Flashback sur ma vie (13) - Max (partie 1)


Flashback sur ma vie (13) - Max (partie 1)
Texte paru le 2012-07-01 par Flav   Drapeau-be.svg
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Changement total de décor, avec Hollywood, quelques passages en guest star dans une sitcom qui cartonnait alors et dont on ressort régulièrement les coffrets dvd, un film d’auteur qui cartonne, avec moi en tête d’affiche, et pour plus de facilité un appartement hors de prix non loin des studios de chez qui j’ai jamais signé mon plus gros contrat soit cinq films payés d’avances, quatre comédies dont une grosse production. La première comédie sortait dans les salles au moment de cette rencontre. J’étais un peu seul dans mon appart, mes amis de DC ne venant pas souvent, la distance concernant leurs cas, et ensuite mon rythme effréné de travail ne me permettant pas de nouer de réelle relation d’amitié sur place. Jamais de ma vie, je n’ai autant travaillé, il fallait apprendre mes répliques, faire de la promo, être vu dans toutes les émissions du moment et entre temps se reposer pour avoir un visage resplendissant même sans maquillage.

Si on me reconnaissait parfois en rue, si lors des évènements programmés et médiatisés, j’étais harponné de toutes parts, en me fondant seul dans la masse, c'est-à-dire sans lunette de soleil et sans que mon agent n’ait avertit dans mon dos ses amis paparazzi, je pouvais et cela vous étonnera, fréquenter les magasins de monsieur et madame tout le monde. Dans mon cas surtout les grands centres commerciaux avec en leur giron des échoppes de livres et des disquaires, deux de mes magasins favoris, j’y restais des heures durant, écoutant dans les casques tous ces cd que j’allais de toutes façons certainement ramener chez moi. Je cherchais vainement après le best of the Texas, j’étais en train de m’énerver contre le pseudo classement alphabétique du magasin qui voyait dans les « t » You2 côtoyer tous les « t » sauf Texas quand un mec d’une trentaine d’année, les cheveux noirs épais et les yeux sombres, d’un mètre quatre-vingt environ, légèrement basané, de corpulence moyenne en costume gris avec une cravate rouge me demande si j’ai besoin d’aide. Au moment où débute le dialogue, je ne vois que cette cravate rouge de mauvais goût que j’attribue à l’uniforme des vendeurs.

— Je peux vous aider monsieur peut-être ?

Certainement, je cherche le best of the Texas mais en vain…

— Peut-être dans les nouveautés ?

— Non, il y a un moment qu’il vient de sortir, vous ne savez pas ça vous ?

— Alors dans le rayon rock, ici c’est celui des chansons anglaises.

— Il y a un rayon rock ?

— Au bout de cette allée même. Nous nous y rendons, elle fait une vingtaine de mètres tout de même.

Et il me dit :

— On doit souvent vous le dire, mais vous ressemblez à ce nouvel acteur, Flavio Biamont, qu’est-ce qu’il est sexy !

— Bingo ! Je lui réponds, non sans me dire que pour un vendeur il est vachement culotté de me faire du rentre dedans. C’est d’ailleurs à ce moment que je commence à discrètement le détailler du coin de l’œil. Et en effet, pour un vendeur, il est pas mal du tout, vous me direz que ce n’est pas rare, les vendeurs en magasins, sous souvent pris pour leur physique, mais celui-ci parle correctement anglais et ce très posément.

— J’ai un ami qui est raide dingue de cet acteur, surtout depuis qu’il a vu ses fesses.

— Ha bon ?

— Oui dans un de ses films, il m’a entraîné avec lui afin de revoir ce film, et j’avoue que waw, même si le film j’avoue bof bof, j’aurais attendu qu’il passe à la télé, mais bon les amis vous savez !

— Oui ils ont parfois de ces lubies.

— Ha j’aperçois un vendeur, demandons lui conseil.

— Comment, vous n’êtes pas vendeur ici ?

— Du tout, je me présente, Max Torps, avocat.

— Votre cravate ne fait pas du tout avocat, je pensais que vous travailliez ici, lui ai-je répondu tout en lui serrant la main. Excusez moi. Un cadeau d’un ami aussi sans doute la cravate?

