Et si c'était vrai... (08)


Et si c'était vrai... (08)
Texte paru le 2019-02-19 par ‎ Kiluan   Drapeau-be.svg
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Template-Books.pngSérie : Et si c'était vrai...


Chapitre 08 - Le paradis existe



Jenny et Max se regardèrent, un grand sourire sur le visage (un peu de ketchup coulait du coin de la bouche de Max, chose que Jenny tenta de lui faire remarquer discrètement). Ils étaient ravis de mon changement d'attitude.

— Tu sais ce que tu vas faire alors ?

— Non, aucune idée honnêtement. Je ne me suis jamais retrouvé dans cette situation avant.

— J'ai une amie lesbienne, commença Max. Peut-être qu'elle pourrait te filer quelques conseils ?

— T'as une amie lesbienne toi ? s'étonna Jenny.

— Bah quoi! T'es pas ma seule amie tu sais. Bon, ouais, j'avoue, elle me plaisait et j'ai essayé de la draguer, mais elle m'a rembarré en me disant qu'elle préférait les meufs. Mon charme naturel ne peut pas marcher à tous les coups ! Mais on est restés en contact.

J'imaginai la scène et je me mis à rire, ce que ça faisait du bien. Max se tut, vexé, pendant au moins trois secondes avant de rire avec moi. J'aimais trop ce gars ! Il était toujours de bonne humeur, comme Martin. C'était un beau mec, typé méditerranéen avec ses cheveux couleur corbeau, sa peau hâlée et ses yeux gris, il avait un succès fou auprès des filles. C'était un garçon plein d'énergie, avec toujours plein d'anecdotes qui lui tombaient sur le coin du nez, comme les vieux qui ont toujours un truc à dire et s'il devait arriver quelque chose de bizarre ou de marrant, on pouvait être sûr que ça serait pour Maxime ! Nous avions quasiment le même âge (il était de mars et moi de décembre) et forcément, il était devenu mon meilleur ami dès notre première rencontre à la rentrée scolaire en première primaire et depuis nous ne nous étions jamais quittés (sauf durant mes quinze ans, mais je préférais ne plus trop penser à cette période). C'était avec lui que j'avais créé notre duo musical (il était sacrément doué à la basse) qui deviendrait plus tard un trio avec l'arrivée de Jenny et la création des « Black Pets ».

— Pourquoi pas. Au point où j'en suis.

— De toute façon, cette fois, tu seras pas tout seul. On va bien trouver une solution. Et puis, j'me suis entiché de Nathan, il est adorable et il a l'air vraiment super gentil.

Je regardai Jenny de biais. C'était quoi cette phrase ? Elle perçut mon regard et se mit à rire !

— Tu serais jaloux ? rigola-t-elle. Ah ça ! Ça m'étonne de toi !

— Oui, non, mais "entiché"?

— Comme avec Max ou toi, voyons ! De toute façon, de un il est trop jeune pour moi et de deux, j'peux pas lutter contre toi !

— Je préfère ça ! conclus-je rassuré.

Nous rîmes tous les trois. Nous étions encore installés à table quand mon téléphone sonna. Je m'empressai de le prendre et je fus déçu de voir que ce n'était pas Nathan.

— Ouais ? répondis-je

— Salut Julian. C'est Mélissa. J'espère que tu vas mieux ! Désolé encore pour mardi soir, je ne pouvais pas me libérer !

— C'est pas grave, t'inquiète.

Heureusement qu'elle n'était pas venue finalement me dis-je en repensant à la soirée.

— Je voulais savoir si on jouait toujours vendredi soir.

J'avais totalement oublié ça.

— Non, déso ! A cause de l'accident je suis interdit de sortie (Max toussa, faisant semblant de s'étouffer et Jenny se mit à rire). On va devoir décaler tout d'une semaine, expliquai-je.

— Ah mince ! Ça va aller ?

— Oui t'en fais pas ! Mais on a préféré reporter pour être sûr. De toute façon, je vous tiens au courant sur WhatsApp.

— Ok, d'accord. Bon bah on se verra quand même avant ?

— Yep, je pense, si tout se passe bien !

— Ça marche ! A plus Ju !

