Grand frère, je t'aime

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Numéro 40

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 40
Date de parution originale: Avril 1990

Date de publication/archivage: 2015-01-13

Auteur: Jean-Claude
Titre: Grand frère, je t'aime
Rubrique: Nous deux

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Ce texte a été lu 13123 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)

Je connais Pierre depuis l’âge de six ans. Lui, deux ans mon aîné, fils unique, est resté pendant une quinzaine d’années mon meilleur ami. Adopté dans une famille où je ne trouvais nullement ma place, Pierre fut le garçon qui m’a ouvert les bras et offert son amitié. J'étais le petit frère qu’il souhaitait aussi mais que sa mère ne put mettre au monde.

Mon dieu, que les heures passées à ses côtés furent agréables! Il avait tout du grand frère idéal! Intelligent, fort, joli garçon (sans être un dieu) et d’une sincérité!! Il était celui à qui je m’ouvrais totalement: où j'étais vraiment moi: combien de cabanes dans les trois avons-nous construites? Combien de kilomètres à vélo avons-nous parcourus?

Combien de nuits à la belle étoile ou sous la tente avons-nous passées? Je ne saurais le dire, mais nous nous étions promis qu’à partir de mes seize ans, tous les étés, nous passerions un mois ou plus ensemble... rien que nous deux, tels deux potes, deux frères, partageant tout. Nous étions néanmoins très pudiques et ne parlions que très peu de sexe, et pour cause!

C’est le mois de juillet 1985 qui aura été le plus merveilleux des mois passés ensemble. Pierre devait au mois d’août partir pour la Nouvelle-Calédonie... l’Armée! Cette nouvelle ne devait pas nous enlever l'envie de partir en juillet pour la Côte, même si au fond de moi, quelque chose s’était brisé.

3 juillet 1985: je suis seul à la maison à me faire bronzer dans le plus simple appareil, walkman sur les oreilles, pieds en éventail, bref... cool! J’ai failli tomber en syncope lorsque j’ai senti une main se poser sur mon épaule: mais je fus vite rassuré en voyant Pierre tout sourire, me mater le plus gentiment du monde. Houah! Le mec! Craquant le p’tit Pierre! Tee-shirt blanc dessinant un torse musclé (Il faisait du rugby), des bras en béton. Son jean bleu pâle, moulant des cuisses d’acier, et laissant deviner que mon ami n’a pas été lésé par Dame Nature. Tout ce que je découvrais était relativement volumineux... à damner tous les saints du paradis! J’étais, en le matant tout de go, entré dans une telle érection que j’aurais dû rougir ou avoir honte; eh bien non! Je ne me suis pas caché et je lui ai même déclaré: «Si j’étais une femme, je te violerais sur place... tant tu es craquant!» Pierre a ri. Il m'a demandé si mes affaires étaient prêtes pour le départ. Et comment elles l'étaient ! Juste le temps d'enfiler un jean et un tee-shirt blanc et nous voilà partis.

Mon dieu, que c’est agréable ce soleil, ce vent! Bien calé contre Pierre à l’arrière de sa moto, je contemplais le paysage. Les kilomètres défilaient sans nous en rendre compte. Il y avait plus d'une heure que nous roulions lorsque Pierre se tourna vers moi et me dit: «Si tu n’as pas assez de prise, accroche-toi à moi, ne te gêne pas!» Après de longues hésitations, je me suis décidé à passer mes bras autour de ses hanches, mes cuisses enserrant les siennes, mon sexe semi-bandé dans mon jean frôlant ses fesses. Et puis, je ne sais plus trop pourquoi, j’ai surpris mes doigts glisser sur le tee-shirt de Pierre. Me laissant aller, je le caressais lentement, doucement, de façon à entretenir un petit plaisir; et puis, si cela le gênait, il me le ferait savoir. Pas de réaction, donc il aime.

Poussant le vice un peu plus loin, je me suis décidé à tirer légèrement son maillot de façon à ce que mes mains soient en contact avec sa peau. Que c’était doux, chaud, enivrant. Je le caressais longuement, doucement, des hanches jusqu’au torse, m’arrêtant sur ses seins pointus que je titillais. Je ne sais pas ce que lui déclenchaient mes caresses, mais moi, j'étais entré dans une phase d’excitation fulgurante; je m’étais pris à mon propre piège. Pierre se tourna alors vers moi et dit: «Tu as des mains de fée! Tu me procures une de ces extases! » Voulant vérifier de quelle extase il parlait, j’ai fait descendre mes mains sur la boucle de son ceinturon que j’ai dégrafé. Je suis passé ensuite au premier bouton de la braguette, et les autres suivirent. Nullement gêné de conduire braguette ouverte, Pierre me laissa aller à mes envies.

