Et si c'était vrai... (25)


Et si c'était vrai... (25)
Texte paru le 2020-03-16 par ‎ Kiluan   Drapeau-be.svg
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Template-Books.pngSérie : Et si c'était vrai...




'''Chapitre 25 - Retrouvailles'''




Je me réveillai au petit matin totalement frigorifié. Je regardai autour de moi pour m'apercevoir que j'étais allongé derrière un buisson dans le parc. Mes vêtements étaient couverts de vomis, de sperme et de je ne sais quoi d'autre. J'avais mal au crâne et lorsque je tentai de me relever, je tombai sur le sol et j'eus un haut-le-cœur. Je respirai profondément, prenant de grosses goulées d'air histoire de faire passer ma nausée. Qu'elle heure était-il d'ailleurs ?

Une main posée sur mon front, comme si ça pouvait apaiser ma migraine, je m'appuyai contre un arbre et fermai les yeux un instant. Lorsque je me sentis mieux, je pris mon téléphone et, comme je m'y attendais, il y avait trop d'appels en absence et de messages.

— Merde, j'ai foutu quoi hier ?

J'avais du mal à me rappeler correctement toute la soirée. J'essayai de refaire tout le parcours dans ma tête mais trop de trous noirs.

— On s'est pris la tête avec Nathan, puis Guillaume est passé, commençai-je à énumérer. Ensuite, on est allés au parc, on a bu un peu. Puis le club et... Merde ! Qu'est-ce que j'ai fait ?

L'image du vieux pervers me revint en tête et j'eus le goût de son sexe dégoûtant dans ma bouche. Par réflexe, je me retournai et vomis encore une fois. J'essuyai les larmes de mes yeux et avec l'aide du tronc me remis péniblement debout.

Le trajet fut vraiment long, je dus me poser plusieurs fois pour ne pas faire une chute de tension et la nausée ainsi que la migraine ne me quittèrent pas.

— Enfin arrivé ! J'n'y croyais plus ! soufflai-je en me dirigeant directement vers la salle de bain, sans même regarder si Nathan était réveillé.

Je me déshabillai aussi rapidement que je le pouvais et jetai mes vêtements dans la poubelle, plus moyen que je les remette un jour, alors que l'eau que j'avais mise à couler commençait à avoir la bonne température. Je ne rêvais que d'une chose, me décrasser, enlever toutes les odeurs, les traces, les crasses de ce que j'avais fait la veille, de ce qu'on m'avait fait la veille. J'avais la haine en moi mais je ne devais m'en prendre qu'à moi-même.

Je ramassai le tube de dentifrice et ma brosse à dents et entrai dans la douche. Je vidai bien la moitié du tube dans ma bouche avant de me brosser les dents frénétiquement pendant une dizaine de minutes, mais jamais vraiment satisfait, le sale goût ne partait pas. Je frottai ensuite avec le côté rugueux de l'éponge mon corps à m'en laisser des marques à sang. Je n'y prêtai pas attention, tout ce que je voulais, c'était me sentir sain à nouveau et pour ça, il fallait frotter.

Je restai sous la douche jusqu'à vider le ballon d'eau chaude et lorsque j'eus enfin fini, j'enfilai juste un boxer, le contact d'un autre vêtement sur ma peau me faisait souffrir, avant d'aller dans la chambre m'allonger. L'absence de Nathan ne m'inquiéta guère, j'étais encore trop entre deux eaux et je n'eus pas le courage de prendre mon téléphone non plus. Je voulais juste dormir maintenant.



— Putain ! T'étais où ?

La voix de Nathan me réveilla en sursaut. J'émergeai lentement du sommeil et ouvrai les yeux pour l'apercevoir, le visage blanc et les yeux rougis. Il ne me laissa pas le temps de répondre et sauta sur le lit, m'agrippant dans ses bras, blottissant sa tête contre ma poitrine. Je sentis son corps pris de tremblement et le sillon de ses larmes qui lentement se formait le long de mon torse, leur sel me brulant là où la peau était à vif. Je le serrai machinalement plus fort contre moi, posant ma tête contre la sienne et le berçai lentement. Son contact me nettoya, me purifia. De nouveau, je me sentis moi-même, sans artifice. Je couvris sa tête de baisers tout en continuant à le bercer. Il me tenait si fort que j'en eus presque mal, mais je ne bougeai pas, je ne voulais en aucun cas briser cette étreinte. Mais l'image du comptable, suivie par celle du pervers s'imposèrent à mon esprit. Dans un réflexe, je collais encore plus Nathan à moi, comme si un tout petit écart entre nous pouvait le faire s'envoler, le faire disparaître, comme si eux le pouvaient. Je replongeai dans mes souvenirs bien plus clairs à présent et des larmes coulèrent de nouveau. J'avais honte, honte d'avoir trahi Nathan. Comment pourrai-je le regarder dans les yeux à présent ? Comment pourrait-il me faire confiance de nouveau ? Ces questions et d'autres vinrent d'un coup et le désespoir m'envahit si profondément que j'eus envie de tout lâcher et de courir loin, loin de moi. Il s'en fallait de peu pour que mes démons reprennent le dessus, pour que je ne franchisse de nouveau la ligne et retombe dans mes pires travers.

