Franz (17) : Au club


Franz (17) : Au club
Texte paru le 2012-10-13 par Lemanch   Drapeau-ch.svg
Ce récit a été expédié via courriel par l'auteur pour sa publication sur l'archive

MM.jpg

Cet auteur vous présente 30 texte(s) et/ou série(s) sur Gai-Éros.

Ce texte a été lu 3483 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)

(ne fonctionne qu'avec les auteurs qui sont des usagers validés sur l'archive)

© Tous droits réservés. Lemanch.



Template-Books.pngSérie : Franz

Dans le quartier de Nollendorf, haut lieu des nuits chaudes et de perdition de la ville, perdition avant la guerre, renaissait des cendres du Kit-Kat-Club, le « SO36 » qui avait repris ce qui en avait fait le succès du précédent. Outre le spectacle de cabaret, fort dénudé et déluré, autant pour ces dames que pour ces messieurs, l’attraction principale consistait en ce que chaque table portait un numéro et était munie d’un téléphone. Il suffisait de composer sur le cadran le chiffre de la personne attablée pour discuter ou se fixer des rendez-vous.

Franz et Michel aimaient s’y rendre pour passer un bon moment, en agréable compagnie. Le plus souvent, les discussions étaient grivoises, voire osées, mais cela allait rarement plus loin en ce qui les concernaient pour le moment.

Ce soir-là, ils étaient attablés au No 25 et Franz s’amusait à provoquer au téléphone un jeune militaire à la table No 03, sans autre idée que de s’amuser un peu. Michel, avec sa jalousie qui tournait à la parano, lui prit le combiné des mains et raccrocha.

— Qu’est-ce qui te prend tout à coup ?

— Tu crois que je vais supporter que tu dragues ouvertement ce mec ?

— Michel je t’aime bien, on passe de bons moments ensemble, mais je commence à en avoir assez de ta jalousie maladive.

— Je ne veux pas que tu m’aimes bien, mais que tu m’aimes et je veux coucher avec toi. C’est trop te demander ?

Il allait ajouter qu’il ne demandait rien de plus que ce qu’il avait accordé à ce Marc mais n’en fit rien. Il espérait encore que Franz, restant sans nouvelles de son amour de guerre, finirait par se tourner vers lui, fidèle amoureux transis.

— Oui ! tu m’en demandes trop. Je t’ai déjà dit et répété, tu es un ami avec qui je me sens bien et partage beaucoup de choses. Mais pas davantage.

— Tu crois que je ne sais pas ce qui s’est passé dans la chambre de Magda l’autre soir pendant que j’attendais comme un con. Tu t’envoyais en l’air avec cette pétasse et son mec.

— Je t’ai raconté pourquoi ils m’avaient entraîné dans cette sale histoire. Magda cherche à me faire endosser la paternité de son bâtard.

— Une excuse trop facile. Tu m’as trompé avec ce Ruskof.

— Michel, mais tu m’emmerdes ! Je ne t’ai pas trompé comme tu dis parce qu’on ne couche pas ensemble et on n’est que des copains.

Le ton monta rapidement, ils se disputèrent sous les regards étonnés, curieux et intéressés des autres clients. Franz ne voulant pas se donner en spectacle se leva et quitta la salle, laissant Michel seul.

— Tu vas où ? Lui cria-t-il péremptoire.

Franz était en colère, devint trivial, à haute et intelligible voix pour que toute l’assistance entende bien :

— Je vais baiser ! Et il sortit, laissant Michel en proie à une mauvaise colère sous les regards moqueurs du public.

Leur dispute n’avait pas échappé à un couple de plus en plus intéressé. Magda et Boris occupaient le No 18. Michel les aperçut et composa le 1 et 8 sur le cadran. Magda décrocha.

— Allo ! Fit-elle d’une voix suave

— Bonsoir Magda, c’est Michel Mercier.

Elle fit l’étonnée.

— Quelle bonne surprise.

— Franz m’a raconté que vous attendiez un heureux événement… ?

En guise de réponse, il y eu un silence étonné au bout du fil Michel reprit :

— Le bruit coure aussi que vous chercheriez un père ? Si c’est vrai, je pense que j’aurais une proposition à vous faire.

Elle éclata de rire.

— Je ne vais pas vous épouser, tout de même ! Soyons sérieux.

— Pas moi, non, mais Franz.

Magda dressa l’oreille, attentive.

— À supposer que cela soit possible, vous seriez à même de le convaincre ?

— Pas moi, non, mais vous certainement, ainsi que votre cher père.

— Je ne comprends pas très bien où vous voulez en venir, Michel.

Il ne se contrôlait plus, il voulait sa vengeance. Un plan machiavélique avait germé dans sa tête : il donnerait à Magda les lettres d’amour de Marc et Franz ainsi que la photo de Marc dédicacée à son amoureux. Elle menacerait Franz de tout révéler à son parrain s’il refusait de se marier. Ce dernier ne lui ferait pas de cadeau, il le licencierait sur le champ et lui fermerait définitivement la porte de sa maison et sa famille. Il exposa son plan à Magda qui se montra vite très intéressée.

— Quel bénéfice en retirerez-vous ?

— Je vous donne les documents à conditions qu’après votre union, vous me laissiez la voir Franz autant que je veux et discrètement bien entendu. De votre côté il vous laisse libre avec Boris, le père de votre enfant. Qu’en dites-vous ?

— C’est effectivement très intéressant. Et quand puis-je voir ces documents ?

— Rendez-vous dans deux heures dans le Tiergarten.

— C’est grand, soyez plus précis.

— Vers Siegessäule, au Neuersee.

— J’y serai.

— Venez seule, sans Boris.

— C’est entendu.

Ils raccrochèrent.

À suivre...

Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays.


Faites plaisir à l'auteur, vous pouvez toujours laisser un petit commentaire!!! Cliquez ici et ajoutez un sujet!