Franz (11) : La noyade


Franz (11) : La noyade
Texte paru le 2012-10-02 par Lemanch   Drapeau-ch.svg
Ce récit a été expédié via courriel par l'auteur pour sa publication sur l'archive

MM.jpg

Cet auteur vous présente 30 texte(s) et/ou série(s) sur Gai-Éros.

Ce texte a été lu 3957 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)

(ne fonctionne qu'avec les auteurs qui sont des usagers validés sur l'archive)

© Tous droits réservés. Lemanch.


Template-Books.pngSérie : Franz

Automne 1943. La saison commençait à accrocher ses couleurs aux arbres. L’air était encore très doux et ensoleillé. Marc et Franz avaient décidé d’aller une fois de plus à la pêche. Ils savouraient ce moment de détente, étendus côte à côte, leur canne plantée dans la terre. Parfois, leurs mains se cherchaient, se joignaient. Un couvre-chef sur le visage les protégeait des rayons. Pour bruit de fond, ils avaient le chant des oiseaux et le murmure de l’eau.

Soudain, ils crurent entendre un appel :

— Marc tu as entendu ?

— Il me semble oui

Ils tendirent l’oreille puis se redressèrent. C’est alors qu’ils virent une embarcation emportée par le courant et une tête dans l’eau.

— À l’aide !

Franz ôta son pantalon et plongea, nageant avec le courant. Marc lui cria :

— Je vais plus bas pour vous rattraper.

Il se mit à courir à grandes enjambées pour rattraper le courant jusqu’à la berge en promontoire et il plongea à son tour. Ils nageaient de toutes leurs forces et finirent par rejoindre assez rapidement un enfant qui luttait contre les flots. Franz plaça son bras autour de son corps pour le ramener vers le bord, tandis que Marc avait pu s’agripper à la barque et montait dedans. Il prit les rames et manœuvra vers son compagnon qui venait d’atteindre la rive. L’enfant était au bord de l’épuisement. Les deux jeunes gens soufflaient comme des bêtes.

— Ben mon bonhomme, tu as eu de la chance qu’on soit là ! Lui dit Marc.

L’enfant se mit à pleurer. C’était un garçon d’une dizaine d’années, avec de grands yeux noirs interrogateurs. Tous trois étaient trempés. Franz le pris dans ses bras et le porta tout le long du trajet de retour vers leurs effets laissés plus haut. Franz souriait à l’enfant, le rassurant par des caresses sur sa joue, essuyant ses larmes. Il le déshabilla et le frotta vigoureusement avec le linge qui servait à emballer le poisson. Le gamin commençait à trembler sous la réaction nerveuse et la fraîcheur.

— Tu ne vas pas sentir la rose mais il ne faut pas que tu reste mouillé, lui dit Franz.

L’accent germanique de l’homme paniqua l’enfant qui ouvrait de grands yeux incrédules.

— Tout va bien, calme-toi. On ne te veut aucun mal, bien au contraire, le rassura Marc qui lui demanda

— Où habites-tu mon garçon ? Quel est ton nom ?

— Jean-Louis Barbier de la ferme à Gobet.

Intérieurement, le gosse s’interrogeait. Que faisait donc ce Français avec cet Allemand ? Franz avait terminé son séchage et passa une main amicale dans les cheveux du gamin en lui souriant et l’emballa dans la couverture sur laquelle ils s’étaient étendus. Ils rangèrent rapidement leur matériel de pêche et enfourchèrent leur vélo. Franz installa Jean-Louis sur la barre devant lui, tandis que Marc emportait leurs affaires et les vêtements de l’enfant. Ils arrivèrent bientôt à son domicile. Sa mère courut vers eux.

— Mon Dieu Jean-Louis qu’est-ce qui t’es arrivé

— Il est tombé de son embarcation et par chance nous étions là. Nous avons pu le secourir, lui expliqua Marc.

— Merci ! Merci infiniment. Vous ne voulez pas entrer ?

— Une autre fois.

— Dites-moi au moins qui vous êtes et où vous demeurez ?

— C’est un Boche! Cria le gamin en montrant Franz du doigt.

La mère regarda d’un air peu rassuré celui qui était désigné ainsi puis se tournant vers son fils

— Jean-Louis, ce n’est pas poli de montrer ainsi du doigt. Ces hommes t’ont sauvé ne l’oublie pas.

Il courut à l’intérieur de la maison, emportant la couverture.

— Je vais vous la rendre.

Elle revint et la tendit à Franz et baissant les yeux vers le sol.

