Heureux à 20 ans


Heureux à 20 ans
Texte paru le 2011-01-08 par Nobody69   Drapeau-be.svg
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Salut à toi qui vas lire ma petite histoire, je t'en remercie. Et oui, comme nombre de lecteurs ici, je suis un roi de la pédale, bien que n'étant que très rarement monté sur un vélo. Peut-être suis-je toujours tombé sur une mauvaise selle, toujours est-il qu'après une demi-heure de pédalage, j'en ai mal au cul pour deux jours, alors que ... Alors que, quand je me prends une bite dans le petit trou, ça peut durer une heure et je me relève fringant. Pédé comme un foc ou un phoque, il paraît qu'on peut dire les deux, je le suis depuis toujours, je crois. Déjà à la maternelle, j'embrassais les garçons sur la bouche, et quand une fille voulait déposer ses lèvres sur ma joue, je m'en courais en lançant un « Beurk » retentissant. Inutile de préciser que j'ai continué sur ma lancée les années suivantes pour pouvoir voir et toucher mes copains d'école et mes voisins, j'avais trouvé que la technique du « cap pas cap » marchait à tous les coups. Je n'avais pas peur de me déshabiller le premier, car alors le garçon d'en face ne voulait pas la perdre (la face), et se désapait aussitôt. Ce pas important franchi, il me suffisait de complimenter le zizi que j'avais sous les yeux, ça faisait s'envoler toutes les appréhensions, et dès que je voyais un sourire apparaître sur son visage, je passais au stade suivant « cap pas cap que je te le touche ». Je ne vous raconte pas la suite, on se tripotait aussi longtemps et aussi souvent qu'on le pouvait. Avec mes petits voisins, j'ai toujours été plus prudent, je n'avais aucune envie qu'un timoré ou coincé du cul aille se plaindre chez ses parents qui seraient venus en parler à ma mère.

Pourquoi pas à mon père ? Parce que, à la mode des crayons, il s'est taillé comme un grand courageux quand mon petit frère est né, j'avais alors deux ans. Donc, la famille est un trio : maman, Nathan dit Nat, 18 ans et moi, Guillaume, 20 ans. Je suis à Grenoble, à Pierre Mendès France en L3, soit en troisième année de fac de droit. Les études ? Ça va bien, merci, et vous ? Nat est encore en terminale, il avait raté sa troisième haut la main et bas les points. Des points, il en avait si peu qu'on a failli devoir payer pour recevoir son « diplôme » de fin d'année, maman a mis un mois pour se remettre. Ça a fait réfléchir le frangin qui a recommencé son année avec d'excellents résultats et ça continue, touchons du bois ... ou autre chose si tu veux. La photo de famille ? Maman a 42 ans et les porte très bien, il faut dire qu'elle se soigne et a une vie trépidante dans le domaine du nucléaire, ce qui l'amène souvent à l'étranger pour des congrès. Nat fait 1m78 comme moi, sportif comme pas deux, du vélo, il en fait régulièrement, lui, alors que moi, je me contente d'une heure de natation par semaine, plus pour mater que pour nager, d'ailleurs. Sans être un Apollon, je crois pouvoir dire que je ne suis pas trop mal foutu, tandis que Nat, c'est une autre affaire.

Pour en revenir à moi, depuis mes treize ans, mes amitiés avec mes copains sont devenues plus « particulières », du touche-pipi je suis rapidement passé à des activités nettement plus enrichissantes, la branlette accompagnée visuellement, puis celle assistée manuellement. Après bien sûr, les bouches qui se perdent et à 13 ans et demi, je suis tombé amoureux, non pas d'un gars, mais de son sperme qui valait bien toutes les boissons énergisantes qu'on trouve sur le marché. A 14 ans, j'ai offert mon côté pile aux doigts et à la queue d'un copain qui en avait 15. Il m'a permis de lui rendre la pareille, ce que j'ai tout autant apprécié, je suis donc ce qu'on appelle un auto-reverse, j'aime autant l'un que l'autre, ce sont des plaisirs différents, mais tellement jouissifs. En six ans, j'en ai pris des queues et j'en ai léché et rempli des trous. Chaque année scolaire, j'avais « le » copain attitré, je n'en étais pas amoureux mais je n'aurais pas pu m'en passer.

