Franz (16) : L'invitation


Franz (16) : L'invitation
Texte paru le 2012-10-08 par Lemanch   Drapeau-ch.svg
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Template-Books.pngSérie : Franz

Quelques semaines plus tard, Franz et Michel reçurent une invitation à une réception donnée chez les Von Schloss. Pour Franz, ce fut un énorme plaisir de retrouver son parrain qu’il aimait énormément. Il était d’ailleurs la seule famille qui lui restait, depuis la disparition de ses parents et de sa sœur. Tout en buvant quelques verres, ils parlèrent longuement de son avenir. Von Schloss avait tout prévu pour son filleul. Les Russes avaient débloqué de gros crédits pour reconstruire son laboratoire de produits pharmaceutiques qui manquaient encore cruellement à la population allemande. Il prendrait la tête de celui-ci dans les prochaines semaines. Il lui laissait carte blanche, ce qui séduisait Franz qui avait toujours rêvé créer ses propres préparations médicamenteuses. D’un autre côté, le vieil homme espérait aussi, secrètement, que Magda et lui fonderaient une famille. La jeune femme s’approcha d’eux et enleva Franz à son père pour danser avec lui.

— Assez comploté, maintenant on s’amuse un peu ! affirma-t-elle en lui adressant un sourire énamouré.

L’orchestre jouait des airs américains à la mode et ils dansèrent sur le succès du moment de Glenn Miller, « Moonlight Serenade » Elle plaquait son corps contre le sien, ondulant sur lui, plaquant sa poitrine somptueuse contre le haut de son ventre. Lui, déjà dans un état euphorique dû aux quelques verres avalés, se sentait étrangement bien. Tout en dansant, ils évoquaient leur enfance passée. Pas si lointaine que ça.

— Tu te souviens comme j’étais amoureuse de toi, soupirait-elle en posant sa joue contre son torse.

— Oui ! On s’était même promis de se marier, souriait Franz dans une pensée émue. Tu étais la princesse de nos contes de fée et moi, le prince charmant qui réveillait la belle d’un baiser.

— Tu es toujours mon prince, Franz ! dit-elle d’un ton des plus sincères en lui jetant une œillade douce.

— Sois sérieuse Magda ! On est des adultes, maintenant.

— Tu ne m’aimes donc plus ? demanda-t-elle en boudant un peu, jouant sa candide.

— Si, bien sûr ! Comme une petite sœur.

— Moi, je t’aime d’amour ! précisa-t-elle en posant sa main sur sa joue.

Franz était mal à l’aise. Il jeta un œil alentour et aperçu le Russe au fond, debout contre un mur.

— Et ce Boris ? À voir son regard possesseur, tu lui appartiens déjà. Je me trompe ?

La jeune femme fut douchée par la réalité de la phrase. Elle cligna des yeux et se redressa dans une pose plus académique pour un couple dansant. Elle se rappela le but de sa mission.

— Boris n’est qu’un employé de mon père, commença-t-elle méprisante. Je lui accorde quelques faveurs, c’est vrai, mais rien de sérieux. D’ailleurs, il est marié à cette blondasse que tu peux apercevoir à côté du général.

— Elle est très jolie ! fit Franz admiratif.

— Vous êtes tous les mêmes les hommes ! persiffla Magda. Il suffit d’un décolleté généreux et d’une paire de fesses expressives pour vous faire vibrer.

— Pour rendre hommage ! précisa Franz en la faisant valser.

— Toujours aussi galant, remarqua-t-elle dans un haussement d’épaule.

La musique s’arrêta et ils se séparèrent en applaudissant l’orchestre.

— Viens, on va boire quelque chose ! dit-elle en l’entraînant par la main. Elle lui fit servir un double whisky qu’il goûta à très petites doses. Boris vint à leur rencontre. Il était d’une mâle séduction dans son uniforme de gala alors que Franz n’avait revêtu que d’un complet veston de couleur sombre, qui lui seyait à ravir. Il est vrai qu’avec son physique avantageux, Franz, même en salopettes, demeurait un bel homme qu’on remarquait.

— Bonsoir Franz ! Comment allez-vous ? dit le Russe en s’inclinant devant l’Allemand. Très élégante cette robe, Magda ! Tu es vraiment ravissante.

— Ah ce bon vieux Boris ! Toujours prêt à faire le chevalier servant, s’exclama la femme en le regardant de biais.

