Djé (13)


Djé (13)
Texte paru le 2018-08-31 par Charly Chast   Drapeau-fr.svg
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Template-Books.pngSérie : Djé

Voilà l'épisode 13 qui met fin à la première saison de cette histoire. Djé va continuer ses études, une deuxième année s'annonce, sera-t-il à la hauteur de ce que tout le monde attend de lui ? Cette nouvelle vie avec ce petit détail un peu contrariant… ne sera-t-elle pas trop difficile ? La suite ne va pas tarder… Bonne lecture !


Épisode 13 : Le château et ses habitants 2


Il y avait aussi Greg… Bon je savais que Monsieur Le Comte était son grand oncle… Il portait un dispositif de chasteté en métal depuis dix ans et avait porté un dispositif en plastique avant. Quand il avait notre âge, il avait fait le fou lui aussi !

Un samedi soir, Charles et Antoine faisaient une sortie dans la ville voisine… On n'était pas emprisonnés au château, mais seulement dans notre dispositif de chasteté… ! De plus, le dimanche c'était relâche, on pouvait faire ce qu'on voulait et même ne rien faire si on voulait… Le service était réduit à son minimum et de nombreux employés prenaient donc un week-end libre, Monsieur Le Comte s'absentait toujours à partir du samedi après midi. Charles et Antoine avaient donc décidé de faire une virée en célibataires. Ils risquaient de rentrer tard et Greg était monté me voir pour boire un verre (ou plus), on était installés sur le tapis, avec juste un short sur nous… Et le dispositif… ! Un whisky, puis un second, les langues se déliaient…

Moi : Tu sais, la première fois que je t'ai vu… Tu faisais craquer toutes les filles et pas seulement…

Lui : Je suis sexy ! Non ?

Moi : Tu es… C'est dommage que tu portes ce truc, j'aurais bien aimé que…

Lui : C'est loin tout ça pour moi !

Moi : Mais pourquoi ? Qu'est-ce qui t'a décidé ?

Il s'approchait de moi et me montrait des photos de cette époque sur son téléphone…

Lui : Là, tu me reconnais sur la photo ?

Moi : Il y a plusieurs personnes, je vois ton oncle… Non, je ne reconnais personne d'autre…

Lui : Là, regarde bien !

Moi : Mais c'est pas toi ça ! C'est un gros bonhomme qui ressemble à une publicité pour une marque de pneumatiques !

Il rigolait…

Lui : C'est bien moi, l'année de mes dix-huit ans… Ça fait peur ! Moi non plus je ne me reconnais pas ! Mais c'est bien moi ! Mes parents étaient morts l'année précédente et je me laissais aller, je picolais, je ne glandais rien à l'école, passais le temps à me branler ou à draguer des gens qui ne s'intéressaient à moi que pour mon argent… Ma famille a du fric ! Ça aide ! Et là, c'est ma sœur !

Moi : Tu as une sœur ?

Lui : Elle est à peine plus vieille que toi, Sophie, elle est adorable, je l'adore. Sur la photo, elle est encore toute gamine, depuis elle a grandi et elle fait des études de commerce, elle parle cinq langues couramment !

Moi : Il faudra nous la présenter !

Lui : Et qu'est ce que tu en ferais ?

Moi : Ça y est, je savais que la discussion allait descendre en dessous de la ceinture !

Lui : De toute façon tu préfères les garçons, c'est pas comme ton copain Antoine !

Moi : Non, c'est pas vrai…

Je lui racontais la vie que nous avions menée pendant le dernier trimestre…

Lui : Je comprends mieux vos résultats, on m'avait raconté pas mal de choses, mais j'en ignorais beaucoup… Mon oncle m'avait dit que ça devait être quelque chose dans ce genre… Il avait deviné, lui !

Moi : Vous parlez de moi !

Lui : On parle toujours des anciens participants et des anciens porteurs… Surtout que tant que tu l'étais, tes résultats à l'école étaient remarquables, tous tes résultats !

Moi : Oui je sais ! C'est après que…

Lui : Pour moi, c'était pareil ! Mon oncle commercialisait déjà, à petite échelle, ces nouveaux dispositifs ! Il m'a dit de me calmer ou bien il m'obligerait à en porter un !

Moi : Et… ?

Lui : Je ne me suis pas calmé ! Il m'a un peu obligé, un peu !

Moi : C'est un peu le coup qu'il m'a fait à mon arrivée !