— Merci.

Franz, malgré l’insulte, voulut lui serrer la main, mais elle l’ignora et répéta simplement le regard fixé au sol :

— Merci d’avoir secouru mon fils.

— C’est normal vous savez. Nous ne sommes pas tous des salauds ! Lui répondit Franz l’œil mauvais et d’une voix qui contenait mal sa colère.

— Au revoir Madame Barbier, salua Marc.

Ils reprirent leur route sans un mot. Arrivés chez eux, Franz laissa éclater sa rancœur :

— Tu as vu comment elle m’a traité ? Je pensais avoir droit au moins à un peu de reconnaissance.

— Je partage ton sentiment Franz. La guerre n’excuse pas tout, je le lui ferai comprendre en allant lui porter un peu de lait et prendre des nouvelles du gamin.

— C’est dur Marc tu sais. D’être avec toi, j’en oublie la situation et ma nationalité.

— Viens là.

Il le prit dans ses bras comme on console un enfant et l’embrassa. Il se calma.

— Heureusement, tu es là mon Markus.

— Et je t’aime tant, lui murmura Marc à l’oreille.

Quelques temps plus tard, Marc retourna au domicile des Barbier.

— Bonjour, je viens prendre des nouvelles de Jean-Louis.

— Il va bien. Plus de peur de que de mal. Il a l’interdiction de se rendre à la rivière seul.

— Je vous ai apporté un peu de lait. Comme j’ai une vache, j’en ai un peu trop.

— Merci beaucoup. Que faisiez-vous avec cet allemand ?

— Il loge chez moi par réquisition. Il est différent vous savez. C’est lui le premier qui s’est jeté à l’eau et a sauvé votre enfant. Moi je n’ai fait que m’occuper de l’embarcation.

— Je suis désolée mais les circonstances…

— Sans doute, oui.

— Dites-lui que je suis désolée et que je le remercie encore. Vous comprenez mon mari est prisonnier dans un camp de travail en Allemagne et je n’ai aucune nouvelle.

— C’est la guerre, hélas.

Il savait bien qu’il n’avait nullement répondu à l’interrogation de la femme et pour éviter d’exciter sa curiosité, il mentit.

— En contrepartie de la réquisition, la Kommandantur m’autorise à avoir une aide de la part du locataire dans la ferme. C’est de retour de notre travail aux champs que nous avons entendu Jean-Louis crier à l’aide.

La femme sembla rassurée mais il vit très bien qu’elle ne le croyait pas. Marc reprit son bidon, la salua et remonta sur son vélo. Décidément, ce sauvetage, il l’appréhendait, allait apporter davantage de problèmes que de reconnaissance !

Les semaines passaient. Pour montrer à Mme Barbier qu’il avait tourné la page, il arrivait à Franz de lui apporter le lait. Ils n’échangeaient que des banalités et quand la femme devenait trop curieuse, Franz prétextait qu’il était pressé. Il avait remarqué qu’elle le trouvait séduisant, ce qui ne manquerait pas de compliquer encore davantage leurs relations. Il veillait à tous ses gestes, ses paroles afin de ne pas les faire interpréter comme un encouragement quelconque. Il s’en était ouvert à Marc :

— Cette femme en pince pour moi.

— Je te crois volontiers. Tu es séduisant, bien élevé, beau et elle n’a sans doute plus connu d’hommes depuis pas mal de temps.

— Ce n’est pas mon genre.

— Je sais, ton genre porte des pantalons, il a une queue et des couilles, il est blond et barbu.

— C’est vrai et je l’aime à la folie.

Ils s’embrassaient amoureusement sur la bouche. Ils étaient tout de même un peu soucieux de cette situation inattendue.

Ils se retrouvèrent plus tard dans la chambre. Allongés côte-à-côte, Marc avait son bras gauche reposant sur le torse de Franz qui lui caressait la main.

— Je veux te dire, Marc, que quoi qu’il puisse arriver, je t’aime et t’aimerai toujours. Tu es et resteras la personne que j’aime plus que ma vie.

— Je sais et c’est pareil pour moi.

Un silence puis Marc demanda :

— Pourquoi me dis-tu tout ça ?

— On ne sait jamais de quoi demain sera fait et je tenais à te le répéter.

Ils s’étreignirent, joignirent leurs lèvres en se caressant faisant durcir leur sexe et monter leur désir réciproque.

— J’aime ton corps magnifique Marc. Ta gentillesse, ta douceur. J’aime respirer tes cheveux, ton odeur. Ta peau contre la mienne.