— Julian, on parlera plus tard, j'ai envie de dormir dans tes bras, je n'ai pas dormi de la nuit, c'était impossible sans toi. Prends-moi juste dans tes bras s'il te plaît et ne me lâche pas.

La douce voix de Nathan brisa le tourbillon de mes mauvaises pensées et je le déposai doucement à côté de moi sur le matelas. J'enlevai son Tee-shirt ainsi que son pantalon où je remarquai quelques tâches rougeâtres au niveau des chevilles, mais n'y prêta pas plus attention, totalement intéressé par autre chose. Je le laissai juste en sous-vêtement et le recouvrai de la grosse couette avant de me faufiler à ses côtés. Il se blottit contre moi, son dos contre mon torse. Il attrapa mes deux bras dans lesquels il s'enroula et rejeta sa tête en arrière.

— Bisous !

Je l'embrassai du bout des lèvres avant que notre baiser ne devienne plus passionnel, nos langues se mêlant l'une à l'autre. La chaleur de son corps, les battements de son cœur, le souffle de sa respiration, tout cela était le baume dont avaient besoin mon esprit et mon cœur et je le remerciai silencieusement de me l'offrir.



Ce furent des coups à la porte d'entrée qui me réveillèrent. Je me levai, laissant Nathan encore dans son sommeil. Je ne pris même pas la peine de m'habiller et allai ouvrir la porte. À peine eus-je tourné le verrou qu'elle s'ouvrit en grand, manquant me taper la tête, sur une Jenny en furie.

— Toi ! Faut qu'on parle maintenant !

— Euh ! Je viens de me réveiller et Nathan dort encore. Ça peut pas attendre ?

Elle ne me répondit pas et fila à la cuisine, sortit du café et du chocolat d'une armoire et nous prépara deux tasses. Elle passa par la chambre et voyant que Nathan dormait effectivement encore, elle ferma la porte doucement. Je soufflai en m'asseyant dans le divan. Elle revint deux minutes plus tard s'installer face à moi, déposant les deux tasses sur la table.

— T'as pas une impression de déjà vu ? lui demandai-je avec un faible sourire.

— Si ! Ça devient même trop fréquent à mon goût ! T'as foutu quoi hier soir ?

— Euh. J'ai pas trop envie d'en parler.

Un frisson remonta dans tout mon corps et je bus une gorgée de mon chocolat pour me réchauffer.

— J'ai vu Caroline ce matin et on a discuté toutes les deux.

— Oh geez ! Et elle t'a dit quoi ?

— On va résumé clairement : tu as pété un plomb !

— On peut dire ça, répondis-je totalement abattu.

Ma réaction surprit Jenny qui s'attendait à ce que je me mette en colère.

— Jenny, j'ai fait une grosse connerie hier, lui avouai-je.

— Je sais. Maintenant, c'est savoir ce qu'il se passe dans ta petite tête. Tu veux tout foutre en l'air ?

— Non. Bien sûr que non.

Elle se radoucit et vint s'installer à côté de moi.

— Tu veux en parler ?

Je gardai le silence, essayant de trouver le courage et les mots. Oui, je voulais en parler, je haïssais ce que j'avais fait et il fallait que j'expie mes fautes.

— J'ai... j'ai trompé Nathan.

— Non. Tu n'as pas trompé Nathan, c'est toi que tu as trompé, répliqua-t-elle, cherchant mes yeux avec les siens.

— Tu comprends pas... Hier, au club... J'ai rencontré un groupe de personnes et j'ai retrouvé un des gars dans les toilettes... Je ne te fais pas un dessin de la suite.

Jenny n'avait pas cessé de me regarder pendant que je parlais, pesant sûrement le pour et le contre entre ce qu'elle apprenait à l'instant et ce dont elle avait discuté avec Caro plus tôt dans la journée. Mais ses yeux ne cessèrent de passer sur mon corps, remarquant toutes les marques et les griffures rouges un peu partout.

— Tu as quoi ?

La voix provenait de derrière nous. Je me retournai surpris, je n'avais pas entendu Nathan se lever et sortir de la chambre. Il me regardait fixement, la bouche grande ouverte.

— Hé merde, souffla Jenny.

Elle se leva et fila à la suite de Nathan alors que ce dernier avait foncé vers la chambre. Au moins, une partie de la vérité avait été révélée. Je me levai et allai frapper à la porte.

— Repasse plus tard, j'ai à parler avec Nathan.

Je ne répondis pas et allai à la salle de bain me passer la tête sous l'eau. Je me brossai les dents encore une fois, j'avais toujours cette impression d'avoir ce sale goût dans ma bouche qui ne me quittait plus.



Je m'habillai et sortis du loft pour aller à la maison rejoindre Mom et Guillaume. Je n'aurai pas pu rester là tout seul à attendre.

— Salut Mom, salut p'tit frère, lançai-je en entrant dans le salon où les deux se trouvaient. Mmmh ! Ça sent bon ! Tu prépares quoi ?

— Carbonnades à la flamande avec frites, sur demande de ton frère, me répondit Mom en m'embrassant. Vous voulez venir manger à la maison ce soir ?

— Je sais pas encore, faut que je vois avec Nathan.