Lui : C'est exactement le coup qu'il t'a fait à ton arrivée ! Mais ceci dit, Jean-François était prêt à appeler la police… Huit jours plus tôt, mon oncle était absent, moi aussi, et c'est ce qui se serait passé !

Moi : On a eu de la chance !

Lui : Bien sûr on n'aurait pas poursuivi, mais le mal était fait, vos parents auraient été avertis… !

Moi : Là, ça faisait mal, ils nous auraient tués ! Donc ton oncle t'a obligé à porter un de ces trucs ?

Lui : Il a exigé que je me ressaisisse, que je trouve une solution… C'en était peut-être une ! Si je l'acceptais, il me laissait un sursis ! J'ai choisi le confort matériel !

Moi : Et le groupe de vacances ?

Lui : Au départ, c’était une opération de marketing… C'était des jeunes d'un bon milieu homosexuels ou dilettantes qui n'en branlaient pas une à l'école comme moi. Les parents les avaient envoyés en toute connaissance de cause. J'étais autorisé à retirer mon truc au moment où je serais choisi par le groupe, mais je devais le remettre après les vacances !

Moi : Tu pouvais donc te retrouver libre deux semaines ou une journée !

Lui : La première fois, je suis resté enfermé pendant six mois !

Moi : Tu étais morflé ?

Lui : J'étais morflé ! Mais trois ans plus tard, j'étais transformé.

Moi : Ce beau garçon super sexy que j'ai devant moi !

Lui : Je suis d'accord… Beau garçon super sexy !

Moi : J'ai envie de toi !

Lui : On peut se faire un câlin !

Moi : J'ai du matos…

Il avait l'air surpris, je le lui montrais.

Moi : C'est pas interdit, je ne voudrais pas que Charles ait des ennuis…

Lui : Non, ce n'est pas interdit, discrétion obligatoire, c'est tout ! Je pense que tout le monde est plus ou moins équipé… Ne bouge surtout pas, je reviens !

Il se levait et sortait précipitamment de la chambre. Il revenait quelques instants plus tard avec une boite dans les mains. Il s'asseyait par terre à côté de moi, l'ouvrait, il y avait un beau gode à l'intérieur…

Lui : C'est mon pénis… C'est le moulage de mon pénis… En érection ! On l'a moulé il y a onze ou douze ans… Pas mal ! Non ?

Moi : J'aurais bien aimé jouer avec !

Lui : Avec celui-là, on peut !

Il se levait, retirait son short et se retrouvait nu devant moi. Il était vraiment canon ! Il me prenait le harnais des mains, se l'ajustait, y fixait son pénis.

Je sentais mon pénis gonfler dans sa cage, il était tellement sexy, tellement beau, j'avais envie de lui le premier jour, je retirais mon short moi aussi, m'approchais de lui et commençais à lui caresser le torse, il me prenait dans ses bras et on s'embrassait longuement avec tendresse. Je m'allongeais sur le lit, il s’allongeait sur moi avec beaucoup de douceur ! Il me caressait tout le corps, me suçait le lobe de l'oreille, m'embrassait le cou, les tétons, me prenait dans ses bras. Je lui rendais tous ses baisers et toutes ses caresses, j'étais fou de désir ! Je caressais son pénis, même sans aucune réaction de sa part, c'était agréable, il semblait réel, doux et ferme ! Doucement mais fermement, il me retournait sur le ventre et s'allongeait sur moi… Je le laissais faire, j'écartais les jambes, il me pénétrait doucement de toute la longueur de sa bite, bien à fond. Il se retirait, revenait, recommençait sans cesser de m'embrasser le cou, de me mordiller les épaules, de me pincer doucement les tétons. Je gémissais de plaisir, sa peau était douce, tellement douce ! Il faisait une pause puis recommençait un peu plus fort, mais à peine, il laissait monter le plaisir, ses caresses, ses baisers, ses murmures de tendresse dans mon oreille, son souffle, sa chaleur… À chaque pause, il recommençait un peu plus fort, graduellement, il savait vraiment faire monter le plaisir, tout doucement…

Lui : Les filles adorent quand tu t'y prends comme ça !

Moi : Je suis une fille, prends-moi, ohhhhh ouiiiiiii !

