Il pleut du foutre sur Ibiza

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Numéro 78

Texte d'archive:


Archivé de: Lettres Gay – Numéro 78
Date de parution originale: Septembre 1996

Date de publication/archivage: 2017-10-04

Auteur: Pascal
Titre: Il pleut du foutre sur Ibiza
Rubrique: Les exhibs sont de retour

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C’est à Ibiza que j’ai réalisé mes plus beaux rêves de mateur. J’aime voir un homme se déhancher, glisser mon regard entre ses cuisses, imaginer ce qui peut se cacher entre deux fesses tendues sous un jean moulant. Ibiza est une île pour les voyeurs. On peut mater partout. En boîte, dans la rue, sur les plages, dans les bars. C’est un orgasme permanent toutes ces couilles et ces bites qui pendent sous des caleçons trop larges, ou bien au contraires moulées à mourir dans un string Calvin Klein.

Mon plus beau souvenir reste la nuit de l’élection de Mister Sex au “Ku”, une grande boîte gay. Dans une ambiance super-housy, il y avait de tout: du travelo aux cheveux rouges au cuir SM. Le trave était absolument génial: avec une fausse poitrine provocante, il portait un petit pagne court qui laissait voir en-dessous un string en filet hyper-transparent. De voir ces couilles velues et cette belle queue coincée dans cette fine dentelle blanche me fit bander instantanément. Il n’y avait pas que ça: ce beau travelo d’un soir se frottait sans vergogne contre le cuir d’un grand pédé à moustaches. Je voyais le pagne qui bougeait, et le sexe durci qui se branlait de plus en plus frénétiquement contre la braguette du pédé cuir, lequel était, comme si de rien n’était, en train de se faire bouffer la langue par ce qu’on pouvait supposer être son mec.

Pendant que je matais la scène, et comme il y avait beaucoup de monde, on me tripotait un peu le cul au passage en faisant mine de me bousculer. Une main s’est aventurée entre mes cuisses. Le temps de me retourner, son propriétaire avait déjà disparu. Je me suis écarté un peu du trave et de sa belle queue pour aller un peu plus loin, attiré par un autre spectacle tout aussi bandant. Deux mecs, à moitié à poil, genre culturistes, faisaient jouer leurs tatouages sur des muscles rebondis pour un petit cercle d’admirateurs. J’ai laissé mon regard glisser le long des pectoraux, des peaux luisantes, imberbes. Mes yeux se sont scotchés sur un petit triangle de tissu qui moulait leur sexe. Le tout semblait d’une fermeté d’acier. J'imaginais ma queue se frayer un passage entre ces cuisses musculeuses pour labourer un conduit bien caché dans une violente étreinte. Je le limais à un train d'enfer, enfoncé jusqu'à la garde, la bite enserrée dans l'étau brûlant.

Dans mon froc, ma queue était gonflée. Il faisait une chaleur infernale, la sueur me coulait au creux des reins. J’étais comme une chienne en chaleur à reluquer tous ces mecs. Je me suis dirigé vers le bar, mais malgré ma soif, il y avait toujours quelque chose qui arrêtait mon regard. Les déguisements étaient invraisemblables. Il y avait même une fausse bonne sœur, avec la robe fendue derrière qui laissait voir un cul sanglé dans un harnais. C’était tellement bandant que je n’ai pas résisté à y mettre ma main. La bonne sœur se retourna vivement: c'était un bel hidalgo aux yeux noirs et brillants. Il m’adressa quelques mots en espagnol que je ne compris pas à cause de la techno à fond la caisse. Il m’a fait signe de le suivre. Je l’ai suivi quelques mètres, les yeux rivés sur son cul qu’il bougeait avec grâce. Je n’ai jamais su où il voulait m’emmener parce que je l’ai perdu dans la foule, alors qu’un groupe de faux punks déboulaient vers moi. Il s’arrêtèrent à mon niveau en se frottant les mains sur leur braguette, de manière très suggestive. Leurs queues étaient tendues sous leurs jeans déchirés. L’un d'eux vint se frotter contre moi, l’autre joua du cul en se tortillant follement. Je n’en pouvais plus!

J’ai renoncé au bar et je me suis dirigé vers les toilettes. Quel spectacle! C’était hallucinant: des mecs en train de se maquiller, de se déshabiller, de se déguiser. J’ai poussé une porte: un mec était en train de se faire sucer la queue par un autre. Je suis resté là un bon moment à mater, sans pudeur. Ça n’avait vraiment pas l’air de leur déplaire. Je regardais la bite pleine de salive s’enfoncer dans la bouche, puis ressortir. La langue s’entortillait autour du gland et le lapait à grands coups. Un autre mateur m’a rejoint et il a finalement pris ma place. Ma queue me démangeait maintenant vraiment trop. J’ai fini par trouver un espace libre pour me vider les couilles. À peine soulagé, je suis retourné sur la piste, replongeant dans la frénésie des nuits d’Ibiza.

C’était la folie. On s’activait pour l'élection de Mister Sex. Tout le monde matait tout le monde, les culs roulaient plus que jamais sous les déguisements. Les premiers candidats sont montés sur le podium dans des hurlements hystériques. On n’entendait rien des annonces et c’était un joyeux bordel. Mes yeux allaient d’un cul à l’autre, d’une bite à l’autre: je ne savais plus où donner de la tête!

L’alcool aidant, j’imaginais que tout cela dégénérait en foutrerie géante, je voyais le foutre gicler de partout, nous retomber sur la gueule comme une pluie divine. Je voyais des culs se faire défoncer par des queues énormes, des anus dilatés sous des coups de boutoir démentiels. Ma queue menaçait de faire péter mon froc pour la seconde fois de la soirée. J’étais tellement excité, sonné, drogué de cul et de musique, saoulé par l’odeur des parfums, des peaux moites, je n'ai pas attendu la fin de l’élection de Mister Sex!

Il était à peine cinq heures du matin. Sur le parking où je suis allé pour récupérer ma voiture de location, deux mecs s’envoyaient en l’air dans une décapotable. Je les ai matés un moment avant de mettre le contact. Direction l’After House qui ouvre à six heures du mat’. Quand je commence, je ne sais pas m’arrêter de mater. Et c’est là que je me suis fait allumer par un mec en costard-cravate. J’ai pensé que c’était un mec déguisé. À Ibiza, on ne sait jamais. Tout peut arriver. Finalement, c’était un vrai cadre qui partait au boulot, via un chemin de plaisir, d’après ce que j’ai compris. Je lui ai dit que je ne baisais pas mais que j’aimais regarder. Il m’a dit OK et m’a conduit vers un bureau, évidemment désert à cette heure-là. C’était dément! Tout était silencieux alors que j’avais encore les battements sourds de la house qui me cognaient dans les oreilles. Là, dans un super-bureau, ce beau mec s’est déshabillé avec lenteur. Sa main a glissé sur son défonce-cul bandé. Il s’est branlé devant moi, sans rien dire. J’étais sur un nuage. J’avais la main agrippée sur mon engin raide et je me branlais aussi. À Ibiza, ce qui est génial, c’est qu’on ne sait jamais comment une soirée va se terminer. J’ai joui en pensant que je venais d’élire mon Mister Sex de la nuit.

Pascal, 31 ans.