Franz (21) : Manfred


Franz (21) : Manfred
Texte paru le 2012-11-13 par Lemanch   Drapeau-ch.svg
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Template-Books.pngSérie : Franz

Après avoir arpenté le Kudam (Kurfurstendam, artère commerçante principale de Berlin), en cette fin de journée, Franz décida de rentrer à son hôtel où il logeait depuis que son parrain l’avait expulsé. Il était un peu fatigué d’avoir visité un grand nombre de commerces pour placer ses produits pharmaceutiques, dont il avait habilement sauvegardé les brevets. La journée avait été excellente pour ses affaires. Il avait pris place dans l’un des grands fauteuils-club du bar, qui donnait sur le hall. Il sirotait une bière ambrée bien méritée tout en observant le va-et-vient des clients et du personnel.

Il lui vint tout à coup une idée farfelue. Il se demandait combien de ces hommes cravatés, aux costumes stricts comme le sien, passant la nuit dans cet hôtel respectable, allaient se branler durant la nuit. Il s’amusait mentalement à désigner l’homme susceptible de céder à la pratique en solitaire. Celui-là ? Oui ! Cet autre ? Peut-être ! Ce dernier ? Pas certain ! Il n’aurait su expliquer sur quels critères reposait sa sélection. Il s’était convaincu que finalement les hôtels étaient de vraies usines à foutre. Qu’ils soient de grande classe ou des lupanars borgnes ! Comme il aurait aimé être invisible ou devenir petite souris pour pénétrer en voyeur dans toutes ces chambres et mater ces hommes en train de masturber leur membre engorgé de foutre, les entendre gémir sous leurs caresses ciblées qu’ils savaient mieux que quiconque se donner pour se prodiguer, à coup sûr, le plaisir qu’ils en attendaient. À les voir et à les entendre mugir ou râler, il se branlerait longuement à voir ces hommes, offerts à la luxure et bien décidés à vider leurs couilles de leur mâle vigueur, en criant leur plaisir. Subrogeant l’absence de l’épouse, de la partenaire illégitime ou régulière ou d’autres possibilités pour accomplir l’acte sexuel. D’ailleurs, combien de leur entourage connaissaient-ils ce jardin secret ? Une chose était sûre, c’est qu’il ferait partie du lot de ces branleurs d’un soir !

Il en était là de ses élucubrations, lorsqu’il le vit, se détachant de la foule de clients cravatés. Démarche féline, allure très virile et puissante à laquelle il fut instantanément sensible. Quelque chose dans le corps de cet homme l’attirait. Tout de noir vêtu, blouson et pantalon de cuir de motocycliste, un ceinturon à grosse boucle, un médaillon au bout d’une chaîne sur une chemise foncée, le cheveu court et un petit bouc au menton, lui donnaient l’air voyou, un peu inquiétant, de ces blousons noirs qui avaient succédé aux zazous et autres existentialistes de l’après-guerre. À chaque époque ses modes et ceux qui s’y identifient.

L’homme en noir perçut que des yeux étaient posés sur lui et chercha le coupable d’une vision circulaire. Son attention se posa sur Franz et cette vue éveilla son désir. Presqu’à l’insu de l’homme, Franz y lut une opportunité si forte qu’il en eut la gorge asséchée. L’inconnu sentit ce désir et arrêta sa marche pour mieux le voir. Leurs regards se fixèrent l’un dans l’autre pour ne plus se quitter. L’homme s’approcha et posa son poing sur sa hanche d’un air de reproche.

— On se connaît ? demanda-t-il d’une voix grave et profonde, laissant augurer un bel organe.

L’homme porta sa main droite à son entrejambe.

— Non, mais je ne demande que ça ! répondit Franz, en passant sa main sur sa poitrine, titillant son téton de la pulpe de son doigt à travers le tissu fin de sa chemise.

