De l'autre côté de la rue 03


De l'autre côté de la rue 03
Texte paru le 2020-06-28 par Charly Chast   Drapeau-fr.svg
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DE L'AUTRE CÔTÉ DE LA RUE 03

Les jours qui ont suivi cette soirée étrange, je croisais mon voisin tous les soirs quand je rentrais du boulot, on parvenait à échanger quelques mots… Il a vraiment un visage sympathique, il avait toujours le sourire, et son sourire était contagieux. Je rentrais chez moi et moi aussi j'avais le sourire.

J'aimerais vraiment qu'on devienne amis !

Je rentrais alors chez moi et retrouvais la soupe à la grimace ! Isabelle est très belle, mais elle manque de charme. La première fois qu'on la voit, on ne peut qu'être séduit, mais quand on la connaît les choses peuvent finir par changer. Elle est belle, elle n'est que belle !

Plus le temps passait, plus je me posais des questions sur ma relation avec Isabelle. Tous mes potes, il y a quelques années, à l'époque où j'ai commencé à sortir avec Isabelle, avaient déjà eu plusieurs flirts. Pas moi ! Je me demande si c'est bien normal ?

Les filles me tournaient bien un peu autour, mais je me demande si ça ne venait pas de moi en fait. J'étais incapable d'aborder une fille, trop timide ou je ne sais pas… Je n'étais donc jamais sorti avec une fille avant Isabelle, pourtant tout le monde me disait qu'avec ma gueule je n'avais qu'à me pencher pour ramasser toutes les filles que je voulais. Peut-être qu’en fait, finalement, c'est moi qui ne voulais pas ?

Quand j'étais chez moi, depuis la fenêtre, je pouvais voir la maison de mon voisin. Il recevait du monde lui ! Il ne se passait pas une journée sans qu'il ne reçoive de la visite. Il avait des amis. Rapidement, je repérais ceux qui venaient le plus souvent.

Il y en avait une qui venait souvent, c'était une voisine, elle habitait un peu plus loin dans le quartier. Ils devaient avoir une relation particulière entre eux. Je remarquais aussi le vendeur du supermarché, celui qui s'occupe du rayon informatique et électroménager.

Ils avaient l'air très proches !

Ne vous imaginez surtout pas que j'espionnais mon voisin, mais sa maison était juste dans l'axe de nos fenêtres, et tout en faisant le ménage. Isabelle tient absolument à ce que la maison soit parfaitement bien tenue. Tout simplement de ma maison, on voyait parfaitement la façade de la maison d'en face, et qui entrait ou sortait, et c'est vrai que mon voisin François recevait souvent du monde, il avait beaucoup d'amis.

Nous (Isabelle et moi) n'avions reçu personne depuis qu'on avait emménagé, j'en souffrais, mais je ne pouvais rien dire à Isabelle. Avec Isabelle, on ne parle pas, on ne se plaint pas, on suit son programme !

Je me remémorais souvent, quand j'étais seul, les premières années avec Isabelle. Je les avais vécues comme dans un rêve, c'était ma première copine, on a flirté pendant plusieurs années, on restait sage. Isabelle est toujours très sage, elle est très réfléchie, un peu trop peut-être ! Je me demande si elle ne réfléchit pas également quand on s'embrasse, quand je la tiens dans mes bras… Mais c'est vrai que ça, ça arrive de moins en moins souvent. À part l'autre jour où elle voulait se faire féconder.

Maintenant que j'y pense, je me dis que oui, Isabelle réfléchit toujours, elle calcule toujours. Nous devions avoir environ dix-sept ans quand nous avons commencé à sortir ensemble, mais à dix-huit ans je pense que je devais être le seul puceau de ma classe, de mon groupe.

Personne ne s'en doutait. Ils devaient penser que je n'aimais pas parler de ma vie privée, d'ailleurs c'est le cas. Eux souvent frimaient, se vantaient, de leurs conquêtes féminines, moi je ne disais jamais rien sur le sujet. C'est vrai que j'étais avec la plus belle fille de toute l'école, elle était tellement canon que mes camarades m'enviaient. S'ils avaient su…

La relation sexuelle entre nous n'était pas nécessaire, Isabelle a donc manœuvré, pour que je ne sois pas trop exigeant. Ça a marché, elle savait être câline, mais elle n'était pas vraiment portée sur le cul. C'est une femme de tête et comme chacun sait, une femme de tête, c'est pas une femme de cul. Enfin, c'est ce qui se dit !

