Hot & trash

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Numéro 122

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 122
Date de parution originale: Février 2003

Date de publication/archivage: 2013-10-31

Auteur: Alain
Titre: Hot & trash
Rubrique: Fantasmes ou clichés?

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Pas besoin de rouler du cul quand on est du gang, les tiags suffisent, avec elles, ça bouge comme dans un rêve. Python ou même requin bleu, la pompe part de la base du mollet de taureau pour mettre en valeur le denim collé aux poils. Soit elle emballe le jean, soit elle se glisse dessous. Moi je suis biker, fan de heavy, mais pas facho du dogme. Une Ducati ou une bonne Guzzi, ça me va : je fais plus attention aux conducteurs qu’aux machines. Le seul à éviter, c’est le père de famille bon chic bon genre qui joue au dur : faire reluire le caisson d’un con qui enfile une 1200cc pour épater son chiard, je dis non. Quand j’en repère un qui michetonne sur une aire de repos, je l’attire dans les chiottes et je le baptise à la bière : direct, elle vient de mon estomac en passant par ma bite, il prend pas son pied, mais au moins il apprend quelque chose. C’est ma philosophie, donner quelque chose, même aux cons : je m’appelle Alain, je suis proche du demi-siècle. Comptez là-dessus trente ans de boulot aux docks de Marseille et vingt années de kilos de fonte soulevés en salle, et vous pigerez que personne me fait chier. C’est pas que je suis plus beau, mais j’approche des 90 kilos pour un mètre 65, tout de même. Dégarni, un Perfecto, un sweat noir et un jean. En haute saison, je passe au débardeur. Jamais de déo, mais je vire pas aux crade : deux douches par jour. Du bide qui pousse, mais ça vient plus des protéines végétales de houblon liquide que des saloperies en poudre que prennent les mômes d’aujourd’hui. Ma tige ? C’est pas un barreau de chaise, je vais pas mentir, mais elle se tient. Courtaude, comme moi, sur de bonnes burnes que j’ai jamais rasées de ma vie. Et je dois dire que lorsque je les sors, lourdes, parce qu’elles n’ont jamais été coincées dans un slibard, et bien y a de la babine qui salive. C’est ma règle : montrer le matos, mais jamais forcer, comme dans les marchés de pros. Faire sa pub, se vanter, ça mène à rien.

Tout ça pour vous dire que mon dernier coup, je le repère à la sortie d’un concert d’un jeune groupe de trash. Une moustache sombre, large et épaisse, une solide charpente de soldat, petite quarantaine. Je fais ma technique de d’hab : comme il vend les tee-shirts, je me pose entre les deux portières arrière de son van pour essayer. Sous prétexte que j’hésite entre le L et le XL, je me mets torse poil sous son nez. Il est près de onze heures et plus grand monde passe. Je pose mon blouson à terre, j’enlève lentement mon sweat, mais je sais pas encore si ses yeux brillent à cause de l’envie ou de la petite biture qu’il a démarrée. Il mate, genre le vendeur qui fait gaffe au client, et quand je déroule le tee-shirt bien serré sur ma peau, il passe sa main dessus en disant que c’est moulant, c’est bien, que comme ça, on peut voir. Plus de doute... Je l’enlève, je lui remontre ce qu’il attend, je pose bien les pouces sur les tétines et je réenfile mon sweat. Puis je mets ma main sur ma bite et je dis que le reste aussi, ça peut se mettre à l’air. Sans perdre une seule seconde, il retourne à son stand et commence à empiler ses merdouilles. Il remballe ses deux tréteaux, et moins de deux canettes plus tard, je le vois qui me fait signe d’approcher. Il désigne un espace libre au milieu des fringues, et me dit que je peux m’installer. Il va déposer le van entre deux bâtiments pour qu'on se retrouve au calme. De derrière, j’aperçois sa main qui caresse sa tige à travers le treillis, pendant qu’on parle un peu bécanes. Il ouvre la boîte à gants où il planque ses jouets à baise, comme les routiers. Une fois le ventilo posé en position chaude, il bascule le siège et se met à me caresser les tiags. Sur un matelas de tee-shirts, c’est un peu zarb, mais quand sa langue commence à passer sur le cuir tanné de la cheville, je le dépoile. Ce qui me lèche les pompes à quatre pattes entre les jambes, c’est une véritable merveille : un dos large en triangle, une fine peau de rouquin genre anglais, des fesses bien rondes, bonnes à transpercer, serrées dans un string. Noir, ouais, mais un string quand même. Et voilà que mes grosses couilles poilues se réveillent, que j’irai bien peloter mes vieilles burnes sur sa mâchoire carrée. Je libère les valseuses et il happe tout comme un poisson affamé, il hume, il sniffe, il tend sa croupe. Tout ça dans trois mètres carrés, alors que sa peau de lait se dessine sur un tas de merdouilles de mauvais coton noir.