Les deux hommes furent alors certains de ce qu’ils avaient pressenti l’un de l’autre. Franz se leva et se dirigea vers les ascenseurs, le motard sur ses pas. Ils entrèrent dans la cabine et il appuya sur le bouton du cinquième étage. Ils étaient seuls dans cette cabine et à peine les portes refermées, ils se jetèrent l’un sur l’autre. Leurs bouches se nouèrent en un baiser qui appartenait davantage à un affrontement qu’à la sensualité. Leurs mains empoignèrent la chair de l’autre, sans oublier le bas-ventre qu’ils malaxaient fermement, à s’en faire mal.

Un instant plus tard, les portes s’ouvrirent à l’étage. Ils se séparèrent vivement dans l’éventualité d’une présence inopportune. Le couloir était désert. Ils sortirent de la cabine et coururent presque vers la chambre 519. La main de Franz tremblait en introduisant la clé dans la serrure. Dès qu’ils furent à l’intérieur, ils arrachèrent leurs vêtements plus qu’ils ne se dévêtirent. Une fois totalement nus, ils reprirent la lutte sauvage qui devaient les conduire à la jouissance. L’homme tortura la pointe des seins de Franz, le faisant crier de douleur, puis rapidement de plaisir. Franz tomba alors aux genoux de son partenaire et se jeta sur la belle queue lourde, non circoncise, plantée au milieu d’un épais buisson noir. Le gland, appelait sa bouche ; il le suça et le lécha avec voracité. Les grognements du mâle s’accentuèrent. Il empoigna les cheveux de Franz et l’empala sur sa bite à l’étouffer. Tel un affamé, Franz lui bouffait les couilles, gobant chacune d’elles en les roulant dans sa bouche, léchant savamment toute la longueur de la hampe de cette grosse queue qui défiait sa cavité buccale. Il emboucha à nouveau le gland superbe, gonflé, bien dessiné, y promena ses lèvres pour exciter son partenaire, puis agaça le frein, fouilla le méat pour enfin avaler d’un coup ce morceau de choix. Il poursuivit ce traitement durant plusieurs minutes, fixant de ses yeux ceux de son supplicié. Un désir salace montait en eux. L’homme se retira, releva Franz qui mit ses bras au-dessus de sa tête, pour qu’il lèchent ses aisselles Il respirait bruyamment pour exprimer son contentement de trouver un parfum viril dans cette pilosité.

— Ça sent le mâle ! dit-il, tandis que Franz gémissait en se laissant lécher.

Puis, le motard poussa Franz sur le lit.

— Je veux bouffer ton cul de salope ! déclara-t-il de sa belle voix grave.

Ils se mirent en tête-bêche, écartant bien leurs fesses, admirant leur trou intime et leurs couilles pleines et se jetèrent sur le pic qu’ils se présentaient à leur dégustation. Tandis que Franz pompait de nouveau le gros nœud de son partenaire, celui-ci se régalait à grands coups de langue de la sapidité de son cul, de la saveur de sa raie culière, titillant l’anus de sa pointe, arrachant des grognements jouissifs du torturé.

— J’adore ta chatte mon pédé, dit-il avec de grands bruits de bouche.

— Et moi ton cul, confia Franz en y poussant un doigt indiscret.

— Il n’est pas pour toi, mon salaud ! fit l’homme en se dégageant. Je m’fais pas enculer ! C’est moi le mâle, ici, et tu vas me donner le tien, ma salope !

Il colla sa bouche sur l’arrière convoité, fit une succion bruyante, enfonçant aussi profondément que possible sa langue dans la caverne. Franz râla de plus belle, dominé par son propre plaisir. Il entreprit à son tour de s’occuper du fion de l’homme. Écartant au maximum les deux globes fessiers, il lécha la raie sombre, s’attardant sur les lèvres d’anus, de sa langue râpeuse et sa barbe drue de la journée, procurant à son partenaire une sensation encore plus forte et excitante.

— Cochon ! fit l’homme en le regardant agir. T’es un vrai mâle expert en bouffage de cul, toi ! Et tu es un bon suceur de bites. Putain, c’est bon ! Vas-y, dévore-moi le fion ! Ouais !

