Courte confession d’un borderline obsédé


Courte confession d’un borderline obsédé
Texte paru le 2013-06-11 par Jim   Drapeau-qc.svg
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(Écrit le 11 juin 2013)

NOTE DE L’AUTEUR : Ce texte (surtout la fin) pourrait être qualifié de très choquant pour certains lecteurs. Je préfère vous en avertir. Et je désire également mentionner que je n’encourage personne à faire quoi que ce soit qui est écrit ici. D’autant plus que le bareback est un acte à très haut risque et déconseillé pour la santé de tous. Merci de votre attention.


Je suis borderline. C’est un problème de limite, et de non-limite. Je vis tout, surtout les émotions, de façon trop intense. Le beau, le laid, le bien, le mal. Je veux être aimé, mais de façon sans doute insensée pour vous. Je ne m’étendrai pas sur la description psychiatrique, vous pouvez le faire dans votre petit confort personnel. Je vais plutôt vous parler d’un des syndromes de ce trouble que je vis depuis le début de mon adolescence. Normalement, je n’en parlerais pas aussi ouvertement. Je suis, par contre, conscient que ça peut être intéressant ou excitant pour certains d’entre vous, alors je me laisse aller. Et puis, l’anonymat aide.

Par-delà de la dépression, de l’anxiété, des crises de rage sans contrôle, etc, il y a l’obsession. Des obsessions pour ceux que je nomme les Hommes de ma vie. Ceux qui ont marqué mon cœur, mon corps et ma vie sexuelle à la folie depuis plusieurs années, alors qu’ils ont sans doute oublié ma présence dans cette vie depuis longtemps. Je n’ai jamais eu une sexualité très active, si on peut le dire ainsi. Pourtant, la sexualité m’a souvent rendu aveugle et fou, m’a fait tomber amoureux des mauvais gars. Je pense entre autre à ce mec hétéro, tout droit sorti de prison et qui, à force de recevoir de mes messages, m’a menacé de me casser les deux jambes si je ne le lâchais pas.

Ma première obsession fût, honteusement, mon propre père. Dans mon premier rêve érotique, il m’emmenait à son travail, me mettait à genoux, sortait sa grosse queue bandée et me la mettait dans la bouche. J’ai joui pendant mon sommeil, juste à croire que j’avais son gland dur entre mes lèvres. Le soir suivant, je priais le bon Dieu de rêver à nouveau à mon père, en espérant que ce soit encore plus long cette fois. Je m’imaginais le sucer, avaler son sperme, pendant qu’il me flattait les cheveux en me disant que je suis un bon garçon. Lorsque j’allais le voir chez lui, aux deux fins de semaines, je ne m’endormais pas le soir juste pour pouvoir l’écouter faire l’amour à sa femme. J’adorais ça quand elle le suçait, car alors c’est lui seul que j’entendais. Je me branlais en l’écoutant gémir de joie. Et mon dieu que c’était beau à entendre! Je m’imaginais que c’était moi, son suceur. Le bon garçon entre ses jambes écartées, qui prendrait bien soin de son papa chéri. Une fois, j’ai même mis une cassette audio dans la radio pour enregistrer ces sons et les réécouter sans cesse.

Lorsque mon obsession pour mon père s’atténua après quelques années, c’est le fils du mari de ma mère qui devint ma nouvelle victime. Un gars un peu plus âgé que moi, né d’une canadienne et d’un homme venant du Moyen-Orient. Il venait aux deux fins de semaine chez nous et je ne pouvais m’empêcher de penser à lui tout le temps. J’avais entraperçu la forme de son sexe une fois au travers de son sous-vêtement. C’était énorme. Je désirais tellement qu’un soir il entre dans ma chambre et me mette sa grosse queue pesante et bien chaude, mais encore molle, sur le visage endormi, me réveillant et me demandant de le faire durcir afin qu’il me jouisse sur le torse. Je voulais devenir sa petite femelle, née pour le faire jouir. Je m’imaginais à terre, à genoux, entre ses jambes pendant qu’il serait debout, je le regarderais dans les yeux pendant qu’il me baise la gueule, m’étouffant en la rentrant trop dans la gorge, juste pour son propre plaisir de mâle. Mais nous n’avons jamais rien fait. Par contre, j’entrais nu dans sa chambre lorsqu’il était dans une autre pièce. Je mettais tous ses vêtements de la veille et je me branlais en humant les odeurs de son corps, de son parfum. Il y a eu d’autres gestes risqués, comme le fait d’approcher mon visage de son entrejambe sans qu’il ne s’en rende compte, mais ce serait trop compliqué à expliquer.

Au secondaire, je vivais quelque chose de semblable avec ceux-là même qui me traitaient de tapette et me soumettaient aux lois naturelles des jeunes mâles alpha homophobes versus la petite pédale soumise et timide que j’étais. Ils étaient sans pitié pour moi, pourtant je désirais qu’ils me violent sauvagement dans la salle de bain. Je les aurais même laissé me faire saigner, s’il le fallait. Juste pour un peu d’amour. Un peu plus tard, j’ai même laissé un message dans une des toilettes, donnant rendez-vous à tel jour, telle heure, si on voulait se vider les couilles dans une bouche. Le message est disparu peu après et personne ne s’est présenté au moment choisi. J’avais peur de me faire tabasser, mais l’envie qu’on me domine et me baise était trop forte.