— Non de ma mère, il se mare, tandis que nous sommes toujours en train de nous faire la poignée de main, et il me regarde un tantinet niaisement, légèrement intimidé, en d’autre terme, comme quelqu’un d’intéressé.

— Enchanté Max. Ce sont les seules paroles que je trouve pour qu’il me lâche la main.

— Voici ma carte, si jamais vous avez besoin d’un avocat, monsieur ?

— Biamond, Flavio Biamond !

— Non c’est une blague ?

— Oui je rigole !

— Ouf, j’ai eu peur, comme je vous ai dit que le film était bof bof…

— Sauf les fesses ?

— Oui ça waw, pfffiii ! Je vous épargne les autres onomatopées bêtes qui ont suivies ses premières.

Je lui dis donc Julien Flavien. Deux de mes prénoms, qui me servent de couverture quand je descends incognito dans un hôtel.

— Ça vous dit un café au Starbucks ?

— Un café, non, et je vois à sa tête que ce nom l’attriste vraiment, je m’en amuse et poursuis : mais un milk-shake pourquoi pas. Je ne bois jamais de café.

Nous nous mettons dans la file du Starbucks, au moment de commander il me demande quel parfum je veux?

— Je ne sais pas ?

— À la banane ?

— Pas tout de suite quand même !

Il est mort de rire, se ressaisit quand il me voit ainsi que le caissier assez dubitatif. Je réponds donc au caissier Vanille, lui prend un café et un donut. Il tient à payer, je le laisse faire. Nous parlons de tout et de rien, il me demande ce que je fais comme boulot, je lui dis que je suis historien de l’art, ce qui est tout à fait vrai et acteur ce qui est encore plus vrai.

— Tu dois avoir plein d’opportunité de publicité et de doublage en ce moment.

— En effet, je n’ai pas à me plaindre.

— Une amie à moi, organise une soirée demain soir, le lancement d’un bouquin sur les trous noirs. Le livre, personne ne le lira mais le buffet sera sensas, ça vous dirait de m’accompagner ?

— C’est un rencard, ça ?

— Le courant passant bien, pourquoi ne pas passer une bonne soirée, l’endroit est couru et j’ai deux invitations.

— Je vous demandais si c’était un rencard ?

— Disons que c’est l’occasion qui fait le larron !

— Vous ne répondez jamais à une question ? J’oubliais « avocat » !

— Vous voulez ?

— Quoi ça, que ce soit un rencard?

— Si en plus vous vous y mettez aussi.

— Je pourrais être intéressé.

— Super !

— Super !

— Vous permettez, j’ai mon vibreur… Scott ! Salut, qu’est-ce que tu me veux ? Non je ne suis pas chez moi. Je suis au Starbucks, je prends un verre. Celui juste en face de Planète cd. Non, je ne suis pas seul. Mais non… Bon ok, mais juste deux minutes. Il raccroche. Je suis désolé, Scott a rencard ce soir et il veut absolument me montrer sa nouvelle tenue, pour savoir si elle ne fait pas too much.

— Les amis n’est-ce pas !

— Il ne devrait que passer quelques minutes.

— De toutes façon, je suis attendu, je me lève donc, le remercie pour le milk, il se lève à son tour, je lui laisse ma carte, surpris à sa lecture, il me regarde, je lui dis pour m’appeler pour la soirée, l’occasion qui fait le larron, vous savez bien.

En sortant, je dois sans doute croiser un fan qui me reconnaît, n’en revient pas, ne trouve rien à dire par chance, je presse donc vite le pas. En passant la devanture du Starbucks, je jette un œil à Max, je lui fais un signe et je reconnais la personne que j’ai croisée juste en sortant me montrant du doigt et en criant Dieu seul sait quoi alarmant tous les clients à l’intérieur. Max réponds à mon signe, et je n’ai que le temps de filer.

Dans le Starbucks :

— Max tu as vu qui vient de sortir d’ici ! My godness !

— Calme toi, c’est juste un sosie.