Mon humeur changea aussitôt que le prénom de Nathan fut prononcé. Mom le remarqua mais ce fut Guillaume qui réagit le plus vite. Il se leva et attrapa ma main tout en m'entraînant hors du salon.

— Viens Ju, j'ai un truc à te montrer dans ma chambre.

Je le suivis, un peu forcé, jusque dans sa chambre où il ferma la porte derrière moi.

— Ju. Faut que j'te parle. Tu vas pas te mettre en colère, d'ac ?

— Bah non, pourquoi je me mettrai en colère ?

Il me poussa sur son lit et se posa à côté de moi, n'osant pas me regarder dans les yeux.

— Je sais que tu prends de la coke Ju. Je t'ai vu l'autre jour dans ta salle de bain quand j'étais passé te rendre tes cd's. Mais j'suis vite rentré et j'ai fait semblant de rien.

Il me dit ça sans prendre la peine de faire de pause, pour être sûr que tout serait sorti avant que je n'ai pu dire ou faire quelque chose. Mais j'étais trop surpris pour parler et il continua sur le même tempo.

— Hier soir, j'ai voulu t'en parler, mais j'avais peur que tu ne t'énerves et que notre super soirée parte en live. Alors j'ai rien dit. Mais après quand Nathan est passé voir si tu étais à la maison parce que tu n'étais toujours pas rentré, j'ai eu peur, mais j'ai toujours rien dit. Ça se voit depuis des semaines que tu vas pas bien. T'allais mieux avec votre mariage, mais hier, t'étais de nouveau le même gars triste. T'étais plus comme ça depuis que Nathan est arrivé et je veux pas que tu redeviennes comme avant. Ju, j'ai pas envie de te perdre !

J'avalai ses paroles, difficilement, les prenant d'abord dans la face avant de les digérer. J'étais touché par son inquiétude qui était évidemment sincère mais d'un autre côté, j'étais frustré que tant de personnes se mêlent de ma vie. C'était ma vie ! Caroline, Jenny, maintenant Guillaume. Je les aimais tous, et du fond du cœur, sans hésiter, mais j'avais besoin qu'on me lâche la grappe, qu'on me laisse respirer.

— Écoute Guillaume, tu vas pas me perdre. Ce que t'as vu, c'était une erreur et ça ne se reproduira plus. J'ai juste eu une mauvaise passe. Ça arrive. Ne t'en fais pas, d'accord ?

Il ne me regarda toujours pas mais je vis bien qu'il voulait dire quelque chose. Je pris mon mal en patience et voyant mes mains qui commençaient à trembler, je les glissai sous mes cuisses.

— Vous n'allez pas vous séparer, Nathan et toi ?

Oh ! Sa question me fit fondre. Je l'attrapai et le serrai tendrement contre moi tout en lui répondant le plus sincèrement possible, me surprenant moi-même.

— J'ai bien merdé Guillaume. Non seulement j'ai pris des saloperies mais j'ai fait des conneries avec d'autres gars. Ce n'était pas moi, c'était comme si je voulais juste me foutre en l'air, me détruire, me punir. Je sais pas... J'ai peur, je ne veux pas perdre Nathan car Nathan, c'est moi. Mais toutes conneries se payent et j'crois que j'ai vraiment dépassé les bornes.

Il me serra plus fort au fur et à mesure que je parlais et des larmes coulaient de nouveau le long de mes joues. Différentes images, comme un diaporama, défilaient devant mes yeux troubles : Nathan, la coke, le pervers, Nathan, le comptable, Nathan... Les mots ne s'arrêtaient plus de sortir, je faisais un vrai Mea culpa. Non pas pour Guillaume, mais pour moi. Avouer à haute voix m'aidait en partie à mieux comprendre ce qu'il s'était passé et pourquoi j'en étais arrivé là.

— T'as fait une bêtise, mais c'était pas toi. Je te connais, t'es quelqu'un de bien. Je suis sûr que Nathan va te pardonner aussi. C'est obligé ! Vous allez vous marier et tout va redevenir comme avant !

— Si tout pouvait être aussi simple, soufflai-je.

L'arrivée de Jenny nous interrompit et c'est avec un sourire triste que Guillaume me laissa partir. Mais de ses lèvres, il mima la phrase « je t'aime ». Je lui souris et descendis rejoindre Jenny. Elle m'attendait au pied de l'escalier, les bras croisés.



« Let's go », me dis-je et je la suivis jusqu'au loft. Elle me laissa entrer et je vis que Nathan était assis sur le divan, me regardant. J'avais l'impression de venir à mon procès et que j'allais devoir répondre de mes crimes. Quelque part, c'était mieux comme ça, plus vite j'étais jugé, plus vite je connaîtrais la sentence. J'espérais juste ne pas prendre perpète. Ou pire...

Je m'installai dans le fauteuil et attendis que l'un des deux prenne la parole. Je me sentis mal encore une fois, Nathan était pâle et avait les yeux trop gonflés d'avoir pleuré et savoir que j'étais responsable de ça me broyait les entrailles. Il ne me regardait plus maintenant, ses yeux étaient fixés sur ses mains et Jenny en profita pour s'installer à ses côtés. Elle brisa le silence.

— Tu veux commencer ?