Il embrassait tendrement, amoureusement, le visage de son amant, et lentement, il posait ses lèvres délicatement dans le cou de Marc, sur les poils blonds du torse, effleurait un téton de la pointe de sa langue qui le faisait soupirer. La main de Marc couraient dans les cheveux de Franz qui poursuivait sa descente. Des dizaines de baisers tendres étaient déposés sur la peau du ventre, la langue fouillait le nombril. Marc fermait les yeux sous cette caresse passionnée. Franz faisait durer le moment attendu où il allait prendre le membre tendu dans sa bouche. Il admirait cette queue, soufflait sur le gland, y collait ses lèvres, léchait toute la hampe. Entourant la couronne du gland de son pouce et son index, il massait gentiment tirant la peau fine légèrement vers le bas. La réaction était immédiate, Marc se mettait à râler et sa bite se gonflait de plus belle.

— Suce moi… réclamait-il dans un souffle.

Franz le faisait languir encore un peu pour augmenter son désir, puis il prenait le gland uniquement avec les lèvres. Les gémissements redoublaient.

— Oui…

Il s’appliquait à le prendre en bouche en son entier, tournait sa langue râpeuse autour puis d’un coup avalait toute la queue dont le gland cognait contre le fond de sa gorge.

— Aaaahhh !!

Il pompait ce membre consciencieusement tant il l’aimait. Il alternait ses caresses buccales passant de petits coups de langue à une forte succion aspirante, le branlant d’une main tandis que l’autre travaillait les couilles, agaçant au passage son périnée. Marc alors se lâchait, ses soupirs se transformaient en gémissements puis en râles, pour le plus grand bonheur de son amant. Le désir l’enveloppait et il donnait des petits coups de reins pour mieux pénétrer la bouche chaude de Franz qui le regardait et pouvait lire l’extase dans laquelle il mettait son aimé. Quand il sentait un peu de liquide séminal couler sur sa langue, il quittait sa position, remontait vers le visage de Marc et l’embrassait, mêlant ce dernier à sa salive pour l’échanger avec son propriétaire. Ils s’étreignaient de plus belle.

Puis Marc entourait le corps de Franz de ses jambes, relevant ses fesses, il s’offrait trou bien ouvert pour accueillir le dard qu’il voulait en lui. Franz se positionnait alors, guidait sa queue et pénétrait dans cet antre de plaisir où il s’enfonçait lentement jusqu’à ce que son pubis touche ses fesses. Il restait un instant ainsi, tous deux savourant ce moment de possession. Franz était sur le corps de Marc, leurs bouches soudées.

— Je t’aime mon Franz.

Il entamait alors son va-et-vient, d’abord lent pour que Marc le sente bien en lui puis il accélérait progressivement. Il devenait alors sa chose, lui appartenant corps et âme, il tenait les hanches de Franz l’attirant à lui pour qu’il s’enfonce le plus loin possible. Il pouvait sentir son gland masser sa prostate déclenchant en lui un désir profond, presque bestial. Par les mouvements de son bassin, il aspirait le mandrin qui le labourait maintenant durement. Ils étaient en communion totale, leurs désirs se rejoignant. Franz aimait sentir son partenaire partager la violence de son étreinte. Ils étaient en sueur, râlant, gémissant, ahanant.

— Je vais jouir ! Annonça Marc qui se masturbait violemment au rythme de Franz.

— Donne tout mon chéri. Inonde-nous de ta semence.

Dans un cri rauque, Marc plongeait dans le regard de Franz et éjaculait de grandes quantités de sperme sur le bas ventre de son amant qui ne tardait pas à le rejoindre dans la jouissance.

— Aaaaaaaahhhhh !

Il se répandait tout au fond des entrailles de Marc en fermant les yeux, secoué par des spasmes incontrôlables, perdant pied dans le plaisir. Ils se souriaient. Franz se couchait sur le corps maculé de son amour et ils s’embrassaient longuement, plein de gestes passionnés et tendres. Puis Franz se retirait, prenait son sexe poisseux et s’activait à étaler la semence de Marc et la sienne. Il récoltait ce mélange avec la langue et venait l’offrir à Marc dans un dernier baiser d’amour.

Ils étaient bien, heureux, tendrement enlacés Marc au creux de l’épaule de Franz qui le caressait en le bécotant. Plus rien n’existait que leur amour.

À suivre...

Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays.


Faites plaisir à l'auteur, vous pouvez toujours laisser un petit commentaire!!! Cliquez ici et ajoutez un sujet!