Comme un boomerang


Comme un boomerang
Texte paru le 2012-09-03 par Antinoüs   Drapeau-fr.svg
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Jamais je n'aurais cru quitter cet homme que j'aime tant mais je crois qu'il ne me laisse pas le choix. Une certaine froideur s'était installée et elle était perceptible non seulement par ses gestes mais aussi sa voix, ses propos... Je l'insupporte, assurément. Je ne sais pas s'il s'en rend compte ou si c'est involontaire de sa part. Peut-être est-ce moi tout compte fait qui ne me rends pas compte que c'est peut-être lui qui souffre plus que moi. Et puis, comment oublier les égards et l'amour qu'il a toujours eus pour moi ? C'est impensable, ce revirement soudain. Je crois, pourtant, avoir fait au mieux pour ne pas le décevoir, pour être toujours présent, disponible et pour qu'il soit fier de moi. Je n'arrive pas à me souvenir du moment où il a changé. Peut-être était-ce progressif. Certes, je suis sensible, il l'a toujours accepté, contrairement à moi ; d'ailleurs, il me procurait une force insoupçonnée dans ces moments d'égarement ou de déréliction. Peut-être le savait-il ? Peut-être était-ce trop pour un seul homme ?

En me réveillant ce matin, je ne sais comment dans ma nouvelle chambre, j'avais encore en mémoire les propos que mon père m'avait lancés la veille : « Dégage, demain je veux que tu dégages de chez moi ». Il ne m'avait pas donné plus amples explications. C'était bien la première fois où il se montrait presque haineux. J'avais toujours considéré son regard pénétrant non seulement comme capable d'ouvrir les portes de mon âme, de reconnaître mes pieux mensonges mais aussi comme capable de me blesser. Et ce soir-là, je goûtais à la plus vive des douleurs. J'étais tétanisé : je voyais tout son corps vibrer de colère, je crois bien qu'il luttait pour la première fois contre son envie de me frapper. Mais il n'a rien fait. Il retourne dans sa chambre silencieusement et moi, je reste debout, pendant une demi-heure. Je venais de me perdre en perdant mon père. Puis, dans un sursaut, je me mets à monter les escaliers pour préparer mes affaires. Je ne savais pas où me rendre sachant que le seul contact que j'avais avec ma mère se résumait à quelques coups de fil lors de grandes occasions depuis qu'elle avait refait sa vie avec un autre homme. Dans un moment de lucidité, je me suis rappelé d'une phrase que mon oncle m'a dite un jour: « je t'adore, je serai toujours là pour toi ». Certes, les circonstances étaient autres : j'avais douze ans à l'époque, et je feuilletais les pages d'un catalogue en m'attardant sur les sous-vêtements masculins. Mes premiers émois. La porte de ma chambre s'était ouverte brusquement et je vois cet homme qui ressemble trait pour trait à mon père. Il m'a fallu quelques secondes pour me rendre compte que c'était son jumeau, mon oncle. J'étais rouge de honte. Il s'était approché vers moi, m'a pris le visage dans ses mains pour me murmurer cette phrase qui avait eu pour effet de m'apaiser.

Aujourd'hui, serait-il réellement là pour moi ? Serait-il simple pour moi de voir cet homme qui ressemble à l'homme qui m'a chassé ? Aurait-il le même comportement que mon père ? Telles étaient mes questions. Puis J’ai pris mon sac et mis très peu d'affaires dedans puis, direction la capitale... Il était tard quand je me suis trouvé devant la porte de l'appartement de mon oncle. J'hésitais à frapper, j'hésitais à retrouver mon père en quelque sorte. Finalement, je me lance. Mais aucune réponse. Je décide de m'allonger devant la porte en priant pour son retour mais à peine avais-je fermé les yeux que je m'étais endormi...

Je rêvais, je rêvais de mon père et de moi. On se rendait au supermarché pour je ne sais quelle raison. Mais, avant de rentrer, nos mains se frôlent. Et je sens un frisson me parcourir tout le corps. Je le regarde et je lis dans son visage un mélange de désir et de bonheur qu'il me communiquait. Dans un demi-sommeil, je sens ce corps qui me soulève et me porte je ne sais où...

— Bien dormi Alexandre ?

Mon oncle venait d'entrer dans la chambre et me sortait de mes pensées. J’ai tressailli en entendant cette voix qui me rappelait celle de mon père. Je me retourne vers lui et en regardant ses yeux remplis d'interrogation mais surtout de douceur, je n'ai pu contenir mes larmes.

Mon oncle se rapproche de moi, s'assoit sur le lit et me prend dans ses bras. Les battements de son cœur étaient comme un remède contre mes pleurs mais il n'était pas assez puissant pour faire disparaître cette boule que j'avais à la gorge et qui m'étouffait littéralement.

— Prends ton temps Alex, je t'adore, je serai toujours là pour toi...