Pour ce qui est du cul… Je n'avais pas encore vingt ans, ça ne faisait pas trois ans que nous étions ensemble quand elle s'est décidée. Notre relation était déjà entrée dans une routine triste et ennuyeuse, j'y repense et je me dis qu'elle devait avoir peur que je ne me lasse. J'étais son choix, j'étais un premier choix, là je parle de la qualité, pas du numéro dans l'ordre d'apparition. (Ben oui quoi, je n'étais pas le premier pour elle, mais je suis craquant…)

C'est donc sans prévenir, sans qu'on n'en ait parlé, Isabelle ne parle pas comme je vous disais. Ses parents étaient absents ce soir-là, c'était un samedi, je m'en souviens très bien.

Elle avait préparé un repas romantique, une bouteille de champagne de la cave de son père. C'était le grand soir.

À la fin du repas, elle n'a pas parlé de ranger la table, je n'ai pas relevé le détail ce jour-là. Elle était plus douce que d'habitude, plus câline. Elle m'a pris par la main et avec des gestes lents et un sourire hypnotiseur, m'a entraîné dans sa chambre.

Là, ce fut une explosion de douceur et de tendresse. Elle m'a d'abord pris dans ses bras, s'est collée à moi en comprimant bien sa poitrine contre la mienne. Ses baisers étaient chauds, ses lèvres étaient suaves, sa langue plus indiscrète que jamais.

Je ne vous raconte pas comment c'était dans ma tête, ma cervelle était en ébullition, mon cœur battait à m'en faire éclater les côtes. Heureusement, je n'avais pas besoin de parler, je pense que j'aurais été incapable d'articuler sans bafouiller. Elle s'approchait encore de moi et je tombais à la renverse sur son lit.

Elle se laissait tomber sur moi, ses mains se glissaient rapidement sous ma chemise, les boutons sautaient les uns après les autres. Ses lèvres suivaient, elle me couvrait de baisers dans le cou, sur le torse. Je ne savais pas quoi faire, j'étais un peu empoté. Je lui caressais les cheveux.

Elle prenait l'initiative, ouvrait son corsage, et ce sont ses seins que je sentais contre mon torse, ils s'écrasaient contre moi, je finissais enfin par réagir et refermais mes bras sur elle. J'étais heureux, enfin, ce moment attendu, espéré, arrivait… Enfin… Ou alors c'était tout simplement un moment nécessaire pour me faire sortir définitivement de l'âge de l'enfance, pour me permettre de rejoindre tous mes camarades de mon âge dans l'âge d'homme.

Je la retournais sur le dos, l'embrassais sur la bouche puis mes lèvres se promenèrent sur tout le reste de son corps, elle gémissait de plaisir.

C'est vrai que je ne l'ai plus entendu gémir de la sorte depuis ce jour-là.

Je l'embrassais goulûment sur les seins, elle me laissait faire, elle ne me laisse plus faire maintenant. C'était il y a bien longtemps, c'était, il n'y a pas trois ans ! Elle était là, allongée sur le dos, dans mes bras, avec une grande maladresse je lui retirais son corsage, elle était torse nue. Elle était belle, plus belle que jamais ; désirable, plus désirable que jamais. Elle était dans mes bras, elle était à moi !

Avec le cœur un peu serré, je glissais une main sous sa ceinture, elle ne repoussait pas ma main, mais ouvrait sa jupe, je me penchais vers elle et déposais des baisers sur ses hanches. Elle me laissait faire.

Ma main glissait entre ses cuisses, je n'ai plus le droit de le faire ça maintenant, mais ce soir-là elle m'encourageait. Ma ceinture s'ouvrait à son tour, et ce n'était pas moi ! Deux mains se posaient sur mes fesses, je veux dire directement sur mes fesses, sur ma peau. C'était la première fois qu'on me caressait ainsi à cet endroit, je bandais. En fait, je bandais depuis un long moment déjà, mais c'est seulement à ce moment-là que j'en ai vraiment pris conscience.

Quelques instants plus tard, nos vêtements étaient éparpillés dans la chambre et nos deux corps collés l'un contre l'autre avec cette douceur, cette chaleur brûlante que la peau dégage, cette chaleur qui ne brûle pas, mais qui pourtant nous consume de bonheur.

Mes bras l'entouraient. Ses bras me retenaient. Mes mains la caressaient partout où elles pouvaient aller. Ses mains découvraient mon corps, découvraient des parties de mon corps que j'étais seul à connaître.

Ma queue s'écrasait contre son ventre, contre mon ventre. Elle écartait les cuisses. Fallait-il aller vite, fallait-il prendre son temps ? Je glissais ma main sur son sexe, j'y rencontrais sa main, elle m'avait devancé, elle écartait les cuisses un peu plus encore, je me mettais en position.

Elle me glissait un "Viens !" dans l'oreille, j'obéissais, je me glissais en elle. Un peu de résistance, à peine… On m'avait dit que… Mais il est vrai que Isabelle ne résiste pas quand elle l'a décidé, et quand elle ne l'a pas décidé, là, il est inutile d'insister !