Je sentais progressivement monter en moi une sensation de douceur, de force, de puissance, une explosion… Je hurlais… Il continuait de plus en plus fort. Je hurlais comme un fou. Il n'arrêtait pas… Je ne savais plus si j'allais éjaculer, pisser… Je perdais le contrôle de mes réactions, des mes gestes, je me tordais dans tous les sens, me soulevais avec mes bras, tentais d'attraper je ne sais quoi avec les mains… Je finissais par lui hurler… Je n'en peux plus ; tu vas me tuer, arrêtes tout ! J'avais l'impression que mon cœur allait exploser que j'étouffais, je tremblais, il faisait chaud, on était en été, j'étais en sueur, j'avais chaud, mais je tremblais et je ne pouvais pas m'arrêter, je ne pouvais pas contrôler ce tremblement… Il se retirait et se couchait sur moi comme pour me protéger. C'était doux, c'était lourd, c'était chaud, c'était bon… J'avais joui, mais je ne savais pas si j'avais éjaculé ou non, je m'en moquais ! Je me sentais tellement bien, j'aurais voulu que ce moment ne s'arrête jamais !

Je ne regardais pas l'heure qu'il était et je n'avais pas la moindre idée du temps que nous avions passé comme ça, sans bouger, en nous contentant du contact de notre peau moite, de notre sueur qui coulait sur l'un avant de se répandre sur l'autre…

Il finissait par s'allonger à côté de moi sur le dos, je restais sur le ventre, je me sentais plus léger, mais je me sentais toujours aussi bien !

Lui : Je devine que tu n'auras pas la force de me rendre la politesse !

Moi : Plus tard peut-être, là je ne peux pas. Impossible !

J'essayais de me lever, mais j'avais le tournis et je me laissais retomber sur le sol les bras en croix… Ce n'était pas seulement l'alcool qui me faisait ça ! Avec ma main, je cherchais sa main, je tombais sur sa bite, ça me faisait rire, il me répondait par un autre rire… puis je touchais son dispositif de chasteté, j'en profitais pour lui caresser les couilles. Il les épilait régulièrement, la peau était douce, j'avais envie de les lécher, mais pas la force de bouger… Je finissais par trouver sa main et ne la lâchais plus ! On s'endormait !

On ne tardait pas à être réveillés par Antoine qui, nous voyant ainsi, le gode-ceinture sur Greg, moi allongé sur le ventre, deux verres et une bouteille de whisky vides, n'hésitait pas à allumer toutes les lumières et à hurler joyeusement !

Antoine : Alors je vois qu'on s'éclate quand je ne suis pas là…

On se réveillait en sursaut !

Moi : Mais ça va pas de faire peur aux gens comme ça !

Greg : C'est maintenant que tu rentres toi ! Tu as vu l'heure qu'il est !

Antoine : Non !

Greg : Remarque, moi non plus !

Charles : Ils se sont bien amusés tous les deux j'ai l'impression !

Antoine : Mais c'est quoi ce truc que tu as, un gode-ceinture, tu l'as trouvé où ?

Moi : Arrête de dire n'importe quoi, c'est le mien avec son pénis dessus !

Antoine : C'est toi Greg qui t'es fait enculer ! Moi aussi je veux enculer quelqu'un !

Greg : Vas-y, prends-le (il le lui donnait) et encule-moi, tu seras mignon !

Antoine ne se faisait pas prier ! Il se fixait le gode-ceinture, le lubrifiait, se penchait sur Greg qui restait allongé sur le dos, lui relevait les jambes, et lui défonçait le cul. Greg gueulait, mais en redemandait… Je me levais, prenais dans l'armoire d'Antoine le second gode-ceinture, je le donnais à Charles en lui disant… Vas-y, défonce-lui le cul à Antoine, ça devrait le calmer ! Charles non plus ne se faisait pas prier !

Je m'installais confortablement et j'admirais le spectacle… Trois corps magnifiques, dégoulinants de sueur, exubérants de muscles et de testostérone, contrariés, frustrés, en manque de sexe et qui ne pouvaient que se soulager avec des godes. Aucun ne pouvait soulager l'autre, car aucun n'avait de sensation sexuelle sur ce qu'il faisait à l'autre, mais seulement sur ce que l'autre lui faisait… Celui qui était à la meilleure place devait être Antoine qui était au milieu, pris en sandwich, sans le dispositif de chasteté, il aurait pris doublement son pied… Mais là, il y avait de la tension sexuelle, de la frustration, des hormones en délire, de la sueur, du muscle, et finalement, ils arrivaient à prendre un vrai plaisir ! Antoine bougeait son bassin d'avant en arrière, il donnait à Greg un plaisir et en recevait de Charles autant par ses propres mouvements que par ceux de Charles qui lui, ne faisait que donner !

