix rouge survolent maintenant la jungle épaisse, le pilote de l’appareil de Jason s’exclame en désignant du doigt un groupe d’éléphants dans une zone défrichée. Il est vrai, qu’à force de défoliants, les américains avaient détruit des milliers d’hectares de forêts autour des routes et des postes militaires. Vingt minutes plus tard commence le périlleux sauvetage; les hélicos ne pouvant se poser, les infirmiers puis les «paniers» de récupération des blessés descendent à terre au bout de filins. Au sol, Jason sourit à Brett qui a une mauvaise blessure au ventre et qui gémit, terrorisé. Jason lui parle doucement pour le réconforter, lui injecte la morphine puis l’installe dans un panier. Jason attend que le dernier blessé soit remonté pour se hisser lui aussi et c’est là que le drame a lieu. Une fusillade nourrie se déclenche soudainement, les hélicos doivent reprendre immédiatement de l’altitude. Le pilote de l’appareil de Jason, avec ses deux blessés graves à bord, doit décrocher, abandonnant Jason; le pilote en a les larmes aux yeux mais il suit les foutus ordres tout en se jurant de revenir au plus vite pour sortir Jason du bourbier.

Peu de temps après, Jason voit sortir de la forêt une quinzaine de jeunes soldats, habillés tout en noir, le visage barbouillé de noir, la Kalachnikov à la main; c’est le premier contact direct avec des ennemis. Jason est surpris d’avoir affaire à des gosses avec leurs silhouettes fines, leurs visages imberbes mais Jason sait que ce sont des combattants redoutables, habitués à souffrir, terrés parfois des jours entiers dans des galeries souterraines creusées sous les villages. Ces gosses ont peur des bombes, du napalm qui brûle la forêt mais ils se battent pour chasser les américains de leur patrie comme leurs ancêtres se sont battus contre les Chinois ou les Français. Les soldats s’emparent de la valise bourrée des médicaments si précieux puis emmènent Jason, les mains liées dans le dos.

Après de longues heures de marche dans la jungle, les combattants nord-vietnamiens remettent leur prisonnier au chef d’un village rebelle avant de disparaître à nouveau dans la jungle. Jason, sur la petite place du village, est lié à un poteau. Le malheureux ne sait pas que dix habitants du petit village, dont des enfants, sont morts, victimes d’un bombardement des F111 de l’US Air-Force. Les villageois se massent autour du jeune américain; le chef, un couteau à la main, s’approche, menaçant et Jason ferme les yeux, attendant le coup. Mais, c’est à l’uniforme de Jason que le vieux chef s’en prend, le lacérant jusqu’à ce que le jeune homme se retrouve entièrement dénudé. Deux gamins pouffent de rire en désignant le sexe non circoncis de Jason, chose peu habituelle chez les GI de l’armée américaine. Les villageois, y compris les enfants, se sont armés de couteaux, de faucilles, d’aiguilles pour torturer le jeune américain; le chef du village ordonne à une femme qui a perdu son fils de commencer mais celle-ci reste figée devant l’adolescent nu, elle ne peut faire souffrir ce gosse aussi jeune que le fils qu’elle a perdu. Le vieux chef s’énerve et donne un coup de bâton dans les testicules du jeune prisonnier qui hurle en se tordant de douleur. Le vieux arrache le couteau des mains de la femme, saisit une des couilles du garçon mais un bras arrête son geste. Un jeune villageois, seulement vêtu d’un petit short kaki tout déchiré, parle doucement à l’assemblée qui l’écoute religieusement.