Je raccrochai et je vis que Mom avait répondu à mon message.

— Déso les gars, je réponds vite.

— Fais comme chez toi ! dit Max en buvant une gorgée de coca qu'il recracha en partie en s'étouffant, cette fois pour de bon (quand je disais que tout lui tombait dessus).

— Bah alors, tu sais plus boire ? se moqua Jenny.

— Oh ça va ! J'ai avalé de travers !

Et nous rîmes de nouveau. Sacré Max ! Jenny reprit son sérieux et se tourna vers moi lorsque je rangeai mon portable.

— Tu vas aller jusque là ?

— Je sais pas trop, j'ai peur d'aggraver les choses si je débarque comme ça après ce qu'il s'est passé. T'as bien vu comme moi comment ils sont partis.

Je revoyais la voiture quitter la rue cette nuit-là.

— Et comment tu vas faire alors ?

— Je devrais peut-être en parler avec Mom. Elle a beaucoup discuté avec Sandra ces derniers temps, elle saura peut-être me conseiller.

— C'est une bonne idée ça, lança Max.

— Je suis d'accord avec lui et au moins c'est un début. Tu as essayé d'appeler Nathan ?

— Non, fis-je en secouant la tête l'air penaud.

— Décidément, t'es peut-être doué pour la musique et rassembler les gens autour de toi, mais niveau cœur, t'es à chier ! me taquina-t-elle. Tu devrais essayer au moins ! Qu'est-ce que t'as à perdre.

Je repris mon téléphone et écrivit un message pour Nathan.

« Bonjour Nathan, j'espère que tu vas bien. Je n'ai pas osé te déranger ou prendre de tes nouvelles suite à ce qu'il s'est passé mais je suis toujours là à t'attendre. J'espère avoir de tes nouvelles. Je t'aime. Julian »

Je le lus tout haut pour mes deux amis.

— Un peu formel, mais au moins, tu l'as fait, reconnu Jenny.

— Bah je savais pas trop quoi envoyer honnêtement et j'ai aussi peur que ses parents lui aient confisqué son tel, admis-je.

Il était déjà 14h00 quand nous décidâmes de quitter le MacDo.

— Tu viens avec nous Max ? demanda Jenny.

— Ouais carrément ! J'ai rien prévu de la journée.

— Cool, mais c'est toi qui vas derrière, dis-je en montrant ma jambe.

Nous montâmes dans l'auto et Jenny démarra.

— On va où ?

— Le club est fermé à cette heure mais j'aimerai que tu me déposes chez moi, si tu veux bien. J'ai des excuses à faire à Mom et des questions à lui poser.

— Ça marche ! On ira faire un tour en attendant.

— Merci vous deux !


Jenny me ramena à la maison et ils repartirent. Je pris mon courage à deux mains et j'entrai. Il y avait du bruit dans la cuisine, Mom y était, mais je n'y vis pas Guillaume, ni même au salon. Tant mieux, je préférai rester seul avec elle.

— Je suis rentré Mom.

Elle arrêta ce qu'elle faisait (je ne voyais pas trop d'où j'étais) et elle se tourna vers moi. Je restai debout devant la table.

— Maman, je suis sincèrement désolé. Je ne sais pas ce qui m'a pris, j'ai pété un plomb. C'était comme si tout s'était écroulé autour de moi, comme avec Papa et Lætitia. Je me suis senti si perdu. Je sais que tu voulais bien faire, je n'ai juste pas compris ou je n'ai pas voulu le comprendre. Mais j'n'ai pas refait les mêmes conneries qu'avant ! J'espère que tu ne m'en veux pas trop ?

Elle s'approcha de moi, me regarda dans les yeux quelques secondes et elle me serra contre elle.

— Bien sûr que non ! Bien que je n'ai pas du tout apprécié ton comportement ! Mais je le comprends. Et je suis contente de savoir que tu n'es pas retombé dans tes travers !

Elle se retira et me regarda à nouveau.

— Comment tu te sens ?

— Mieux, admis-je. Jenny et Max m'ont remonté le moral. Mais je suis toujours perdu. Je sais pas ce que je dois faire. J'ai peur d'agir et d'aggraver les choses. Mais je deviens fou à rester là à subir les événements.

