Deux mâles me regardent...

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Numéro 27

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 27
Date de parution originale: Janvier 1989

Date de publication/archivage: 2014-08-31

Auteur: Jean-Marc
Titre: Deux mâles me regardent...
Rubrique: Quand les mecs se déchaînent

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Bravo pour vos revues. C’est simplement excitant, bien, et distrayant si vous voyez ce que je veux dire...

Depuis pas mal de temps, chaque transit de une ou deux semaines que je passais à Paris, voyageant souvent pour mon métier, je descendais dans des petits hôtels du coin chaud homo de la capitale. Un jour, particulièrement excité (les hôtels me font fantasmer beaucoup, beaucoup ! ! !), je regardais par la fenêtre de ma chambre au dernier étage qui n’était qu’au troisième d’ailleurs. J'aperçus juste en face, simplement séparé par une rue étroite, un couple de travailleurs, peintres je crois, qui sévissait aux chambranles des fenêtres, un nord-africain et un blanc, la trentaine juste passée, dans leurs salopettes toutes sales. C’était en juin et ils devaient être nus en-dessous.

Aussitôt, le premier réflexe, caché, est de me toucher le sexe que je sens déjà enfler un peu, l’imagination faisant le reste. Je me suis assuré que les fenêtres autour des leurs étaient vides ; leur immeuble étant en rénovation, aucun problème. Et là, salivant intérieurement très fort, après deux goulées de bière, je dispose le fauteuil (inconfortable) de la chambre face à la fenêtre ; un pied sur la petite table à gauche, l’autre sur l'évier ; je me mets en mini-maillot de bain sexy et lunettes de soleil pour qu'on ne devine pas où je regarde. Puis, j’ouvre la fenêtre au maximum, reprenant ma position les jambes écartées et m’allumant une cigarette, l’air détaché. Reluquant à en faire tomber mes yeux de mes orbites les deux ouvriers, je réalise vite que le blanc me montre du doigt à son camarade. Ils sont tout sourire...

Excité comme une puce, je touche mon sexe furtivement et immisce un doigt dedans, contre la hanche. Là, les deux profiteurs disparaissent. Mais je sais être patient quand cela en vaut la peine et, juste une minute ou deux plus tard, les revoilà qui arrivent pour s’accouder et me contempler. Direct, je me masse doucement les couilles, faisant courir mon index sur ma queue tournée à droite qui est en demi-érection. Là, ce fut l’instant d’une chose agréable : l’européen furtivement, parle toujours à l’autre qui a l’air de rire jaune. Je ne me dégonfle pas et signifie un «oui» de la tête. Cette fois-ci, empoignant tout dans ma main droite, je malaxe de gauche à droite... de droite à gauche... et leur adresse mon plus beau sourire tout en soulevant mes lunettes pour, au travers du regard et du sourire que je leur offre, faire comprendre que je suis heureux qu’ils soient dans ce même état naturel et que (je le ressens vraiment), je les trouve sympathiques. Il faut dire que le blanc est d’un physique légèrement moins lourd qu’un lanceur de poids, mais tout aussi musclé et son camarade, mince, a un air tout à fait charmant.
Sur ces entrefaits, l’autre ouvrier, braguette ouverte et queue dehors revient sur le devant et suce de profil pour que je profite de la scène, son «monté-comme-un-cheval» d’équipier qui, lui, me jette sourire sur sourire.


Là, ça commence à chauffer. L’européen, au travers de sa poche, se branle très fort et l’autre se caresse, commençant à baisser ses bretelles. Alors, taïaut, taïaut ! Je baisse tout (je ressens presque comme s’ils poussaient un «oh !»), et la queue collée au ventre, je l’empoigne fortement et me masturbe frénétiquement. En face, le maghrébin se met à quatre pattes pour, je suppose, sucer son camarade qui, étant presque de dos, m’empêche de voir la scène ; quelques secondes plus tard, il se lève et disparaît dans le fond. L’autre baisse alors sa salopette et montre fièrement ses muscles très bien dessinés, sa grande pilosité et, surtout, un énorme paquet enfermé dans un slip rouge vif. Il se malaxe son gros braquemart quelques secondes, debout devant la fenêtre (les clients de l’hôtel pouvaient absolument le voir, mais il y avait peu de monde dans les chambres), et baisse enfin l’objet dérangeant (tel le taureau, j’aurais voulu foncer tête baissée dans la couleur), pour que j’admire cette hum... adorable... délicieuse, magnifique et divine queue de taille disproportionnée.

Dès cet instant, on se branle en toute complicité de toute nos forces érotiques. C’est super-bon et je sens monter par le cul un flux de plaisir ; alors j’y place mon majeur et branlotte mon trou en même temps. Sur ces entrefaits, l’autre ouvrier, braguette ouverte et queue dehors revient sur le devant et suce de profil pour que je profite de la scène, son «monté-comme-un-cheval» d’équipier qui, lui, me jette sourire sur sourire. Et là, fini, adieu, j’assure plus, j’explose d’une longue jouissance qui me tord, me casse, m’électrise et c’est jet sur jet, plus puissants que ceux que j’obtiens en faisant l’amour avec mon amie (je suis bisexuel mais assure bien mes fantasmes homos), et mille fois meilleurs ; un plaisir sucré qui me fait vibrer jusqu’au bout de mon gland, et l’anneau de mon cul fait du trois cents à l’heure. Yaouh ! J’en tomberais de mon fauteuil. Une bonne et longue déglingue de jouissance extraordinaire. Il faut dire qu’avec mon côté exhibitionniste-voyeur, j’étais en très bonne condition. Ébloui un infiniment court instant, je réalise que l’ouvrier explose lui aussi dans la bouche de son autre complice.

Négligemment, ils se rhabillent et se rajustent, je ferme la fenêtre aux trois-quarts et m’allonge tel quel pour une sieste pleine de douceur. À mon réveil, vers dix-sept heures, ils étaient partis, et ne sont pas revenus le lendemain ; mais quelques jours plus tard, alors que j’étais sur le chemin de mon hôtel, juste avant de rentrer, je croise le macho-maçon qui ne me voit pas. Enfin, je le détaille : aussi grand que moi (1m85), c’est une bête de muscles et je constate une grande harmonie et une charmante gueule bien virile avec un tatouage sur l’épaule... Comme quoi, les hommes, les vrais, purs et durs, je crois qu’ils se sont fait enlever par des extraterrestres ! ! Alors, n’ayons pas peur de commencer à draguer discrètement ceux qui passent pour (ou même sont) des hétéros bornés. Le plaisir est comme un inconscient collectif, universel que chaque onde de chaque humain cherche à exploiter !

Jean-Marc, 32 ans