L’adolescent, peut-être âgé de 16 ou 17 ans, a un visage d’ange surmonté d’une tignasse noire en pétard; son corps complètement imberbe montre des muscles fins, une peau parfaite, veloutée; son short déchiré laisse apparaître un tout petit peu de son sexe et un petit peu de sa toison pubienne bien noire. L’adolescent plonge ses yeux dans ceux du jeune américain puis lui parle, dans un anglais scolaire, le rassure doucement puis enfin détache ses liens. Thân, puisque c’est son nom, emmène son prisonnier dans une vaste case en bois, bâtie sur pilotis et couverte d’un toit de branchages de bananiers. Sous la case courent des poulets et deux cochons noirs. Les habitants s’écartent pour laisser passer les deux adolescents qui se tiennent par la main. Dans la case où vit toute la famille, Jason est frappé par le manque d’intimité; les grand-parents dorment dans un coin, un petit gamin tout nu joue avec un chien, la sœur de Thân, un peu plus âgée que lui, ne semble pas choquée de voir le jeune américain tout nu et lui apporte du lait de bufflonne.

La nuit tombe brutalement, trouée par des bruits d’animaux ou par le passage d’un avion à haute altitude. Il fait chaud et le corps de Jason se couvre d’une fine pellicule de sueur. Thân s’est allongé à son côté après s’être débarrassé de son misérable short et Jason ne peut s’empêcher de regarder son sexe, long et fin, ses petites couilles qui ressemblent à de grosses noisettes, son pubis couvert d’un petit buisson tout noir. Une seule petite lampe à pétrole diffuse une lumière douce qui fait briller la peau veloutée du jeune vietnamien mais aussi la peau humide de Jason. Plus loin les parents, les grands-parents, la sœur et le petit frère de Thân, dorment paisiblement. Thân se rapproche encore de Jason et lui murmure à l’oreille:

— J’ai obtenu du chef que tu sois mon esclave, tu travailleras dans la rizière avec moi pour nourrir ma famille, j’ai perdu mon frère aîné et tes bras nous aideront. Je suis lycéen à Hué, j’ai réussi mon bac et j’adore l’anglais et maintenant je suis en vacances.

— Tu m’as sauvé la vie, lui répond Jason à l’oreille.

Thân ne répond pas car il s’est déjà endormi, une jambe par-dessus une cuisse de Jason qui sent contre son flanc le jeune sexe de Thân. Jason, épuisé par sa dure journée s’endort à son tour.

Quand il se réveille au petit matin, il ne sait plus où il est; contre lui, le jeune vietnamien dort encore, la tête sur son épaule, la verge droite comme un I et toute décalottée, serrée contre sa cuisse. La sœur de Thân se lève en lui souriant puis lui apporte de l’eau, elle rit en désignant du doigt le sexe durci de son frère au bout duquel perle une grosse goutte translucide. Jason rougit comme une pivoine en s’apercevant de l’état de sa jeune virilité, également parfaitement redressée même écrasée par la jambe de Thân! La sœur de Thân secoue son frère, il est temps d’aller se laver à la rivière.

Thân entraîne son jeune «esclave» vers un petit chemin qui part vers une forêt de bananiers et de frangipaniers pour gagner la rivière. Jason est bouleversé par la beauté sereine du lieu, la rivière coule vivement, c’est la saison des pluies. Une petite clairière entourée de bananiers et d’arbustes couverts de fleurs rouges et violettes borde le torrent. Jason est émerveillé par le spectacle qu’offre la nature mais aussi le jeune vietnamien, accroupi tout nu au bord de la rivière, lavant, l’air concentré, son misérable petit short kaki. Son corps lisse ne montre aucune différence de couleur, son buste, ses fesses petites, rondes et fermes, ses jambes sont toute en continuité, sans marques de bronzage. Le jeune américain est troublé par la vue des couilles du garçon affleurant sous ses cuisses. Thân, une fois son short bien rincé, s’amuse à asperger d’eau le corps du jeune américain qui répond du tac au tac en riant. Les deux adolescents oublient la guerre, s’amusent à lutter au milieu de la rivière, à s’empoigner. Thân éclate de rire en attrapant la queue à moitié dressée de Jason puis l’air sérieux, il soupèse les deux jolis abricots qui pendent bas sous la verge du jeune américain; en souriant il remarque la différence de taille avec les siens. «Pourtant, j’ai le même âge que toi!» s’étonne-t-il un peu boudeur. Leur jeu est interrompu par le petit frère qui vient les chercher pour déjeuner.

