Dans un parc

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Numéro 1

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 1
Date de parution originale: Juin 1985

Date de publication/archivage: 2015-01-24

Auteur: Gilles
Titre: Dans un parc
Rubrique: Rencontres

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Ce texte a été lu 5822 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)



Dans les annonces «Chéri, je t’aime» de Libération, j’étais tombé sur une proposition qui m’avait particulièrement intéressé. Elle indiquait ceci : «Grand membre, de la secte des solitaires, cherche orifice masculin pour communion». Suivaient les explications pour que la rencontre se fasse et le jour. Intéressé et intrigué je me rendis donc au lieu de rendez-vous pensant qu’il s’agissait certainement d’un canular.

L’homme était bien ni le banc, lisant Libé, dans le parc qu’il avait mentionné. C’était en hiver et la nuit commençait à tomber sur la capitale. Je me suis approché, et lui ai dit que j’étais consentant pour communier de la manière qu’il proposait. Il était âgé d’une quarantaine d’années, pas très grand, avec une légère calvitie, les joues bien rebondies, un long manteau le protégeait du froid. «Suivez-moi» me dit-il simplement. Ce n’était donc pas un gag, ce qui augmenta l’état d’excitation dans lequel je me trouvais déjà. Je dois bien l’avouer, tous les jours qui avaient précédé cette rencontre je m’étais masturbé plusieurs fois par jour en y pensant.

Je l’ai donc suivi à travers le parc, puis nous sommes entrés dans des buissons, à l’abri des regards, bien qu’à cette heure ci, nous devions être les seuls promeneurs. Sans un mot, il a baissé son pantalon et a sorti un sexe énorme. Il bandait déjà ; et lorsque je pris en main sa verge, un long frémissement me parcourut. Rarement j’avais ainsi flatté de mes doigts une tige aussi épaisse. Je me mis à genoux et essayai de le prendre dans ma bouche. J’arrivai à peine à y introduire la moitié de son gland. Je me contentai donc uniquement de la sucer à grands coups de langue.

— Ça suffit, maintenant, m’ordonna-t-il. Tournez-vous.

J’avais au préalable baissé mon pantalon qui traînait à mes pieds. Je salivai dans mes doigts et imprégnai bien mon anus. L’homme s’approcha et je sentis sa grosse bite me toucher les fesses, puis le contact se précisa. Il se trouvait face à mon anus. Je reculai mon postérieur, cambrai bien les reins et me tins appuyé à l’arbre qui était devant moi. Je sentis qu’il poussait, ce n’est pas possible, me dis-je, jamais il va y arriver. Une douleur fulgurante me traversa alors le corps. Il avait réussi à me pénétrer. Il entrait en moi lentement, très lentement et j’avais l’impression qu’on m’enfonçait un tisonnier au plus profond de moi. Mon sphincter, pourtant habitué à ce genre de pénétration avait du mal à bien se dilater. Je me cramponnai à l’arbre car mes jambes commençaient à devenir flageolantes. Peu à peu, malgré tout, mes muscles se sont relâchés, et au bout d’un calvaire indescriptible, la douleur s’est transformée en une chaleur douce et bienfaisante. La verge commençait à bien coulisser entre mes muscles. Et le plaisir à monter en moi.

Chaque fois qu’il s’enfonçait en moi le plaisir augmentait d’intensité. Il augmenta la rapidité de ses coups de reins quand il s’aperçut que je n’avais plus mal. À présent, je me sentais bien, je pense même que l’idée de me faire prendre par cet inconnu dans un endroit insolite contribuait à augmenter l’érotisme de la situation. Le plaisir que je ressentis fut très intense, mes entrailles se nouèrent, mon cœur battit la chamade et un long râle s’échappa de mes lèvres. Je sentis alors que le type avait pris ma queue dans sa main et qu’à présent il me branlait tout en continuant à aller et à venir en moi.

Je me rappelle à présent avoir eu l’impression d’être complètement ailleurs, à la limite du vertige et de l’étourdissement. L’homme, derrière, accéléra ses coups de reins, sa main suivit le mouvement. Ma bouche s’était grande ouverte et le plaisir qui inondait mon corps m’empêchait maintenant d’exprimer le moindre son. En plusieurs jets de sperme j’éjaculai dans sa main tandis qu’il s’envoyait en l’air dans mes reins.

Nous sommes restés collés comme ça un bon moment, le temps de reprendre notre respiration. Puis nous nous sommes dessoudés et j’ai ressenti un grand vide. L’homme a remonté son pantalon, m’a tourné le dos et est parti en me disant simplement «Au revoir.»

Je ne l’ai plus jamais revu.

Gilles, 26 ans.