A ces mots, je me suis mis à lui raconter ce que j'avais vécu la veille et mon incompréhension. J'étais face à un mur qui ne m'avait pas laissé le temps de lui demander « pourquoi ? ». Je pensais pourtant mériter une réponse face à cette attaque qui me semblait injustifiée.

— Si tu veux, je peux prendre ma journée et la passer avec toi.

J'en avais tellement envie, j'avais envie d'être égoïste et de passer avec mon oncle et de retrouver d'une certaine façon mon père mais je me disais qu'il fallait que je sois fort, pour une fois. J'ai donc décliné son offre et je lui ai dit de ne pas s'inquiéter pour moi. Il ne semblait pas convaincu mais il est finalement parti travailler.

Dans la journée, j'ai pris une feuille de papier, et je me prends à écrire ce que je ressens. Écrire a toujours une forme d'exutoire pour moi. Plus je remplissais les feuilles de mots, plus je remarquais ce qui pouvait apparaître comme une déclaration d'amour à mon père qui avait rompu... rompu ce lien qui nous unissait et qu'il a coupé avec cette phrase. A la fin de cette lettre, je me sentais comme vidé de toute substance. Puis, pour me ressourcer, je me décide à prendre un bain. Par moments, j'étais en apnée. J'avais cette drôle d'impression d'être dans un autre monde où j'étais seul et intouchable si bien que je n'avais pas entendu entrer mon oncle. Il a dû croire que je faisais une bêtise à ce moment-là car il a accouru à la baignoire pour m'y extirper. Je l'entends hurler mon prénom comme s'il tentait par une formule magique de me ramener à la vie.

J'avais beau lui expliquer qu'il avait mal interprété ce qu'il avait vu mais je pouvais lire dans ses yeux une inquiétude insoupçonnée.

— Je te considère comme mon fils Alexandre, j'ai lu ta lettre, j'ai lu tes mots « on écrit que sur ce que l'on a vécu », j'ai cru que c'était... que c'était la fin.

— Tonton... ce que je voulais dire par la phrase « on écrit que sur ce que l'on a vécu », c'est que... quand on écrit, ou plutôt quand on écrit quelque chose d'aussi important ou vibrant, c'est qu'il y a une adéquation entre celui qui écrit et ce qui est écrit. Je ne voulais pas dire qu'on l'a forcément vécu en vrai, mais on l'a vécu secrètement dans notre imaginaire, on s'est mis en scène. Je ne sais pas si c'est clair...

Les yeux de mon oncle me semblaient plus sereins. Puis, je me suis rendu compte que j'étais nu comme un ver dans ses bras. Et ma sensation de sérénité laissait place à un sentiment agréable. Mon corps était plus chaud qu'à l'accoutumée et mon sexe gonflait légèrement. Mon oncle a pris conscience de ma gêne puis, il a bredouillé qu'il se rendait dans sa chambre pour pouvoir se changer. Le soir, je n'avais envie que d'une chose, être seul si bien que le fait de parler à mon oncle me semblait être une corvée. J'aurais cru que mon père tenterait de me contacter mais je me trompais. Peut-être était-il sincère tout compte fait.

— Tu devrais manger quelque chose Al.

— Merci tonton mais j'ai le cœur lourd et je n'ai vraiment pas faim. Je préfère me coucher.

Je me suis levé de table en traînant des pieds pour m'enfouir dans ma couverture et repenser à ce rêve que j'avais fait. Je crois que j'aurais tellement voulu aller plus loin qu'une simple caresse. Face à cette réalisation, je me sentais pousser l'envie de me rendre à mon nouveau bureau pour écrire – à nouveau. De rajouter ces quelques lignes où je raconterais à mon père ce désir que je ressens pour lui. Dans mon lit, je repensais à cette lettre, devrais-je la lui envoyer? Devrais-je vraiment lui dire ce que je ressens afin de me sentir plus en harmonie avec moi-même au risque de ne plus jamais avoir de contact avec lui ? Les questions se bousculaient dans ma tête jusqu'à ce que je trouve le sommeil...

Dans mon rêve, je sens cette main d'homme viril mais peu assurée caresser délicatement mon bas ventre. Elle remonte lentement mon corps pour titiller mon téton gauche, puis le droit jusqu'à ce qu'ils durcissent. Puis, je sens quelque chose de chaud et d'humide, cette langue qui me procure des frissons au niveau de mon nombril. Etais-je réellement en train de rêver ? En tout cas, je ne souhaitais pas ouvrir les yeux. Je sens cette masse imposante remonter vers mon visage et je sens un souffle chaud au niveau de mon oreille. Puis dans un murmure, j'entends :

Alexandre, veux-tu bien ouvrir les yeux ?

