Entre collègues de bureau

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Numéro 4

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 4
Date de parution originale: Septembre 1985

Date de publication/archivage: 2014-02-16

Auteur: Richard
Titre: Entre collègues de bureau
Rubrique: Premiers émois

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Ce texte a été lu 6854 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


Pour la première fois je rendais visite à Jean-Lou chez lui. La fois où nous avons fait connaissance plus intimement m’a laissé un arrière-goût de plaisir et de frustration qui m’a donné l’envie de recommencer.

Nous travaillons dans la même boîte. De retour de la cantine où nous déjeunons chaque midi, la discussion a viré sur nos relations et sur nos rapports sexuels. Depuis quelque temps j’avais le pressentiment qu’il devait être homo lui aussi. Je ne sais pas pourquoi en fait ; peut-être à son regard, à certains gestes ou à sa manière de parler aux hommes et de plaisanter avec eux. À brûle-pourpoint, je lui ai proposé d’aller faire un tour dans les toilettes et il n’a pas refusé.

J’ai déboutonné fébrilement son pantalon, il bandait déjà. Sa queue dans ma main me ravit ; je l’ai branlée lentement alors que par petits à-coup nos langues ont fait connaissance. Son membre, tout en étant très dur, me parut très doux au toucher, et je n’ai pas pu m’empêcher de glisser très vite le long de son corps et de m’agenouiller devant lui. Ma tête s’est mise à aller et venir ; il s’était appuyé à la cloison, les yeux fermés, sa respiration s’est accélérée et souvent il gémissait faiblement. Branlant sa queue d’une main, pompant son gland glissé entre mes lèvres, rapidement il a déchargé en gigotant le corps, étouffant un cri et agrippé à mes cheveux, son cul a bougé d’avant en arrière. Il a coulissé sa bite dans ma bouche le plus profondément qu’il a pu et s’est écrié : «Humm !... Humm !... C’est bon !... c’est bon !...» J’ai gardé entre mes doigts son membre, plus mou à présent, et je l’ai effleuré de bas en haut avec ma langue en aspirant ses dernières gouttes de jute. Dans le couloir, les gens réintégraient leur bureau. Nous en sommes restés là pour cette fois.

Jean-Lou était en peignoir de soie quand il m’a ouvert. J’avais encore le souvenir agréable de notre première étreinte, furtive et brutale et j’avais envie de recommencer. On a échangé un baiser à l’entrée et immédiatement nos bas-ventres se sont collés, nos sexes ont roulé l’un sur l’autre, mes mains ont écarté les pans de son peignoir et se sont évadées vers ses fesses et dans son dos. Il sentait bon, mes lèvres ont glissé dans son cou. Il a soupiré : «Ah !... Richard... oui !... oui !... embrasse-moi l’oreille !...»

Jean-Lou se tordait contre moi quand goulûment ma langue s’est infiltrée dans les replis de son oreille. Là, il a gémi plus fort, ma main a pris son membre et lui s’est mis à me dévêtir. La présence de ma langue devait bien l’exciter et il a poussé un cri plus fort quand il a extrait ma queue de mes vêtements. «Viens ! Viens vite ! Allons dans la chambre !» Son lit a craqué quand on s’est jetés dessus, enlacés.

Quel plaisir ce corps si doux contre le mien, cette bite qui s’écrase sur mon ventre et qui glisse le long de mes chairs ! Ses mains me pétrissent, me touchent, me caressent ; nos bouches se rencontrent encore, nos lèvres s’écrasent, nos langues se fouillent. Nos queues sont l’une contre l’autre et jouent ensemble : duel érotique et sensuel. On les prend dans nos mains et on se frotte les glands. Divin ! Il m’enjambe et, tête-bêche, on se met à se sucer. Lui me couvre la queue de baisers rapides et il m’astique aussi ; moi, mes lèvres longent sa hampe, ma main lui pétrit doucement les couilles et je lui entre un doigt dans le cul.

Nos corps sont soudés l’un contre l’autre, il tortille son postérieur sur moi et mon doigt va et vient dans son anus. Il s’arrache de notre étreinte et s’allonge sur le ventre en me suppliant de l’enculer : «Entre en moi !... entre en moi !...» Sa voix est tremblante et il halète.

Ma bite s’appuie contre son cul, sa rosace toute brune et frippée se distend sensiblement ; il écarte les fesses de ses mains, je pousse un peu, il recule, force : son conduit s’ouvre et j’y enfile la moitié de mon gland. Il crie plus fort, je serre mes fesses et, d’un autre coup de reins, je le pénètre un peu plus. Mon gland est entré entier, il bouge son postérieur, les mains agrippées au matelas et la tête enfouie dans l’oreiller. Alors, il s’est soulevé et il est venu s’empaler sur ma queue toute vibrante, tremblante d’émotion et de désirs.

Bien enfoncé en lui, je reste sans bouger, appréciant ce moment. Son anus se contracte de plus en plus, se relâche, puis se resserre et de nouveau me presse. Nous restons ainsi immobiles tous les deux, concentrés sur les vibrations de son sphincter. Ma queue est compressée à sa base régulièrement et je sens mon gland grossir et de petits picotements titiller la pointe. Nul besoin d’aller et venir: il m’aspire régulièrement, je m’aplatis davantage, mes cuisses lui écrasent les jambes, ma poitrine se frotte à son dos, je lui mordille l’oreille et après un long moment, n’y tenant plus de cette immobilité, mon postérieur recule et dégage ma queue lentement de cette emprise. Je me soulève en poussant sur mes bras, nous nous décollons. Mes jambes se tendent, ma verge glisse dans ses chairs, mon gland arrive à la sortie, hésite puis tout mon corps repart en avant. Je le lime comme ça un bon moment, parfois je me renfonce en lui doucement puis, m’écrasant violemment, je casse le rythme. Jean-Lou gueule chaque fois que je le culbute avec force. Je sens un pincement dans ma prostate... je vais jouir... j’accélère mon va-et-vient mais mon orgasme a l’air de s’échapper... plus vite... plus fort. Mes coups sont réguliers et cadencés et d’une rapidité incroyable. Ça revient, mais de très loin. Je tends mes jambes à la limite de la crampe, Jean-Lou hurle, et son cri n’est qu’une seule et longue plainte. Ça m’excite un peu plus... voilà, mon orgasme se précise... il arrive... il déferle dans mon corps et mon sperme jaillit en saccades dans ses intestins.

Toute la nuit nous avons baisé ainsi, déchaînés, surexcités, très amoureux l’un de l'autre. On l’est toujours d’ailleurs, six mois après cette nuit.

Richard, 29 ans