C'était doux, c'était chaud, c'était humide. Son souffle était fort, son étreinte était ferme. Avant que je ne comprenne ce qui se passait, elle repliait ses deux jambes sur mes fesses et me serrait contre elle. Je me retirais avec douceur, on m'a dit qu'il faut bouger dans ce sens.

Ses jambes me retenaient, mais me laissaient assez de liberté pour que je puisse commencer les mouvements du va-et-vient de rigueur. On m'a dit en effet que…

Elle gémissait comme elle ne gémit plus maintenant, elle se cambrait comme elle ne se cambre plus désormais, elle se donnait comme elle ne se donne plus, comme elle ne s'est plus donnée depuis.

Elle calculait !

Oui, déjà elle calculait.

Cette étreinte a été la plus folle de ma vie, nous roulions l'un sur l'autre, je me retrouvais au-dessus d'elle en prenant le plus grand soin de ne pas l'écraser avec mes quatre-vingts kilos. Non, je ne suis pas gros, je suis grand et musclé ! Dans l'autre sens, ses cinquante-cinq kilos étaient légers sur mon corps, tellement léger…

Mes mouvements devenaient irréguliers, plus rapides et plus irréguliers, je sentais le plaisir monter en moi, Isabelle me stimulait par des gémissements de plaisir, je ne comprenais pas tout ce qui se passait, mais j'ai joui comme jamais, puis j'ai senti mon sperme se rependre autour de ma queue qui était bien enfoncée en elle. Je relevais le torse, je la regardais dans les yeux, je lui souriais, elle me souriait.

Je retombais sur elle toujours en faisant très attention à ne pas l'écraser, je roulais sur le côté, je l'entraînais avec moi, me retrouvais sur le dos, Isabelle allongée sur moi. Au moins là, je ne risquais pas de l'écraser, et moi je n'avais rien à craindre de ce côté-là.

Elle s'abandonnait complètement, ne bougeait pas, ne tentait pas de se relever, j'étais toujours en elle, nous étions bien, moi fou de bonheur, elle abandonnée et offerte.

Abandonnée et offerte, elle ne s'offre plus désormais et ne s'abandonne plus non plus.

Depuis, les années ont passé, c'était il y a… moins de trois ans. Sommes-nous déjà devenus un vieux couple ?

Ce jour-là, j'ai vraiment cru que j'avais atteint le bonheur. Ne vous méprenez pas en me lisant, j'aime Isabelle, je l'aime et ne désire que son bonheur, mais du bonheur, j'aimerais bien en avoir aussi un peu et avec elle le sentiment qui se développe un peu plus chaque jour c'est l'ennui !

——

Il y a quelque temps, mon voisin m'a fait rire… Il est maboul !

Isabelle devait s'absenter deux semaines, je savais que je me sentirais seul, mais je ne m'inquiétais pas, je savais que j'avais besoin d'être un peu seul pour changer. J'étais en train de préparer la voiture d'Isabelle, quand j'ai entendu une voix qui sortait d'un buisson.

— Tu pars en voyage ?

Je ne m'y attendais pas, j'ai sursauté, c'était François… Je me retournais et lui demandais s'il jouait aux espions… Il m'a alors répondu un truc bizarre… "J'ai un peu peur d'avoir la trouille à cause de ta copine !"

Peur d'avoir la trouille ! Voilà une expression que je ne connaissais pas. Ah, je ne vous dis pas, c'est un cas mon voisin, il est gentil, il est sympa, mais il est maboul ! À la seconde où Isabelle apparaissait sur le pas de la porte, il avait disparu. Elle s'assurait seulement que la voiture était prête et rentrait de nouveau, il réapparaissait dans un autre buisson… Il commençait vraiment à me faire rire, avec lui on ne doit pas s'ennuyer. J'ai l'impression qu'il est tout en conneries.

Je lui proposais de nous voir pour prendre un verre, mais il avait disparu avant que j'aie terminé ma phrase, Isabelle était en effet sortie de la maison, il l'avait vu arriver avant moi. Isabelle montait dans sa voiture, pas d'épanchements ni d'adieux à n'en plus finir. Elle démarrait et disparaissait pour deux semaines. Je crois qu'on ne s'est jamais quitté aussi longtemps depuis qu'on est ensemble !

Je le cherchais alors dans les buissons, je l'appelais et finalement j'entendais sa voix qui m'appelait depuis la fenêtre de chez lui… Il est maboul, mais il est discret et sait se faufiler comme un lézard. J'avais deux semaines de liberté, je savais qu'il fallait en profiter, je courais vers sa maison, je me sentais plus libre que d'habitude, j'avais le sourire, je me sentais bien.

À suivre…
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