Dans ma vie, il y a quand même deux regrets; le premier est de n'avoir jamais osé en parler à ma mère. Il faut dire qu'elle est issue d'une famille assez stricte, et voyant l'attachement d'icelle aux valeurs traditionnelles des bons Français, je crois qu'en parler aurait engendré un séisme de niveau Tchernobyl++ (avec ou sans nuage toxique sur la France). Depuis mes dix-huit ans, mes tantes me cassaient les bonbons à chaque mariage dans la famille avec leur sempiternel « C'est bientôt ton tour, mon gamin ? », et il y a quelques mois, lors de l'enterrement d'un oncle éloigné, je leur ai sorti « C'est bientôt votre tour, mes tantes ? ». Depuis, elles me foutent une paix royale, c'est déjà ça.

Mon second regret, ben oui, vous l'avez deviné, c'est Nat ! Il est beau, a une gueule d'ange, un sourire à faire se gondoler tous les malades en phase terminale d'un hôpital, un humour à vous faire pisser dans le froc, combien de fois n'ai-je pas dû entamer un sprint vers les commodités. Il a commencé son adolescence à douze ans et en quelques mois, il est devenu un magnifique petit gars, il a réussi à éviter les disproportions habituelles à cet âge, du genre d'avoir les jambes aussi longues que le reste du corps, ou des bras si étirés que certains peuvent se gratter le genou sans se baisser. Bref, il en avait 13 quand moi, à 15 j'en étais amoureux. Il m'arrivait de le regarder, yeux exorbités et langue pendante comme le loup de Tex Avery, et il m'extirpait de ma torpeur par un humoristique « Guillou, tu baves dans la soupe ! » et se foutait à rire, c'était alors pour moi un grand moment de solitude, comme on dit.

Donc aujourd'hui, à 20 ans, j'ai six ans de cul mais zéro jour de véritable passion car mon amoureux inaccessible, c'est mon frère adoré. Je suis content qu'il ne soit pas gay, ça priverait notre chère maman de tout petit-enfant, je n'imagine même pas sa souffrance. Mais ça, c'est pour mon côté gentil garçon sérieux, car de l'autre j'avais un secret espoir, même minime, qu'il eût pu avoir un intérêt infinitésimal pour le même sexe, mais à ce jour rien, schnoll, nada ! Tout me porte à croire qu'il est définitivement perdu pour notre très honorable cause. Mais malgré ça, je ne peux pas m'empêcher d'espérer, il paraît qu'on appelle ça un amour illusoire. En plus, je n'ai que bien trop rarement l'occasion de pouvoir apprécier la plastique son corps, il est d'une pudeur qui ferait envie à tout un couvent de nonnettes. Il s'enferme dans la salle d'eau et dans sa chambre, il ne débloque la serrure que quand il va s'endormir. Si j'ai vu ses côtés pile et face cinq fois en cinq ans, c'est beaucoup. La dernière fois, il y a six mois, j'ai pu entrevoir qu'il se rase le sexe comme moi et que sa queue est aussi bien faite que son visage. En plus, j'ai omis de vous le dire, il a des lèvres d'une sensualité exacerbée, une vraie bouche à pipe ; combien de fois ne me suis-je pas masturbé imaginant mon adorable queue dans sa bouche pulpeuse, abandonnant à ses papilles gustatives la douce responsabilité de coter de 1 à 10 la saveur de mon sperme.