Franz frottait ses joues rugueuses à l’intérieur des fesses fermes qui rougissaient, sans cesser d’aspirer cette chatte de mâle qui l’excitait gravement et qu’il n’avait pas renoncé à posséder, malgré les dénégations de son amant. et tout en s’occupant de son cul, Franz tirait la queue raide vers l’arrière pour la branler, tout en lui enserrant, à lui faire mal, les couilles dans sa paume. C’était un concert de râles, de grognements virils et de mots orduriers qui fouettaient leur sens. Un appel au désir sauvage. À ces geignements plaintifs, l’homme conclut que son partenaire était bien ouvert et décida de le pénétrer. Il le fit se retourner sur la couche. Franz, avait les jambes ouvertes, attentif à sa possession.

Depuis qu’il avait tourné son désir sexuel vers les hommes, Franz ne voulait le cul que pour le cul... Il n’éprouvait de véritable désir d’amour que pour Marc, le seul homme qu’il aimait d’un sentiment très profond. Avec lui, c’était avant tout la tendresse. Par contre, ce qui l’attirait chez les autres hommes, c’était leur virilité, leur nature essentiellement masculine et bien entendu leurs attributs de mâles, leur musculature, leur pilosité, leur force et leur autorité pour la confronter aux siennes. Il aimait admirer un tel homme discrètement, voire secrètement. Comme beaucoup plus de mâles qu’on ne l’imagine, il se sentait bien au milieu d’une société exclusivement masculine. S’il avait pu, il aurait relégué les femmes à un périmètre géométrique précis. D’au moins dix kilomètres !

Les deux amants étaient d’une force presque égale et luttaient pour la domination et la possession de l’autre. Ils entamèrent une sorte de combat viril. Franz était habituellement le pourfendeur, mais des points lumineux dansaient devant ses yeux tant il était excité par la virilité de son amant du moment et il fut étonné de comprendre que l’excitation d’être possédé servilement le rendait soumis. Contre toute attente, il capitula devant cette force sauvage, il se mit même à l’encourager.

- Putain, oui ! Mets-la-moi bien au fond. Prends-moi ! Vas-y !

Il se mit à quatre pattes sur le lit, ses belles fesses ouvertes provoquant son mâle partenaire qui les lui écarta davantage. Puis, l’homme lubrifia abondamment sa bite, son gland, sans oublier le trou qu’il allait honorer. Il ne perdit pas une seconde et le pénétra durement, arrachant un cri à Franz.

— Défonce-moi ! cria Franz la tête dans l’oreiller.

— Salope ! T’aime ça la bite hein ! marmonna l’homme entre ses dents.

— Ferme-la ! Encule-moi à fond !

— Tiens, sale pute ! T’en veux, prends-la ! ajouta l’homme en donnant des coups de reins ravageurs.

Il s’enfonçait jusqu’aux couilles qui claquaient sur la peau tendre du fondement en s’écrasant contre les fesses envahies. Il lui labourait copieusement les reins en lui agrippant les hanches, y plantant les ongles. Il grognait telle une bête en rut, ce qui excitait Franz davantage. Il prenait une jouissance qu’il n’avait encore pas connue à ce degré. Il se surprenait lui-même de trouver un tel plaisir salace et vicieux avec ce mec brutal et vulgaire. Tous ses sens siégeaient désormais au niveau de son cul. L’homme le limait sans ménagement en ahanant. Franz aimait sentir cette grosse pine coulisser en lui et il tortillait du bassin pour mieux apprécier cette présence virile dans son fondement. Il devenait vraiment une salope avec ce type très vicieux.

— T’aime ça, hein, avoir une queue de vrai mâle dans le fion !

— Oh oui ! Une queue juteuse comme la tienne, ramone-moi ! Défonce-moi ! Vas-y plus fort !