Thân a prêté à son «prisonnier» un petit short encore plus usé et plus troué que le sien. Jason est un peu vexé en voyant la famille pliée en deux; le petit frère s’amuse à montrer du doigt les trous du short laissant à découvert un peu d’une fesse, un peu de sa toison pubienne blonde et frisée. Quand le pauvre Jason s’assoit, il ne peut empêcher ses testicules de prendre un peu de liberté et de dépasser sous la lisière du vêtement. Le petit-déjeuner se limite à une soupe avec des nouilles chinoises; Jason comprend pourquoi les vietnamiens sont si minces!

Puis les deux garçons rejoignent la rizière où ils doivent repiquer du riz. La tâche se révèle épuisante pour Jason qui a retrouvé sa nudité (exigence du chef du village pour l’humilier); Thân, lui aussi se met tout nu pour soutenir son nouvel ami, cela fait rire les femmes et les enfants qui participent au repiquage! L’ambiance est à la fête, de petits garçons jouent dans l’eau puis entament un match de football. Les femmes chantonnent en repiquant le riz. Jason, très mal à l’aise au début, finit par s’habituer, les Vietnamiens sont très pudiques mais aussi très naturels dans leur maison où ils vivent tous ensemble, petits et grands. Tout à coup, l’orage survient et bientôt le déluge, les travailleurs regagnent leurs abris mais Thân, avec un air de conspirateur, prend son compagnon par la main et l’entraîne à nouveau dans la jungle. Les deux adolescents nus comme deux jolis Adam au paradis, marchent quelques minutes et Jason, ébloui par le spectacle, pousse un cri. En face de lui gronde une magnifique chute d’eau à trois étages. Un nuage de vapeur et un immense arc-en-ciel couronnent la chute d’eau. Thân rit de sa surprise et emmène Jason sur une table de pierre toute lisse où les garçons peuvent prendre une douche naturelle.

Il fait chaud, Jason crie de joie, ne se lasse pas d’admirer le corps longiligne et imberbe de l’adolescent vietnamien. Il trouve aussi très mignon le sexe, un peu redressé, long et fin avec son prépuce pointu et plissé au bout. Il prend le visage de Thân entre ses mains et l’embrasse tendrement sur les lèvres. L’adolescent s’allonge alors sur la table de pierre, attire Jason près de lui; les sexes des garçons leur font presque mal tellement ils sont tendus. Pendant plus d’une heure, Thân et Jason vont s’aimer. Les préliminaires durent longtemps, les garçons explorent chaque centimètre carré du corps de l’autre, chacun à son tour gobe les œufs de l’autre, lèche longuement la verge, mordille le gland de l’autre.

Thân se retourne et fait comprendre à Jason qu’il veut être pris. Jason prend son temps, ému par les doux gémissements du jeune vietnamien qui se cambre et relève son petit cul pour recevoir la verge tendue du jeune américain. Jason ne veut pas faire mal au garçon, il passe doucement ses doigts dans le sillon si serré de Thân qui tremble sous lui quand son doigt lubrifié de salive force sur l’anus. Thân pousse un petit cri de douleur quand le bâton dur de Jason entre en lui; il pousse un autre cri de plaisir quand Jason répand sa semence loin à l’intérieur de son corps. Les deux adolescents restent attachés l’un à l’autre de longues minutes puis Jason se retire, retourne son jeune amant et entreprend de lui donner le maximum de plaisir. Ses lèvres se sont emparées du sexe long et fin, sa bouche le dévore, le parcourant du périnée jusqu’au gland. Enfin, les lèvres tètent avidement le joli gland arrachant un nouveau cri à Thân qui explose en de longs jets de sperme blanc, épais. Jason boit presque tout ne gardant qu’un peu de liqueur pour la partager avec son amant le temps d’un baiser passionné. Les deux garçons retrouvent la cascade pour se rafraîchir puis font à nouveau l’amour sur un lit de mousse au bord du torrent; ils ne voient même pas le cobra qui passe à deux mètres de là pour boire l’eau du torrent! Quand ils repartent vers le village, le soleil a de nouveau percé et sèche les deux garçons nus qui courent, chahutent en riant.