Elle tira une chaise et elle me fit m'asseoir tandis qu'elle s'installait en face de moi.

— Tu sais, ce n'est pas simple pour les parents de Nathan. Leur fils aîné est à l'hôpital, leur petit dernier ne parle plus et le troisième leur annonce être homosexuel et amoureux d'un autre garçon, même si ce garçon c'est toi. Imagine un peu, mets-toi à leur place.

— Je sais Mom, je comprends mais... Ce n'est pas de notre faute. Enfin, je veux dire, on n'a pas choisi ce qui nous arrive.

— Bien sûr que non, vous ne l'avez pas choisi ! Mais ce n'est pas plus simple pour autant.

— Et je devrais faire quoi d'après toi ?

— As-tu essayé d'appeler Nathan ?

— Je lui ai envoyé un message tout à l'heure. Mais non, je n'ai pas essayé de l'appeler.

— Tu devrais peut-être. Lui aussi subit les choses comme toi et malheureusement, il est du mauvais côté. Et lui est tout seul.

Elle avait raison ! Je me rappelais les paroles de Nathan quand il m'avait expliqué une partie de son passé, comment il s'était senti si seul quand il eut compris qu'il était gay et dans mon égoïsme, je n'avais pas imaginé que ça devait se reproduire à nouveau, qu'il était sans soutien et une fois encore, tout seul. Ça devait être encore plus difficile pour lui à gérer. Si c'est comme ça que je comptais être là pour lui, j'étais mal parti !

— Je vais l'appeler.

Je cherchai son nom dans le répertoire et l'appelai mais je tombai directement sur la messagerie. Je raccrochai, déçu.

— C'est la boîte vocale.

— Tu réessayeras plus tard, ce n'est pas grave !

Je gardai le silence, réfléchissant à comment formuler ma prochaine question.

— Comment... Comment tu gères toi ? Je veux dire, le fait que je sois... gay.

— Je m'inquiète.

— Sérieux ? Tu as peur que je devienne une folle ou quelque chose comme ça ? (Bonjour les clichés !)

Elle éclata sincèrement de rire.

— Non, pas du tout ! Je m'inquiète des autres, pas de toi ! Je sais comment sont les gens. Ils jugent et ils condamnent vite. Et l'homosexualité, même si les mentalités changent doucement, reste mal vue ou incomprise. Il suffit de voir les agressions homophobes en nette augmentation ces derniers temps.

— Mmm, c'est vrai, acquiesçai-je. Mais mon agression n'avait rien à voir avec mon homosexualité pourtant !

— En es-tu sûr ? Tu as dit qu'ils avaient voulu te voler et pourtant, ils ne t'ont rien pris et honnêtement Julian, vu comment tu t'es fait tabasser, je doute que ça soit juste pour te dérober ton porte-feuilles.

— Mais... Avant Nathan je n'avais jamais ressenti ça pour un autre garçon, tu sais, comment ils auraient pu savoir que j'étais homo ? Même moi je l'ignorai !

— Peut-être... Tout cela n'est que supposition.

Je repensai à cette phrase qu'un de mes deux agresseurs avait dite :

« Alors, c'est toi le p'tit pd qui s'en est pris à nos potes ? »

Une coïncidence, c'était obligé ! « Pd » était une insulte tellement courante, malheureusement. Puis je savais pourquoi ils m'avaient agressé de toute façon.

— Tu penses que je devrai aller jusque là pour m'expliquer ?

— Non, pas tout de suite. Laisse-leur un peu de temps.

— Mais ça fait déjà presque deux jours, me plaignis-je. Et comment je fais pour Nathan si je ne peux pas être là pour le soutenir ?

— Ça fait seulement deux jours, corrigea-t-elle. Laisse passer la journée et tu aviseras demain, d'accord ?

— D'acc', capitulai-je. Je vais attendre un peu alors. Où est Guillaume ?

— Je ne sais pas, dans sa chambre sûrement. Tu devrais aller lui parler !

— Oui, c'est ce que je vais faire. Au fait, est-ce que Max et Jenny peuvent passer ce soir? demandai-je en me levant.