Les échanges de propos vulgaires fouettaient l’excitation des deux amants et que l’homme accentuait encore par de grandes claques sur les fesses de sa victime, qui gueulait de plaisir. Cela dura de longues minutes. Ils étaient très excités par ce coït violent et la montée de leur orgasme s’entendait aux grognements de plus en plus aigus, de plus en plus rapprochés pour atteindre le paroxysme. Franz donna un ultime coup de poignet à sa queue qui explosa et ils jouirent copieusement, longuement en hurlant leur plaisir, l’homme dans le cul qu’il bourrait, Franz sur les draps froissés. Ils s’écroulèrent, haletant, figés, étendus l’un à côté de l’autre.

Quand ils eurent récupéré leur sens, ils allumèrent une cigarette et après quelques bouffées, l’homme déclara :

— T’es un sacré coup ! Au fait, je m’appelle Manfred ! ajouta-t-il en lui tendant la main.

— Moi, c’est Franz ! reprit-il en se tournant vers lui.

Ils se sourirent aimablement. Franz voulut lui témoigner sa gratitude du plaisir qu’il lui avait procuré par un baiser de reconnaissance, mais Manfred détourna son visage.

— Non, pas de ça avec moi ! J’embrasse pas ! fit Manfred un peu brutalement.

— Pourquoi ? T’as pas aimé ?

— Au contraire, j’ai trop bien aimé ! Mais, je laisse les embrassades aux folles. Je ne suis pas une tapette, ni un romantique. En plus, t’es le genre de mecs à éviter.

— Je comprends pas ! fit Franz.

— C’était tellement bon que j’ai peur de m’attacher à toi, dit Manfred à voix basse en fixant le plafond.

— Et alors ? C’est si terrible que ça ?

— J’aime trop ma liberté, mec ! Je ne revois jamais deux fois un type avec qui j’ai baisé. C’est un principe !

— À ce point… c’est de l’égoïsme ou alors une dérobade.

— Écoute, Franz ! T’es sympa mais je cherche pas une psychanalyse !

Au fond de lui, Franz comprenait cette attitude, il avait vécu la même chose avec les femmes avant de rencontrer Marc. Tiens ! De nouveau, il repensait à Marc. Il constata qu’une fois de plus, tout le ramenait à Marc. Il savait qu’il s’étourdissait dans ces rencontres sexuelles qui ne lui apportaient rien d’autre que la satisfaction de s’être vidé les couilles. À ce stade, c’était uniquement de la baise. Du sexe sans aucun sentiment. Mais à chaque fois, après avoir joui il mesurait combien sa solitude morale était grande et comme Marc lui manquait toujours davantage. Son visage s’était refermé.

— Ça ne va pas ? Je t’ai vexé ? demanda Manfred en posant la main sur la cuisse de son amant.

— C’est rien ! Tu n’es pas en cause, répondit Franz en secouant la tête.

— Bon ! c’est pas tout ça, les épanchements sur l’oreiller, c’est pas du tout mon truc, dit Manfred en s’asseyant sur le lit.

Puis, dans un regard très furtivement tendre, il ajouta sur un ton sérieux et sincère :

— C’était bien ! Merci Franz !

Franz eut le sentiment que ce compliment sonnait comme une confidence que Manfred n’avait pas l’habitude d’exprimer. Il lui adressa son plus beau sourire et un clin d’œil complice en guise de réponse, ne sachant quelle attitude adopter. Manfred écrasa sa cigarette dans le cendrier et passa rapidement à la douche. Il ressortit de la salle de bain et termina de s’habiller. Putain ! pensa Franz, ce qu’il est beau et sexy dans sa tenue de motard.

— Tu mates toujours mon cul, salope ? dit-il en riant.

Il attrapa son blouson et se retournant vers Franz allongé nu sur la couche, il ajouta :

— Peut-être à un de ces jours !

Et il sortit. La porte refermée, Franz fut submergé par le chagrin d’avoir perdu Marc. Il mesurait tout l’amour qu’il éprouvait pour lui et il en venait à regretter d’avoir réchappé à cette guerre. Il sanglota dans son oreiller en répétant le prénom de Marc.