— Viens me piper dehors...

À quatre pattes, il me suit quand j’ouvre la porte du van ; je sors ma viande qu’il avale comme une vraie bonne chienne. C’est une bonne deep throat, une avaleuse de métier, pas une dilettante. Il cogne un peu les bijoux les uns contre les autres et tend ses mains baguées de têtes de mort vers mes pecs qu’il caresse comme des œuvres d’art, avant de choper mes tétons pour les serrer entre ses ongles. De temps en temps, une main s’égare sur mes pompes : le cuir l’excite ! Si son fute est un taille basse, j’ai toujours pas vu son trou ni son zob. Comme il me demande de larguer sur son jean, j’obéis. Mais à peine repliée ma boutique à moi, je lui dis qu’il peut me suivre jusque chez moi. Quatre-vingt bornes, mais au bout, bien mieux que cet amuse-bouche. Je sens qu’il hésite : je suis peut-être tombé sur un petit joueur, une salope de parking qui se fait seulement fourrer les amygdales. Mais il accepte et me suit dans sa caisse de ring’.

Une fois chez moi, j’imagine qu’il a le trou en manque, alors je lui dis de se désaper. De toutes façons, c’est un studio de célibataire : un grand lit, une télé, un frigo blindé de bières et un espalier au mur. Je le fais un peu boire en le pompant puis j’enlève ses tiags à lui, religieusement, en sniffant un peu le fumet Je le fous à plat ventre et je bouffe son trou qui bave d’envie, en déplaçant un peu sa ficelle de string. Son cul est bien lourd, c’est le type même du mec qui en salle n’a travaillé que le haut. Ma pine trouve le chemin sans chercher à attendre qu’il se donne, je m’en branle qu’il gueule, s’il est venu là, c’est pour ça ! Je palpe, je graisse sa chatte au gel de temps en temps pour pas que le latex brûle, mais je défonce sans écouter ce qu’il braille. Entre deux, je viens la faire un peu durcir dans sa bouche, puis je repointe mon dard entre la ficelle de sa culotte de pute et ses poils roux clair qui brillent de gel. Ma pine devient un pieu à planter, je me fiche de savoir s’il jute déjà ou pas, j’enfonce à mort mon chibre dans ce fion de lopette de parking. Les muscles de son sphincter ont perdu tout contrôle. Il a décidé après un long moment de labourage qu’il est plus simple de se laisser piner comme une grosse pute. Il laisse alors retomber ses hanches cambrées contre le drap noir, il pose son torse et ses genoux, laisse glisser sa tête sur l’oreiller avant de venir s’écarter les fesses avec les deux mains. Voilà, son derche branle ma pine, se lève et s’abaisse, je l’ai maté. Quand il croit qu’il a gagné, je le pointe un peu pour le faire gueuler et je vidange avant de le retourner pour le branler et le faire juter dans mes poils. Une dernière canette, un câlin avec la langue et il s’endort. Plus tard dans la nuit, je le fais sortir dehors avec sa tenue de bonne pute, mais en version allégée. Il est peu bourré, il a ses tiags, son string et un bombers, mais je le rebaise quand même au bord de la mer, sous la lumière du soleil levant.

Je les revois jamais, les mecs, mais par contre, je fais ce que je peux pour qu’ils se souviennent de moi.