Je suis donc cantonné à "rêver un impossible rêve", comme le chante si bien Jacques Brel dans l'homme de la Mancha. Je suis dans ce trop cruel dilemme : me lancer à bride abattue dans une tentative sans trop d'espoir de passer à autre chose, enfin à quelqu'un d'autre, et d'autre part torturé par cette autre question « Qu'est-ce qui est pire : le remords ou le regret ? ». J'ai pris la seule décision qui me permettrait de ne plus souffrir : en avoir le cœur net, quelle que soit l'issue de mes investigations. Mais il me fallait un plan de bataille complexe, pas question de faire mon coming-out au risque de me faire jeter comme un malpropre et de perdre toute amitié dans la fratrie, en plus de la mise au courant maternelle.

Nous sommes à une semaine des vacances, je la mets à profit pour échafauder une stratégie, mais en fait, je ne trouve pas grand-chose, à part faire fi de ma pudeur à son égard en laissant les portes de ma chambre et de la salle de bain entrouvertes et n'hésitant pas à aller d'une pièce à l'autre avec l'air désinvolte du mec qui ne se rend pas compte qu'il a oublié d'enfiler son boxer. Second point, orienter les sujets de discussion vers le sexe, ce que nous n'avions jamais fait ni l'un ni l'autre depuis sa puberté. Et enfin, honte à moi, je vais jouer les détectives privés, essayer de l'épier.

Une chose qui m'étonne quand même chez lui, je vous avais dit qu'il s'enfermait dans sa chambre régulièrement, et en fait, j'ai remarqué que quand le meilleur pote de sa classe, Bernard qui est plus jeune d'un an, vient passer du temps à la maison, j'entends à chaque fois le fameux tour de clé de sa serrure. Il faudrait que j'apprenne à mieux connaître Bernard, on ne sait jamais, il pourrait peut-être m'éclairer au sujet de Nat.

Quand ils sont à deux, il m'arrive malencontreusement de voir mon lacet se défaire, et comble du hasard, ça se passe toujours quand je suis devant la porte de sa chambre, mais rien, aucun bruit suspect, aucune parole à connotation sexuelle, sauf parfois le prénom d'une fille ou l'autre.

Un jour, j'ai croisé Bernard dans le couloir, il allait à la toilette, il était rouge, les yeux humides, et sa braguette était descendue, je n'ai rien dit, et quand je suis passé devant la porte ouverte de la chambre, Nat était en boxer sur son lit. Bref, ça ne veut pas dire grand-chose. Le service d'espionnage que j'ai mis sur pied et qui comprenait un seul travailleur, moi en l'occurrence, ne donne rien, Nat est un spécialiste des bisous aux filles, c'est tout juste s'il n'embrasse pas toutes celles qu'il croise sur les trottoirs, et en plus, il leur caresse les fesses comme pas possible. Mon moral en prend un coup et je m'apprête à abandonner.

Bernard vient dormir avec Nat tout un week-end au début des vacances, et je refais le coup du lacet. En provenance de sa chambre, j'entends de la musique assez tonitruante et une conversation sur l'examen de maths qu'ils ont réussi tous les deux, je passe donc mon chemin. Le lendemain après-midi, saleté de lacet qui fait des siennes tous les jours, je m'accroupis pour le renouer et j'entends la même musique et la même conversation qu'hier, quasiment mot à mot ! Là, je me dis qu'il y a un binz, mais ce n'est pas suffisant pour en tirer quelque conclusion que ce soit. Il a peut-être découvert que j'aimais coller « par hasard » mon oreille à sa porte. Je replonge sur la piste Bernard, la seule qu'il me reste, vu que les discussions sexe avec Nat se soldent par un échec à deux visages, soit il élude, soit il parle des gonzesses avec un aplomb qui ne laisse aucun doute sur son hétérosexualité, et de plus, quand il me croise nu, je suis certain qu'il ne remarque même pas l'absence de sous-vêtement.