À peine trois jours plus tard, Franz se baladait sur Unter den Linden (Les Champs-Élysées berlinois) au milieu des promeneurs endimanchés. Il se souvenait, comme beaucoup de Berlinois, du temps où les tilleuls séculaires embaumaient l’air. Ceux replantés aujourd’hui étaient encore trop jeunes, mais la belle avenue était restaurée et dans quelques décennies, elle aurait retrouvé sa belle allure d’antan. Il n’y avait encore pas beaucoup de circulation, ce qui rendait la promenade plus agréable.

Il regardait machinalement les véhicules quand il reconnut Manfred au guidon d’un side-car, accompagné d’un jeune militaire, américain à en juger par son uniforme de GI. Derrière ses lunettes de motocycliste, Manfred l’aperçut, eut un mouvement de tête vers lui, mais continua sa route. Franz en éprouva un petit pincement au cœur. Il s’en voulut de réaliser qu’il pouvait être jaloux. C’était complètement stupide de sa part. Manfred n’était pas le genre d’homme à s’attacher, ni même simplement à donner son amitié, trop occupé de lui-même. D’ailleurs, il avait été très clair sur le sujet. Franz s’installa à une terrasse pour savourer une Bratwurst-Kartoffelsalat arrosée d’une bonne bière locale.

Plus tard, de retour vers son hôtel - qu’il n’occuperait plus longtemps, puisqu’il venait de trouver un appartement près de la gare de Charlottenburg - il vit Manfred, fumant, appuyé sur sa moto et visiblement, en train de l’attendre.

— Salut, Franz ! Ça va ?

— Ça va, merci ! Je t’ai aperçu tout à l’heure sur Unter-den-Linden... avec ton passager.

— Ah, oui ! Je l’ai largué vite fait et… je suis venu ici.

Ils étaient l’un et l’autre empruntés, n’osant se regarder franchement.

— Ce n’était pas un bon coup ? interrogea Franz sur le ton de la plaisanterie.

— Je ne sais pas ! Certainement pas comme toi, c’est sûr !

Franz lui sourit.

— Je croyais que j’étais quelqu’un que tu devais éviter !

— J’en suis de plus en plus convaincu maintenant, parce que j’arrive pas à me débarrasser du souvenir de ce qu’on a vécu.

— Je dois le comprendre comment ?

— Que j’arrête pas de penser à toi… et c’est dangereux.

— Pour qui ?

— Pour toi, surtout ! Je ne voudrais pas te faire souffrir, fit Manfred en lui lançant de petits coups d’œil gênés. Je ne suis pas quelqu’un de bien. Je devine aussi que tu as un secret qui te ronge et je ne veux pas en rajouter.

— Mais, tu es là ! remarqua Franz avec un petit sourire amusé.

— Oui ! conclut Manfred en écrasant sa cigarette.

— Alors viens ! lui commanda Franz.

La porte de la chambre à peine refermée, ils se retrouvèrent rapidement nus à faire l’amour. Comme la première fois, ce fut un combat que Franz perdit sans gloire, juste pour la forme, tant il désirait être à nouveau possédé par ce mâle puissant. C’était comme une drogue, un poison. Il ne savait pas d’où lui venait cette soumission, mais il lui fallait sentir ce membre viril coulisser dans son fondement, il voulait que cet homme lui instille toute sa testostérone. Bref, avec lui il devenait et aimait être une salope, se faire bourrer, défoncer, limer, violer à en avoir mal, jusqu’à cette jouissance suprême où il sentait dans son cul et tout au fond de ses entrailles, la chaleur brûlante du sperme de son mâle qui se répandait comme un torrent de lave. Il en avait une telle faim, qu’il voulait le garder en lui tout le temps, même quand sa grosse queue avait déversé sa liqueur. Il n’était pas amoureux de Manfred, mais, comme on dit, il l’avait dans la peau. Servilement, il se mit à genoux pour le sucer.

— Salope va ! Il te faut ma queue, hein ! T’es qu’un pédé, une pute à foutre, un vide-couilles, dit Manfred, se tendant vers l’avant pour envahir la gorge avide.

Franz était de plus en plus surpris d’aimer être humilié.

— Pompe-moi cette bite en vraie chienne que tu es ! Je vais te ramoner ton garage à bites, salope !