Il ne fallut pas longtemps pour que mes doigts, sous l’élastique de son slip, jouent avec les poils blonds d’une toison fournie; et puis de rencontrer ce membre de chair, vivant, bougeant sous mes pressions. Je pensais trouver un morceau de choix, mais pas à ce point ! Il n'était pas hyper-monté, mais si sa verge atteignait les vingt centimètres au bas mot, je sais que la grosseur en aurait surpris plus d'un. Mais caresser un mec sur une moto n'est pas chose aisée, ni propice à une jouissance inévitable. Pierre gara la moto à l'orée d'un bois, sur une aire de stationnement déserte. Quand il se mit debout afin d'ôter son casque, j’avais enfin devant les yeux le fruit de tant de caresses... J’étais très fier de ce spectacle jusque-là interdit. Pierre est resté debout, comme ça, à me regarder. Jamais dans son regard de vingt ans je n'avais décelé autant de tendresse, d'humilité, de douceur. Je ne savais plus quoi faire. J'ai enlevé mon casque et je suis resté sur la moto.

Je ne sais combien de temps nous sommes restés là, à nous regarder. Finalement, Pierre s’est approché en douceur et de ses bras puissants, il m’a entouré la taille, posant sa tête sur mon torse. J'ai caressé ses cheveux blonds avec une infinie passion, les yeux au bord des larmes. Son regard planté dans les miens, il me dit: «Il y a longtemps que j'attendais ça, Jean-Claude. Je ne savais pas que nos sentiments étaient si profonds... Je t'aime.» Cette déclaration m'avait noué la gorge et je ne pus retenir mes larmes. Nous avons, chacun de notre côté nourri un amour qui n'aurait jamais dû éclore. Aucun espoir. Mais quand cet infime espoir devient réalité, alors tout vous semble possible; et c'est merveilleux!

Pierre me hissa et me posa sur le sol et, serré tout contre lui, j'ai ravalé mes dernières larmes. Nos regards se sont à nouveau croisé. Ils se sont fouillés, se sont rapprochés et se sont confondus lorsque la bouche de Pierre s'est posée sur la mienne. C’est par ce premier baiser mi-fougueux, mi-tendre, long et chaud que notre déclaration d'amour fut scellée. Puis vint un autre baiser, puis encore un autre, tous suivis d'une cascade de caresses. J’étais fou, j'étais heureux, exalté, amoureux pour la première fois. Main dans la main, nous avons pénétré dans le petit bois. Pierre avait pris son sac à dos qui contenait vivres et duvets. Nous avons étendus nos sacs de couchage au sol et nous nous y sommes allongés. Nous avions retiré nos tee-shirts de façon à profiter de la fraîcheur ambiante et de nos caresses. Ma tête, posée sur le torse à peine velu de Pierre, sous des caresses me procurant un plaisir intense, je regardais le ciel à travers les arbres. Pierre me tira sur lui et nous nous sommes retrouvés dans un long baiser chaud et sucré.

Je le caressais partout, sur le visage, sur le torse, descendant aux tétons que je léchais délicatement; vers le nombril, là où la toison pubienne prend naissance. Suavement, j'ai dégrafé puis ouvert sa braguette, descendant son jean à mi-cuisses, ne laissant que le slip bombé. J'ai massé son sexe bandé à travers le tissu, et mon érection me fit de plus en plus mal. Je me suis laissé aller à mes envies, à mon désir, à mon fantasme. J’ai glissé une main dans ce slip que j'ai envoyé rejoindre le jean. Enfin nu, Pierre n’appartenait plus qu’à moi. De son côté, il n’avait pas chômé; je me suis retrouvé nu en même temps que lui. J’ai pris sa verge en main. Ma langue déjà la léchait, l’embrassait, puis l’avalait. Et dire que c’était la première fois! J’ai sucé ce sexe délicatement, puis ma langue a couru autour du prépuce. Ma main l’enserrait et le masturbait lentement. L’autre main jouait avec ses grosses bourses, que je devinais pleines.

Pierre se lança dans la plus merveilleuse des fellations. Et puis je sentis son bassin se contracter de plus en plus fort; sa respiration se fit de plus en plus sourde. Une dernière contraction fit jaillir une quantité de sperme dans ma bouche. J’aurais dû être écœuré. mais c’était doux, tiède et pas désagréable. J’ai avalé tout ce que Pierre m’offrait et il n’en fut pas avare. Il ne fallut que très peu de temps pour qu’à mon tour, je sente la jouissance monter en moi. Pierre me pompait si bien que je ne voulus attendre et, à son tour, il reçut mon obole. Comme moi, il a tout avalé. C'était merveilleux! Nous nous sommes embrassés partout, caressés, puis nous nous sommes reposés, nus, main dans la main. Le temps s'écoulait doucement mais il nous fallut repartir: Pierre n’a pas eu à me demander comment je souhaitais être placé sur la moto.

Jean-Claude, 22 ans.