Je revêts donc ma tenue de chien policier pour suivre Bernard à la trace quand il quitte l'appartement. Il se dirige vers le centre-ville et s'arrête dans un bar-tabac, un garçon d'une quinzaine d'années l'attend, ils discutent, sourient beaucoup, et de la terrasse où je me suis installé, je vois qu'à un moment, les mains des deux garçons se rejoignent sous la table avant de se poser discrètement sur la cuisse du plus jeune, élargissant encore d'au moins un centimètre les sourires sur les visages. Mon coeur bat à du cent à l'heure : Bernard est de la jaquette, ce qui ouvre à mes yeux d'autres perspectives. Vingt minutes plus tard, le jeune s'en va et passe à côté de moi, c'est vrai que c'est un très beau gosse, j'en ferais bien mon quatre heures, puis je me lève et me dirige vers la table de Bernard et m'assieds en face de lui. Pas con, le Bernard, il comprend que j'ai tout vu et, paniqué, il veut se lever et s'enfuir, j'enserre fortement son poignet pour l'en empêcher, et quand je vois qu'il va se rasseoir, je lâche la pression de ma main, mais la laisse sur la sienne, de manière tout à fait amicale. Bernard voit dans mon regard que je ne lui veux aucun mal, il se calme. Je lui propose une boisson qu'il accepte.

— Alors Ben, tu en fais partie ?

— Pourquoi tu me demandes ça, tu as bien vu, non ?

— C'est si difficile de dire que tu es gay ?

— Devant le grand frère hétéro de mon meilleur copain, oui.

— Qui te dit que je suis hétéro ?

— Tu rigoles ou quoi ? Tu me fais marcher !

Tout en tenant sa main, je la descends sous la table et je glisse mes doigts entre les siens, avant de déposer les deux mains sur sa cuisse, ce qui le fait quelque peu sursauter. Il commence néanmoins à être rassuré.

— Ne t'inquiète pas, Ben, je ne veux pas te draguer.

— Dommage, tu me plais bien, dit-il avec un visage détendu.

— Peut-être qu'un jour ? Mais je voudrais te parler, es-tu capable de garder un secret ?

— Quand on est homo, on apprend vite à se taire devant certaines personnes.

— Même un secret vis-à-vis de ton meilleur pote ? Là, je le vois coincé.

— Tu parles de Nat ?

— Tu en as un autre de meilleur pote ?

— Non, me répond-il en baissant la tête.

— Alors, cap ou pas cap de garder pour toi ce que je vais te dire ?

— Promis.

— Je suis amoureux de Nat depuis des années.

— Je vais te dire un truc, Guillaume, je m'en doutais.

— Ça se voit tant que ça ? Et Ben me fait un large sourire.

— Tu n'es franchement pas discret avec tes yeux de cocker.

— Nat s'en est rendu compte ?

— Ça m'étonnerait, les garçons il s'en fout.

— Même toi ?

— Oui, me répond-il avec des yeux comme ceux de mon frère jumeau cocker.

— Et pourquoi ces enregistrements de conversation que vous faites passer dans sa chambre ?

— Ah ! Tu t'en es rendu compte. Je lui avais dit que c'était une idée idiote. Le jour où tu m'as croisé presque en pleurant dans le couloir je venais de lui dire que je l'aimais, et il m'a envoyé balader.

— Et ta braguette ouverte ?

— Nat me laisse le caresser sexuellement par amitié pour moi, mais il ne m'a jamais touché, et j'en ai eu marre, j'ai défait la ceinture de mon jean et descendu la fermeture avant de m'approprier sa main et de la mettre à mon entrejambe, il m'a traité de tous les noms, a sorti toutes les insultes homophobes de son répertoire, m'a dit qu'il n'y aurait jamais rien entre nous, qu'il est pour les filles et rien que pour elles etc.

— Quand même étrange qu'il te laisse le tripoter.

— Je ne comprends pas non plus.

— Tu l'as déjà branlé ?

— Non, jamais, il repousse ma main juste avant de venir et il se termine lui-même.

— Jamais de bisous non plus ?

— Parfois, quand il se lâche, il dépose ses lèvres sur les miennes mais jamais plus de cinq secondes.

— Tu dois souffrir, non ?