Franz décalotta doucement le gland, passa sa langue à la base, enfourna toute la tige qui le défiait. Il manqua s’étouffer tant il pompait avec avidité et dû calmer ses ardeurs avant de reprendre son labeur. Jamais, il n’aurait été aussi chienne avec Marc qu’il respectait et aimait. Mais là… Il se releva et vint lui rouler une pelle au parfum particulier de sa queue. Leurs langues s’enroulèrent, bataillèrent, les mains malaxant queues et couilles, les doigts cherchant l’intimité du trou. Chose inédite dans leur relation, Manfred laissa Franz enfoncer profondément ses doigts dans son anus. Il grognait de satisfaction. Il en glissa un, puis deux, puis trois…

— Arrête ça ! lui commanda-t-il tout à coup en retenant son poignet.

Franz songea qu’il avait un réel problème avec la pénétration. Manfred plongea à son tour vers la bite dressée et le gland gonflé de Franz qu’il pompa avec un grand savoir et une belle expérience, l’emportant vers des paradis qu’il connaissait bien. Bruits d’aspiration, de succion et de râles. Franz, la tête rejetée en arrière prenait un plaisir indicible à cette fellation sublime. Manfred jouait avec sa salive pour accentuer le plus possible les sensations que soulignaient les soupirs de satisfaction du pompé. Manfred poursuivit son traitement en glissant lentement sa main entre ses fesses et presque instinctivement, Franz s’allongea un peu plus, s’appuyant sur ses bras et relevant ses jambes, offrant une vue directe sur son trou intime. Un jet de salive et un pouce vinrent titiller sa rondelle. Des petits gémissements invitèrent Manfred à le doigter. Index et médius entrèrent avec force dans la caverne secrète.

— Mets-en trois directement et fais-toi plaisir, se surprit à susurrer Franz, décidément très chienne.

Manfred les tourna alors dans tous les sens pour bien dilater le trou et lui arracha des cris de plaisir en les retirant et les rentrant à nouveau fortement. Franz s’allongea sur le ventre et d’une poussée franche s’enfila d’un coup sur le braquemart de son motocycliste.

— Oh oui, c’est bon ! Vas-y… Lâche-toi…

Un pilonnage en règle s’ensuivit. Le bruit du claquage du bassin de Manfred contre les fesses de son enculé, l’excitait et le motivait. La grosse pine qui le pénétrait entrait, sortait, replongeait profondément. Manfred adorant contempler le trou totalement ouvert quand sa bite frémissante en sortait. Franz écartait davantage ses fesses pour se faire défoncer plus profondément. Il atteignait des limites encore jamais expérimentées, conscient que c’était du vice, se traitant intérieurement de cochon et de pute. Mais Dieu, que c’était bon de se faire explorer ces régions intimes.

— Mets-toi sur le dos, commanda Manfred, sa queue raide toujours plantée dans son fondement.

Franz obéit, posa ses jambes sur ses épaules tandis que Manfred rentrait en lui d’une seule poussée, reprenant son pilonnage intensif, en ahanant, chacun guettant les expressions du visage de l’autre. Tandis que Manfred l’enculait de plus en plus fort, de plus en plus vite, Franz avait saisi sa queue et se branlait au même rythme, ses couilles tressautant sur ses soies noires.

— Je vais jouir ! annonça-t-il.

— Vas-y, donne tout, mon gars ! Jouis fort… Je vais venir aussi dans ton cul ! T’adores ça, hein ! sale pute !

La queue gonflée de Franz aspergea tout son torse de sperme chaud, tandis que Manfred inonda son intérieur d’une telle abondance de foutre qu’il s’écoulait de son trou sur ses propres couilles. Vaincu par son orgasme, il s’écroula sur le corps de Franz et, contre toute attente, il l’embrassa tendrement. Les bras de Franz se refermèrent d’instinct sur lui et sa bouche accueillit le voluptueux baiser. Ils restèrent un moment ainsi, appréciant l’étreinte en se caressant avec douceur. Manfred avait baissé la garde, se révélant vulnérable et humain. Il se reprit rapidement en le regardant au fond des yeux et en caressant ses cheveux avec délicatesse.