Je les ouvre timidement et je peine à voir dans la pénombre les yeux clairs de cet homme qui ressemble à mon père. Je plonge mon regard dans le sien quelques secondes et je me laisse tenter par ses lèvres douces. Toute cette frustration accumulée se transformait en une fougue passionnée. Nos langues se mêlèrent. Puis, j'enlevais mon haut et lui le sien et je ne pus m'empêcher de caresser sa poitrine musclée comme pour me prouver qu'il était en face de moi. Il me prend les mains pour me les plaquer contre le matelas pour m'immobiliser. Je me laisse faire, haletant. J'ondule mon corps pour qu'il puisse enlever le bas de mon pyjama et le laisser découvrir mon sexe. Il l'embrassait tendrement comme si cela avait été mes lèvres. Il voulait le voir vibrer, gonfler progressivement... puis voyant que j'éprouvais du plaisir, il utilisa sa langue, encore une fois ce qui pour effet de m'électriser le corps. Je voyais dans son regard un côté bestial attirant. Puis, une fois qu'il a sondé mon plaisir dans mes yeux, il goba d'un coup mon sexe turgescent pour me voler un râle. Il était appliqué quand il descendait et montait en appliquant quelques pressions sur ma hampe. Je voulais lui rendre la pareille. Alors, je lui ai relevé la tête, défait maladroitement la boucle de sa ceinture puis il m'aida à enlever son pantalon. Je tombais face à son boxer boursoufflé. C'est avec une main tremblotante que je l'abaissais. Je discernais son membre gonflé qui n'attendait qu'une chose : ma bouche. C'était ma première fellation mais il semblait apprécier le contact de mes lèvres qui salivaient sur son membre alors que je m'appliquais à masser ses bourses. Puis il m'arrêta et me demanda de me retourner. Je lui obéis avec un peu d'appréhension. Il m'embrasse dans le creux du dos en alternant avec quelques coups de langue. Puis sans que je ne m'y attende, il me lèche ma rosette. J'en frissonne, était-ce ça l'orgasme ? J'avais du mal à supporter son contact. Non pas que je n'aimais pas, bien au contraire, mais le plaisir procuré étai insoutenable. Mais il continua. En enfonçant un peu plus profondément sa langue. Et quand il avait atteint la limite, je sentis un doigt qui me fit cambrer mon dos pour lui faciliter l'entrée. J'avais l'esprit assez confus, était-ce un rêve ? La réalité ? Etait-ce mon père ? Mon oncle ? Avais-je réellement envie de le savoir tout compte fait ? Puis, je sens son sexe faire des va-et-vient contre ma raie comme pour me prévenir de ce que j'allais découvrir.

— Es-tu prêt ?

— Oui, je le crois...

Puis, je sentais le bout de son sexe s'enfoncer progressivement en moi. C'était douloureux mais pour calmer ma douleur, il me mordillait l'oreille, tout en me caressant mes bras, mon dos, et mes fesses rebondies. Je pouvais sentir son plaisir non seulement par les pulsations de son membre en moi mais aussi par les gouttelettes de sueur qui perlaient son corps. Une fois qu'il s'était entièrement enfoncé en moi, il resta dans cette position pendant quelques longues minutes, pour que je m'habitue à cet intrus que j'appréciais. Puis, je sentais ses va-et-vient qui devenaient de plus en plus rapides. J'aimais beaucoup sentir son bassin buter contre mes fesses comme s'il voulait que je sente que nous ne formions qu'un. Et pour encore plus ressentir cette union, il me mit sur les genoux pour que mon dos se colle contre sa poitrine. Puis, sa main empoigna mon sexe pour me masturber. Il savait y faire. Il savait que j'aimais sentir cette pression en bas de mon membre. Il connaissait mes faiblesses... le fourbe. Je me sentais au bord de l'évanouissement, et lui accélérait le mouvement, de sa poigne, de son bassin, puis je jouis dans sa main et lui, jouis en moi, nous étions synchrone. Sous l'emprise d'une forme de frénésie, je goutai pour la première fois ma semence, curieux de cette expérience nouvelle sans doute. J'étais intouchable mais surtout épuisé. Je ne ressentais plus rien dans mes membres. Il me rattrapa dans mon écroulement, puis il allongea mon corps délicatement pour me laisser dans ma rêverie. Pendant quelque temps, il s'allongea à côté de moi en me prenant dans ses bras. Puis la dernière chose dont je me souviens, c'est d'avoir entendu un « je t'aime »...

A mon réveil, j'avais un sentiment étrange : j'avais ressenti un tel plaisir cette nuit-là que la réalité me semblait cruelle. J'avais beau essayer d'oublier ce plaisir, de le lancer le plus loin possible mais ce plaisir revenait vers moi, comme un boomerang... Je ne savais plus très bien si c'était un doux rêve ou la réalité jusqu'au moment où une certitude se présentait à moi : c'était le fait d'avoir froid parce que j'étais en tenue d'Adam...


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