Son ton était doux et calme, je compris qu'elle allait encore une fois jouer les entremetteuse et tenter d'adoucir les angles si c'était possible. Je la regardai et fis un faible signe de tête. Avant de prendre la parole, je me levai et allai me servir un grand verre de Dr Pepper auquel j'ajoutai quelques glaçons. Je bus une longue gorgée et revins m'asseoir.

— Nathan, je vais tout te dire, pas de mensonges ou de secrets, laisse-moi juste aller jusqu'au bout.

Il leva les yeux vers moi mais ne dit rien, attendant que je commence. Jenny avait posé sa main sur sa cuisse en signe de réconfort. J'inspirai profondément et me lançai.

— J'ai craqué la première fois lors de notre dernier concert. J'étais vraiment au bout du rouleau et un type m'avait filé de la cocaïne quelques jours avant. Je n'en voulais pas et je n'avais même rien demandé, mais ce jour-là, j'avais tellement envie de profiter de nos derniers instants que j'ai essayé et tu sais ce que ça a donné.

Je me tus et repris à boire, ma gorge s'asséchant bien trop rapidement. Je jetai des coups d’œil à l'un et à l'autre, mais aucun ne me regardait, avant de reprendre.

— Lorsqu'on est revenus, je me suis senti vide, comme si je perdais mon temps, que je ne servais à rien. J'avais un manque de tout ce qu'on venait de vivre et je me suis senti déprimé comme jamais. Alors pour tenir le coup, quelques fois, j'en ai repris. Je ne pensais pas être accroc, c'était de temps en temps quand j'avais un coup de blues. Puis il y a eu le mariage...

Je vis Nathan tiquer et son corps se figer quelques secondes, mais il ne bougea pas la tête vers moi.

— Le mariage m'a redonné un coup de fouet et m'a remotivé, mais rapidement je suis vite retomber dans un manque que je ne pouvais plus contrôler. Je devenais fou à tel point que seule la coke me permettait de tenir le coup. Hier, quand tu m'as surpris, j'ai... j'ai déphasé, je me suis haï d'être tombé si bas et je voulais me punir de tout ça. J'ai passé la soirée avec Guillaume et lorsque je l'ai laissé, je suis allé au club. J'étais déchiré et j'me suis envoyé tout ce qu'il me restait dans le nez puis je me suis retrouvé dans les toilettes avec un type que je ne connaissais pas qui m'a...

Je n'arrivai pas à finir ma phrase. Je respirai un bon coup.

— Je ne l'ai pas rejeté. Quand il est parti, je suis resté là et un autre gars est venu, profitant de mon état pour me...

Là non plus je ne finis pas ma phrase. Un frisson me parcourut le corps et je portai machinalement mes mains autour de moi pour me réchauffer.

— Il m'a juste laissé là quand il a fini. J'ai tenté avec le reste de conscience qu'il me restait de rentrer au loft mais j'me suis endormi dans le parc.

Des larmes silencieuses coulaient sur les joues de Nathan, mais il ne bougea pas d'un pouce. Le cœur me serrait, mais je devais tout balancer où jamais plus rien ne pourrait être comme avant, je le savais.

— Pour ce que ça vaut, continuai-je, ce n'était pas moi, j'étais hors de moi, prenant un malin plaisir à me faire souffrir pour ce que je t'avais fait subir. Quand tu es revenu et que tu m'as demandé de dormir avec toi, je me suis senti moi à nouveau, sain et propre. Je voulais me faire du mal pour t'avoir fait du mal et finalement tu es celui qui en souffre encore le plus. Je t'aime Nathan et...

— Ne dis pas ça, siffla-t-il tournant enfin la tête vers moi. Comment peux-tu dire que tu m'aimes si tu agis si égoïstement ? Je ne t'en veux pas pour la coke, je ne t'en veux même pas pour hier soir, je t'en veux pour tout le silence, je t'en veux de ne m'avoir rien dit ! Je pensais qu'on était « un ». Je ne suis pas idiot, j'ai bien vu que ça n'allait pas et j'ai tout fait pour te montrer que j'étais là, mais si tu n'acceptes pas la main qu'on te tend, alors, t'as raison, reste tout seul dans ton coin !

Ses paroles eurent le même effet qu'un poignard qu'on plongeait dans mon cœur et Jenny le vit tout de suite. Elle qui n'avait rien dit jusqu'alors prit la parole.

— Attends Nathan! Je connais Julian, tu le connais aussi. Tu sais bien que ce n'est pas lui qui agit comme ça, même si je n'excuse pas du tout son comportement. Mais Julian a ce double caractère qui le fait switcher totalement de personnalité, un peu comme un schizophrène.

— Merci Jenny....

Je n'étais pas sûr que ça allait vraiment aider sur ce coup-là, mais elle me fit taire d'un signe de main et reprit la parole.

— Je sais combien il t'aime, c'est évident et je sais combien tu l'aimes, c'est évident. Il a merdé, mais qui ne l'a jamais fait ? Maintenant, il est temps pour tous les deux de tout mettre à plat et de partir correctement pour votre prochaine aventure !

Elle passa son regard de l'un à l'autre, attendant une réaction qui ne vint pas.

— Les gars, vous êtes faits l'un pour l'autre, tout le monde, et vous les premiers, le sait ! Julian, lève-toi !