— Je veux te dire quelque chose que je n’ai jamais dit à aucun autre de mes coups.

— Je croyais que tu n’aimais pas les confidences sur l’oreiller, lui dit doucement Franz en continuant à caresser sa nuque et ses épaules.

— C’est pour ça que tu es dangereux pour moi ! reprit Manfred. Durant toute mon enfance, j’ai toujours eu le sentiment d’être rejeté, non désiré par ma famille. Quand j’ai atteint l’âge ado, mon père m’a violé. Ça m’a tellement marqué que je refuse qu’on me prenne… par derrière. Il avait découvert que j’étais homo. Quand ma mère n’était pas à la maison, il m’enculait de force en me disant que c’était normal, puisque j’étais pédé. Ça a duré jusqu’à ce que j’aie pu me barrer. Voilà la raison pour laquelle je refuse cette…

Il posa une nouvelle fois ses lèvres sur celles de Franz.

— Mais, si j’avais accepté d’être pénétré, c’est toi que j’aurais voulu qui me le fasse.

Le silence les enveloppa et après un dernier sourire complice, ils se coulèrent l’un dans le confort de l’autre et s’endormirent dans leurs bras emmêlés.


Par la suite, Manfred aida Franz à emménager dans son nouveau logement qu’ils partagèrent quelques temps. Ils faisaient régulièrement des excursions à moto. Franz rencontra quelques-uns des amis de son amant. Ce fut une période où les sentiments des deux hommes étaient plutôt confus. Même ceux qui connaissaient bien Manfred le taquinaient. Ils n’en croyaient pas leurs yeux : Manfred amoureux ? C’était invraisemblable ! Manfred le sauvage, Manfred le macho, amoureux ? Non ! c’est impossible ! disaient-ils en rigolant. Manfred montait en puissance, s’en défendait avec véhémence. Non, le gars était sympa, c’est tout !

Franz de son côté s’attachait de plus en plus à Manfred, même s’il était incapable d’oublier Marc. Avec Manfred, c’était différent. Marc demeurait et resterait toujours son grand et seul amour. Ils s’étaient aimés profondément, passionnément, éperdument. Cela il ne l’oublierait jamais. En plus, le fait est qu’ils avaient connu leur première expérience sexuelle entre hommes, ensemble. Cela non plus, il ne s’oublierait jamais.


Manfred entraînait son ami dans des tours à moto avec ses potes. La majorité avait des side-cars très à la mode, grosses cylindrées étincelantes au soleil. Ils baladaient leurs petites amies ou petits amis. Ces derniers se faisaient très discrets. On était juste dans la période d’après-guerre et pas question d’afficher ouvertement qu’on aimait les garçons. Ceux qui étaient dans la confidence de leurs préférences, se retrouvaient après leurs incursions dans les bas-fonds de la ville, dans un garage appartenant à l’un d’eux et qui servait aussi de local de réunion pour la bande. Ce n’était pas un club, mais ils avaient plaisir à se réunir entre hommes, boire des bières, discuter motos, cylindrées et… faire l’amour dans une soupente ou dans un coin crasseux.

Manfred entraînait Franz dans ces réunions sexuelles. Il n’y pensait pas, mais il aimait se retrouver dans cette ambiance virile, d’odeurs de mâles, de vulgarité et de vocabulaire salace qui soudent l’amitié masculine. Ça sentait le fauve, la bière, la pisse et le foutre, dans une ambiance de plaisanteries grasses et cochonnes qui étaient régulièrement le point de départ d’une orgie.