Antoine jouissait en premier. D’où j'étais, je pouvais voir un filet blanc qui coulait du dispositif d'Antoine, il ne mollissait pas… Greg finissait pas suivre, là il jouissait, là il jutait, et les grimaces qu'il faisait trahissait le plaisir qu'il éprouvait… Seul Charles restait concentré sur les réactions de son camarade devant lui ! Mon regard parcourait la chambre et je remarquais aux traces laissées sur le sol que tout à l'heure, je n'avais pas juté, j'avais joui, mais pas éjaculé ! J'étais épuisé et vite mes compagnons se retrouvaient dans le même état… Je me jetais sur mon lit, Charles se laissait tomber à côté de moi, Antoine faisait comme moi et Greg, il se jetait à côté d'Antoine… C'est ainsi qu'on se réveillait le lendemain matin… C'était dimanche et on n'était pas obligés de se lever, on était tous en week-end !

Il devait être près de neuf heures quand on commençait à réagir… Neuf heures… Une heure tardive par rapport à nos habitudes ! Je me dirigeais vers la salle de bain, la lumière violente me faisait cligner des yeux… Grosse fatigue… Je revenais dans la chambre sans trop savoir ce que je cherchais… Charles s'était réveillé et était en train de ranger la chambre, les verres, la bouteille, les vêtements…

Moi : Charles !

Charles : Oui monsieur Djé !

Moi : Tu fais quoi là ?

Charles : Je fais mon travail, monsieur Djé ! Vous n'avez pas oublié que je suis votre valet de chambre…

Moi : Charles ! On est week-end… Tu es en week-end… S'il te plaît, laisse tout ça, on peut faire le rangement nous-mêmes aujourd'hui, plus tard. Si tu veux vraiment être utile, viens donc dans la salle de bain, tu vas m'aider à prendre ma douche !

Charles laissait tout en place et venait me rejoindre dans la salle de bain en faisant une drôle de tête. Toujours dans son sérieux professionnel, il prenait un gant, un savon et se préparait à me laver, je le tirais vers moi sous la douche et c'est moi qui lui lavais le dos, le torse… Rapidement, on s'enlaçait, on se passait l'un l'autre du savon partout, il retrouvait son sourire. Avec le bruit que nous faisions, nos deux autres camarades arrivaient pour voir ce qui se passait. En nous voyant, ils souriaient et n'hésitaient pas à nous rejoindre. On riait, on criait, on se savonnait l'un l'autre même les parties les plus intimes, et surtout celles-ci…

J'étais le premier à sortir de la douche, Charles me suivait de près…

Moi : Charles, dis-moi, j'ai une idée… si on allait chercher le petit déjeuner à la cuisine pour le prendre ici, tous les quatre… Tu sais où sont les plateaux avec des roulettes que tu utilises pour monter les repas ?

Charles : Je vais m'en charger si vous le voulez bien, monsieur Djé !

Moi : On y va ensemble !

On enfilait un short, c'était suffisant pour un dimanche… Il connaissait les lieux et surtout comment ils fonctionnaient. On trouvait le plateau et rapidement on le chargeait avec tout ce qu'il fallait pour faire un petit déjeuner copieux… Je le suivais avec le plateau, et le poussais à bien le remplir, je me lâchais sur la brioche, la confiture, les croissants… Au passage, on croisait Jean-François… C'est lui qui commandait en l'absence de M. Le Comte…

En le voyant, je lui lançais… Ça va J-F ? On est matinal aujourd'hui ! Incrédule, il me regardait l'air désabusé, il hochait la tête semblant se dire… Ah ces jeunes ! On remontait dans la chambre le chariot bien chargé… Rapidement, je mettais de l'ordre dans la chambre pendant que Charles montait la table… Évidemment, il faisait ça d'une manière très… protocolaire… Il était peut-être en week-end, mais il gardait ses réflexes professionnels… Greg et Antoine étaient toujours dans la baignoire. Ils finissaient par en sortir. On avait ouvert les fenêtres, branché les ventilateurs, la table était accueillante, on avait retiré nos vêtements, ils venaient nous rejoindre comme ils étaient ! Dix heures moins le quart, on prenait notre petit déjeuner… !