— Que diriez-vous de trinquer à l’amitié germano-russe ? dit Boris en entraînant le couple vers la table aux liqueurs.

Il prit quelques bouteilles, mélangea différentes proportions de chacune dans un shaker, y ajouta quelques glaçons et agita le tout dans un geste très exotique. Puis, il versa le contenu dans trois verres coniques.

— Le mélange explosif à la Boris ! Vous m’en direz des nouvelles, chers amis !

Ils burent une gorgée du mélange détonnant qui fit affreusement tousser Magda et grimacer Franz qui regardant le verre, affirma d’une petite voix étranglée :

— On peut dire, en effet, que c’est du raide… ! Comment l’appelles-tu ?

— Soirée de retrouvailles ! Je l’ai inventé spécialement en ton honneur, cher Franz !

— En mon honneur ! s’écria le jeune homme étonné. Et que me réserve cet hommage ?

— Et tu n’as encore rien vu mon petit Franz, répliqua Magda, l’œil lubrique.

Le Vaterland germanique et la petite mère Russie furent arrosées comme elles le méritaient par le trio.

Pendant ce temps, Michel s’était retiré et avait disparu dans un des recoins de la grande maison.

Sous le prétexte de faire le tour du propriétaire, Magda entraîna les deux hommes vers sa chambre, non sans emporter encore une bouteille de vodka. Ils s’installèrent sur le lit, riant bêtement et nerveusement à chacune de leurs mots incohérents. Franz se sentait bien, flottant un peu dans les brumes de l’alcool. Boris l’appelait son ami tandis que Magda, jouant la fofolle enivrée, attendait le moment propice pour déclencher son plan. Habilement, elle amena la conversation sur le sexe :

— Dis-moi, mon petit Franz ! Tout ça baise-t-il toujours autant qu’à l’Université ? dit-elle en posant sa main dans l’entrejambe du jeune homme.

— Et toi ? Es-tu toujours aussi dévergondée ? souligna-t-il en se prêtant à son jeu pervers.

Magda malaxait le paquet de Franz qui se laissait faire tout en posant à son tour une main sur ses seins ronds et fermes. L’atmosphère devint vite plus chaude. Magda caressait la cuisse de Franz sous l’œil jaloux de Boris qui, pour lui faire cesser ce jeu, lui demanda subitement :

— Magda, tu ne voudrais pas nous faire un de tes stripteases dont tu as le secret ?

Franz fut enthousiaste. Il ne connaissait pas cette partie cachée de son amie d’enfance et ne demandait qu’à en être le spectateur privilégié.

— Oui, vas-y ma princesse ! Moi, je ne connais de toi que ton corps d’enfant, fit-il en s’accoudant sur la couche.

Elle se leva et chantonnant un air langoureux mimant son modèle Rita Hayworth dans un de ces films sulfureux., Elle s’exécuta lascivement, ôtant chaque pièce de vêtement avec provocation dans le but avoué d’allumer l’instinct bestial son ami d’enfance qui, assez rapidement, se mit à bander dur dans son pantalon. Elle finit sa chansonnette en se retrouvant juste vêtue de son slip et son soutien-gorge de soie et dentelle.

— À toi, maintenant Boris ! ordonna-t-elle avec un clin d’œil encourageant et autoritaire.

— Oui, Boris ! Fais-nous voir tes muscles ! rigola Franz qui s’amusait bien et ne voulant rien rater du spectacle.

Boris, un peu maladroit, commença par enlever sa chemise assez rudement, peu habitué à se mettre nu dans ce genre de spectacle et surtout devant un homme. Il s’attaqua à la ceinture de son pantalon, en regardant Franz d’un œil gêné. Mais, Magda vint à son secours en finissant de le déshabiller, craignant qu’il n’ait pas le courage d’aller plus loin. Elle s’y prit de telle sorte qu’elle enleva d’un coup le slip avec le pantalon, révélant la nudité totale de son amant et faisant surgir sa belle virilité. Franz, que l’alcool rendait plus audacieux, apprécia le corps de Boris et s’attarda sur la partie basse du Russe : membre fier quoiqu’au repos encore, noix viriles de belle rondeur, buisson épais de crin blondasse et postérieur galbé tapissé de poils clairs. Une très belle bête !

