Donnant-donnant

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Numéro 9

Texte d'archive:


Archivé de: Réponses Gay – Numéro 9
Date de parution originale: 1988

Date de publication/archivage: 2015-01-18

Auteur: Gabriel
Titre: Donnant-donnant
Rubrique: Y'a de la gayté dans l'air

Note: Le magazine Réponses Gay ayant disparu, nous vous présentons alors sur l'archive des textes y ayant paru au fil des ans, à titre d'archive, le but premier de l'archive étant que la littérature homo-érotique se préserve au fil du temps. Si vous êtes l'auteur de ce texte, ou si vous détenez des droits légaux sur ce texte, veuillez communiquer avec nous sans délais.

Ce texte a été lu 5174 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)



Tous les matins, je descends faire du jogging dans un square qui n'est pas loin de chez moi, dans le 19ème. Je laisse ma femme qui dort et je vais courir une petite demi-heure. Avant de remonter, j'achète des croissants chauds et je lui apporte le petit déjeuner au lit. C'est devenu un rituel entre nous. J’ai toujours été un hétéro sans problème jusqu'au jour où j'ai vu ce garçon pour la première fois. C'était un exhibitionniste. Chaque matin, il était là, le dos appuyé contre un arbre. Il devait avoir à peine vingt-cinq ans et il était toujours en survêtement bleu. Quand je passais devant lui au petit trot, je voyais qu'il avait baissé l’élastique de son pantalon et qu’il brandissait sa queue en la secouant devant moi. Moi je faisais comme si de rien n’était. Je n'allais pas me laisser distraire pour si peu.

Du moins, ça a été comme la première fois. La deuxième, j'ai commencé à lorgner du côté de sa queue, par simple curiosité. Elle avait l'air de belle taille pour autant que je pouvais en juger pendant les quelques secondes que je mettais à le croiser. Il se l'astiquait durement et elle était toute violette. Il avait même sorti ses couilles. Il se tenait la tige d'une main et de l'autre il se malaxait le paquet par en-dessous. Ça m’a quand même fait un drôle d'effet et j'ai ralenti un peu mon allure pour mieux voir. J'allais courir avec de plus en plus d'intérêt. Même les jours de pluie, je me dépêchais de descendre en espérant le voir. Pour un mec comme moi, c'est-à-dire hétéro, il y a peu d'occasions de voir des bites bandées, à moins d'être partouzard, ce que je ne suis pas. Et il fallait le reconnaître, ça me plaisait beaucoup.

Un matin, j’ai eu un choc : il n'était pas là. J'ai fait deux tours de plus, j'ai regardé ma montre, mais c'était l'heure habituelle. J'ai pensé à lui toute la journée. Le soir, j'ai été incapable de baiser ma femme. Je me suis endormi en pensant à la bite de ce garçon. Le lendemain et le surlendemain non plus, il n'est pas venu. J'étais complètement obsédé par lui.

Finalement, il est revenu. J’étais fou de joie, j'avais eu tellement peur de l'avoir perdu que j'ai pensé qu'il fallait que je fasse quelque chose de nouveau pour qu'il ne me refasse pas le coup de disparaître. Il fallait que je lui donne un encouragement. Au deuxième tour, je me suis assis sur le banc, presque en face de lui et je me suis massé les mollets. Du coin de l'œil, je le devinais qui s’approchait, la queue à l'air. Le square était désert, il était à peine six heures et demie et il faisait froid.

Il est venu jusque devant moi et j'ai levé les yeux. Sa pine était à hauteur de mon visage, si proche que je pouvais voir la grosse veine saillante et bleue qu'il pressait du bout du pouce. De près, j'ai vu qu'il devait avoir à peine vingt ans. Il a dit d'une voix rauque : «Je t'ai montré la mienne. Tu me montres la tienne ?» J'ai à peine hésité. Un coup d’œil à gauche et à droite, il n'y avait personne. D'une main, j'ai baissé l'élastique de mon training en même temps que celui de mon slip. J'étais un peu gêné parce que je ne bandais pas. Ma queue était plus lourde que d’habitude, mais pas franchement dure et j'avais peur de le décevoir.