— Oui bien sûr. Ils n'ont qu'à rester manger, il me reste encore plein de sauce bolognaise.

— Merci Mom.

Je m'approchai d'elle et l'embrassai sur la joue, puis je rejoignis la chambre de Guillaume. La porte était fermée et je frappai : deux coups, un coup, trois coups. C'était notre code. La porte s'ouvrit immédiatement et Guillaume me plongea dessus.

— T'es revenu ! J'ai cru que je ne te verrai plus jamais !

— Oh, oh, du calme petit démon ! Pourquoi tu as cru ça ? C'est un peu exagéré, nan ?

Je pris sa tête d'une main et le forçai à me regarder.

— Tu es parti tellement fâché, comme quand t'étais avant.

Il baissa les yeux.

— Je suis désolé p'tit frère, je me suis mal conduit, mais je te promets que le Julian d'avant n'est pas revenu. Tu ne m'en veux pas ?

Ses yeux brillaient mais il me sourit.

— T'es pas fâché sur moi alors ?

— Comment le pourrais-je ? J'ai le meilleur petit frère du monde !

— Je suis le seul petit frère que tu as !

Touché ! Quelle répartie ce petit là.

— C'est pour ça que tu es le meilleur, rigolai-je. Alors, tu fais quoi ?

— Je joue à la DS. Pokemon, précisa-t-il.

— Et tu te fais démonter?

— T'es drôle toi ! Je suis le meilleur ! J'ai même chopé Bébécaille, tantôt ! Dis, tu vas rester à la maison ?

— Oui, je suis fatigué et Max et Jenny vont passer tout à l'heure. Bon, je te laisse, je vais aller me reposer un peu, ma jambe commence à ne vraiment plus tenir le coup !

Je le laissai retourner à son jeu avant d'aller m'allonger sur le lit. Je démarrai la musique (Epica – The Phantom Agony) et je pris mon téléphone. Toujours pas de nouvelles de Nathan, je tentai encore de l'appeler mais c'était encore la messagerie. J'envoyai un message à Jenny et Max leur proposant de venir vers 18h00 et de rester souper, ce qu'ils acceptèrent puis je lançai Google et je tapai dans l'onglet de recherche : « Coming-out », « Comment en parler à ses parents », « Réactions de parents » et toutes sortes de mots clés tournant autour du sujet. J'essayai de me documenter un peu, comprendre comment je pourrai les faire changer d'avis, qu'ils sachent que je ne voulais pas de mal à leur fils ou toutes sortes de choses qu'ils pouvaient s'imaginer. Je surfais pendant une petite heure, lisant et me documentant mais c'était encore pire après : les témoignages de jeunes se faisant rejeter, l'incompréhension des parents face à cette « perversion », sans oublier tous les commentaires haineux toutes les deux phrases et j'en passais des meilleurs. Je reposai mon tel et fermai les yeux, il valait mieux me reposer.

C'est Mom qui me réveilla sur les coups de 17h00. J'avais dormi une heure presque et je me sentis un peu mieux bien que ma jambe se vengeait de tout ce que je lui avais fait subir ces derniers jours. J'avais abusé ! Je me levai, allai à la salle de bain et me débarbouillai vite fait. Mon œil commençait à se rouvrir, et je vis qu'il était rouge à l'intérieur. Badass!

Je descendis rejoindre Mom et Guillaume et je discutai avec eux tout en attendant mes deux amis. Ces derniers arrivèrent à 18h00 comme prévu et nous passâmes une bonne soirée tous ensemble. On parla de Nathan bien entendu mais aussi d'autres choses, ce qui permit de faire le calme dans ma tête. Vers minuit, ils nous quittèrent et je retournai me coucher, après les ablutions, les changements de pansements et la prise des médicaments. J'avais essayé plusieurs fois de joindre Nathan durant la soirée mais son téléphone était resté tout le temps éteint. Je m'étais décidé, alors que je raccrochai pour la dernière fois, que demain j'irai jusque là. Et c'était la tête « pleine de lui » que je m'endormis.