Elle s'était tournée vers moi et vu son regard, je m'empressai d'obéir. Nathan était aussi surpris et malgré la rage évidente qu'il tentait de contenir et les larmes qu'il ne pouvait empêcher de couler, il releva la tête vers elle puis vers moi.

— Enlève ta chemise, s'il te plaît.

— Que je ?

— Arrête de discuter et fais-le!

Une fois encore, je lui obéis et déboutonnai ma chemise avant de l'enlever. Le regard de Nathan changea quand il aperçut mon torse rouge vif, avec à certains endroits, des traces de sang. À l'évidence, de mauvais souvenirs affluèrent à sa mémoire car son visage devint blême en un instant. L'histoire avec son grand frère, même si elle datait d'il y a plus de deux ans, restait vive, je le savais car Nathan faisait encore des cauchemars. Et alors que le silence régnait à présent, Jenny se leva et, avant de quitter le loft, ajouta :

— Je vous fais confiance, à tous les deux ! Vous avez des choses à vous dire ! Puis, n'oublie pas que toi aussi t'as foiré Nathan !

La porte se referma derrière Jenny, nous laissant seuls tous les deux. Nathan restait assis, sa rage semblait être retombée. Il avait toujours le regard fixé sur moi, passant de mon visage à mon corps puis mon visage de nouveau. Il semblait essayer de comprendre. J'étais toujours debout, comme un idiot la chemise dans une main, ne sachant pas si je devais parler, m'approcher de Nathan et l'enlacer ou approfondir la dernière phrase de Jenny qui, en arrière-plan, commençait à me travailler. Finalement, je n'eus pas à choisir entre mes différentes options car Nathan se leva et s'approcha de moi. Du bout des doigts il suivit les griffes les plus profondes sur mon torse, appuyant avec son ongle et faisant perler le sang là où les plaies ne s'étaient pas encore refermées. Je grimaçai mais ne bougeai pas. Soudain, il m'attrapa dans ses bras, me serra à m'en étouffer et éclata de nouveau en sanglots.

— Je suis désolé Nathan ! S'il te plaît, regarde-moi dans les yeux et dis-moi que tu me pardonnes. J'en ai besoin !

Il redressa la tête et d'une manche se frotta les yeux. Son regard vert se bloqua dans le mien. Malgré la fatigue évidente et les larmes, son regard restait toujours aussi hypnotique.

— Tu sais très bien que je te pardonne. Je ne pourrai jamais t'en vouloir !

Puis il baissa les yeux et ajouta plus bas.

— Et comme l'a dit Jenny, moi aussi j'ai fait l'idiot.

Je posai une main sous son menton et lui relevait la tête, afin que nos yeux se croisent à nouveau.

— Ça a été compliqué pour tous les deux. Mais j'ai deux requêtes à te formuler.

Je l'entraînai avec moi dans le fauteuil et le fis s'asseoir sur mes genoux. Il s'allongea contre mon torse, posant sa tête sur mon épaule.

— La première, c'est que pour aujourd'hui, comme tu l'as suggéré ce matin, on oublie. J'ai besoin, vraiment besoin, qu'on se retrouve toi et moi comme avant.

— Moi aussi ! Dormir avec toi comme on l'a fait tout à l'heure dans ces circonstances était comme la seule lueur de bonheur dans l'obscurité totale. J'en ai besoin. J'ai besoin de toi.

Nous nous embrassâmes instinctivement, longuement. Je ne savais pas si nous pouvions parvenir à faire comme si de rien n'était, même pour une soirée, cependant, durant ce baiser, c'était juste le cas. Après de longues minutes, nous nous séparâmes enfin et Nathan me demanda :

— Et ta deuxième requête ?

— Mom nous a proposé de venir manger avec Guillaume et elle ce soir. Et...

Nathan me coupa la parole, se redressant vivement.

— Je valide ! J'ai trop faim et honnêtement, j'ai pas envie de sortir ou de faire à manger.

— Je pensais exactement la même chose !

Après avoir envoyé un message à Mom la prévenant que nous viendrions vers dix-neuf heures, je portai Nathan dans mes bras direction la chambre.

— Je crois qu'une sieste nous fera du bien à tous les deux.

— J'approuve, mon mauvais garçon.

Je ronronnais de plaisir, ça faisait longtemps qu'il ne m'avait plus appelé comme ça. Nous nous allongeâmes et nous blottîmes tous les deux l'un contre l'autre, comme deux pièces d'un puzzle qui s'emboîtaient à la perfection, formant un tout.



Lorsque le réveil sonna, nous nous réveillâmes difficilement malgré les deux grosses heures de sieste. Mon corps me faisait mal et me brûlait de partout et je ne songeai qu'à la douche qui allait très rapidement suivre. Nathan s'étira à mes côtés et m'embrassa.

— Tu as bien dormi mon mauvais garçon ?

— Hell yeah ! Mais je serai encore bien resté avec toi plus longtemps. On annule et on reste couchés ?

— Ca me tente beaucoup, répondit-il, un doigt posé sur ses lèvres. Mais j'ai vraiment la dalle !

J'allais répondre quand mon ventre exprima lui aussi son envie de manger. Nathan éclata de rire.

— Et j'suis pas le seul !