— Je te dis que c’est Flavio Biamond. C’est lui ! C’est lui ! C’est lui !

— Arrête de crier comme ça, tu fais peur aux enfants.

— Il s’appelle Julien.

— Han !

— Oui et c’est avec lui que je prenais le milk-shake.

— C’est pas juste, tu trouves un sosie de l’homme de ma vie et tu te le gardes !

— Merci de te réjouir pour moi !

— Je blague, tu le revois quand ?

— À la soirée de lancement qu’organise Karine.

— Veinard.

— Il m’a donné sa carte.

Max jette encore un œil sur ma carte, et se demande si je m’appelle et suis réellement Flavio Biamond. Il montre ma carte à son ami Scott, qui se remet aussitôt à crier.

— Je te l’avais dit ! Je te l’avais dit ! Je te l’avais dit !

Et tous les deux en cœur de s’écrier : « My godddd » !


Le lendemain midi alors que je suis en train de me faire des pastas ricotes, Max m’appelle.

— Julien ? Pardon Flavio Biamond.

— Lui-même.

— Bonjour, c’est Max ici.

— Han han.

— Le gars du Planète Cd.

— Ha oui, vous avez su commander mon cd.

— Non, heu, à vrai dire, je suis Max du Starbucks aussi.

— Ha, c’est pour le t-shirt ?

— Non plus…

— Je vous fais marcher, comment allez-vous Max ?

— Bien bien merci et vous.

— Très bien, je touille ma sauce.

— Je voulais savoir si pour ce soir ça vous disait toujours de…

— Oui !

— Parfait ! Vous voulez que je passe vous prendre vers 20h ?

— Je sortirai des studios à cette heure là.

— Hooo mon dieu, il a parlé des studios ! lance Scott.

— Vous n’êtes pas seul j’entends ?

— Non il l’est pas ! rajoute Scott.

— Tais-toi un peu Scott et va plus loin !

— Comme si l’appart faisait 2000m² ! Aïe !

— Ne le frappez pas Max.

— Écoute le monsieur ! fit Scott.

— Bien, Scott peut parfois être très bruyant et très encombrant, mais tout le monde l’aime, du coup on lui pardonne trop vite ses excès.

— Aïe ! mime Scott toujours à ses côtés.

Je ne peux que rire. je demande pour couper court et afin que mes pâtes ne cuisent pas de trop, s’il sait passer me prendre à la sortie des studios de la Paramount, s’il sait où ça se trouve ?

— Oui vaguement, j’y ai déjà été chercher plus d’une fois un ami à moi !

— Ha oui ? Je le connais peut-être ?

— J’en doute, il s’appelle Scott et il attend ses idoles à leur sortie, tapis dans les buissons.

— Je l’ai déjà aperçu dans ce cas je crois.

— À ce soir Max.

— À ce soir.


Pour une fois, j’avais fait en sorte de sortir pile poil à l’heure, Max était garé dans sa Toyota Avensis juste en face de la sortie des studios, sur un emplacement réservé aux livreurs. À l’arrière de son véhicule, Scott, muni de jumelles, le tout ne passait évidement pas inaperçu. Il vint à ma rencontre :

— Désolé, je n’ai pas réussi à me débarrasser de Scott. Et comme il va au même endroit que nous, je n’allais pas l’y laisser s’y rendre à pieds.

— Pas de problème.

Il m’ouvre la portière, et ce petit geste me ravit. Le temps qu’il gagne sa place, je me retourne et dit bonjour à Scott, qui me regarde la bouche ouverte sans rien répondre.

— En route !

— Il n’est pas très bavard votre ami.

— Ne faites pas attention à lui.

— Il me trouvait aussi bof bof dans « Course à l’héritage » ?

— Oh non, j’ai adoré… crie Scott. J’ai adoré ce film, autant que tous les autres d’ailleurs, je vous adooooooooore.

— C’est gentil, mais je n’ai pas fais beaucoup de films pourtant.

— 15 c’est déjà pas mal ! Je n’ai pas eu le temps de tous les regarder.

— Vous comptez les téléfilms ?

— Et le court métrage aussi à ajouter, répond Scott.