— A qui le dis-tu, mais je vois que je ne suis pas le seul.

Il me serre les doigts beaucoup plus fort, je réponds à son geste, nos yeux sont humides de tristesse mais aussi d'amitié.

— Je t'aime bien, Ben, tu es un chouette gars.

— Toi aussi, Guillaume, mais que vas-tu faire ?

— Je n'en sais rien, mais si un jour, il se passe quelque chose entre Nat et moi, je te promets que je ne t'oublierai pas.

— Je resterais bien discuter avec toi, mais là, il faut que je rentre chez mes vieux.

— Ok, mais pas un mot à Nat, je compte sur toi.

Ben me fait la bise sur les lèvres, se foutant de ce que les gens peuvent le voir ou pas. Courageux le petit mec, dans un monde teinté d'homophobie.

Là, je suis chamboulé, j'ai appris énormément de choses sur mon frère en à peine une demi-heure, mais je suis toujours dans un flou artistique. Nat gay, Nat pas gay ? Comment peut-on se laisser branler, même partiellement, en n'ayant aucun intérêt pour les garçons ?

Il faut que j'en aie le cœur net. Ce soir, quand Nat débloquera sa serrure pour la nuit, j'irai le voir. Je toque à sa porte, il me laisse entrer. Il se recouche sur le dos, en boxer.

— Tu deviens un beau mec, dis donc.

— Merci, et tu voulais parler de quoi ?

— De toi.

— Mais encore ?

— Des mecs.

— Quoi les mecs ?

— Il paraît que tu t'y intéresses !

— Non mais, t'es dingue ou quoi ? Arrête la moquette ! Les mecs, rien à cirer, rien ne vaut une bonne chatte de nana bien juteuse.

— Quel goût ça a ?

— ...

— Tu peux me le dire, on pourra comparer nos impressions.

— ... J'adore, c'est suave, et quel pied quand la fille laisse couler sa mouille sur la langue, dit-il, d'un ton pas très « connaisseur ».

— Et la mouille d'un mec, tu aimes aussi ? Dis-je en déposant ma main sur son sexe qui avait entamé une discrète dilatation.

— Guillaume, tu me dégoûtes, tire ta main de là et fous le camp.

— Tu ne dis pas ça à tout le monde, je suis tombé sur deux des copains que tu avais en quatrième, et ils m'ont dit que ça ne te dérangeait pas de te laisser tripoter.

— Tu mens, c'est impossible, aucun garçon ne m'a jamais touché, fous le camp ou je le dis à maman.

Je sors de sa chambre, une chose est sûre, il a sauté pieds joints dans le mensonge que j'avais inventé pour ne pas « mouiller » Ben. Je mets du temps à m'endormir, et j'en suis à deux doigts quand j'entends grincer la charnière de la porte de ma cambuse. Je fais semblant de dormir, je sens que mon drap est soulevé puis remis, et la charnière grince à nouveau. Peu après, même cinéma, je fais semblant de ronfler comme un bienheureux, une main se glisse sous le drap et me caresse le dos puis les fesses, je me mets à ronronner comme un petit chat cherchant une meilleure place dans le lit et je me mets sur le dos, la tête tournée à l'opposé de la porte. La main, timidement, s'avance vers mon ventre, s'y dépose, puis descend imperceptiblement vers mes bijoux de famille, des doigts s'y déposent délicatement et en font le tour faisant se raidir ma queue, puis le drap est replacé et l'ombre, qui ne peut s'appeler que Nat, quitte ma chambre. Je m'empresse de me faire jouir, ma queue me fait trop mal.

