Franz (20) : Au parc


Franz (20) : Au parc
Texte paru le 2012-10-24 par Lemanch   Drapeau-ch.svg
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Template-Books.pngSérie : Franz

Quelques semaines s’étaient écoulées mais le calme n’était pas encore revenu dans l’esprit de Franz. Il aimait bien son parrain mais ne lui pardonnerait sans doute jamais sa très vive réaction quant à ses choix sexuels. Malgré sa relative peine d’avoir perdu Michel, il lui en voulait d’avoir découpé et jeté la nouvelle adresse de Marc. Il devenait désormais impossible de le retrouver. Il avait tout essayé : Croix-Rouge, ambassades… Il avait écrit aussi aux deux adresses qu’il connaissait. Cela n’avait rien donné. Il était au désespoir de le revoir jamais.

Pour se changer les idées, il avait décidé de s’offrir une journée de détente à Potsdam, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale. Il prit le bus puis se dirigea à pied vers le Château de Sans-Soucis et son parc. Il trouva un endroit qui lui plaisait et s’installa. À plat ventre, un livre ouvert devant lui, il commença sa lecture puis il ferma les yeux et s’endormit. En les rouvrant, il croisa ceux d’un homme qui était venu s’allonger à moins de deux mètres de lui, et qui le fixait d’une façon presque indécente. Depuis combien de temps était-il là à l’observer ? Les lèvres de l’homme s’ouvrirent en un large sourire. Franz n’était pas vraiment à l’aise malgré le fait que personne ne puisse se rendre compte de ce qui se passait entre eux. Cette rencontre imprévue se déroulait en silence, discrètement sous les yeux d’une centaine d’observateurs aveugles.

L’homme, étendu sur une étroite serviette, ne le quittait pas du regard et prenait un malin plaisir à le dévisager. De lui, Franz ne voyait que le cou, les épaules, les bras velus et musclés, les mains repliées sur lesquelles reposait son menton. L’homme continuait à le fixer, lui faisant bien comprendre qu’il était à son goût, ce qui semblait de plus en plus réciproque. Heureusement, il était aussi à plat ventre, mais pouvait sentir sa queue gonfler rapidement. Franz se noyait dans ce regard insistant et sentit le désir le titiller. L’homme était mature, semblait très viril, sans doute aussi poilu au vu des avant-bras très prometteurs. Franz avait un vrai faible pour ce genre de mâles.

Soudain la bouche de son admirateur forma un mot que Franz devina en le voyant se lever, plier sa serviette et se diriger vers l’édicule des toilettes publiques. Il se leva à son tour et le suivit. Il alla droit vers le bâtiment et pénétra dans le coin toilettes réservé aux hommes. L’homme attendait déjà face à l’urinoir, occupé à faire durcir son membre par une lente palpation. Franz se plaça à côté de lui. L’endroit était désert et ils en profitèrent pour saisir leur bite tendue de désir. Ils se masturbèrent en se fixant au fond des yeux, soutenant le regard de l’autre, prêts à la jouissance rapide, mais restant aux aguets. Ils faisaient quelque chose d’interdit dans un lieu public et s’ils étaient surpris en pleine activité, les conséquences seraient très lourdes.

Franz continuait à branler l’homme dont la queue était bien proportionnée et excitante tandis qu’il mettait beaucoup d’ardeur à faire du bien à Franz, rythmé du plaisir donné par ce partenaire dragué sans vergogne. C’était là, hélas, tout le quotidien des amateurs d’amours impures. Qu’y pouvaient-ils si la nature leurs avait joué ce vilain tour en les créant ainsi, attirés par leur propre sexe. Mais cette attirance, les humains qui régissent cette société ne sont pas disposés à essayer de la comprendre, encore moins à l’accepter. Pour les autorités élues, ces racoleurs de WC ne sont qu’une immonde catégorie de vicieux, alors que ceux-ci ne demandent qu’à vivre simplement leur sexualité différente.

Du bruit à l’entrée les sépara. Un homme entra pour se laver les mains et repartit en les secouant pour les sécher. Les deux hommes reprirent leur masturbation mutuelle, rapidement, sans plaisir réel autre que celui d’assouvir une jouissance virile rapide. Dans un dernier soupir, l’homme se tendit et éjacula en silence. Il prit soin de faire couler son sperme dans l’urinoir pour ne laisser aucune trace de son passage. Franz remarqua qu’il portait une alliance. Puis la crampe libératoire le tétanisa et il jouit à son tour, tout aussi discrètement. Leur rencontre sexuelle n’avait pas duré plus de dix minutes. Ils se quittèrent sur un sourire de circonstance, en guise de remerciement et se firent un clin d’œil complice sans échanger un seul mot. Ils ne savaient pas le prénom de l’homme qui venait de le vider. Ils se lavèrent les mains. Ils se quittèrent tels des étrangers, ce qu’ils étaient d’ailleurs, et chacun reprit son chemin dans le mystère de la vie.

Cet anonymat faisait partie du jardin secret des homos de l’époque.

À suivre...

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