— Vive Google !

— Non du tout, Scott est membre d’un blog de fans…

— Tiens j’ai ça moi ?

— D’après Scott, une centaine, mais un seul est fiable.

— Deux imbéciles. Il y a celui de votre ami la styliste (Olga), mais ses informations sont toujours en retard de deux jours et celui d’un de vos compatriotes! C’est surtout sympa pour les infos de vos déplacement celui-là. Sur les autres, y a de tout et du gros n’importe quoi !

— Il faudra à l’occasion me montrer tout cela.

— Vous voulez que je vous montre vos sites de fans ?! Dit Scott en criant.

— Oui mais cessez de crier.

— Je vous dépose devant, je vous rejoins à l’intérieur.

— Je ne savais pas qu’il y aurait autant de monde et des photographes.

— Tu vas faire un malheur men ! m'annonce Scott.

— Vous ne voulez plus… demande Max.

— Maintenant qu’on y est, je m’attendais juste à un truc plus calme en fait.

À peine j’avais posé un pied sur le tapis rouge menant à l’intérieur que les flashs ne cessèrent de crépiter. Toute la presse à scandale était présente, je ne savais pas que Karine était la Karine de tous les lancements littéraires. Aux journalistes qui posèrent des questions à tout va, ils me donnèrent eux-même mon alibi sur ma présence, au milieu des questions, une retint mon attention.

— Vous comptez publier vos mémoires chez Karine Flavio ?

— Des mémoires comme vous y allez ! Je ne suis pas encore à l’age de la retraite, disons qu’il y a un projet photo sur mes débuts au cinéma.

Un projet qui se fit, alors qu’il n’était pas du tout envisagé. J’étais au bar en train d’attendre Max, il traversait la salle à ma rencontre mais la fameuse Karine en question, l’accosta et lui confia ses pensées du moment, elle se demandait qui avait bien pu m’inviter et faire de cette petite soirée de lancement un tel buzz.

— Laisse moi te présenter Flavio Biamond, Karine, un ami.

— Enchanté, maintenant si quelqu’un vous parle d’un projet photo sur mes débuts, ne soyez pas étonnée.

— C’est que la maquette est prête me dit-elle en me faisant un clin d’œil. Messieurs bonnes soirées, on fixe un rendez-vous très prochainement.

— Pas de problème, contactez mon agent !

Le brouhaha ambiant allant crescendo, l’endroit n’était pas top pour un premier rendez-vous, ne pouvant pas boire, par peur d’une photo compromettante, je m’ennuyais sec à cette soirée. Max nous fraya un chemin vers l’arrière et nous sortîmes par une porte dérobée dans une de ses ruelles entre deux bâtiments.

— Vous voulez me tuer ici.

— J’ai pensé que vous en aviez mare et préfériez changer d’endroit en toute discrétion. Scott va nous amener la voiture.

— Bonne idée.

— Où voulez-vous aller ?

— Dans un endroit calme !

— Style des balançoires publiques ?

— Vous avez vu, « L’enfant et la roulotte » ?

— Jusqu’à présent c’est mon préféré.

— Sur combien ?

— Sur 5 ! En une matinée, Scott n’a pas su tout me faire voir. J’ai vu deux téléfilms…

— Assez bof bof ?

— Disons que ce n’est pas ma tasse de thé.

— Je vous rassure, nous ne sommes pas le public visé par ces niaiseries.

— Voilà Scott.

Un Scott qui retourna à l’intérieur de la soirée, non sans m’avoir demandé un autographe, quelques photos avec lui, juste au cas, où je ne reverrais jamais Max, me dit-il tout bas. Max me conduisit dans un bar à vin discret et peu connu, mais très agréable, dans de faux caveaux, des petites alcôves de tables de six, toutes séparées par des arcades, ce qui donnent à l’endroit une certaine intimité à chaque tablée. Nous bûmes un Saint Amour de dix ans d’âge, je suppose que ce choix était juste basé sur l’étiquette. Nous avons parlé de tout et de rien et vidé la bouteille, ensuite avant qu’il ne reprenne le volant, nous avons été faire quelques pas dans les alentours, il avait besoin de prendre le frais. Les dix minutes se sont transformées en trois heures, à ma montre il était 4h.