Je proposais qu'on oublie le protocole, au moins le dimanche ! Tout le monde était d'accord, toutefois, Charles ne pouvait se défaire de son vouvoiement envers nous et du Monsieur qu'il mettait toujours devant notre prénom…

Moi : Dis-moi Charles, tu nous dis toujours Monsieur Djé ou Monsieur Antoine… C'est pas du tout dans la norme de dire Monsieur devant le prénom…

Charles : Je vous prie de m'en excuser Monsieur Djé, mais c'est seulement parce que je ne connais pas votre nom de famille. Monsieur Ducran, par exemple, je ne l'appelle pas par son prénom ! (il parlait de Greg)

Antoine : C'est pas compliqué, moi je m'appelle…

Moi : La ferme Antoine, ne lui donne pas ton nom ni le mien, ça serait encore pire !

Nous rigolions tous de bon cœur. C'est vrai ça, j'étais un peu mal à l'aise à cause de ce protocole, de la part d'un homme avec qui on avait baisé et que j'appréciais beaucoup ! Un peu coincé, probablement à cause de la présence de Greg, Charles finissait par se décontracter… On passait le reste de la matinée à ne rien faire, un câlin de temps en temps. On se décidait à sortir de la chambre pour le dîner vers douze heures trente… Le dimanche, c'était décontracté, pas de tenue particulière, on arrivait en short. Le dimanche, c'était buffet, chacun se servait lui-même à la même table, le patron n'était jamais là… Greg me dit qu'en fait, c'était prémédité, la tension induite par la chasteté pouvait se relâcher plus facilement en son absence… Le personnel avait besoin de ce jour de détente. Il me faisait remarquer que c'était le premier dimanche qu'il passait lui aussi au château, il s'absentait également le dimanche, comme son oncle ! Ce dimanche-là, s'il était toujours là, c'est uniquement parce que la nuit avait été dure !

C'était une maison bourgeoise et elle avait ses règles, même si certaines étaient particulières !

J'apprenais avec la plus grande surprise qu'une grande partie du personnel n'était pas gay. M. Le Comte par exemple… En tous cas, on ne lui connaissait aucun écart à son abstinence sexuelle. Jean-François était marié avec deux enfants. Le plus âgé travaillait aux jardins pour la saison, il venait d'avoir dix-huit ans, il avait souvent porté le dispositif, mais pour de courtes périodes ne dépassant pas une ou deux semaines. Il était toujours libéré pour le week-end. C'était la première fois qu'il le garderait pendant trois mois et son impression était mitigée, il s'en serait bien passé. Il me racontait que son jeune frère en portait un aussi, mais par contre c'était lui qui l'avait réclamé.

Les motivations étaient des plus diverses… L'envie de faire une expérience amusante, la nécessité de rester concentré sur le travail en rendant impossible toute distraction, la morale qui condamne l’onanisme, un contrôle contre l'adultère, le rejet du plaisir sexuel, le contrôle de la masturbation… Il devait bien y avoir autant de raisons que de porteurs…

Pour moi et pour mon camarade Antoine, c'était le besoin de rester concentré et ça semblait marcher. Pendant le second trimestre, j'étais au sommet de ma forme. Je n'avais jamais été aussi bon, ensuite je me suis laissé distraire. Antoine, lui, s'est toujours laissé distraire… Le résultat était là, on avait failli échouer lamentablement alors que de toutes évidences à voir nos progrès actuels on avait largement les moyens de réussir !

Quand on est libre, on peut se branler tous les jours, plusieurs fois par jour, ce qui d'ailleurs le plus souvent ne pose aucun problème, c'est ce que j'ai fait pendant très longtemps ! On peut aussi passer une grande partie de son temps à y penser, on peut ne plus penser qu’à ça, et là ça devient critique, on se dissipe. Dans le cas d'Antoine, lui ne se branlait pas, mais il pensait aux filles toute la journée et il passait ses nuits à faire l'amour ou à se chercher une fille s'il n'en avait pas une sous la main !

On nous avait un peu forcé la main pour ce qui est de nos motivations, mais à la fin des vacances on avait remarqué la différence… On tenait la forme… Antoine n'avait jamais été autant en forme physique, j'étais revenu au sommet. J'avais même battu plusieurs de mes propres records. Nos esprits étaient en éveil… On était prêts à reprendre les études… On allait casser la baraque… On serait les champions !