— Tu as vraiment un corps magnifique, Boris ! Je comprends que tu aies séduit Magda ! ajouta Franz en admirant le superbe engin viril. Et en plus, la nature s’est montrée très généreuse avec toi, à voir ton entrejambe si bien garni.

Il ne résista pas à la provocation et le fixant dans les yeux. En riant un peu, il le provoqua :

— Mais je crois que tu es moins bien pourvu que moi.

— Au lieu de jouer au malin, fais-voir un peu ce que tu caches dans ton pantalon, qu’on compare, déclara Magda toute heureuse de la tournure que prenaient les évènements.

Franz se mit à nu en quelques secondes. Magda admira le corps magnifique de son ex-petit copain, et siffla en connaisseuse de mâles.

— Donnez-moi tout ça les hommes, je vais faire l’arbitre, renchérit-elle.

Elle saisit les deux queues d’un coup et ouvrant largement la bouche elle les enfourna à tour de rôle. Les membres des deux hommes se dressèrent rapidement. Elle les tint ensemble dans ses deux mains et après un dernier coup de langue, elle déclara Franz, vainqueur du tournoi.

— Boris, tu es battu ! Celle de Franz est un peu plus longue. Le gagnant a donc droit à la récompense.

Elle ôta sa petite culotte avec des gestes très libertins, les yeux d’une rare lubricité et une bouche coquine, elle s’approcha de Franz. Elle prit son menton dans une main et posant ses lèvres sur sa bouche, enfonça sa langue à l’intérieur en lui caressant le torse, perdant ses doigts dans ses poils. Puis l’allongeant sur le travers du lit, elle lui saisit les testicules et dirigea la verge raide vers son vagin qui l’avala entièrement. Possédée et empalée sur ce mandrin magnifique, elle entama immédiatement un coït rapide, retenant Franz par les fesses avant qu’il ne se ravise.

Boris était contrarié de la situation où il faisait office à la fois de voyeur et de cocu. Pourtant, voir sa maîtresse copuler avec un quasi inconnu, l’excitait. Franz lui fit comprendre d’un geste de la tête, qu’il devait participer aux festivités, et ouvrant légèrement la bouche, il fit poindre sa langue. Il l’invitait à se faire sucer par Magda pendant qu’il la pénétrait. La belle se retrouva prise par les deux orifices de sa belle nature et geignait doucement, indiquant que cela ne lui déplaisait visiblement pas. Il n’y avait plus aucune barrière entre eux et le désir de chacun se trouvait fouetté par le spectacle des corps agités d’extase, les gémissements et les mots salaces qui fusaient. Magda entraînait ses partenaires dans une orgie dont ils ne l’auraient pas soupçonnée. En la traitant de salope, Boris était au-dessous de la vérité. Ce n’était plus trois corps en rut qui ahanaient, et les cris aigus de la femme dominaient et excitaient les deux hommes.

Le grain de sable dans le plan de Magda survint quand Franz qui, toujours besognant cette dernière en fixant la superbe membrure de Boris, commença à le trouver assez bel homme et vraiment à son goût ! Comme chaque fois qu’il faisait l’amour, il repensait à Marc, à la jouissance et au plaisir qu’il avait découvert dans la pratique du sexe entre garçons. Il admirait de plus en plus le corps ferme du Russe : sa parfaite musculature, ses belles épaules, ses biceps ronds, sa chute de reins cambrée, ses attributs virils Il avait rarement vu un cul aussi beau, si ce n’était celui de Marc, et il se mit à le désirer. Il lui fallait planter son dard entre ces reins. Il redoubla ses va-et-vient dans le ventre de la femme en fixant Boris dont la jalousie montait.

Le Russe se retira brusquement de la bouche de Magda pour prendre la place de Franz, au grand désespoir de la future mère qui voyait ainsi ses espoirs s’envoler. Elle avait ressenti que Franz était à deux doigts de l’explosion, comme elle l’avait prévu, excité qu’il fût par le corps somptueux de Boris. Elle jeta un regard noir à ce dernier qui n’en tint aucun compte et qui la pénétrant à grands coups de reins, faisaient claquer son pubis contre le ventre de la femme.