Je m'éveillai au petit matin en bien meilleure forme que la veille. Dehors il faisait un gros soleil ce qui promettait d'être une bonne journée et je me sentis de super humeur. Avant d'aller à la salle de bain, je pris un jean dont je découpai la jambe gauche (foutu plâtre) et une de mes plus belles chemises : il fallait que je sois sous mon meilleur jour si je voulais faire bonne impression devant les parents de Nathan. Mon visage commençait à reprendre une forme normale : mon œil s'était bien dégonflé et je voyais quasiment correctement, les griffures et les marques sur le côté de mon visage cicatrisaient bien et mon arcade se refermait. Bon, je n'étais pas encore une figure de mode, mais c'était déjà bien mieux. Je me lavai et je descendis pour prendre mon petit déjeuner et comme à leur habitude, Mom et Guillaume étaient déjà debout. C'était vendredi, on aurait dû jouer au club aujourd'hui et j'eus un petit pincement au cœur en y pensant qui disparut vite grâce à la bonne humeur de Mom et de mon petit frère.

— Hé bien, commentai-je en entrant dans la cuisine. Je vois que tout le monde s'est levé du bon pied ce matin !

— Bonjour Julian, me répondit Mom un sourire rayonnant sur le visage.

— Saluuuuuuuuuuut Ju', lança Guillaume avec le même sourire, du chocolat tout autour de la bouche. Et toi aussi! Ah t'as pas le choix, t'en as plus qu'un!

Et il se mit à rire tout seul de sa vanne pourrie.

— Tu as bien dormi ?

— Super bien, je me sens en bien meilleure forme que ces derniers jours !

— Tant mieux, me répondit-elle alors que je prenais une des crêpes de la veille et l'en saupoudrait de sucre.

— Attends avant de manger !

Mom me coupa dans mon élan.

— J'ai oublié quelque chose ? Je levai un sourcil interrogateur.

Guillaume me souriait de toutes ses dents mais ne disait rien.

— Bon, vous me cachez quelque chose là, ça pue à des kilomètres votre enroule !

Mon petit frère prit son air le plus innocent possible et Mom me regarda sans rien dire. J'essayai de réfléchir à ce qu'il y avait de spécial aujourd'hui, mais à part le concert qu'on avait annulé, je ne me souvins de rien en particulier.

— Allez ! m'impatientai-je. Il se passe quoi ?

— Va au salon, on arrive ! me dit juste Mom.

— Trop de secrets dans cette maison, marmonnai-je.

Mais je me levai et je traversai le hall pour rejoindre le salon, trop occupé à réfléchir au plan foireux que ces deux-là avaient mis au point dans mon dos. Je les connaissais bien et j'étais à peu près sûr qu'ils avaient trouvé un moyen de me remonter le moral et je souris malgré moi à cette idée quand je fus interrompu dans mes pensées.

— Bonjour, mon mauvais garçon !

Je stoppai net, lâchant mes béquilles. Nathan ! Il était là, debout face à moi, un sourire jusqu'au deux oreilles, ce sourire qui me hantait jour et nuit. Je n'en crus pas mes yeux et je pensai que ma mâchoire allait tomber. En tout cas, je dus avoir une drôle de tête car Nathan explosa de rire en me sautant dans les bras. Nous tombâmes tous les deux au sol (aïe ! Ma jambe ! Mais je m'en foutais totalement) alors qu'il me couvrait de baisers. Je lui rendis la pareille et nous restâmes à nous embrasser trop peu longtemps à mon goût. Je rigolais tout en l'enserrant et le couvrant de mes lèvres, des larmes de joie coulèrent sans que je ne les contrôle. Je ne voulus plus le lâcher et ce fut après un long moment qu'il se redressa et m'aida à me relever.

— Mais... Comment ! Pourquoi ? Quand ?

J'avais trop de question dans la tête et toutes voulurent sortir en même temps. Il rigolait toujours et nous nous installâmes dans le divan, serrés l'un contre l'autre.

— J'ai cru que... commençai-je.

— Moi aussi !