Il glissa ses doigts autour de mon nombril en me souriant. Je l'agrippai et le coinçai dans mes bras avant de me lever, mon paquet dans les bras que je plaçai sur l'épaule.

— Et maintenant à la douche, j'en ai trop besoin !

J'emmenai Nathan dans la salle de bain et nous reprîmes nos baisers là où nous nous étions arrêtés. L'eau fraîche sur mon corps brûlant était une vraie bénédiction et Nathan usa de toute la douceur dont il était capable pour me frotter le corps sans me faire mal. Il y prenait tellement de soin que son touché, devenait des caresses, longues et sensuelles. Je ne mis pas longtemps à sentir un feu bouillir aux creux de mes reins et mon sexe se gonfla lentement. Nathan fit celui qui n'avait pas vu et continua son travail minutieux durant de longues minutes. Je râlais de plaisir simplement sous ses mains expertes et subitement, alors que Nathan s'était accroupi pour me frotter délicatement le long des cuisses, je ne pus me retenir et plusieurs jets de sperme furent expulsés de mon sexe tendu à l'extrême et recouvrirent ses cheveux et son visage. Il éclata de rire alors que je reprenais mon souffle en me tenant à la paroi d'une main et à son épaule d'une autre.

— J'suis désolé Nathan ! fis-je à moitié honteux et à moitié riant.

Il rigolait toujours, ne pouvant se retenir alors que d'une main, il récupérait tout le sperme qui lui coulait le long de la joue avant de le porter à sa bouche.

— Je ne me savais pas aussi doué !

— Ahhh ! Menteur ! Tu es un expert !

Nous finîmes de nous doucher tout en nous taquinant et il fut temps de rejoindre Mom et Guillaume.



Avant de quitter les lieux, Nathan m'attrapa la main et me fit faire demi-tour pour lui faire face.

— Julian, je sais qu'on a à parler tous les deux et j'ai aussi des choses à te dire. Mais cette journée avec toi était l'une des plus belles et...

Je le fis taire en lui déposant un baiser sur les lèvres.

— Il y en aura encore d'autres. Et on a dit pas aujourd'hui. Je t'aime Nathan et je n'ai jamais douté une seule seconde de ça. Je t'aime, point final.

Il m'enlaça et je sentis qu'il était proche de craquer. Je le serrai en lui soufflant à l'oreille.

— Je m'excuse pour tout et ça n'arrivera plus. Tu es la seule dépendance dont j'ai besoin !

— Je m'excuse aussi. Je dois me confier maintenant, je veux qu'on reparte vraiment à zéro tous les deux. Je suis certain qu'on peut le faire.

— T'es sûr ? Je t'ai dit que ça pouvait attendre, dis-je en levant un sourcil, ne voulant pas le brusquer.

— Oui ! Il le faut !

Il m'entraîna avec lui vers le divan où nous nous assîmes. Il n'avait pas lâché ma main mais il ne me regardait plus, comme il avait souvent l'habitude de le faire lorsqu'il devait aborder un sujet important, un sujet qui le touchait trop.

— Quand t'es pas rentré hier et que tu ne répondais pas à ton téléphone, je suis allé chercher après toi. Guillaume m'a expliqué que vous aviez passé la soirée ensemble mais que quelque chose te tracassait. Il s'inquiétait grave pour toi et à la façon dont il m'expliqua les choses, j'ai vite compris que ça concernait ce qu'il s'était passé le matin. J'ai appelé Jenny et Maxime mais ils n'avaient pas de nouvelles de toi non plus. J't'ai encore attendu ici, mais comme tu ne revenais pas, j'suis reparti à ta recherche. J'suis allé au parc, j'm'imaginais déjà que tu étais tombé sur les sales types... Je déphasais !

Alors qu'il racontait son histoire, je me faisais le parcours de Nathan dans ma tête. Mais le plus difficile pour moi était d'imaginer toute l'angoisse et le stress que je lui avais faits ressentir. Je me sentis pas bien et ce sale goût revint dans ma bouche alors que la nausée pointait son nez.

— Puis, j'ai pensé au club ! Et j'me suis dirigé par là. En traversant le parc, j'ai cherché après toi mais heureusement, tu n'y étais pas.

Il se tut. Sa main qui tenait toujours la mienne tremblait et me serra plus fort.

— Juste avant d'arriver au club, j'suis tombé sur un type et trois meufs. Le mec rigolait et parlait si fort. Il se vantait de...

Il me broya littéralement la main alors que sa voix était devenue un grondement.

— Il disait qu'il venait de se faire...

Il me lâcha et me regarda droit dans les yeux. La rage que j'y lus me fit peur ; je n'avais que rarement vu ce regard chez Nathan.

— Je lui ai fait payer ! Je lui ai sauté dessus et je l'ai tabassé à sang ! Il était là à terre et je l'ai frappé de toutes mes forces alors que les filles criaient à l'aide. J'ai passé ma haine sur lui. Je ne sais même pas s'il était encore conscient quand je l'ai laissé.

Il tremblait et pleurait. Je l'attrapai et le collai tout contre moi, attendant que ça passe, qu'il se calme. Ça prit quelques minutes avant que je ne sente enfin son corps se relâcher et ses tremblements cesser. Mais je comprenais à présent d'où venaient les tâches sur son pantalon ce matin.

