Dans un parc, à moitié nu

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Numéro 15

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 15
Date de parution originale: Août 1987

Date de publication/archivage: 2018-02-27

Auteur: Patrick
Titre: Dans un parc, à moitié nu
Rubrique: Témoignages

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Ce texte a été lu 5716 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


Cette nuit-là, je sors d’un bar à demi-étourdi par l’alcool et la sono puissante. L’atmosphère est particulièrement lourde et étouffante. Je déambule le long des quais sombres et humides du Rhône. Les images se bousculent dans ma tête : le corps inerte d’un clochard étendu sous un pont ; un chien qui renifle un tas de détritus ; le sourire artificiel d’un travelo ; un petit groupe de Maghrébins qui discutent ; le gilet de cuir clouté d’un moustachu aux bras étonnamment musclés ; un skin-head chaussé de rangers qui me dévisage ; un grand Noir devant une pissotière, une main posée sur la bosse arrogante de sa braguette. Je bande. J’ai envie de baiser.

Dans un jardin public, je me retrouve face à un petit blond de dix-huit ans. Pas une parole échangée, son regard suffit. Derrière un bosquet, il ôte son polo et baisse son jean délavé sur ses chevilles. Je le sodomise vigoureusement en lui pinçant le bout des seins. Il gémit. Un éclair traverse mon cerveau : je jouis abondamment dans son cul. Il se rajuste et s’enfuit.

Deux Algériens me demandent des cigarettes. Soudain, l’un des deux me ceinture pendant que l’autre me fouille et s’empare de mon portefeuille. Ils me retournent contre un mur, me mettent les fesses à nu et m’enculent l’un après l’autre. Le premier me fait mal. Le second a une grosse queue et me défonce à grands coups de reins ; c’est bon et je me branle énergiquement d’une main. Les longues giclées de mon sperme laiteux s’écrasent contre le mur crasseux. Ils ne me rendent que mes papiers et mes clefs, et m’abandonnent dans le parc désert, à moitié nu. Avec un mouchoir, j’essuie leur jus qui me coule le long des cuisses. Assouvi, je rentre tranquillement chez moi retrouver le calme, la solitude.

Patrick, 34 ans.