Il m'embrassa de nouveau. Ce que c'était bon de le sentir, de le toucher, de l'admirer : il m'avait trop manqué ! Sentir sa langue explorer ma bouche, sentir ses mains caresser mon corps, sentir son souffle chaud dans mon cou m'envoyèrent au Septième Ciel et en cet instant, plus rien n'existait à part lui. Nous restâmes longtemps à jouer tous les deux, dans une sorte de sensualité pure qui me prodiguait un bonheur inexplicable. Malheureusement, toutes les bonnes choses avaient une fin et celle-ci se termina par l'arrivée de Guillaume.

— Maman ne voulait pas que je vous dérange, mais...

Il fit son regard du Chat Potté dans Shreck et il le maîtrisait à la perfection car Nathan et moi eûmes le même geste en l'invitant à nous rejoindre.

— Tu me dois des explications à présent, dis-je sur un faux ton de reproches.

— Disons que je devrai peut-être devenir avocat. Il me souriait toujours. J'ai défendu notre cause et j'ai gagné ! Grandement aidé par Arthur, je l'avoue.

— Je veux tout savoir !

— Moi aussi !

Nous regardâmes tous les deux Guillaume et nous éclatâmes de rire une fois encore.

— Tu restes là pour longtemps ? demandai-je, l'anxiété me gagnant un peu.

— Jusque dimanche.

Mes yeux s'illuminèrent.

— Enfin, si tu veux de moi ! ajouta-t-il d'un air espiègle.

— Jusqu'à la fin des temps ! Je t'aime ! ponctuai-je, déposant un baiser sur ses lèvres.

— Je t'aime aussi Julian !

Ces mots! Je pourrai les entendre en boucle ! Je ne cessai de le regarder, il était encore plus beau qu'avant : sa lèvre avait quasiment repris sa forme initiale ce qui rendait son sourire encore plus séduisant, si cela était possible, et il me transperça de son regard émeraude m'obligeant à me retenir de m'y noyer. Je ne rêvais pas, il était là, devant moi. Je glissai ma main sur sa joue dans un geste plus amoureux que jamais.

— Moi aussi je vous aime!

Guillaume me tira de ma rêverie et nous rîmes de nouveau.

— Et si on allait à la cuisine ? Mom doit s'impatienter. Et je meurs de faim !

Guillaume se leva le premier et fila alors que Nathan glissa sa main dans la mienne (ça aussi, ça m'avait tant manqué) et c'est ainsi accrochés l'un à l'autre que nous rejoignîmes Mom.

— Tu es fourbe ! lâchai-je sans préambule tout en m'approchant de Mom. Et j'adore ça !

Je l'enlaçai d'une main, l'autre étant toujours tenue par Nathan (et je ne comptais pas le lâcher).

— Merci Mom !

— Je n'ai rien à voir là-dedans.

— Qu'importe ! Merci !

Nous nous installâmes tous les deux à table. Guillaume avait repris sa crêpe au chocolat et je proposai tout ce qu'il y avait de disponible à Nathan, en ajoutant tout ce qu'il n'y avait pas également. Il n'arrêtait pas de me sourire et je dus avoir l'air bête à parler comme ça car Guillaume se mit à m'imiter, dans l'hilarité générale. Cette journée était décidément parfaite !


— Alors ? Tu me racontes ? Nous étions allongés sur mon lit. J'avais mis Pink Floyd - Shine on your crazy diamonds (part I – IX, la complète quoi!) sur YouTube. Il me caressait le torse de haut en bas du bout des doigts, les glissant de temps en temps entre les boutons de ma chemise, effleurant ma peau, ce qui m'électrisait à chaque fois. Il avait la tête appuyée sur son coude et me regardait alors qu'il s'amusait à voir mon expression changer au rythme de ses mouvements.

— Et si nous gardions les explications pour plus tard ?

Il m'embrassa, se leva et se dirigea vers la porte de la chambre pour tourner le verrou, nous assurant la tranquillité.

— Je ne veux que toi ! Là, maintenant ! Toi et rien que toi!

Je lui souris de toutes mes dents. Il se plaça sur moi, une jambe de part et d'autre de mon ventre et se pencha en avant, sa joue contre la mienne. Je sentis son souffle me chatouiller l'oreille et une chaleur se répandre dans tout mon corps.

— Laisse-moi m'occuper de toi, mon mauvais garçon, me susurra-t-il.

