Franz (1) : Franz


Franz (1) : Franz
Texte paru le 2012-09-11 par Lemanch   Drapeau-ch.svg
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Template-Books.pngSérie : Franz

En ce tout début de janvier 1943, Franz Dorfmeister au volant de la Mercedes militaire se dirigeait vers Paris. Il avait reçu son affectation de chauffeur-ordonnance du commandant, raison pour laquelle on lui avait attribué ce véhicule puissant et confortable.

Il avait pu éviter d’être envoyé sur l’un des divers fronts grâce à son origine bourgeoise et surtout son parrain, avocat militaire influent et évoluant dans le haut-commandement. De plus, il détenait quelques secrets qui le mettaient à l’abri et lui permettaient certaines libertés dans ce régime qu’il haïssait surtout sa désastreuse propagande qui envoyait le pays dans le mur, il en était convaincu et s’y préparait. Toutefois, il gardait toutes ses idées pour lui, les espions du régime étant partout. Comme un de ses amis venait d’être chargé de réorganiser une Kommandantur dans le centre de la France rurale, tout naturellement, il avait intrigué pour que son filleul puisse lui servir d’ordonnance. Franz était ravi car il partageait les convictions politiques de son parrain, mais, comme beaucoup se taisait.

Il était aussi content de revoir la France. Il remerciait sa mère de s’être entichée de cette culture française qui avait été à la mode à Berlin dans les années 30. Les parents avaient donc envoyé leurs enfants à Paris pour deux ans. Tandis que sa sœur choisissait les lettres et les arts, pour lui ce fut des études de pharmacie et de botanique. Grâce à ce séjour, il parlait couramment la langue de Molière avec une pointe d’accent germanique qui donnait un charme tout particulier à sa conversation. Il s’était aussi très intéressé à la littérature française qu’il aimait beaucoup. Ils avaient dû rentrer d’urgence en Allemagne, suite aux événements de 1939, lesquels devaient totalement bouleverser les projets de chacun.

Grand, élancé, viril, Franz était un jeune homme brun d’environ 25 ans dont la musculature lui avait sculpté un corps harmonieux et bien proportionné. Son visage attirait les regards. Sans être d’une grande beauté, il était agréable à contempler. Il avait surtout de magnifiques yeux bleus, un nez aquilin et des lèvres bien ourlées, sur une bouche sensuelle qui, quand il souriait, laissait apparaître une rangée de dents parfaites. Il tenait de sa mère une chevelure noire qu’il coiffait mi-longue avec une raie au milieu. Il avait ce geste familier et juvénile, qui conférait au tic, de passer sa main dans ses cheveux lorsqu’il réfléchissait ou était ému. Quand il se regardait nu dans le miroir il aimait contempler son torse recouvert d’une toison noire laquelle se poursuivait en une longue ligne sombre vers le nombril et le pubis. La nature n’ayant pas été avare avec lui, au milieu d’un buisson noir se détachait un beau membre charnu reposant sur des testicules attachés haut.

Ce qu’il aimait le mieux chez lui c’était ses fesses parfaites, musclées et rebondies qui attiraient le regard discret des filles et sans doute aussi des garçons intéressés. Sans être narcissique, il appréciait son physique et se trouvait plutôt séduisant.

On ne comptait plus les conquêtes qu’il avait mises dans son lit. Berlin avait la réputation d’être une ville libertine et ce n’était pas qu’une réputation. Filles et garçons se rencontraient dans des cafés de rendez-vous dans Schöneberg ou Kreuzberg et chacun savait pourquoi il était là. Il passait à juste titre pour un Casanova, voire un bon coup, ne s’en cachait pas mais on ne lui connaissait aucune liaison sérieuse. Il aimait le sexe et couchait pour le plaisir des sens. La jeunesse du corps a de tous temps eu des exigences qui ne sont pas toujours celles du cœur.

Tout en roulant, il se rappelait le petit appartement qu’il partageait avec sa sœur à Montmartre, comme ils l’aimaient cet appartement. Inge passait des heures à peindre parmi les artistes. Elle avait fini par s’amouracher d’un jeune barbouilleur un peu pique-assiette mais très sympathique. Du genre Titi parisien, gouailleur, il connaissait la capitale comme personne, surtout les endroits réputés chauds dont il avait donné les adresses à Franz. En y repensant, il se souvint de cette nuit très spéciale. Il avait rejoint une fois de plus la maison close où il avait fini par avoir ses habitudes. Il avait été subjugué par une superbe femme, peut-être légèrement trop maquillée, à la poitrine avantageuse, au corps sculptural. En la voyant, il n’avait pu empêcher son membre de réagir dans son pantalon. La jeune personne, habituée, s’en était rendue compte et l’avait aussitôt emmené dans une chambre. Baisers brûlants, caresses érotiques, langues fourrageuses, explorations manuelles, un désir violent l’avait envahi comme peu de fois auparavant. Cette femme savait y faire. Elle semblait parfaitement connaître les hommes et comment ils fonctionnaient. Sure qu’elle allait le faire grimper aux rideaux ! Il se trouva très vite nu, le membre tendu, cherchant son passage naturel qu’il fut un peu surpris de ne pas trouver tout de suite. La fille alors, enleva sa culotte, dernier rempart, et Franz se trouva face à une verge bien dure ! Il crut rêver. Il était face à un travesti ! Son désir douché froidement, son érection retomba dans la minute. Il regarda encore une fois ce corps féminin parfait pourvu de cette incongruité masculine. Le travesti se mit à genou pour redonner vigueur à ce membre flacide mais Franz le repoussa. S’obstinant, il reprit les choses en mains et en bouche. Là Franz s’énerva, le bouscula et le fit tomber. Il remit prestement ses vêtements et s’en alla très en colère.