— C'est fini. On oublie tout ça. Ce n'était pas nous. On a été dépassés. À partir de maintenant, on se dit tout, je veux dire, vraiment tout ! Si quelque chose ne va pas bien ou ne semble pas aller bien, on en parle. Je ne veux plus jamais te mettre dans cet état ! Plus jamais ! Pour rien au monde !

— Embrasse-moi s'il te plaît.

Ce baiser fut différent de tous les autres, comme un nouveau pacte que nous scellions officiellement et qui nous accordait à tous les deux une vraie deuxième chance. Je le quittai des lèvres et retrouvai tout l'amour qu'il éprouvait pour moi dans ses yeux émeraudes. Mais le téléphone sonna et me sortit de ma contemplation. C'était Mom qui s'inquiétait de ne pas nous voir alors qu'il était déjà presque vingt heures. Je la rassurai en lui disant que nous serions là dans les cinq minutes.

— Tu viens mon futur mari ? demandai-je à Nathan en lui tendant la main.

— Ce que ça sonne bien, me sourit-il, un vrai sourire, le même qui m'avait fait craquer dès notre première rencontre.

— Bon sang que je t'aime !



Lorsque Guillaume nous vit arriver, main dans la main, tout souriant, il ne put s'empêcher de nous sauter dans les bras.

— C'est arrangé entre vous ? Vous n'allez pas vous séparer ?

Nathan éclata de rire, ce qui me rassura encore. Cela prouvait qu'il allait mieux et je m'en sentis mieux également.

— Jamais ! affirmai-je à mon petit frère sous le sourire de Mom qui devait être aussi rassurée de nous voir tous les deux comme ça.

— Merci d'avoir écouté mes prières, lâcha Guillaume en levant les yeux vers le plafond.

— Et si on allait manger ? À force, ça risque d'être brûlé, proposa Mom à tout le monde.

Ce repas fut comme au bon vieux temps, tous les quatre mangeant ensemble et riant de bon cœur. Guillaume nous expliqua comment allait se passer son voyage aux États-Unis et nous apprîmes que Mom l'accompagnerait également. J'étais un peu déçu, j'aurai adoré le supporter là-bas, mais nous avions notre tournée ici en Europe. Ce serait pour une prochaine fois.

— Je peux rester chez vous ce soir ? demanda-t-il à Nathan alors que j'aidais Mom pour la vaisselle.

— Evidemment ! Tu sais très bien que tu peux venir quand tu veux. D'ailleurs...

Nathan fouilla dans ses poches et sortit un trousseau de clés.

— Tiens, voici ta propre clé, comme ça tu pourras venir quand tu veux ! Mais évite la chambre si on y est ! rigola-t-il.

Guillaume sauta littéralement dans ses bras. Mon amant n'aurait pas pu lui faire plus beau cadeau ni plus belle preuve de confiance et, en ce moment, Guillaume en avait aussi besoin.

— Nathan est vraiment le garçon le plus gentil que j'ai rencontré, me glissa Mom à l'oreille en souriant en voyant la scène.

— Tu n'imagines pas à quel point, souris-je.

— Je suis contente que vous vous soyez retrouvés. Je sais que ça a été très difficile pour vous deux ces derniers temps.

— Merci Mom. J'ai eu du mal... Mais je crois que j'ai eu le déclic qu'il fallait.

— Je l'espère !

Nous restâmes encore une heure avec Mom puis nous rentrâmes, accompagnés de Guillaume qui insista pour utiliser sa nouvelle clé. Nous passâmes le reste de la soirée tous les trois à discuter, boire, jouer de la musique et chanter. Ces retrouvailles furent tellement importantes. Ce fut une des meilleures soirées depuis longtemps.

Lorsque Guillaume s'endormit, Nathan le recouvrit d'un duvet et resta là à le regarder. Je me glissai derrière lui et l'enlaçai tout en lui déposant quelques bisous dans le cou.

— Il est trop mignon quand il dort. On dirait un ange, murmura Nathan. Il te ressemble tellement en grandissant !

— Ouais, mais toi aussi t'es trop mignon quand tu dors.

Je lui mordillai le cou à présent ainsi que l'oreille. Il gémissait tout en se collant contre moi.

— Tu crois que nous ferions de bons parents ?

— Des? fis-je surpris, arrêtant de le taquiner.

— Tu n'y penses jamais? Je veux dire, je t’imagine bien être le père de nos enfants. Enfin, j'y ai déjà songé.

Non, honnêtement, je n'y avais jamais songé. Je ne voyais ma vie que sur les routes, avec l'homme que j'aime et mes amis à jouer et vivre de la musique. Je ne m'étais jamais imaginé au-delà de ce simple rêve.

— Je sais pas, finis-je par répondre. Mon rêve, c'est la musique et être avec toi. J'ai les deux, je n'ai jamais réfléchi plus loin.

Je reposai mes lèvres dans son cou et le mordillai plus fort. Il grogna et Guillaume se retourna dans le fauteuil.

— Arrête ! Ou on va le réveiller.

J'arrêtais, la mine boudeuse mais l'entraînait à ma suite jusque dans la chambre.