Je fermai les yeux et soupirai d'aise. Il se recula doucement, bougeant ses hanches par petits coups jusqu'à ce qu'il fut assis sur mon intimité que je commençai à sentir croître, chose qu'il dut remarquer aussi mais il ne laissa rien transparaître. Lentement, il dégrafa un à un les boutons de ma chemise et à chaque bouton défait, je poussai un petit soupir : rien que le contact de ses doigts sur ma peau nouvellement nue me rendait fou. Il arriva à hauteur de mon ventre et tira d'un coup, faisant sauter les deux derniers boutons, lui dévoilant mon torse nu.

— J'aime ton corps, me dit-il tout en le caressant de haut en bas, ses yeux verts le scrutant. Je l'aime vraiment!

Il glissa un doigt le long de mes muscles, dessinant mes pectoraux, mes abdominaux (je n'étais pas une montagne de muscles, mais j'étais quand même bien sportif).

— J'aime beaucoup! Et puis, t'es bien foutu, remarqua-t-il, un sourire coquin sur le visage.

Il retira ma chemise et je me laissai faire, totalement envoûté par ce garçon. Il continua à m'effleurer, me procurant autant de frissons qu'il y avait d'étoiles dans l'univers, puis il se pencha doucement. Je sentis la tiédeur de ses lèvres sur ma peau, quelle sensation ! Je défaillis. Lentement, il m'embrassa : d'abord les épaules, ma poitrine, tournant autour de mes tétons sans les toucher. Il descendit encore, lentement, prenant tout son temps, jusqu'à atteindre mon nombril puis il remonta et répéta le mouvement plusieurs fois dans une lenteur qu'il maîtrisait à la perfection. De temps en temps, tout en me prodiguant ses effets, il levait les yeux et me regardait. C'était un supplice et un délice en même temps. J'en voulais plus mais j'étais dans l'incapacité d'agir, prisonnier de son aura. Quel bonheur d'être entre ses mains, entre ses griffes !

Il commença à me lécher méthodiquement, s'appliquant à n'épargner aucun centimètre carré de ma peau. Il effleura mes tétons de sa langue, joua avec, les mordilla légèrement ce qui me valut un râle de plaisir, plus fort et plus profond que les précédents. Il savait s'y prendre ! J'étais dans un autre monde, un autre univers, juste avec lui, lui et moi. Mes mamelons durcirent sous ses assauts et il s'en amusa encore plus. Mon sexe également était devenu aussi dur que le roc, et, comprimé par mes vêtements et le poids de son corps, il commençait à me faire souffrir. Mais même si mon bourreau le sentit, il n'en eut cure : il s'appliquait à me torturer de ce plaisir que j'implorai de tout mon être. Il se glissa lentement sur ma jambe valide, évitant celle blessée, et sa langue reprit son ballet sur mon corps, descendant lentement vers mon nombril, puis plus bas cette fois. Elle glissa lentement sous la ceinture de mon pantalon traçant sa limite sur toute la largeur. Je n'en pouvais plus. Il redressa la tête et me sourit de nouveau. Je chavirai, mes sens étaient tous au taquet et pourtant je ne savais plus penser correctement, j'étais pris dans un tourbillon de sensations extrêmes. Il posa ses mains sur mon entrejambe et les bougea lentement de haut en bas, au travers de mon pantalon. Damn, c'était tellement... je n'avais plus de mots pour expliquer ce que je ressentais. Il continua ses allées et venues lentement, doucement. Trop lentement, trop doucement ! Torture était un bien faible mot et pourtant j'en demandais plus.

