Franz (28) : Le reportage


Franz (28) : Le reportage
Texte paru le 2013-01-08 par Lemanch   Drapeau-ch.svg
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Template-Books.pngSérie : Franz

Gérard avait effectivement envoyé des reporters visiter la ferme de Marc pour faire de la publicité. Il ne perdait jamais de vue ses intérêts. Il avait retrouvé Enzo et maintenant ils vivaient ensemble, pour le moment dans la maison de ce dernier. Marc était ravi, Mario filait le parfait amour avec Éric et l’affaire était en bonne voie de réussite. Manquait juste des voyageurs mais avec la visite des journalistes, cela devrait s’arranger, du moins chacun l’espérait.

Deux d’entre eux, reporters de revues spécialisées dans le tourisme, l’un en Allemagne, l’autre en Angleterre étaient là aujourd’hui. Ils avaient aussi pris des photos partout, de tout et même du chat. Marc avait soigné leur réception. Repas, vins, chambres, petit déjeuner, tout était de qualité. Ils écrirent un bel article, élogieux sur cette nouvelle forme d’hébergement. L’un d’eux ajouta même audacieusement que les personnes de même sexes étaient les bienvenues, ce qui lui valut quelques remarques fielleuses de la part de son rédacteur en chef.

À des centaines de kilomètres de là, Franz comme chaque matin prenait son petit déjeuner en parcourant son journal. On était dimanche et il feuilletait distraitement le supplément dominical toujours sans intérêt pour lui. Il tomba en arrêt sur l’une des photos qui lui rappela quelque chose. Il regarda plus attentivement et reconnut, le souffle coupé, la ferme de Marc. Pas de doute, c’était bien la maison où il avait séjourné durant la guerre. Il décida de lire attentivement l’article. Il tourna la page et là, en médaillon, il y avait le portrait de Marc, qu’il caressa lentement du doigt. L’article détaillait ce qu’était devenue la maison. Il parlait même d’un chat nommé Charly. L’émotion gagna Franz.

Il se leva d’un trait, mit quelques affaires dans une valise et décida de se rendre en France. Il roula en pensant à Marc, son unique amour, plein d’espoir de le retrouver. Il mit deux jours pour atteindre l’endroit. Au bord de la route nationale, Gérard avait fait poser un panneau indiquant la ferme et le haras. Franz bifurqua et s’engagea dans le chemin qu’il reconnaissait. Le soir tombait quand il stationna son véhicule devant la maison. Il hésita moment puis sortit de l’habitacle. Le chat était sur le pas de la porte et après un instant, le reconnut. Il miaula, se frotta aux jambes de l’arrivant qui le prit dans ses bras.

— Bonjour mon Charly !

Le chat se mit à ronronner et lui lécher les mains. Il entra. À la réception, il tombe sur Mario.

— Bonsoir Monsieur, je vois que vous avez déjà fait connaissance avec la mascotte de la maison.

— Avez-vous une chambre de libre ?

— Oui, nous venons d’ouvrir et nous ne sommes pas encore très connus, mais cela ne saurait tarder. Pour combien de nuits ?

— Je ne sais pas encore.

— Je vais vous donner la No 3 au premier étage à droite. C’est une belle chambre, lumineuse et de belle surface, avec un grand lit.

Franz signa le registre et monta. La marche du milieu grinçait toujours, ce qui le fit sourire. La chambre 3 était celle de Marc où ils avaient passé tant de beaux et merveilleux moments. Il était très ému. Ouvrant la porte, il constata que peu de choses avait changé, à part une complète réfection des murs et du sol, le mobilier était toujours le même, les tableaux aussi. Tous ses souvenirs lui revinrent d’un coup. Ses yeux se mouillèrent. Il défit son bagage, s’étendit sur le lit et s’endormit.

Beaucoup plus tard, il voulut obtenir quelque chose à grignoter et descendit. Il n’y avait personne à la réception. De la lumière provenait du séjour. Il entra. Quelqu’un était installé dans le grand fauteuil, tournant de dos à la porte. Il lisait ce qui semblait être des lettres.

— Mario tu veux fermer ? Ne me gronde pas d’être encore là, je vais aller me coucher aussi.

Aucune réponse ne vint. Franz avait reconnu la voix de Marc. La gorge serrée par l’émotion il articula doucement :

— Marcus !

L’homme se figea, lâcha la lettre qui tomba parterre. Une seule et unique personne l’appelait ainsi. Ce n’était pas possible.

— Franz, c’est toi ?

— Je suis là !

Marc se leva. La voix étranglée par l’émotion.

— Mon amour, comme ce fut long à t’attendre !

Ils tombèrent dans leurs bras et pleurèrent, se serrant l’un contre l’autre, ne pouvant croire à leurs retrouvailles.

— Je n’ai jamais cru à ta mort mon Franz.

— Je suis là et bien vivant et te retrouve enfin. Je t’aime.

— Mon amour.

Ils s’embrassèrent encore. Puis Franz prit la main de Marc :

— Viens !

Ils montèrent enlacés vers la chambre de Marc. Ils reprirent leur amour là où quelques années plus tôt ils avaient dû le laisser. Certes, la fougue de leur jeunesse n’était plus là mais elle avait fait place à une immense tendresse. Ils s’embrassaient, réapprenaient leur corps dont la silhouette s’était un peu épaissie, cadeau des ans qui passent. Une grande douceur les habitait, les étreignait, à la fois émus comme les débutants qu’ils avaient été et les amants qui se réchauffaient à leurs sentiments qui ne les avaient jamais quittés.

Ils firent l’amour, longuement, se caressant partout, réapprenant des gestes égarés dans leur mémoire. Ils rirent en se qualifiant de « vieux amants » et se mirent au défi. Alors, tel un volcan endormi, les câlins firent place à une chaude joute. Les bouches explorèrent tous les orifices, se remplirent des volumes de leur queue, elles mangeaient les couilles, les culs, à grand bruits de succions, les langues se promenaient sur chaque centimètre de leur peau, les tétons se dressaient sous le massage des glands humides, d’être tétés. Les queues raides s’enfonçaient jusqu’aux couilles ressortaient, replongeaient dans un concert de gémissements, de râles, de baisers pour enfin exploser leur lave abondante, crémeuse et odorante concrétisant leur amour absolu et total. Ils s’endormirent enlacés nageant dans un bonheur qu’ils avaient dû et devrait sans doute encore cacher à leur entourage.

Le soleil caressait leur corps nus et toujours enlacés. Ils firent leur toilette ensemble dans la salle d’eau du fond, s’habillèrent et descendirent pour le petit-déjeuner. Mario les vit entrer se tenant par la main.

— Bonjour Mario ! Fit Marc.

— Bonjour Marc. Tu ne me présentes pas ?

— Franz, je te présente le dévoué, Mario Ferrari. Tu feras plus tard la connaissance de son ami Éric, ainsi que de son père Enzo qui vit avec le père de ce dernier Gérard.

Franz rit de bon cœur.

— C’était donc vrai ce que j’ai lu, tu as transformé notre ferme en maison d’hôtes pour personnes du même sexe ?

— Oui. Mais c’est le hasard qui nous a mis en relation, je t’assure.

À suivre...

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