Hard et cuir à New York

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Numéro 78

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 78
Date de parution originale: Septembre 1996

Date de publication/archivage: 2017-09-20

Auteur: Patrice
Titre: Hard et cuir à New York
Rubrique: Je suis salope: et alors?

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Ce texte a été lu 3111 fois depuis sa publication (* ou depuis juin 2013 si le texte a été publié antérieurement)


C'était à New York, en août 95. Ça faisait une semaine que j’étais là avec mon copain Jean-Luc, et le soir, après le resto, immanquablement on se retrouvait dans les bars du Village, à l’ouest ou à l’est de Broadway. Deux fois on s’était levé déjà un minou qu’on s’était partagé sans problème. Mais ça ne me suffisait pas. Si Jean-Luc aime les beaux petits mecs sans histoire, moi en revanche j’opte plutôt pour le pimenté, le hard, le cuir.

Au fait, que je me présente: Patrice, trente-deux ans, 1m88 pour 80kg de muscles entretenus par de la gymnastique intensive, brun, cheveux très courts et yeux bleus. Je plais, c’est certain. Ce que j’ai dans le jockstrap, c’est pas mal non plus: vingt centimètres de bonne chair dure quand c’est déployé. Et je suis une vraie salope!

Ce samedi soir-là, j’étais dans un état de manque comme rarement ça ne m’était arrivé jusqu’à présent. Toute la journée, alors qu’on traînait nos baskets dans l’Upper West Side jusqu’à la frontière d’Harlem, je n’avais eu d’yeux (et de bite!) que pour les beaux mâles que je rencontrais, des Blacks ou des Latinos pour la plupart, balèzes, mecs jusqu’au bout des ongles. Après le resto, le soir, j’avais carrément les couilles dans le cerveau. Je me suis rappelé ce lieu de drague dont on ne m’avait dit que du bien, de l’autre côté de l’Hudson, entre Jersey City et les quais de Bayonne (oui, comme Bayonne en France!). Jean-Luc a préféré aller faire un tour au Factory Sound Bar.

À onze heures du soir, je quitte Manhattan au volant de notre Taurus de location par le Holland Tunnel, direction le New Jersey. Il fait toujours aussi chaud et ça me monte à la tête. J’ai mis un short en cuir, un harnais sous un tee-shirt noir, mes rangeos, et j’ai pris soin de bien me lubrifier le trou et d’emporter une bonne cargaison de condoms. New York, comme je t’aime! Je sens que je vais gicler comme un malade et me faire baiser à mort! Pas facile de trouver: c’est un vieil entrepôt vers la 54ème, perdu entre les tanks d’hydrocarbures et les voies ferrées. En face, c’est féerique: Je vois les buildings de Midtown illuminés.

J’ai repéré l’endroit. Un vrai coupe-gorge sinistre. Un vieil immeuble abandonné dans une ruelle qui pue le mazout. Mais j’ai vu les ombres, les mecs, dont beaucoup en cuir, qui rôdent autour. Combien de crimes ici chaque nuit, je me dis! Je frissonne. J’ai garé la bagnole plus loin et j’avance à pied sur les pavés disjoints. Devant moi, un mec marche, jean usé, bottes, casquette de trucker. D’autres derrière moi, que j’entrevois à peine. Une seule direction... Je suis comme dans un rêve et je ressens les mêmes sensations dingues que lorsqu'on fait des rêves pornos, presque au bord de jouir. Je bande un max. Je baisse ma queue raide vers le bas pour que le gland dépasse du short. Je suis vraiment une salope!

Maintenant je suis devant l’entrepôt et il y a plein de mecs, dont certains à moitié à poil. Il fait très sombre. Ça circule en silence: on n’entend que le bruit des godasses. Devant moi, un escalier raide qui emmène à l’étage. C’est noir, mais ça n’arrête pas de monter et de descendre. Putain, j’imagine déjà la partouze! Je monte à mon tour les marches en bois, comme une montée d'orgasme. Arrivé en haut, je ne vois pas grand-chose encore, mais j’entends! Des halètements, des cris de plaisir, des gémissements et des jurons. Soudain, derrière moi, c’est le claquement d’un ceinturon sur un dos nu qui me fait sursauter, suivi d’un cri, puis d’un autre.

Mes yeux s’habituent peu à peu, et les lumières orange qui passent par les baies dépolies dévoilent le spectacle: c’est mortel! Peut-être une centaine de gars sont en train de baiser, de s’enculer à deux, à trois, à dix! Je n’ai pas le temps de faire le tour de l’étage que déjà je suis peloté de partout. Une main gantée de latex m’a empoigné le jonc, une autre me palpe les fesses, et une bouche moustachue me roule un palot d’enfer. Relater l’enchaînement de tout ce qui a suivi m’est impossible, il faudrait écrire des dizaines de pages. Je vais juste vous en extraire quelques moments, histoire de faire péter vos boutons de braguette!