Il déboutonna mon jean et, comme avec ma chemise, il prit bien son temps, bouton après bouton, laissant finalement apparaître le tissu blanc de mon boxer. Lorsque mon jean fut totalement ouvert, il posa ses mains sur mon membre et je crus que j'allais exploser. Ce contact, même indirect, m'envoya des décharges électriques qui remontèrent jusque dans mon cerveau : je jouissais de plaisir mais dans ma tête, un peu comme la musique quand elle me transcendait. Toutes les limites étaient repoussées, dépassées. Je continuai à gémir sous ses mains expertes. De nouveau il se pencha et il glissa sa langue sur mon boxer, de la tête de mon sexe jusqu'à sa base. La sensation de chaleur sur le tissus qui se propageait sur toute ma virilité était indescriptible. Il s'appliqua longuement, s'arrêtant plus que de raison sur les zones qui m'arrachaient des râles plus profonds, plus puissants. Il fallait qu'il arrête, j'allais devenir dingue. Mais dingue de désir, d'envie, dingue de lui ! Je sentis ses doigts glisser sous l'élastique de mon sous-vêtement et lentement, très lentement (il aimait vraiment ça), il le tira vers le bas libérant mon sexe qui était humide de sa salive et de la preuve du feu qui couvait en moi. Je râlais de nouveau au contact de ses mains, la douceur de ses doigts sur ma verge la fit se tendre encore plus, grossir encore plus. Je sentis littéralement le sang affluer de toute part. J'avais envie qu'il la prenne dans sa bouche, qu'il la goûte. J'avais envie de sentir sa langue, ses lèvres, sa bouche m'engloutir et il dut lire dans mes pensées car dans la seconde, c'était de nouveau sa langue qui glissait le long de ma queue. Il s'attarda sur mes testicules, les gobant un à un, les faisant tournoyer alors que ses mains caressaient et jouaient avec mon corps. Puis ce fut une déferlante de sensations : il tira lentement mon prépuce vers le bas, libérant totalement mon gland qui libéra encore plus de liquide pré-séminal et l'enferma dans sa bouche. Ces sensations de chaleur, d'humidité, de douceur ; le contact de sa langue, les mouvements qu'elle fit, tournoyant autour de mon gland, dessinant ses formes, flirtant avec le méat, puis descendant et remontant ; la chaleur de ses mains sur le reste de mon corps qui s'attardaient sur les zones érogènes qu'elles avaient déjà découvertes et qu'elles s'amusaient à redécouvrir à chaque fois ; tout cela était devenu un tsunami de plaisirs, j'étais submergé par vague entière et il me fallut toutes les peines du monde pour ne pas exploser dans sa bouche : je voulais que ce moment dure éternellement. Il continua ce traitement pendant des secondes qui devinrent des minutes, j'avais perdu la notion du temps depuis longtemps de toute façon. Il avala quasiment l'entièreté de mon sexe à presque s'en étouffer puis revint sur mon gland. Je n'avais jamais connu ça. Il n'était pas divin, il était au-delà.

— Je... je vais venir... haletai-je avec difficulté d'une voix faible (parler m'était quasiment impossible, je ne pouvais plus que gémir).

Je ne sais pas s'il m'avait entendu ou s'il faisait semblant de ne pas m'entendre, mais il continua à s'affairer sur ma verge, plus rapidement cette fois, sa langue tournoyant follement autour de mon gland, sa tête montant et descendant dans un rythme endiablé. C'en fut trop, je couvris ma bouche de mes mains pour m'empêcher de crier, bien que cela fut vain et j'explosai littéralement en lui. Plusieurs jets de sperme chaud allèrent heurter son palais, sa gorge, sa langue. Je ne m'arrêtai plus. Toute cette envie que j'avais scellée au fond de moi se déversait, littéralement. Il n'en laissa échapper aucune goutte et il garda tout en lui, tout pour lui. Enfin, il se redressa, me sourit et m'embrassa, mélangeant nos salives au reste de ma semence qu'il avait encore dans la bouche comme si nous scellions officiellement nos deux êtres l'un à l'autre, dans un rite sacré, païen. Il s'allongea après quelques minutes à mes côtés, sa tête sur ma poitrine alors que je reprenais mes esprits très difficilement.

— C'était... je n'ai pas de mots.

Je le serrai plus fort, sa jambe recouvrit mon sexe, qui avait repris une taille plus normale et il recommença à me caresser le ventre.

— Mais ça va être à ton tour maintenant. Je ne suis pas encore rassasié !

Je me redressai, le faisant glisser sur le lit et je le regardai droit dans les yeux.

— Je veux t'offrir ce que tu viens de m'offrir !

Il me sourit et il ferma les yeux lorsque je lui déposai un baiser sur les lèvres.

Nightwish - The ghost love score passait sur le PC.


A suivre...