— Je dois absolument rentrer dormir un peu, je travaille cet après-midi, je n’ai pas vu le temps passer.

Il se saisit de ma main embrassa mon poignet, et me proposa de me reconduire. En face de mon immeuble, j’ai hésité. Un dernier verre ou pas ? Je n’ai pas eu le temps de dire quoi que ce soit.

— Je vous appelle demain Flavio ?

— J’y compte bien.

En me mettant au lit, fermant les yeux, je revis les poils qui s’échappaient à la base de son cou de sa chemise au premier bouton ouvert, et j’eus comme des chatouillements dans le ventre, il avait du sang méditerranéen dans les veines, du sang chaud, et ça ne me laissait pas indifférent, que du contraire.

Le lendemain, il m’appela comme convenu, et m’invita dans le meilleur restaurant italien de la ville selon lui. Il me donnait rendez-vous à l’angle de deux avenues, dans un ancien quartier d’immigrant devenu tendance, depuis que les gens ont pris conscience de la valeur des premiers buildings de briques.

— Le restaurant n’ouvre pas avant une demie heure, aussi si nous allions faire un tour dans ce petit square.

— Ça me va, je ne suis encore jamais venu dans ce quartier, c’est assez joli.

— En effet. Vous êtes célibataire ?

— Jolie transition, ha excusez moi, je vibre. Dave ! Comment vas-tu ? Super. Moi aussi. Non rien de neuf. Je ne m’ennuie plus autant, j’ai fais la rencontre de pas mal de gens sympas. Mais non, je ne vous oublie pas. Toi non plus. Bête ! Bon je te sonne demain, là je suis occupé. Bisous.

— Voilà qui répond à ma question !

— Je suis célibataire.

— Ha. Et vous êtes gay ?

— Qui sait !

— Scott dit que vous êtes trop bel homme pour être hétéro.

— Vous faites un curieux couple, vous êtes ex ?

— Demi-frères, mon père a mis un pied de côté, alors que ma mère était enceinte, ses spermatozoïdes étaient féconds cette année là, car un mois après moi, il mettait enceinte sa stagiaire. Elle a abandonné Scott à mon père et ma mère nous a élevé tous les deux, des vrais faux jumeaux comme elle dit.

— Votre mère doit être quelqu’un de très courageux. Mais elle choisit très mal les cravates.

— Je ne dirais pas cela, sans cette belle cravate, vous m’auriez sans doute éconduit à la seconde près.

— Je n’en suis pas aussi sur que vous ! Tutoyons-nous, ce sera plus sympa, tu veux bien ?

— Va pour le « tu ».

— J’ai lu dans ta bio que tu étais européen.

— Exact.

— Les européens sont fort pour les langues. Et tu es membre d’une grande lignée.

— Il ne faut pas croire tous les sites de Scott.

— J’en ai regardé plus d’un et pas impérativement des blogs de fans !

— Moi je ne sais rien de toi, et toi tu sais tout, ce n’est pas juste.

— Tu ne m’as pas googelisé ?

— Non, je ne suis pas très fan du net.

— Tu aimes l’Italie ?

— Beaucoup, mon vrai prénom c’est…

— Julien Flavien, c’est sur le net aussi.

— Ça devient frustrant à la fin…

— Mon père est romain. Je supporte l’équipe de foot de Rome depuis que je suis gamin.

— Moi à part les vestiges romains et la pasta, le foot je suis plus pour Brugge par exemple.

— Ha tu aimes la pâte, et bien c’est le moment de manger les meilleurs lasagnes du monde, ensuite une bonne escalope milanaise et pour terminer une mousse au chocolat.

— Ça ne ressemble pas à un restaurant ce hall.

— C’est normal, tu viens manger à la maison. Scott surveillait la cuisson des lasagnes, il m’a envoyé un texto juste avant de quitter l’appart.

— Waw, mais c’est magnifique chez toi. Et cette table…

— Bon pour la table, félicite Scott, c’est lui le décorateur, moi je paye les factures et fait la cuisine. Un chianti ?