Il avait les yeux exorbités. Sans cesser de s'astiquer, et il faisait ça avec une telle violence qu'il avait l'air de se donner des coups de poing sur le ventre, il a dit : «Tripote-toi. Vas-y... Touche-toi la pine.» J'ai obéi. Il était debout devant moi et moi assis sur le banc. Il appuyait sur sa queue pour la diriger vers mon ventre et moi je brandissais la mienne vers le haut. Je commençais à bander sérieusement. L’élastique de mon slip arrivait à la base de ma verge, cachant mes testicules. «Sors tes couilles aussi, a-t-il dit. Montre-les-moi puisque je t'ai montré les miennes.»

Ça m'excitait, cette façon qu'il avait de présenter les choses comme un troc de marchandise. C'était donnant-donnant. Je te montre ça, tu me montres ça... J'ai sorti mon paquet et j'ai continué à me branler. Ma queue était complètement tendue, une vraie trique. Je devais ralentir de temps en temps pour ne pas décharger tout de suite. La vue de la pine du garçon me rendait fou. Le gland luisait de jus. Il haletait. «Je vais juter, a-t-il murmuré. Tu veux voir ?» J'ai fait signe que oui. Il s'est secoué encore un peu, puis il s'est arrêté et il a dit : «Essaie de juter en même temps que moi, tu veux ? Vas-y, fais-toi venir. Préviens-moi quand tu y seras. Moi je suis prêt, je t'attends.»

Les yeux braqués sur mon méat qui s'ouvrait et se refermait comme une bouche minuscule, j'ai repris les allées et venues de mon poing autour de ma queue. Je n'arrivais pas à croire que c'était moi, Gabriel, marié depuis quatre ans, hétéro pur et dur, qui étais à se branler en chœur avec un garçon. Tout d'un coup, j'ai senti une boule dans mes reins, j'ai presque crié : «C'est là. Vas-y !»

Il a accéléré son branlage tout en appuyant du pouce sur sa queue pour en corriger l'inclinaison. Au bout de quelques secondes, son foutre blanc a giclé par le trou du gland et ça m'est tombé sur la bite et sur la main. J'ai tout lâché moi aussi. Lui se vidait sur moi et moi sur son training. Il poussait le bassin en avant et je voyais les muscles de son ventre se contracter pendant qu'il éjaculait. Quand il a terminé, il a pressé le bout de sa queue entre deux doigts pour en extraire les dernières gouttes, il a rangé le tout dans son pantalon, et il est parti.

Je suis rentré chez moi comme un malade. Le jour suivant je l'ai revu. On s'est à nouveau branlés ensemble. Et le jour d'après aussi. Mais moi, j'avais envie de plus. Ça me faisait un drôle d'effet de me l'avouer, mais j'avais envie de le sucer, au moins pour commencer. J’ai eu plusieurs jours de déprime où je me disais que ce n'était pas possible que je devienne pédé. Et puis j'ai fini par accepter l'idée. J'avais trop envie.

La fois d'après, je lui ai proposé qu'on se voie ailleurs, chez lui si c'était possible, sinon je m'arrangerais pour trouver un appartement à emprunter. Je lui ai dit que j'avais envie de le sucer et peut-être de l’enculer ou qu'il m'encule, je ne savais pas encore. J'ai tout de suite vu que j'avais fait une connerie : il m'a regardé d’un air dégoûté et il a dit : «Moi, ce que j’aime, c’est voir. Seulement voir. Je ne suis pas pédé et j'aime pas les pédés. Allez, salut !»

Il m'a planté là, il est parti, et je ne l'ai plus jamais revu. Je me suis senti complètement con. Mais depuis, je sais qu'il faudra que j'essaie un jour. J’y pense tout le temps.

Gabriel (Paris 19ème)