Cela débutait par des séances de masturbations collectives. Chacun sortait sa queue bien chauffée par des phrases appropriées ou par les pages des revues interdites que l’on feuillette en se paluchant. Ils comparaient alors leur bite dressée, sous des exclamations qui auraient fait rougir un corps de garde. Ils se prenaient en mains, massant les tiges, triturant les sacs à foutre, en rotant bruyamment. Ils faisaient monter la chaleur en maintenant l’excitation. Alors ils s’approchaient les uns des autres pour une branlette mutuelle, s’embrassant à pleine bouche. Ça grognait, ça gémissait, ça grondait annonçant les préludes de la suite. Assez vite, les vêtements tombaient et tous ses mecs se retrouvaient à poil. Ces hommes étaient la virilité personnifiée, velus, barbus, certains tatoués, bras noueux, cuisses fermes. Ils dégageaient des tonnes de testostérone. Franz aimait se retrouver dans ambiance d’odeurs félines, d’amitié virile sans prise de tête et sans aucun sentiment.

Quand tous étaient nus, il s’ensuivait une orgie où tous participaient. Actifs, passifs, sodomites, sodomisés, amateurs de suces, de branles, chacun trouvait ce qu’il cherchait sans contrainte et sans état d’âme. On se groupait par affinité. Ceux qui souhaitaient découvrir autres choses dans l’acte sexuel que le sexe, se mêlaient aux expérimentés qui les acceptaient avec bienveillance.

C’est ainsi que Franz se retrouva pris par tous ses orifices et en éprouva un plaisir indécent décuplé. Pendant que Manfred l’enculait selon son habitude à grands coups de reins, ahanant, son bassin claquant contre ses belles fesses, l’envoyait avaler la grosse queue d’un amateur de pompiers. Un mec très vicieux frisant la cinquantaine, qui l’insultait en lui frappant le visage avec son dard luisant de salive, puis l’enfournant sans ménagement tout au fond de sa gorge, à deux doigts du vômissement. Autour du trio, se groupait de nombreux participants, la queue à la main, se masturbant frénétiquement, excités par le spectacle de cette pute consentante prise en sandwich. Franz était dans un état second. Sa personnalité lui dictait d’être le mâle, de pénétrer, de prendre et non de s’offrir, de se soumettre. Mais là, dans cette ambiance ambigüe, il aimait être dominé, pris servilement, être à la merci de ces mâles possessifs et vulgaires. Il ne se l’expliquait pas. Sa part de féminité, sans doute !

Dans ces moments interlopes, il n’avait pas le sentiment de tromper Marc. Il aimait à penser, que de son côté, son cher amour avait aussi trouvé de quoi satisfaire sa libido. Mais, Marc était un être à part dans sa vie sentimentale. il représentait l’Amour. Le sexe n’en était que l’aboutissement, l’échange sacralisé.

Les membres participants connaissaient le côté salope du copain de Manfred et lorsque l’orgie atteignait son paroxysme, ils se regroupaient au dessus de lui pour lui jouir dessus et le noyer sous le flot de leur foutre. Franz adorait cette pluie sale et écœurante. Être inondé de sperme, être avili, sali par tous ces hommes, il ne savait pas expliquer pourquoi il attendait ce moment par-dessus tout. Et cela lui procurait un orgasme incroyable qui faisait l’admiration de l’ensemble des jouisseurs qui l’incitaient par des encouragements dans sa propre jouissance. Le concert de cris, de hurlements, de râles fouettaient leur sens à tous. Un grand silence faisait suite à toute cette excitation bestiale. Petit à petit, chacun refaisait surface, se congratulant, riant, exprimant leurs satisfactions, leur amitié, sans jugement et se reculottant avec des gestes graveleux.

Puis un jour Franz trouva la clé de son appartement sur la table de la cuisine, avec ce simple mot :

J’ai trouvé un boulot loin d’ici, à Munich. Je pars parce que je m’attache trop à toi
et ne veux pas te faire souffrir. Je ne suis pas quelqu’un pour toi. Tu es ce qui m’est
arrivé de mieux jusqu’ici. Tu resteras mon meilleur souvenir. Je n’oublierai jamais
l’affection que tu m’as donnée et qui m’a tant manqué jusqu’ici. Tu es trop bien pour
moi. Puisses-tu trouver tout le bonheur que tu mérites ! Adieu Franz !

Manfred.
À suivre...

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