Je n’avais jusque-là jamais eu de première fois. Un gars m’a donné rendez-vous à mon école secondaire, via Internet, lorsque j’avais seize ans. Mais il m’a posé un lapin. D’ailleurs, bon jeu de mot: de peu et je serais devenu son bunny boiler! Mais il a coupé contact voyant que je commençais à le harceler pour qu’on se rencontre. La loi du no-drama, je suppose!

À dix-huit ans, j’étais amoureux d’un bel haïtien-cubain. Il m’a fait vivre ma première fois dans un petit hôtel miteux du Village Gai, à Montréal, alors que j’étais en vacance là. Je lui avais demandé la permission de le sucer, puis il m’a enculé avec et sans condom pendant les jours suivants. Je m’en foutais de la protection à ce moment car je me disais que c’était l’homme de ma vie. Il jouissait sur moi, je voulais son sperme sur mon corps pour toujours. Avoir son sexe dans ma bouche et dans ma petite chatte de mec m’excitait au plus haut point. Lorsqu’il a coupé contact car, encore une fois, je devenais obsédé par tout de lui, ce fût la fin.

Je passe quelques années. Après deux relations déchues, à l’âge de vingt-cinq ans, j’ai vécu une année 2010 malmenée par mon obsession des hommes. En premier lieu mon ex, que je laissais me baiser par amour alors qu’il s’en foutait, de moi. Il voulait jouir en moi, tout simplement. C’était juste du cul, pour lui. Mais lorsqu’il m’a réellement laissé tomber, je suis devenu jaloux de son nouveau copain et je le lui ai fait comprendre malgré moi. Après, ce fût le tour d’un homme plus âgé. Après des semaines d’harcèlement, il a finalement cédé et il m’a baisé à son tour. Sans capote, mais il me jouissait dessus. De toute façon, je l’aimais, alors… Il a arrêté lorsqu’il a su qu’un autre homme me tournait autour. Pourtant, j’étais prêt à ne me donner qu’à lui. Mais il a décidé de me fuir, sentant un danger qui aurait pu être évité. Alors, pour l’oublier, j’ai couché avec cet autre homme qui me léchait trop bien la chatte, et moi en retour je suçais sa longue queue et j’avalais son sperme pour me nourrir de cet amour que seul moi comprenais.

Juste après, ce fût au tour d’un hipster à me jouer le tour. Il me suppliait de le rencontrer, il disait vouloir me faire vivre un conte de fée, être mon prince charmant. No-sex pendant cette rencontre, avait-il précisé. Je l’ai cru. Je suis allé chez lui, traversant une partie de la ville à pied après trois heures du matin, en pleine semaine, anxieux comme jamais. Mais il a finalement tout fait pour que je le suce. La première fois, il a joui sur mon corps. La deuxième fois, alors que j’étais sur le point de m’endormir, il a pris ma tête entre ses deux mains, m’a fait descendre le long de son corps pour me mettre sa grosse queue dans ma bouche. Il m’a tenu là, me baisant la bouche de longues minutes avec ses hanches pour jouir dans ma bouche, me forçant à tout avaler en entourant ma tête de ses cuisses. Je l’ai fait par amour, encore une fois. Le lendemain matin, alors que je croyais le début d’une belle histoire, il m’a fait comprendre qu’on n’allait jamais se revoir. Erreur. C’est alors que j’ai commencé à passer par chez lui et à lui envoyer des lettres d’amour que je trouve aujourd’hui tellement intenses mais inutiles car il n’aura jamais cédé. Je voulais même devenir que son trou à queue et à sperme, juste pour passer du temps avec lui. Rien à faire. Il me trouvait pathétique, et je l’étais. Ça s’est terminé lorsque, comme auparavant, j’ai décidé de me venger (du moins, c’était ma vision) en avalant le sperme d’un autre homme qui me donnait de l’attention comme je le désirais.

Je ne l’ai jamais fait, mais je désirerais un jour être dans une vaste chambre, entouré d’hommes. Le plus hétéros possibles. Des mâles alpha qui seraient là que pour une raison : bander et jouir dans mes trous. Je ne voudrais qu’être un trou. Me sentir désiré pour la femelle que je serais, être le fils, le petit ou grand frère de ces salauds qui m’aimeraient en me foutant leur queue dans ma gorge ou dans mon trou usé par leur masculinité. J’aurais mal, mais je les aimerais tous comme s’ils étaient mes princes charmants.

Mais je sais, au fond, que c’est une illusion. Ce que je prendrais pour de l’amour dans leurs yeux ne serait qu’une passion sexuelle et vulgaire pour un trou vivant (moi, si je dois préciser). De toute façon, qui sait… peut-être que j’aime ça aussi.

Si un jour je décide de mourir, c’est ainsi que ça se passera. Avant de m’endormir à tout jamais avec l’aide de pilules du sommeil, j’irai me faire aimer et salir une bonne fois pour tout par un tas d’hommes. Bareback, sans honte, sans retenue. Séropositif ou pas. Je profiterai de cet amour interdit que personne d’autre ne comprends à part moi. Je me donnerai à tous ces mâles et je pourrai mourir en paix. Aimé.


NDLA: Bien que ce texte mentionne la non-utilisation du condom, n'oubliez pas qu'il est primordial de se protéger lors de relations sexuelles... Soyez prudents et ayez beaucoup de plaisir!