J’ai déjà largué ma purée, mais très vite, ma grosse pine est repartie pour un tour. J’ai retiré mon short, je suis à poil avec seulement mes rangeos et mon harnais. J’ai le cul dilaté. J’en veux encore, ouais, du cul, de la bonne bite, de la sueur! Je vais de groupe en groupe, je suce un dard, une rondelle élargie et chaude, je branlotte, je tords des tétons. J’avise un groupe de cinq six mecs, dont des Blacks. Aussi sec je pénètre à l’intérieur. Je m'agenouille et j’attrape le premier morceau à portée de bouche. Aaah, c’est bon, elle pue la pisse, quel pied! Cinq minutes plus tard, je suis debout, penché en avant: un grand Black baraqué m’explose le pot à fond la caisse en me tenant par les hanches pendant que je me goinfre de la bite d’un Blanc barbu. Mais ça ne me suffit plus. Faut aller plus loin, toujours plus loin... “Is there someone to whip a bitch?” je lance. Pas à attendre! Soudain, j’ai le dos balafré d'un premier coup de ceinturon. C’est trop bon, surtout qu’une bouche accueillante est en train de me bouffer la bidoche. “More, more!” je supplie. Et les coups pleuvent alors que le grand Black me jouit dans les entrailles en feulant. Celui que je suce sort son mandrin de ma gorge et toute la purée me gicle à la gueule. J’ai du foutre gluant jusque dans les tifs. J’aime ça, putain, j’aime ça!

Plus tard dans la nuit, après un peu de repos dans la rue, je suis remonté. J’en voulais toujours plus, j’en ai eu! Je me revoie à genoux, le cul cambré, en train de me faire ramoner la chatte béante par un gode géant, alors qu'une lourde botte m'écrasait la gueule dans la poussière et qu'on m'insultait. Je n’arrivais plus à comprendre. J’étais dans un état second. Je ne sentais plus mon cul. Je ne savais même plus si je bandais. Il me fallait aller jusqu’au bout. Du mâle, ouais, du bon mâle qui pue la sueur et le foutre, il n’y avait plus que ça qui comptait. Je sniffais du poppers à longueur de temps. Alors, dans un râle, j’ai demandé: “Piss on me! I want some piss on my face! I need a fuckin’ bastard to wet me! Now!” Un Black au nez écrasé s’est approché, la bite à demi-dure, juste au-dessus de moi. Et tout à coup, un jet chaud a coulé sur moi. Oh, le putain de bordel de panard! Je me faisais arroser de bonne pisse chaude et odorante. J’ai vu un autre type s’approcher et en faire autant. Ça me dégoulinait partout, j’étais trempé. Puis d’autres les ont rejoints et se sont branlés en rond autour de moi. Quand la première giclouse m’a atterri dessus, j’ai joui à en perdre presque conscience. C’était too much! J’étais au Paradis, au paradis des mâles qui s’aiment et qui jouissent entre eux.

Quand je me suis relevé, j’étais gluant de pisse et de foutre, j’avais le fion ouvert comme une bouche de métro, les tétons en feu, le dos lacéré, et je puais, pas possible à croire. Je m’étais pris plus d’une quinzaine de bites dans le boyau, plus un gode, et j’avais perforé près d’une dizaine de rondelles accueillantes et chaudes, dont une que j'avais ouverte au poing; ça avait glissé comme dans du beurre tiède.

Quand je me suis retrouvé dehors, j’étais groggy. Je me suis aperçu que j’étais toujours à poil avec mon short à la main, la pine pendante. Mon tee-shirt avait disparu depuis belle lurette. Je me suis vaguement refringué et j’ai regardé l’heure: 4h30! Je me suis retourné: il y avait toujours autant de mecs. J’aurais voulu rester là toute ma vie, ne plus quitter ce monde des mâles de la nuit, ces loups-garous affamés de sexe, crever là, de plaisir, la bite éclatée de trop jouir des litres de foutre brûlant, embroché par des pieux immenses pour l’éternité, trouer des culs pommés et poilus jusqu’à gicler du sang, me remplir les narines d’odeurs de mecs, aisselles, culs poivrés, pisse, jute, pieds au fond des bottes. Bordel, que la nuit ne finisse jamais...

Patrice, 32 ans.