Rebelote le jour suivant, mais là, les doigts entament délicatement une lente masturbation et me font éjaculer, tandis que je joue toujours la scène III de l'acte I de « Morphée et Guillaume ». Après avoir joui, je me pelotonne en position fœtale vers lui comme un mec qui vient de faire un rêve agréable, mais Nat retourne dans sa chambre. Vingt-quatre heures plus tard, Nat revient sur la pointe des pieds, il me caresse délicatement, me décalotte et me donne de délicats coups de langue sur le gland, puis je sens ses lèvres entourer ma hampe et entamer un lent mouvement vertical. Je sens le plaisir progresser inéluctablement, et sans prévenir, je plaque mes mains sur sa tête et fais descendre sa bouche à fond sur ma queue, Nat panique, se débat, veut s'échapper, mais ma pression est trop forte, il a envie de gueuler, mais ses cris se perdent dans mon prépuce, je l'entends pleurer, mais je continue, il a voulu ma queue, il va l'avoir, et je continue à le baiser, je m'enfonce loin dans sa gorge, il hoquète, il a des haut-le-cœur, mais je ne le lâche pas. Il se calme un peu et je radoucis mes gestes, petit à petit il se laisse faire, je sens même un mouvement autonome de sa bouche, je lâche sa tête et il continue de lui-même, il attend la pitance que son grand frère va lui donner, et il avale tout, sans en perdre une seule goutte. Je caresse sa tignasse affectueusement, il se redresse, il a pleuré sous mes coups de boutoir et pleure encore, mais pour une autre raison. Implorant, il approche sa bouche de la mienne et nos lèvres se touchent, les dents laissent passer deux langues amoureuses, et nous nous embrassons, comme deux amants que nous sommes, regrettant de n'avoir qu'une langue pour explorer le paradis buccal de l'autre.

— Je t'aime, mon Guillou, je t'ai toujours aimé, j'attends ce moment depuis cinq ans.

— Pourquoi ne me l'as-tu pas dit plus tôt ?

— Mets-toi à ma place ! Moi à 13 ans, dire à mon grand frère hétéro de 15 ans que je l'aime, que j'ai envie de lui, qu'il hante tous mes rêves, qu'il est le moteur de chacune de mes masturbations, que j'imagine ses yeux me regarder quand mon sperme s'élance dans les airs, qu'il n'y a que lui qui compte dans ma vie ?

— Arrête, mon amour, tu me rends trop triste. J'ai été tout aussi pétochard que toi, cinq ans de souffrance, cinq ans de manque, cinq ans que j'espère chaque nuit être dans le même lit à ton côté, cinq ans de larmes qui se mêlent à mon jus.


Maman étant absente, nous nous sommes aimés toute la nuit, plus aucun centimètre de nos corps n'est plus inconnu aux doigts ni à la bouche de l'autre, cinq ans à rattraper, aucun de nous n'avait jamais éjaculé six fois de suite, nos draps étaient le lit d'une rivière de plaisir, d'une rivière qui avait enfin trouvé ses sources et se dirigeait vers un océan de bonheur. Nos queues, physiquement similaires, se sont trouvées complémentaires et complimentées par le corps de l'autre.

Quand maman est revenue, elle n'a pas manqué nos visages transformés, elle a tendu ses bras vers lesquels nous nous sommes précipités, elle nous a susurré simplement « Ne vous inquiétez pas, je me passerai de petits-enfants ». Nous avons fondu en larmes tous les trois.

Dans la semaine, Nat a invité Bernard, et je lui ai dit d'amener son jeune ami. Nous avons fait l'amour à quatre, Nat et moi avons bien vu que Ben et son copain Cédric étaient aussi amoureux que mon frangin et moi. On a beaucoup parlé, Nat a expliqué à Ben les raisons de son refus d'aller plus loin, Il ne voulait accepter et vivre son homosexualité qu'après l'avoir partagée avec moi.

Ma chambre est devenue notre chambre, et celle de Nat la chambre de Ben et Cédric, quand ils voulaient passer du temps à deux.

Comme quoi, on s'empêche d'être soi-même parce qu'on pense à la place des autres, mais aurions-nous pu imaginer une telle ouverture d'esprit de la part de maman ?

En tout cas, contrairement à Jacques Brel : J'ai pu "atteindre l'inaccessible étoile".


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