Dans la case familiale, la sœur de Thân lance un long regard à son frère. La fine mouche, qui adore son jeune frère, a peur en voyant Thân amoureux; que se passera-t-il dans l’avenir, la guerre est si proche du village. Elle s’exclame aussi en voyant le magnifique coup de soleil dans le dos du jeune américain peu coutumier du travail dans la rizière. Elle court chercher une pommade chez le chef du village. Thân la lui arrache des mains ne voulant laisser à personne d’autre le soin de s’occuper de «son» prisonnier. Jason s’allonge sur le ventre et Thân étale la pommade fraîche puis masse doucement le jeune américain qui se sent durcir sous lui quand les doigts de Thân s’aventurent sur ses fesses rebondies puis dans sa raie serrée pour enfin effleurer ses testicules. Jason frissonne quand il sent un doigt crémeux s’introduire en lui tandis que d’autres doigts font rouler ses petits œufs. Il est bien prêt d’exploser quand Thân lui demande de se retourner sur le dos. Jason est rouge brique du visage au bas-ventre, il a chaud au visage et ce n’est pas l’effet du coup de soleil, il imagine les parents rentrant plus tôt, il sent que la sœur de Thân détaille des yeux sa verge déjà toute mouillée, il panique car il sent dans ses couilles la montée de sa sève. Thân l’achève en étalant un peu de pommade et en tirant un peu fort sur la hampe de son sexe. C’en est trop, quatre ou cinq jets de sperme jaillissent du gland vers le ciel, inondent la main du jeune vietnamien qui porte ses doigts à sa bouche. «Ça me donnera ta force!» remarque-t-il en souriant. Jason, épuisé par sa journée, ferme les yeux et s’abandonne, il sent juste un doux baiser au bout de son gland avant de s’endormir.

Dès l’aube, Thân le réveille pour lui faire admirer le lever du soleil sur la jungle. La forêt est couverte de brume qui monte en volutes, le ciel est rose orangé, de gros nuages de mousson offrent des formes extraordinaires grimpant à des milliers de mètres d’altitude. Jason est ébloui, les deux garçons font l’amour sans précipitation avec une grande douceur.

Les deux garçons rentrent au village puis retournent travailler à la rizière. Selon une habitude bien établie, les adolescents sont entièrement nus, Jason ne fait plus attention à sa verge qui ballotte entre ses cuisses pendant qu’il marche ou laboure. Thân aussi laboure un casier, poussant l’araire tirée par un énorme buffle. Soudain on entend le grondement des avions: «Des B52!» crie Thân. «Aux tunnels!» Suffoqué, Jason voit les villageois courir puis déplacer un tas de riz et soulever une trappe. Thân passe devant son compagnon, descend une échelle de bois, jette un coup d’œil amusé au service trois pièces du jeune américain qui descend derrière lui; il prend le temps de s’amuser en pinçant une des petites prunes qui se balancent. Les deux garçons progressent à genoux maintenant, s’enfonçant profondément sous le village. «C’est là où est né mon petit frère, pendant une alerte!» et Thân désigne à Jason une pièce souterraine servant d’infirmerie.

Thân continue sa progression, alerte comme un chat. Jason voit ses fesses, ses jambes qui s’écartent et son sexe qui ballotte entre ses cuisses; Jason oublie sa peur, une bouffée de désir le submerge et sa queue, devenue dure, pointe vers son nombril. Thân s’arrête brusquement et le jeune américain se retrouve le nez dans la raie des fesses de son ami. Il ne peut se retenir et lèche les deux petites noix qui se balancent.

