Comme un crépitement d'orgasmes

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Numéro 66

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 66
Date de parution originale: Septembre 1994

Date de publication/archivage: 2018-06-15

Auteur: Éric
Titre: Comme un crépitement d'orgasmes
Rubrique: Jeunes queues à croquer

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Quelle mouche nous avait piqués? Prendre un bain de minuit... Il faisait chaud. C’était tentant. La lune scintillait sur l’étang. Une envie... Avant de nous jeter à l’eau, un peu par jeu ou comme un défi entre nous, nous avions retiré nos maillots. On s’était bien amusés...

Nous étions maintenant sur la berge. Nous avions allumé un feu. Je m’étais étendu sur l’herbe. Je regardais le ciel. Je me sentais bien. À un moment, alors que les flammes bourdonnaient, Emmanuel a pris mon ventre comme oreiller. Une chouette a hué. Un léger souffle de vent nous a embaumés de sa douceur. J’avais les jambes pliées. Emmanuel a caressé mes cuisses. Je me suis un peu redressé en m’appuyant sur mon coude. J’ai vu qu’Étienne, de l’autre côté du brasier, nous observait d’un œil amusé. Sa verge était en érection. J’ai posé une main sur les cheveux crépus d’Emmanuel qui poursuivait sa ronde là où la peau est la plus sensible. Très vite, je me suis mis à bander. Emmanuel a pris mon gland dans sa bouche.

Étienne s’est rapproché de nous. Il s’est agenouillé près de moi. Son visage, comme un météore de douceur, est tombé tendrement sur le mien. Nos langues ont conflué. La sienne avait le goût du plaisir. Puis il s’est relevé pour aller picorer le dos d’Emmanuel qui, lui, a cessé de butiner ma pine. Il s’est retourné et tous deux se sont embrassés sur moi.

Ils se sont allongés de part et d’autre de mon corps et, chacun à sa manière, m’inondèrent de tendresse. Nous triquions tous les trois comme des fous. Peut-être l’étions-nous? Le feu chantait et le silence sacré de la nature bruissait de désirs inédits. Nous nous sommes mélangés de telle sorte que je ne savais plus qui je touchais, qui je baisais, qui je polissais, ni à qui appartenaient les lèvres qui me brûlaient d’être, la poitrine que je caressais, les orteils que je suçais, les couilles que je léchais, le cul que je capturais. Nous formions un tourbillon de chair illuminé par les lueurs ardentes du brasier qui nous réchauffait l’échine.

Tout à coup, ce fut comme un feu d’artifice, une explosion sidérale, un crépitement d’orgasmes à répétition. Et le sperme printanier de nos vingt ans, longtemps, coula comme un long fleuve tranquille sous la nuit argentée de la pleine lune.

Éric, 21 ans.