— Volontiers.

Je ne sais pas vous, mais moi, un gars qui prépare un repas, vous invite cash chez lui, ça ne m’a pas du tout fait fuir que du contraire, en plus d’être craquant, drôle, et capable de cuisiner sans passer chez un traiteur, et bien ça m’a fait fondre.

— Cette lasagne est la meilleure des lasagnes que j’ai mangée de ma vie !

— Recette de mama ! Attends la suite !

— Je ne sais pas si je pourrais encore avaler quelque chose.

— Mais si, on va patienter quelques minutes.

— Ok, on verra bien.

— Alors, d’après Internet toujours, tu es devenu acteur par hasard ?

— Oui…

— Pas envie d’en parler ?

— C’est qu’il n’y a rien à dire, j’ai commencé par faire des photos, ensuite je suis devenu ambassadeur d’une marque, j’ai bossé en tant qu’employé pour cette marque, on m’a proposé quelques téléfilms, et au bout d’un moment des films. Et toi comment es-tu devenu avocat ?

— J’en pinçais pour l’avocat de mon père, après la fac, j’ai fait le droit.

— Et Scott ?

— Il devait aussi en pincer pour cet avocat, mais il s’est tourné vers de l’artistique, et bosse dans la communication.

— Comment gère votre mère le fait que vous soyiez gays Scott et toi ?

— Elle s’y est faite, ça n’a pas été facile, pas comme mon père qui nie et nous présente régulièrement aux filles de ses associés. Et toi tes parents ?

— Je ne les vois qu’une fois par an et encore… On s’ignore de l’année, se tél pour les anniversaires, souvent en retard, j’ai plus de sympathie pour ma nourrice que pour ma mère.

— Oh ce doit être triste.

— Pas du tout, mon père se ballade d’ambassade en ambassade, ma mère suit comme le toutou qu’elle est, moi dès que j’ai eu 15 ans j’ai mis fin à cette vie sans attache, j’ai enménagé chez ma grand-mère qui est plus comme une mère pour moi.

— Une mère de substitution en sorte? Et je suppose que grand-mère ne sait pas ou va tes préférences ?

— Si elle sait, mais elle n’en parle pas, ma famille n’est pas une famille conventionnelle, on ne se parle pas, on ne se touche pas, on vit dans une autre époque, je crois que c’est pour ça que je vis ici, par contre je déteste Hollywood. Je ne suis bien qu’à DC.

— NY je veux bien, mais DC ? Il n’y a rien grand-chose à faire excepté les musées.

— Je veux bien te mettre au défi. On ne peut qu’aimer DC quand on veut bien le découvrir, une journée avec moi et tu ne diras plus ça.

— J’accepte l’invitation. Du vin ?

— De l’eau plutôt…

— Tu as peur que je te saoule ?

— Qui sait !

— On repasse à table ?

— Ok…


— C’était vraiment délicieux ! Par contre le dessert, désolé, je ne serai pas, je n’ai plus de place, je vais devoir faire dix minutes de course en plus demain.

— Tu vas dans quelle salle ?

— Celle de mon immeuble.

— Ce n’est pas une salle ça.

— Je sais mais j’y ai la paix. Mis à part une grosse dame qui y fait sans cesse du vélo, et un couple de pensionnés, je n’y croise jamais personne.

— Ça doit être énervant la célébrité ?

— Les gens sont cool en général, ce sont les barrières radars qui énervent les fans. Je n’ai jamais eu de problèmes, et puis il suffit de dire aux gens excusez moi, je suis attendu, et ils comprennent.

— Ce qu’on montre à la tv alors ?

— Du show…

— En parlant de show, tu veux bien signer quelques autographes pour les amis de Scott ? Excuse moi de te demander ça, mais c’était la condition pour qu’il débarrasse le plancher…

— Si c’est le prix à payer…

— J’ai une question assez bête, mais je me demande quand on parle là pour le moment, tu traduis mentalement du français vers l’anglais ?