Longtemps il demeura ébranlé par cette expérience et pendant des semaines sa sexualité se limita à la masturbation, tant il n’osait plus se rendre à la maison de plaisirs craignant de tomber de nouveau sur un travesti. Il était un homme, un vrai qui aimait les femmes et se l’était prouvé.

En fait, ce qui lui avait à ce point fait peur et s’enfuir, ce n’était pas ce qu’on avait voulu lui faire, non, mais comment il aurait réagi. Tout au fond de lui, il avait su que le garçon serait parvenu à ses fins et le rendre raide. Et cette seule idée il ne la supportait pas. Il s’était arrangé pour que la honte soit pour le prostitué, non pour lui. Il n’empêche qu’à cet instant même le souvenir de ce moment le perturbait encore au point d’en ressentir un fourmillement qu’il connaissait bien dans son bas-ventre. Il se demandait ce qui se passait car il n’avait jamais eu d’attirance particulière pour les hommes.

Par exemple, lors des séances de gymnastique et de sports collectifs, aux douches, il n’avait pas d’érection lorsqu’il voyait ses coéquipiers dans le plus simple appareil, alors même que certains, qu’ils savaient être hétéros, avaient leur verge dressée. Il se disait que sans doute c’était là chez eux une réaction personnelle et naturelle après un grand effort. En tous cas, il n’avait jamais eu l’idée d’aller caresser un corps même s’il savait en apprécier parfois la plastique ou d’aller comparer un membre au sien. Il avait pu lui arriver furtivement, à la rigueur, d’en envier un bien que de ce côté là, il avait pu constater que la nature l’avait plutôt bien pourvu et en retirait une mâle fierté.

Les années ayant passé depuis cet événement, il comptait bien refaire une visite à une maison close mais s’arrangerait cette fois pour n’avoir aucune mauvaise surprise de ce genre.

Arrivé à Paris, il se rendit à l’Hôtel Meurisse, siège de la Kommandantur locale. Là, un secrétaire zélé lui remit tout un dossier, son ordre de marche et un bon pour deux nuits d’hôtel qui faisaient office de permission. À la demande de Franz, il lui indiqua l’adresse d’une maison de plaisir, agrémenté d’un clin d’œil égrillard et d’un sourire complice.

Après un passage dans une brasserie pour se restaurer un peu, il se prépara et déjà sous la douche eut une érection à la pensée de sa future soirée. Il agaça un peu son membre, flatta ses testicules mais se garda de mener à terme ses caresses. Sur le coup des huit heures il poussait la porte de la maison qu’on lui avait assuré être de bonne tenue puisque réservée aux gradés et certaines personnalités politiques ou d’affaires. Eu égard à son uniforme qui lui donnait une belle prestance et qu’il portait admirablement bien, un portier l’accueillit respectueusement, prit sa casquette et ses gants. L’immense hall était occupé dans sa presque totalité par un bar, vers lequel il se dirigea pour commander du champagne, boisson quasi obligatoire dans un tel lieu. Il se trouvait au milieu d’une sorte d’atrium tout blanc aux galeries desquelles les filles regardaient les nouveaux arrivants et Franz draina une majorité de regards envieux, en majorité féminins. Certains hommes jalousaient son physique, sa jeunesse et sa belle prestance.

Il monta l’escalier, son verre à la main. Ces dames n’étaient vêtues que d’une guêpière, jarretelles et bas, les seins à l’air. Il s’avança dans le couloir. Les filles lui tournèrent autour, telles des abeilles, lui caressant sans vergogne les fesses et, pour les plus hardies, la braguette qui commençait à manifester une légère protubérance.

Il avait la ferme intention cette fois-ci de s’assurer qu’il allait bien coucher avec une femme en possession d’un vagin et non d’un sexe masculin. Il finit par jeter son dévolu sur une belle brune à la poitrine généreuse et à la bouche pulpeuse, qui paraissait plus âgée que lui, ce qui ne lui déplaisait pas. Elle aurait plus d’expérience. Elle s’approcha en souriant, lui murmura quelques mots dont il ne comprit que « chéri » à cause du bruit ambiant. Elle frottait son bas-ventre contre la bosse que formait son sexe. D’autorité, il plaqua sa main sur celui de la femme et força deux doigts qui le rassurèrent quand à ce qui correspondait à son sexe et qu’il honorerait au moment opportun.