—  Tu n’es vraiment pas sérieux! Ce n’est pas le moment, dit Thân agacé.

—  Excuse moi mais tu es trop beau!

Ce n’était qu’une fausse alerte, les bombardiers ont piqué plus vers l’ouest, vers le Laos où chemine la piste Ho Chi Minh.

À peine sortis de leur tanière et revenus dans la case familiale, les deux garçons trouvent six ou sept combattants habillés d’une sorte de pyjama noir. Sur la paillasse de Thân est allongé un très jeune homme qui grimace de douleur. «Minh!» crie Thân qui s’agenouille près du jeune vietcong. Minh est blessé au flanc, le sang fait une large tache sur son vêtement. Thân se retourne pour implorer Jason; il redevient un enfant et pleure en criant: «Vous êtes trop méchants, vous les Américains!» Le chef du village lance un regard suppliant au jeune américain bouleversé par la réaction de son jeune amant et lui tend la mallette de secours qu’il avait confisquée.

«Aide moi!» Jason et Thân déshabillent tout doucement l’adolescent blessé. Quand le garçon se retrouve entièrement nu, Jason est ému par la jeunesse de Minh; il lui donnerait juste seize ans! Minh offre une silhouette si fine même si on devine une jeune musculature déjà marquée; sa peau est entièrement lisse, sa pilosité noire charbon se limitant à sa tignasse humide de transpiration et de pluie et à son buisson pubien, moins fourni que celui de son copain. Le sexe de Minh semble bien petit, avec un long prépuce plissé, pointant à peine hors du buisson pubien; ses petits testicules pendent bas reposant sur une cuisse. Il fait plus de 40 degrés, Minh est en nage, Thân lui rafraîchit le visage. Jason remarque les yeux fiévreux et fait une piqûre de sa précieuse morphine puis entreprend de nettoyer la plaie. Le jeune américain est frappé par l’intensité du regard de Minh où il lit à la fois surprise, peur, confiance. Jason est vraiment fait pour la médecine, il calme peu à peu son jeune patient qui se détend quand la souffrance s’estompe. Jason sourit à Thân: «La balle n’a fait qu’effleurer ton copain, il a perdu du sang mais aucun organe n’est atteint.» Thân saute au coup de Jason, Minh s’endort paisiblement, veillé par les deux adolescents. Le chef du village vient remercier Jason qui sent bien que Minh est un garçon qui compte beaucoup dans le village, il a senti les regards des villageois emplis de chagrin mais aussi de réelle adoration. La mère de Thân vient étreindre les mains du jeune américain qui, peu à peu, a cessé d’être un ennemi.

Deux jours après, Minh est rétabli et se joint à Thân et Jason dans leurs escapades vers la rivière et les chutes d’eau. Les trois garçons se lavent, lavent leur misérable linge et jouent dans l’eau sans oser se toucher; ils doivent trouver un nouvel équilibre. Jason est un peu intimidé par le regard brûlant de l’adolescent rebelle, par le courage de son engagement. Il a de plus en plus honte de cette sale guerre qui fait tant de victimes innocentes, honte du napalm, des défoliants, des bombes. Il faudra deux semaines pour qu’une harmonie s’installe entre les trois garçons qui découvrent les joies de l’amour partagé.

Quelques mois plus tard, les accords de Paris décident le retrait des troupes américaines du Vietnam. Le village entier pleure quand Jason retrouve les siens.

Six mois plus tard, Thân rejoint Jason à Boston. Il a obtenu, grâce aux efforts du père de Jason, le droit d’immigrer. Il rejoint l’université et réussit à devenir médecin, comme Jason, avec qui il partage désormais sa vie. La sœur de Thân et son petit frère le rejoindront un an plus tard! Minh restera dans son village dont il deviendra le chef, la paix revenue.

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