Dans la chaufferie

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Numéro 4

Texte d'archive:


Archivé de: Paroles de mecs – Numéro 4
Date de parution originale: inconnue

Date de publication/archivage: 2014-08-14

Auteur: Kevin
Titre: Dans la chaufferie
Rubrique:

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Ce texte a été lu 7659 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


Pour le dernier réveillon, j’ai vécu une aventure pas banale. J’étais invité chez des amis hétéros près d’Alençon. Cinq couples que je connais depuis des années. Ils savent que je suis gay mais personne n'en parle jamais. La maison était assez grande pour qu’on puisse tous y dormir.

J’avais hérité d’une minuscule mansarde au second. Les toilettes étaient au premier. J’ai dû y descendre vers cinq heures alors que tout le monde dormait profondément. Quand je suis sorti, j’ai trouvé Gilles qui attendait sur le palier. En réalité, il faisait trop noir pour que je le reconnaisse. Il a murmuré mon nom et il s’est approché tout près de moi. J’étais assez méfiant car c’était pas celui que je connaissais le mieux. Il était plutôt bel homme mais il parlait peu et je n’aimais pas sa femme. Il a posé une main sur mon épaule en disant tout bas qu’il avait envie de moi. J’étais pas mal estomaqué. Je ne l’avais jamais envisagé sous cet angle.

Jean-Pierre et Magali dormaient dans le salon, j’entendais ronfler Philippe tout à côté et Daniel ou Annie pouvaient descendre d’un instant à l'autre. Gilles s’était approché de moi jusqu’à me toucher. Il ne portait qu’un pantalon de pyjama et ses doigts tremblaient sur mon épaule. J’étais un peu emmerdé. Mais en même temps, la situation commençait à m’exciter. Il me dépassait d’une demi-tête et je sentais son souffle chaud et saccadé. Je ne pouvais pas l’emmener dans la mansarde et il était hors de question qu'on reste sur le palier. Finalement, c’est lui qui a trouvé la solution. La chaufferie était plus ou moins aménagée et elle possédait deux issues. Il a cligné des yeux quand j’ai allumé la lumière. Je l’ai détaillé sans me gêner. Ses cheveux embroussaillés, ses traits tendus, sa poitrine un peu lourde.

Son pyjama était retenu par une cordelette. Je l’ai dénouée et le pantalon a glissé à ses chevilles. Il ne bandait pas encore vraiment mais il montrait déjà un beau morceau d’une douzaine de centimètres. Peu de poils sur le torse et les bras mais une petite fourrure sur les cuisses. J’ai caressé ses hanches et son ventre. Gilles semblait tétanisé. Incapable d’esquisser le moindre geste. Il se mordillait les lèvres en me regardant d’un air bizarre. «Tu sais, j'ai jamais rien fait !» Sa voix s’était à moitié cassée en m’avouant son grand secret. Je n’ai rien répondu et je me suis penché pour poser mes lèvres sur sa queue chaude et encore un peu moite de son sommeil. On aurait dit que ça le réveillait d’un coup. Il a appuyé très fort ma tête contre lui. Mon front contre le bas de son ventre, mes lèvres dans les poils de son pubis.

Il serrait de plus en plus fort et j’ai entendu comme un gémissement étranglé suivi de la voix plaintive de Gilles. «Oh ! Baise-moi, Kevin, baise-moi... j’ai envie d’un mec...» Il s’est laissé glisser par terre en m’entraînant avec lui. Il s’agrippait à moi comme s’il avait peur de tomber. Mais il s’était arrangé en tombant pour descendre mon slip. Une de ses mains a pris mes couilles pendant que l'autre se refermait sur mon zob et le branlait avec maladresse. Je n’arrivais pas à savoir s'il jouait la comédie ou s’il avait du mal à assumer ses complexes et ses désirs.

Je me suis rapidement aperçu qu’il tremblait de tout son corps. Il me masturbait comme un forcené. À la limite de me faire mal. J’ai tourné son visage vers moi et je me suis rendu compte qu’il pleurait. Des grosses larmes qui coulaient le long de ses joues. Je l'ai allongé sur le vieux divan de la chaufferie et je me suis couché à côté de lui. Il m'a fallu du temps pour le calmer. Petit à petit, il m’a avoué qu’il avait envie de faire l’amour avec un homme mais qu’il en avait honte. Depuis des mois, il fantasmait sur moi. Il en rêvait régulièrement. Il m’a dit que toucher le sexe d'un homme l’attirait de plus en plus. Il avait l’impression qu’il éprouverait un plaisir extraordinaire à prendre un pénis dans sa bouche. À le lécher. À le sucer. Mais en même temps il ressentait du dégoût et de la honte à cette idée. Il a voulu savoir ce que ça me faisait de toucher le corps d’un homme. De caresser son sexe. Je lui ai dit en souriant que ça me faisait plaisir. Depuis quelques minutes, je caressais sa poitrine et son ventre, ses épaules et le haut de ses cuisses. Il paraissait plus détendu.

Il a frémi profondément quand j’ai passé le plat de ma main sur sa verge mais il n’a pas cherché à se dérober et il n’a pas protesté. Mieux, il a légèrement écarté les cuisses pour que je puisse prendre ses bourses dans la paume de ma main. Elles étaient lourdes et chaudes. Ses doigts se sont posés sur ma verge au repos. En me regardant droit dans les yeux il m’a caressé. Avec hésitation au début, plus franchement après que je lui ai adressé un sourire. Sa queue devenait plus ferme et plus longue tandis que je recommençais à bander.

Il m’a rendu mon sourire quand sa bite s’est redressée d’un coup. Un phallus épais et majestueux qui n’avait plus honte de montrer son désir entre des doigts masculins. Je savais que ses complexes n’avaient pas disparu comme par enchantement. Mais ils s’étaient sans doute atténués. Peu à peu, le rythme de nos respirations s’est modifié. Il devenait plus court et plus rapide au fur et à mesure que nos mains amorçaient des allées et venues plus sèches et plus précises. Les hanches de Gilles anticipaient mes caresses en esquissant un mouvement de va-et-vient.

Pour cette première expérience, je ne désirais pas le brusquer. Je savais qu’il y aurait encore beaucoup de réticences à vaincre. Je voulais simplement qu’il éprouve du plaisir pendant cette masturbation mutuelle. Qu’il apprivoise une jouissance sans honte et sans complexe. J’ai senti, aux pulsations nerveuses de sa verge, qu’il était sur le point de jouir et j’ai ralenti mon rythme en serrant avec force la base de la hampe. Il a levé les fesses en murmurant «Ah ! ce que c’est bon... continue comme ça, c’est bon...» et son sperme a giclé jusque sur sa poitrine.

Kevin, 28 ans