Elle l’emmena vers une chambre et entreprit de le déshabiller, tout en le caressant. Elle ôta le peu de vêtements qu’elle portait, lui donna le tarif pour le sucer et s’agenouillant prit son membre dans sa main, le masturba un peu puis l’enfourna dans sa bouche trop maquillée. Elle eut un petit haut le cœur à cause de la taille de la verge mais la fellation n’avait aucun secret pour elle et son expérience emmena rapidement Franz sur un nuage. Toutefois, il n’était pas question qu’elle le fasse jouir trop vite comme la plupart des prostituées. Il se retira et vint vers le lit. La fille comprit qu’elle pourrait lui réclamer un supplément de tarif.

Il se coucha sur le dos, elle vint à califourchon, lui caressant la toison du torse dont elle prenait visiblement plaisir. Elle lui mit deux doigts dans la bouche, puis les introduisit dans son vagin. Elle refit ce manège à plusieurs reprises, ce qui mit Franz au comble de l’excitation. Elle recula un peu pour prendre le membre dur et gonflé de désir de son client et se l’enfonça dans sa vulve. La chaleur humide surprit Franz qui gémit. Ensuite elle ondula telle une cavalière sur sa monture ce qui fouetta le désir du mâle dont elle s’occupait avec talent.

Puis Franz réclama la pénétration. Elle se coucha sur le dos, nue et offerte, son sexe rasé baillant légèrement et lubrifié par leurs humeurs conjointes. Il glissa ses doigts dans le vagin, la femme gémit, il prit son clitoris entre ses lèvres ce qui la fit haleter. Entre ses cuisses, offerte et bien ouverte, il remplaça ses doigts par son pieu, entreprit un coït puissant et viril qui leur arrachait couinements aigus, sincères ou simulés pour elle, et râles de bête en rut pour lui. Il prenait un plaisir violent à lui défoncer la chatte, se fichant éperdument de savoir si c’était réciproque. Soudain il sentit le fourmillement dans son ventre qui annonçait chez lui qu’il allait jouir. La femme le comprit au changement de sa respiration. Il se coucha entièrement sur elle, lui asséna un ultime profond coup de reins et il expulsa son sperme tout au fond du vagin à grands renforts de râles très mâles de sa belle jeune voix grave.

Elle le repoussa presque immédiatement et tandis qu’elle filait vers le cabinet de toilette éliminer la semence qui était en elle, Franz alluma une cigarette, étendu sur le dos, bras replié sous sa tête, le corps brillant de sueur. Repus, d’une satisfaction toute masculine.

La prostituée revint et attendit son dû. Franz fut généreux, n’ayant pas eu l’occasion faire l’amour depuis un certain temps, il était plus que satisfait de la prestation. Elle l’embrassa en glissant les billets entre ses seins.

— Tu reviens quand tu veux chéri, c’était très bien. Tu as aimé ?

— Beaucoup, tu es parfaite. Il lui flatta la croupe comme on il l’aurait fait d’un cheval.

— Je m’appelle Lucie. Et toi ?

— Disons « chéri ».

Elle eut un petit rire un peu stupide et n’insista pas. Elle s’en fichait complètement de son nom. Elle sortit pour déjà se chercher un nouveau client. Il se leva à son tour, fit une rapide toilette de son sexe sur le bidet, s’habilla et quitta la chambre. Il prit un dernier verre au bar et rentra se coucher à son hôtel.

Comme tous les mâles après avoir pris son plaisir, son escapade sexuelle l’avait conforté sur ses performances d’hétéro. Il aimait le sexe, faire l’amour et les femmes. Posséder un corps était l’essence même de sa virilité. Le lendemain, il reprit la route vers son lieu d’affectation.

Il avait appris qu’il ne logerait pas dans le village, là où il était affecté mais à quelques kilomètres, en pleine campagne, dans une ferme très isolée, dont les propriétaires s’appelaient Dutoit. Vu le coin éloigné de toute agglomération, il se disait que sauf l’existence miraculeuse d’un bordel dans les parages, il allait être dans l’obligation de se livrer au plaisir solitaire du soldat durant de longues semaines. Après tout, n’y a-t-il pas de meilleur partenaire que soi-même ! Il en fallait davantage pour assombrir sa belle humeur d’être de nouveau dans cette France qu’il aimait. Certes il aurait préféré la retrouver dans d’autres circonstances car tout au long du trajet, il avait subit toute l’hostilité que faisait naître son uniforme et son accent. Mais, il comprenait car il aurait eu sans doute la même attitude si son pays avait été occupé. Saleté de guerre !

Le froid extérieur gagnait l’habitacle. Il frissonna, poussa le chauffage et accéléra. Il avait hâte de découvrir le nouveau lieu de son existence de militaire.

À suivre...

Relecture et correction par Miche et Lucl.
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays.


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