La croupe convoitée de Boris se trouvait maintenant à la portée de Franz qui se mit à caresser son dos magnifique, ses reins, ses fesses rebondies et fermes, un bras par devant titillant son torse et ses tétons. Franz devina que c’était un des endroits sensibles du géant, car malgré lui, Boris apprécia cette caresse et ferma les yeux en geignant. Il se ressaisit rapidement et les rouvrit bientôt en les plantant droit dans ceux de Franz. Alors ce fut comme un affrontement. Leurs regards se croisèrent telles des épées. Tel un assaut. Franz fut un peu ébranlé, mais son excitation était trop grande, il voulait maintenant posséder ce mâle qui irradiait de tant de virilité. Sous le commandement muet de Magda, Boris se soumit de mauvaise grâce et son regard fut des plus éloquents. Contrairement à leur accord, il allait féconder une nouvelle fois cette femelle pour lui faire payer l’humiliation de la sodomie qui allait lui être infligée. Du même regard lourd de reproches, il faisait comprendre à son pourfendeur que ce qu’il allait prendre, il ne pourrait n’en avoir aucune fierté car il ne le lui accordait que contraint et forcé.

Franz saliva sur son membre tendu à éclater et se positionna à l’entrée de la porte interdite du grand Russe. Il s’en doutait, Boris était vierge de ce côté-là, et sa pénétration fut lente et douloureuse. Il serra les dents et les poings, mais aucun son ne sortit de sa gorge. Il était de la race de ceux qui savent souffrir en silence. Franz saisit les hanches de l’homme, s’enfonça en lui jusqu’à la garde et régla son rythme sur celui du possédé. Boris sentit le madrier énorme entrer dans ses chairs, attendit que Franz soit tout au fond de lui pour reprendre son va-et-vient puissant. Contre toute attente, Boris connut quelques minutes de plaisir, ce qu’il n’aurait jamais pu imaginer, il y a quelques secondes seulement. Il acceptait un homme dans son intimité, tout en étant conscient qu’il ne s’offrait pas vraiment. Pour lui, cette pénétration s’apparentait à un viol, même s’il n’y avait aucune violence dans les gestes de Franz. Pourtant, et malgré la gêne ressentie au plus profond de lui, Boris accéda à l’extase. Le sexe de Franz excitant sa prostate, il sentit bientôt un profond bien-être et fermant ses yeux, se déversa en longs jets denses dans le sexe de Magda, pendant que ses sphincters anaux emprisonnèrent Franz dans ses chairs vaincues. Il jouit en râlant, impliquant la femme dans ses cris et entraînant Franz dans son orgasme. Ils jouirent presqu’ensemble, imbriqués dans le corps asservi à leur possession, ravis de l’instant.

Dès qu’il revint à la réalité, Boris fixa Franz de ses yeux menaçants, lui faisant comprendre que le plaisir qu’il avait pris, il le lui avait pas accordé mais volé. Et qu’en d’autres occasions cela se serait réglé aux poings. Franz fut le premier à gagner le cabinet de toilette, laissant le couple seul.

— Tu n’es qu’un idiot Boris ! Il était prêt à jouir en moi ! On était sur le point de réussir ! dit-elle les dents serrées.

— Ah bon ! Est-ce que tu te rends compte de ce que j’ai subi, moi ? se récria l’homme.

Ils n’entendirent pas la porte du cabinet s’ouvrir derrière eux et poursuivirent leur discussion :

— Et alors, tu n’es pas le premier hétéro macho à se faire mettre et je parierais que tu as dû aimer ça !

— Si tu n’étais pas une femme, je te casserais la gueule, dit Boris en serrant les poings.

— En tous cas, on sait qu’il est pédé, maintenant. Ça, je l’aurai jamais cru, lui qui sautait toutes les filles à l’Université ! En attendant, on en est toujours au même point.

— On aurait pu éviter cette partouze juste pour trouver un père à ton fœtus, reprit Boris fâché.

— Je te rappelle que le père biologique, c’est toi ! Et que je veux le garder, précisa Magda en ponctuant chaque syllabe d’un coup de poing sur le matelas.

Franz complètement dégrisé par ce qu’il venait d’entendre :

— Très intéressante conversation ! intervint-il. Si j’ai bien suivi, toi le Ruskof tu es le père du bâtard de cette traînée et vous avez voulu me faire porter le chapeau !

— T’es intelligent pour une tapette, le nargua Boris avec mépris.

Il ne vit pas arriver le poing de Franz qui le cueillit à l’estomac. Il se préparait déjà à y répondre, mais Magda les empêcha de s’écharper et se plantant entre eux deux.

— Vous êtes fous tous les deux ! Je vous rappelle qu’on est à la réception de mon père.