— Il a beaucoup d’amis Scott, et des photos que je n’ai pas moi-même de moi ma parole! En fait si mon auditoire est francophone, tout se fait en français et vice-versa avec les anglophones.

— Tu parles aussi néerlandais ?

— Comme tous les belges scolarisés dans de bonnes écoles. Mais j’avoue oublier de plus en plus mon vocabulaire. Manque de pratique.

— On repasse au salon ?

— Je me sens lourd, j’ai abusé de tes pâtes.

Je jette un œil sur le meuble de télévision et là je vois des DVD de mes films, des VHS de mes téléfilms.

— Ton frère est vraiment un fan !

— De la première heure, je pense.

— Je ne me souviens pas d’avoir jamais vu mon premier téléfilm.

— Ça te tente.

— Ok.

— Mets toi à l’aise, je vais nous chercher une coupe et on se matte tes débuts.

— Je te prends aux mots !

J’enlève mes chaussures, je me mets à l’aise. Je m’installe sur son canapé, il revient avec deux coupes, se place à mes côtés. Je glisse mes pieds sous moi, quitte à se mettre à l’aise, autant aller jusqu’au bout. Il enclenche le film, je sirote ma coupe, une deuxième je pense, puis le sommeil me gagne, je m’endors sur son épaule, je crois qu’il n’a pas osé bouger de peur de me réveiller. J’ignore quelle heure il devait être, mais j’ai été réveillé par la voix de Scott, qui du hall d’entrée criait à son frère :

— Alors ma poule comment ça a été avec mon Apollon ?

— Ne crie pas comme ça, il dort !

— Quoi, il est encore ici ? Dit-il sur un ton beaucoup plus bas…

— Oui.

— J’hallucine et il dort sur mon canapé.

Il va voir de lui-même et m’éveille.

— J’ai dû m’assoupir… Excuse moi Max, je devais vraiment être fatigué, plus le repas, tu aurais du me réveiller. Je vais y aller, appelle-moi un taxi.

— Il est trois heure du matin, reste à la maison, je te ramènerai demain matin.

— Mais oui reste ! Lance Scott.

— Si vous êtes unanimes...

— Et comment ! s'énerve Scott.

— Scott !

— Ben quoi !

— Ok, ben, je squatte votre canapé.

— Il va squatter notre canapé il a dit !

— Je vais chercher une couverture.

— Max, allo ! C’est Flavio Biamond là !

— Merci pour la couverture Max, ça m’ira très bien.

— Max, tu oublies que dans ta chambre en plus de ton lit, tu as un divan lit.

— Heureusement que tu es là Scotty, tu me montres ta chambre Max ?

— Il m’a appellé Scoty.

— Je ne pouvais pas ?

Dans sa chambre :

— Je ne sais pas au juste comment s’ouvre ce truc.

— Pas grave, laisse tomber, on peut partager le même lit, il est pas mal grand.

J’enlève aussitôt mon jeans, ma chemise, je me retrouve vite en boxer dans sa chambre, fixé par ses yeux envieux.

— Tu dors tout habillé ? lui dis-je pour le faire s’activer.

— Heu non !

J’en profite qu’il se met lui aussi à l’aise pour me plonger dans ses draps, et le détailler.

— Je n’avais jamais vu pareil slip.

— Une habitude européenne, je n’aime pas les caleçons américains, j’ai toujours l’impression qu’elle va s’échapper, qu’elle n’est pas soutenue.

— Quel beau sujet de dissertation !

— C’est toi qui a demandé.

— J’éteins ?

— Tu éteins… Bonne nuit Max.

J’ai hésité, me blottir tout contre lui ou pas, mais la fatigue et le confort de sa literie ont eu raison de mes incertitudes. Au matin, il était environ 9h, j’étais déjà en retard, mais je pris mon temps, une fois n’était pas de coutume, on m’attendrait. Je surpris, une conversation entre les deux frères, Scott était atterré du fait que Max n’avait rien tenté, pas même une approche. Celui-ci dit que ce n’était pas aussi simple, qu’il n’était pas nécessaire de brusquer les choses, son frère le traita d’idiot, le moment que je choisis pour faire mon entrée...

A suivre…


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