— Et là, on peut faire du bruit ? demandai-je innocemment tout en lui déboutonnant sa chemise. Car si tu veux des enfants, on va devoir s'y mettre !

— Tout le bruit que tu veux ! Et j'ai hâte que tu te mettes au travail ! souffla-t-il en me dévorant les lèvres.

La nuit fut très courte, trop courte, mais tellement magique ! Et bizarrement, aucun de nous deux n'étaient fatigués !



Le lendemain matin, nous eûmes la surprises, Nathan et moi, d'un petit déjeuner offert par Guillaume. Il avait attendu que nous nous réveillâmes pour venir nous apporter un plateau bien plus que garni !

— Aw! C'est tellement... commença Nathan à la vue de mon frère apportant la nourriture.

— On est tellement gâtés, tu n'trouves pas? On devrait l'inviter plus souvent ! ajoutai-je en riant.

Guillaume nous sourit tristement, ce qui ne m'échappa pas, et vint s'installer avec nous après avoir posé le plateau sur la table de nuit.

— Je voulais vous remercier tous les deux, nous dit-il timidement. Vous savez pas combien vous êtes importants pour moi.

Je savais que Guillaume n'était pas au top de sa forme, surtout depuis que c'était terminé avec sa petite amie, mais je ne pensais pas qu'il était aussi bas. C'est vrai que je ne m'étais pas vraiment occupé de lui ces derniers temps, je ne m'étais occupé de personne en égoïste que j'avais été en fait, et je comptais bien corriger ça avant notre départ en tournée. Nathan avait attrapé mon frère dans ses bras et le tenait contre lui mais le visage de Guillaume restait fermé, sombre. Je n'aimais pas le voir comme ça.

— Ecoute p'tit frère. Maintenant que tu as la clé du loft, tu peux venir ici quand tu veux, on sera toujours là tous les deux pour toi. C'est promis. J'suis désolé de t'avoir délaissé ces derniers temps.

— C'est juste que depuis que vous avez emménagé ici, je ne vous vois quasiment plus, et avec votre musique, c'est encore plus compliqué. Tu me manques. Je sais, c'est égoïste. J'me sens juste trop seul...

Il se mit à pleurer, cachant sa tête dans ses mains. Nathan me regarda, tenant toujours Guillaume dans ses bras, tentant de le réconforter.

— Maintenant, tu as notre clé, tu peux venir quand tu veux. Si tu veux, je demanderai même à Mom pour que tu puisses mettre un lit ici, comme ça, tu pourras même rester dormir quand tu le voudras.

Il redressa la tête, se frotta les yeux et renifla.

— C'est vrai?

— Évidemment, approuva Nathan. J'en parlerai même avec mes parents pour qu'Arthur passe plus de temps avec toi ! Je sais qu'il t'adore et c'est un peu bête que vous ne passiez pas plus de temps ensemble.

Le visage de Guillaume s'illumina et il enlaça Nathan tout en le remerciant. J'étais content que Nathan ait encore trouvé une solution et qu'il mette tant de cœur à s'occuper de mon petit frère.

— Vous êtes les meilleurs grands frères qu'on puisse rêver d'avoir! finit-il, un vrai sourire sur le visage à présent.

— C'est parce qu'on a les meilleurs petits frères du monde ça, ajoutai-je. Bon, j'ai trop la dalle et ce que t'as préparé à l'air trop bon ! On mange ?

Nous nous assîmes tous les trois sur le lit (tant pis pour les miettes) et nous mangeâmes comme des ogres.



Les deux semaines suivantes filèrent incroyablement vite contrairement aux jours précédents. C'était le tumulte avant le grand jour et tout le monde était en effervescence. Nathan et moi nous nous étions excusés auprès de nos amis et nos familles pour nos comportements et tout fut rapidement oublié, à notre grand soulagement, enfin surtout au mien.

Nathan était rayonnant ces derniers jours et le voir si heureux me comblait de bonheur. De mon côté, je n'avais plus eu de « rechute » depuis cette fameuse nuit et je m'en félicitai. Non pas de gérer, mais de voir que je n'avais pas à gérer justement. Ça me rassurait en me confirmant que ce n'était vraiment qu'une sale passade qui n'avait plus lieu d'être. Jamais !

Maxime et Flo avaient décidé de nous « kidnapper » la veille du mariage pour organiser notre enterrement de vie de garçon, mais ils restèrent soft et nous passâmes juste la soirée au club avec toute la bande. Et c'était juste parfait !

J'étais comme à mon habitude, totalement absorbé par le visage de Nathan en pleine discussion avec Mélissa et Flo quand Maxime me sortit de ma rêverie en m'attrapant le bras et me forçant à me lever, sous les encouragements de tous nos amis.

— Allez Ju, chante-nous quelque chose !

— Ouaiiiiiis ! Ça fait longtemps qu'on ne t'a plus entendu ! lancèrent Sophie et Caro qui s'était joint au groupe avec Martin (ils avaient fermé le club pour l'occasion).

— D'accord, capitulai-je, mais uniquement avec Nathan !

— Oh ! Me mêle pas à ça ! réagit l'intéressé.

Je lui lançai un regard implorant et il me tomba dans les bras.

— D'accord mon amouuuuuuuur !

A suivre…