Franz ramassa ses vêtements, se rhabilla et sortit pour rejoindre les salons où la réception se prolongeait.

— Tu n’es vraiment qu’un con, Boris ! s’écria Magda furieuse.

— Et toi une salope doublée d’une belle garce ! renchérit Boris en grinçant des dents.

Elle s’approcha de lui, et comme toute femme manipulatrice changea instantanément d’attitude et se mit à caresser tendrement l’endroit où Franz l’avait frappé. Sa main descendit lentement et se referma sur son entrejambe. Flatté, l’homme la saisit violemment dans ses bras et l’embrassa sauvagement. Il se dégagea de cette étreinte.

— Le meilleur moyen, c’est d’avorter. Je te l’ai déjà proposé et je pense que…

— Va te faire foutre, Boris !

— C’est fait, mon cœur ! Et grâce à toi, encore !

Elle s’abstint d’un commentaire salace qui lui vint à l’esprit et lui brûla les lèvres. Elle mit trois secondes à réfléchir.

— Je vais trouver une solution et je crois que j’ai une petite idée ! Le joli petit Franz vient de nous dévoiler son penchant pour les hommes. Tu te souviens de ce garçon qui l’accompagne, ce Français ?

— Michel Mercier ? Ça t’avancera à quoi ? demanda Boris en fronçant les sourcils.

— On va creuser de ce côté-là ! Imagine qu’ils soient ensemble, je pourrai faire pression sur Franz en le menaçant de révéler ses penchants à mon père. Alors adieu les beaux projets de papa pour le filleul.

— Tu es diabolique, ma chérie ! dit Boris en la serrant contre lui.

Elle lui mordit les lèvres en guise de réponse. Ils se rhabillèrent et descendirent vers les salons.

— Mais où étais-tu passé mon chéri ? Je te cherchais partout, dit la femme du Russe en le prenant par le bras.

— J’ai accompagné Magda qui voulait faire visiter la maison à Franz.

— Franz ! Il est plutôt joli garçon, tu sais ! dit la jeune femme en suivant des yeux le bel Allemand.

— Essaye seulement de t’en approcher et tu verras de quoi est capable un cosaque jaloux.

Il la serra dans ses bras et l’embrassa dans le cou, hypocritement.

Dans un coin retiré du grand salon, Michel était en train de faire une scène à Franz.

— Tu faisais quoi avec ce Boris ? demanda-t-il l’air fâché, l’œil accusateur.

— Rien ! Ce n’est pas mon type d’hommes ! affirma Franz perfide.

— Menteur ! Tu crois que je n’ai pas remarqué comme tu le regardes. T’aimerais bien qu’il te baise, hein ! Un mec si viril, si fort, si…

— Moins fort, s’il te plaît ! coupa-t-il. Je vais t’expliquer.

— Expliquer quoi ? Vous avez fait une partouze à trois ?

— Exactement !

Michel resta sans voix, fixa son compagnon, puis éclata de rire.

— C’est tout ce que tu as trouvé ? Te taper cette Magda ?

— Écoute-moi bien, Michel ! Magda est la maîtresse de longue date de ce Boris et elle est enceinte de lui.

— Ouais et alors ! Tu viens faire quoi là dedans ?

— Mon parrain ignore tout de cette liaison et de sa grossesse et comme elle veut garder l’enfant, elle cherche à me faire porter le chapeau. Mais ça n’a pas marché comme elle le voulait !

— T’as pas couché alors ?

— Non, imbécile, mentit Franz.

Michel n’était pas totalement convaincu.

— Mon parrain m’offre une belle situation dans sa nouvelle usine de produits pharmaceutiques. Je ne veux pas tout gâcher. Surtout maintenant !

— Bon, admettons, dit le jeune Français à peine convaincu.

Ils se dirigèrent vers le buffet, Franz avait une faim de loup après ses exploits. Le souvenir du regard de Boris l’avait marqué plus qu’il ne l’avait pensé sur le moment. L’excitation étant passée maintenant, il se sentait un peu mal à l’aise d’avoir possédé cet homme contre son gré. Cette pensée le ramena une fois encore à cette nuit d’orage où tout avait basculé pour lui.

Quant à Michel, son esprit machiavélique était en train de donner naissance à un projet. Il remettrait à Magda les lettres et les photos qu’il avait subtilisées dans le courrier de Franz…

À suivre...

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